{"id":72,"date":"2022-10-06T20:42:35","date_gmt":"2022-10-06T18:42:35","guid":{"rendered":"https:\/\/hpnbamw.cluster028.hosting.ovh.net\/?page_id=72"},"modified":"2025-08-08T17:49:58","modified_gmt":"2025-08-08T15:49:58","slug":"articles-de-presse","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.brahimsaci.com\/?page_id=72","title":{"rendered":"Articles de presse"},"content":{"rendered":"\n<h1 class=\"wp-block-heading\"><strong>Moh Oubela\u00efd : entre tradition et modernit\u00e9, l\u2019\u00e2me de la musique kabyle<\/strong><\/h1>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image is-resized\"><a class=\"td-modal-image\" href=\"https:\/\/www.diasporadz.com\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/Moh-Oubelaid-musique-kabyle.jpg\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.diasporadz.com\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/Moh-Oubelaid-musique-kabyle.jpg\" alt=\"Moh Oubela\u00efd musique kabyle\" style=\"width:571px;height:auto\" title=\"Moh Oubela\u00efd musique kabyle\"\/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Moh Oubela\u00efd s\u2019impose comme une figure essentielle de la musique kabyle, port\u00e9e par son engagement artistique et son profond attachement \u00e0 l\u2019identit\u00e9 berb\u00e8re.<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">\u00c0 travers ses compositions empreintes de\u00a0po\u00e9sie et de sensibilit\u00e9, Moh Oubela\u00efd marque durablement le monde de la musique kabyle, devenant une r\u00e9f\u00e9rence incontestable pour plusieurs g\u00e9n\u00e9rations. <\/h1>\n\n\n\n<p>Originaire du village d\u2019A\u00eft-Brahim, commune d\u2019A\u00eft A\u00efssa Mimoun (Ouaguenoun, Tizi Ouzou), terre de chants et de traditions, Moh Oubela\u00efd baigne d\u00e8s son enfance dans un riche h\u00e9ritage culturel. C\u2019est au CEM qu\u2019il fait ses premiers pas en musique, apprenant la guitare tout en composant ses premi\u00e8res chansons. Tr\u00e8s t\u00f4t, sa passion le pousse \u00e0 participer \u00e0 l\u2019\u00e9mission \u00ab\u00a0Ihafaden Uzeka\u00a0\u00bb, anim\u00e9e par Medjahed Hamid, en 1984 et 1985. Il multiplie ensuite les f\u00eates et galas, souvent en premi\u00e8re partie d\u2019artistes confirm\u00e9s.En 1989, il enregistre six chansons destin\u00e9es \u00e0 la radio, marquant le d\u00e9but officiel de sa carri\u00e8re. Son premier album \u00ab\u00a0Tayri nagh teced\u00a0\u00bb voit le jour en 1993, enregistr\u00e9 \u00e0 Oulad Fayet et \u00e9dit\u00e9 par Tala. Il inaugure un style \u00e0 la fois lyrique et ancr\u00e9 dans la r\u00e9alit\u00e9 kabyle, m\u00ealant amour et attachement \u00e0 la terre.L\u2019ann\u00e9e suivante, en 1994, sort le deuxi\u00e8me album \u00ab\u00a0Wekelgham temzim\u00a0\u00bb, chez Irath Music, dans lequel il approfondit ses th\u00e8mes de pr\u00e9dilection : l\u2019identit\u00e9, la m\u00e9moire collective et la po\u00e9sie engag\u00e9e.En 1995, il publie \u00ab\u00a0Atsugh alattsegem\u00a0\u00bb\u00a0<a href=\"https:\/\/www.discogs.com\/fr\/label\/1478209-%C3%A9ditions-IZEM?srsltid=AfmBOopnYRSVQKJfMYK1yVvs40s0fPB0KCgRhMUwSe_EThMcgX4Ok9RO\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">chez Izem<\/a>, un troisi\u00e8me album aux sonorit\u00e9s toujours plus raffin\u00e9es, o\u00f9 les \u00e9motions intimes c\u00f4toient une sensibilit\u00e9 sociale affirm\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Suivra en 1996 \u00ab\u00a0Avrid n\u2019ndama\u00a0\u00bb, \u00e9galement chez Izem, un album \u00e0 forte charge \u00e9motionnelle. Ce quatri\u00e8me opus explore la nostalgie, le sentiment de perte et le chemin du souvenir, tout en mettant en valeur l\u2019intensit\u00e9 expressive de l\u2019artiste.En 1998, il sort deux albums, \u00ab\u00a0Isli Su barnus\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0Azzeka n tayrim\u00a0\u00bb, tous deux \u00e9dit\u00e9s chez Maathka Music. Ces deux \u0153uvres festives r\u00e9v\u00e8lent l\u2019attachement de Moh Oubela\u00efd \u00e0 la dimension conviviale et populaire de la musique kabyle, avec des rythmes entra\u00eenants et une grande chaleur humaine.En 1999, il sort \u00ab\u00a0JSK\u00a0\u00bb chez Dounia Music, un album hommage \u00e0 la Jeunesse Sportive de Kabylie, embl\u00e8me sportif et identitaire de toute une r\u00e9gion. \u00c0 travers cet album, il c\u00e9l\u00e8bre la fiert\u00e9 kabyle et la passion collective.L\u2019ann\u00e9e suivante, en 2000, il publie \u00ab\u00a0Amedhar\u00a0\u00bb, toujours chez Dounia Music, dans la lign\u00e9e de ses pr\u00e9c\u00e9dents disques chaleureux et populaires.Son neuvi\u00e8me album, \u00ab\u00a0Heniyi\u00a0\u00bb, para\u00eet en 2001 chez Izem. <\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est l\u2019un de ses opus les plus marquants, offrant une plong\u00e9e immersive dans son univers artistique. La chanson-titre\u00a0<em>\u00ab\u00a0Heniyi\u00a0\u00bb<\/em>\u00a0se distingue par sa charge \u00e9motionnelle et sa m\u00e9lodie poignante. Moh Oubela\u00efd aborde des th\u00e8mes universels comme l\u2019amour, l\u2019exil et l\u2019attachement \u00e0 la terre natale, \u00e0 travers des morceaux comme\u00a0<em>\u00ab\u00a0At tendem-ed\u00a0\u00bb<\/em>,\u00a0<em>\u00ab\u00a0Avrid n\u2019ndama\u00a0\u00bb<\/em>,\u00a0<em>\u00ab\u00a0A Laatabiw\u00a0\u00bb<\/em>,\u00a0<em>\u00ab\u00a0Atin Iyigga\u00a0\u00bb<\/em>,\u00a0<em>\u00ab\u00a0Walikan\u00a0\u00bb<\/em>,\u00a0<em>\u00ab\u00a0Agwbel\u00a0\u00bb<\/em>,\u00a0<em>\u00ab\u00a0Garanag\u00a0\u00bb<\/em>,\u00a0<em>\u00ab\u00a0Lewhi\u00a0\u00bb<\/em>, ou encore\u00a0<em>\u00ab\u00a0Chah Chah\u00a0\u00bb<\/em>, une chanson vibrante qui t\u00e9moigne de la force expressive de l\u2019artiste.En 2006, Moh Oubela\u00efd sort son dixi\u00e8me album, \u00ab\u00a0Awal d Amechtuh\u00a0\u00bb, cette fois sous sa propre maison d\u2019\u00e9dition Solf\u00e8ge, qu\u2019il fonde pour accompagner sa d\u00e9marche artistique en toute ind\u00e9pendance. Cet album poursuit sa qu\u00eate musicale entre modernit\u00e9 et tradition.Enfin, en 2016, il publie son onzi\u00e8me album, \u00ab\u00a0Kull-assakka\u00a0\u00bb, \u00e9dit\u00e9 chez Kenza Music. Ce dernier opus t\u00e9moigne d\u2019une maturit\u00e9 artistique remarquable, entre profondeur po\u00e9tique et r\u00e9flexion sur le temps qui passe.<\/p>\n\n\n\n<p>Parall\u00e8lement \u00e0 son parcours musical, Moh Oubela\u00efd travaille dans diff\u00e9rents bureaux d\u2019\u00e9tudes d\u2019architecture. Depuis 2010, il est \u00e9galement g\u00e9rant de son propre studio d\u2019enregistrement, Solf\u00e8ge, o\u00f9 il continue de produire, d\u2019enregistrer et d\u2019accompagner de nouveaux talents.L\u2019impact de Moh Oubela\u00efd d\u00e9passe largement le cadre musical. Il est l\u2019un des rares artistes kabyles \u00e0 avoir su construire une \u0153uvre aussi coh\u00e9rente que prolifique, capable de toucher \u00e0 la fois l\u2019\u00e2me individuelle et la m\u00e9moire collective. Ses chansons sont devenues des rep\u00e8res culturels, transmises de g\u00e9n\u00e9ration en g\u00e9n\u00e9ration, chant\u00e9es dans les foyers, les rassemblements, les festivals ou les moments d\u2019intimit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Sa force r\u00e9side dans cette capacit\u00e9 \u00e0 parler \u00e0 tous \u2013 \u00e0 la fois aux exil\u00e9s qui cherchent un \u00e9cho de leur terre natale, aux jeunes en qu\u00eate d\u2019identit\u00e9, aux anciens qui retrouvent en Moh Oubela\u00efd les sons de leur jeunesse, et \u00e0 ceux qui d\u00e9couvrent la culture kabyle \u00e0 travers sa musique.<\/p>\n\n\n\n<p>Il modernise sans jamais rompre avec la tradition, introduit de nouveaux arrangements tout en gardant l\u2019\u00e2me po\u00e9tique et la profondeur lyrique propre \u00e0 la musique berb\u00e8re. En cela, il est un v\u00e9ritable passeur de m\u00e9moire, mais aussi un cr\u00e9ateur de ponts entre les \u00e9poques, les g\u00e9n\u00e9rations et les mondes.<\/p>\n\n\n\n<p>Un apport artistique et culturel majeur \u00e0 la musique kabyle. Par sa voix singuli\u00e8re et son univers musical, il a su tracer un sillon original dans un r\u00e9pertoire riche et profond\u00e9ment ancr\u00e9 dans la tradition. Sa capacit\u00e9 \u00e0 \u00e9crire des textes \u00e0 la fois po\u00e9tiques et porteurs de sens, \u00e0 m\u00ealer m\u00e9lodies douces et puissants messages, fait de lui un artiste complet, rare et engag\u00e9.Sur le plan musical, il a su faire \u00e9voluer la chanson kabyle sans la d\u00e9naturer. Il introduit des arrangements modernes, explore de nouvelles textures sonores, tout en gardant une base acoustique fid\u00e8le aux instruments traditionnels. Cette fusion entre authenticit\u00e9 et innovation donne \u00e0 son \u0153uvre une identit\u00e9 sonore reconnaissable et respect\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Sur le plan culturel, Moh Oubela\u00efd joue un r\u00f4le de transmetteur de m\u00e9moire. \u00c0 travers ses chansons, il documente les r\u00e9alit\u00e9s sociales, les douleurs de l\u2019exil, les espoirs d\u2019un peuple, les liens familiaux et l\u2019amour de la terre natale. Il parle \u00e0 la fois du particulier et de l\u2019universel, de l\u2019individu et de la collectivit\u00e9. Sa musique devient ainsi un outil de r\u00e9sistance culturelle, une mani\u00e8re de pr\u00e9server et de valoriser la langue, la m\u00e9moire et l\u2019\u00e2me berb\u00e8res dans un monde en mutation.<br>En plus de son r\u00e9pertoire personnel, sa contribution au tissu artistique kabyle passe aussi par son r\u00f4le de producteur et accompagnateur de talents, \u00e0 travers son studio Solf\u00e8ge, fond\u00e9 et g\u00e9r\u00e9 depuis 2010. Il y enregistre non seulement ses propres \u0153uvres mais soutient \u00e9galement des artistes \u00e9mergents, perp\u00e9tuant ainsi la dynamique cr\u00e9ative au sein de la sc\u00e8ne kabyle contemporaine.<\/p>\n\n\n\n<p>Avec plus de trois d\u00e9cennies de carri\u00e8re, onze albums, des centaines de concerts et un engagement constant envers la culture kabyle, Moh Oubela\u00efd s\u2019inscrit durablement dans le paysage musical nord-africain. Sa voix singuli\u00e8re, son style \u00e0 la fois tendre et engag\u00e9 et sa fid\u00e9lit\u00e9 \u00e0 ses racines font de lui un pilier incontournable de la chanson berb\u00e8re contemporaine.<\/p>\n\n\n\n<p>En donnant une voix \u00e0 son peuple, en exprimant ses douleurs, ses esp\u00e9rances, ses luttes et ses joies, Moh Oubela\u00efd a su cr\u00e9er bien plus qu\u2019une discographie : il a b\u00e2ti une \u0153uvre vivante, humaine et universelle. Son parcours, exemplaire, inspire et continuera d\u2019inspirer ceux qui, comme lui, font de la musique un acte de m\u00e9moire, de r\u00e9sistance et d\u2019amour.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Brahim Saci <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le 28 juillet 2025 <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>diasporadz.com\u00a0<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><strong><strong>&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;\u00a0<\/strong><\/strong><\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">Moh Smail\u00a0: un ma\u00eetre du cha\u00e2bi kabyle et un artiste tourn\u00e9 vers l\u2019avenir<\/h1>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"494\" height=\"292\" src=\"https:\/\/www.brahimsaci.com\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/image-4.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-985\" style=\"width:536px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/www.brahimsaci.com\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/image-4.png 494w, https:\/\/www.brahimsaci.com\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/image-4-300x177.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 494px) 100vw, 494px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Moh Smail, chanteur, compositeur et instrumentiste kabyle, est originaire d\u2019Ath Douala, une r\u00e9gion de Kabylie embl\u00e9matique de la culture amazighe. Il s\u2019inscrit dans la lign\u00e9e d\u2019artistes engag\u00e9s qui utilisent la musique comme moyen d\u2019expression identitaire, sociale et po\u00e9tique.<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">D\u00e8s son plus jeune \u00e2ge, le chanteur Moh Smail se passionne pour la musique et se distingue par sa voix profonde et \u00e9motive ainsi que par sa ma\u00eetrise exceptionnelle du\u00a0mandole, instrument central de la musique kabyle. Virtuose, il en fait le prolongement de son \u00eatre, traduisant avec finesse les \u00e9motions et nuances de l\u2019\u00e2me amazighe. Son jeu subtil allie technique et sensibilit\u00e9, enrichissant ses compositions d\u2019une grande profondeur m\u00e9lodique.<\/h1>\n\n\n\n<p>Son r\u00e9pertoire, impr\u00e9gn\u00e9 de po\u00e9sie et de r\u00e9flexion, explore des th\u00e8mes essentiels tels que l\u2019exil, l\u2019amour, la souffrance sociale, la nostalgie du pays et la r\u00e9sistance culturelle. Ses albums, comme\u00a0<em>Daghourou<\/em>,\u00a0<em>Aldjaier<\/em>\u00a0ou\u00a0<em>Alkess el Aiv<\/em>, illustrent son approche, m\u00ealant modernit\u00e9 musicale et fid\u00e9lit\u00e9 \u00e0 la tradition kabyle.Le chanteur Moh Smail offre sur sc\u00e8ne une pr\u00e9sence humble et habit\u00e9e, cr\u00e9ant un lien profond avec son public, touch\u00e9 par son authenticit\u00e9. Engag\u00e9, il demeure proche de sa communaut\u00e9, actif sur les r\u00e9seaux sociaux et soucieux de faire vivre la culture berb\u00e8re au-del\u00e0 de la musique.<\/p>\n\n\n\n<p>Moh Smail joue un r\u00f4le cl\u00e9 dans la transmission de la culture amazighe, en inspirant les jeunes g\u00e9n\u00e9rations. Artiste complet \u2013 chanteur, po\u00e8te, compositeur, interpr\u00e8te et p\u00e9dagogue, il ne se contente pas de perp\u00e9tuer une tradition musicale forte, mais la renouvelle et la rend actuelle.<\/p>\n\n\n\n<p>Consid\u00e9r\u00e9 comme l\u2019un des musiciens kabyles les plus talentueux de sa g\u00e9n\u00e9ration, il se distingue par son jeu du mandole exceptionnel et l\u2019intensit\u00e9 \u00e9motionnelle de son \u0153uvre. \u00c0 travers sa voix et ses m\u00e9lodies, il prolonge l\u2019h\u00e9ritage musical kabyle tout en l\u2019enrichissant de nouvelles perspectives.<\/p>\n\n\n\n<p>Ses influences sont profondes et vari\u00e9es. Il puise dans le r\u00e9pertoire des ma\u00eetres de la chanson kabyle, notamment Cheikh El Hasnaoui, dont le style \u00e9pur\u00e9 et la po\u00e9sie chant\u00e9e ont marqu\u00e9 plusieurs g\u00e9n\u00e9rations. L\u2019importance des mots, la force des images et la profondeur introspective du chant sont autant d\u2019\u00e9l\u00e9ments qu\u2019il int\u00e8gre dans son propre art.Il s\u2019inspire aussi de\u00a0Slimane Azem\u00a0et\u00a0Matoub Loun\u00e8s, dont l\u2019engagement et la plume incisive ont fa\u00e7onn\u00e9 la conscience kabyle contemporaine. Il partage avec eux ce besoin de dire, de d\u00e9noncer avec dignit\u00e9 et force. Son jeu instrumental s\u2019inscrit \u00e9galement dans la lign\u00e9e des grands mandolistes kabyles tels que Amar Ezzahi et Matoub Loun\u00e8s dont il prolonge l\u2019h\u00e9ritage avec une touche personnelle et nuanc\u00e9e.L\u2019influence de Dahmane El Harrachi est aussi notable dans son approche musicale. L\u2019auteur de\u00a0<em>Ya Rayah<\/em>\u00a0a su incarner la douleur de l\u2019exil et la critique sociale avec une musique accessible et profond\u00e9ment humaine. <\/p>\n\n\n\n<p>Comme lui, Moh Smail accorde une grande importance aux r\u00e9cits du quotidien et \u00e0 la nostalgie du pays perdu. Leur jeu au mandole constitue un point de convergence, traduisant \u00e0 la fois \u00e9motion et r\u00e9flexion.Son parcours est enrichi en c\u00f4toyant, notamment Si Tayeb Ali, figure du cha\u00e2bi originaire de Maatka. Il perp\u00e9tue ainsi une continuit\u00e9 musicale qui conjugue profondeur et modernit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette proximit\u00e9 avec les grands noms du cha\u00e2bi kabyle, qu\u2019il s\u2019agisse de Si Tayeb Ali ou de Cherif Hamani, a fait de Moh Smail un passeur de m\u00e9moire, un cr\u00e9ateur de ponts entre les styles, un ambassadeur d\u2019un art raffin\u00e9, \u00e0 la fois enracin\u00e9 et r\u00e9solument vivant.Riche de toutes ces influences, Moh Smail s\u2019est impos\u00e9 comme un ma\u00eetre de la musique cha\u00e2bi kabyle, fusionnant avec harmonie les rythmes urbains du cha\u00e2bi et les sonorit\u00e9s enracin\u00e9es de la Kabylie. Son approche musicale ne se limite pas \u00e0 reproduire ces traditions, il les r\u00e9invente, cr\u00e9ant un pont entre langue kabyle et rythmes citadins, entre nostalgie et m\u00e9lodies vibrantes.<\/p>\n\n\n\n<p>Son jeu de mandole pr\u00e9cis et fluide est sa signature, accompagnant sa voix tendre et expressive. \u00c0 travers son art, il \u00e9largit les fronti\u00e8res du cha\u00e2bi tout en pr\u00e9servant son essence kabyle.<\/p>\n\n\n\n<p>Aujourd\u2019hui, il est reconnu comme l\u2019un des artistes ayant su faire \u00e9voluer la musique kabyle sans en trahir l\u2019authenticit\u00e9. Fid\u00e8le \u00e0 ses racines et tourn\u00e9 vers l\u2019avenir.<\/p>\n\n\n\n<p>Moh Smail incarne une g\u00e9n\u00e9ration qui fait de la musique un espace de m\u00e9moire, de beaut\u00e9 et de transmission.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Brahim Saci <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>diasporadz.com <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le 13 mai 2025<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><strong>&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;\u00a0<\/strong><\/strong><\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\"><strong>Karim Bourahli, une voix essentielle du cha\u00e2bi kabyle<\/strong><\/h1>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\"><\/h1>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><a href=\"https:\/\/blogger.googleusercontent.com\/img\/a\/AVvXsEjBM6VkrRLgkAmEbdg1Xb4kWWyfhFK7LRvP9N2hUnBgvPts1dwXKkipRInMFKGrvvvP5l2KpBo71_8tc-GEok3Tw0uNkBOk2u73RzZQa-GuFnmnmIIL1eEusNxaEYTogrmZbi7PXCf64iI4-zLA_V_M5AjO99nQU4ssRVhd_RRgTEUdnnbTH-AILCoP1Rg\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/blogger.googleusercontent.com\/img\/a\/AVvXsEjBM6VkrRLgkAmEbdg1Xb4kWWyfhFK7LRvP9N2hUnBgvPts1dwXKkipRInMFKGrvvvP5l2KpBo71_8tc-GEok3Tw0uNkBOk2u73RzZQa-GuFnmnmIIL1eEusNxaEYTogrmZbi7PXCf64iI4-zLA_V_M5AjO99nQU4ssRVhd_RRgTEUdnnbTH-AILCoP1Rg=w365-h512\" alt=\"\"\/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Karim Bourahli est un chanteur cha\u00e2bi, auteur et compositeur alg\u00e9rien kabyle, originaire de Kebouche, un village d\u2019Adekar, situ\u00e9 dans la r\u00e9gion de B\u00e9ja\u00efa. Ce beau village, perch\u00e9 sur les hauteurs, surplombant la M\u00e9diterran\u00e9e, a profond\u00e9ment marqu\u00e9 son identit\u00e9 et son inspiration musicale.<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">Karim Bourahli inscrit son univers artistique dans la tradition musicale du cha\u00e2bi, un genre populaire n\u00e9 dans les rues d\u2019Alger et profond\u00e9ment ancr\u00e9 dans la m\u00e9moire collective alg\u00e9rienne. Reconnu pour sa richesse m\u00e9lodique et sa force expressive, ce style musical devient pour lui un vecteur d\u2019exploration identitaire et de transmission culturelle.<\/h1>\n\n\n\n<p>Issu d\u2019une g\u00e9n\u00e9ration marqu\u00e9e par l\u2019exil et les fractures de l\u2019histoire, Karim Bourahli grandit berc\u00e9 par les voix embl\u00e9matiques du cha\u00e2bi et de la chanson kabyle, telles que Dahmane El Harrachi, Slimane Azem,\u00a0Matoub Loun\u00e8s\u00a0et Kamel Messaoudi. Ces figures majeures, qui ont su traduire les douleurs de l\u2019exil, les luttes sociales et les espoirs d\u2019un peuple, lui insufflent une inspiration profonde. \u00c0 leur image, il fait de la musique un espace d\u2019expression \u00e0 la fois intime et collectif, y int\u00e9grant sa sensibilit\u00e9, son parcours et sa vision du monde.<\/p>\n\n\n\n<p>La musique chez les Bourahli est avant tout une affaire de famille.\u00a0Ouramtan Bourahli, fr\u00e8re a\u00een\u00e9 de Karim, \u00e9tait lui aussi un chanteur kabyle ancr\u00e9 dans la tradition du\u00a0<em>cha\u00e2bi<\/em>. Plus connu sous son nom d\u2019artiste \u00ab\u00a0Akfadou\u00a0\u00bb, Ouramtan Bourahli (ou Ramtane tout court) est l\u2019une des voix incontournables de la chanson cha\u00e2bie kabyle. On lui doit \u00ab\u00a0Dunnit\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Vav n Tmurt\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0Yir Tadukli\u00a0\u00bb des joyaux de la chanson kabyle dans le genre \u00ab\u00a0qcid\u00a0\u00bb chaabi.Plus qu\u2019un fr\u00e8re, Ouramtan Bourahli fut aussi un rep\u00e8re artistique et une source d\u2019inspiration majeure pour le jeune Karim, qu\u2019il a soutenu et encourag\u00e9 d\u00e8s ses d\u00e9buts.\u00a0Sa disparition pr\u00e9matur\u00e9e\u00a0a laiss\u00e9 une profonde blessure, mais aussi un h\u00e9ritage musical pr\u00e9cieux. \u00c0 travers son propre parcours, Karim Bourahli perp\u00e9tue cette m\u00e9moire fraternelle, faisant \u00e9cho \u00e0 l\u2019influence durable d\u2019Ouramtane dans chacun de ses morceaux.La musique de Karim Bourahli se distingue par un \u00e9quilibre subtil entre respect de la tradition et innovation personnelle. Les \u00e9l\u00e9ments caract\u00e9ristiques du cha\u00e2bi, rythmes lents, instrumentation acoustique et phras\u00e9 m\u00e9lodieux, se trouvent enrichis par une touche contemporaine, tant dans les arrangements que dans l\u2019interpr\u00e9tation vocale.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Karim Bourahli, un virtuose du mandole cha\u00e2bi<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>Il faut dire que Karim est un virtuose du mandole huit cordes qu\u2019il maitrise \u00e0 merveille. Une touche unique et magique qu\u2019il a d\u00e9velopp\u00e9e au cours de sa longue et fid\u00e8le pratique du r\u00e9pertoire de Dahmane El Harrachi qu\u2019il affectionne particuli\u00e8rement. Ce qui lui a valu d\u2019ailleurs le titre de \u00ab\u00a0Cheikh\u00a0\u00bb Karim Bourahli\u00a0dans le milieu des chaabistes, tant en Alg\u00e9rie qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9tranger (Espagne, France, Belgique\u2026).<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est ainsi que Karim Bourahli a r\u00e9ussi \u00e0 s\u2019imposer comme l\u2019un des meilleurs instrumentistes de sa g\u00e9n\u00e9ration, c\u00f4toyant des monuments de la musique cha\u00e2bie comme Rachid Mesbahi et Alaoua Bahlouli ou encore Karim Tizouiar et Cherif Hamani (paix \u00e0 leur \u00e2me), avec lesquels il a anim\u00e9 des soir\u00e9es m\u00e9morables.Les textes po\u00e9tiques de Karim abordent des th\u00e8mes universels comme la m\u00e9moire, l\u2019amour, l\u2019injustice, l\u2019exil et l\u2019identit\u00e9. Avec une \u00e9criture teint\u00e9e de m\u00e9lancolie, il fait entendre la voix de celles et ceux que l\u2019histoire a laiss\u00e9s en marge.<\/p>\n\n\n\n<p>Souvent autobiographiques, ses paroles d\u00e9voilent des r\u00e9cits de vie marqu\u00e9s par l\u2019arrachement, la nostalgie du pays natal, les silences de la migration et les r\u00eaves inaccomplis. Ses sujets r\u00e9sonnent profond\u00e9ment chez les membres de la diaspora kabyle, mais aussi aupr\u00e8s de quiconque partage cette qu\u00eate identitaire.Certains des titres de Karim Bourahli, devenus embl\u00e9matiques, traduisent cette profondeur\u00a0: \u00ab\u00a0Amek Ligh Amek Ughalagh\u00a0\u00bb, une \u00e9vocation puissante du souvenir et du retour impossible, \u00ab\u00a0Ahcheychi\u00a0\u00bb, un hommage vibrant au style cha\u00e2bi, m\u00ealant virtuosit\u00e9 musicale et texte profond, \u00ab\u00a0Exil\u00a0\u00bb, une plong\u00e9e bouleversante dans la douleur silencieuse du d\u00e9racinement et la recherche de rep\u00e8res.<\/p>\n\n\n\n<p>En tant qu\u2019artiste de son temps, Karim Bourahli s\u2019appuie sur les nouvelles formes de diffusion musicale, notamment sa cha\u00eene YouTube officielle, o\u00f9 il partage son \u0153uvre et dialogue avec son public. Il est aussi tr\u00e8s pr\u00e9sent sur le r\u00e9seau Tiktok o\u00f9 il anime des lives l\u00e9gendaires, donnant la chance \u00e0 tous les artistes de se produire et de se faire connaitre.<\/p>\n\n\n\n<p>Gr\u00e2ce \u00e0 cette visibilit\u00e9, il touche un auditoire international, contribuant ainsi au rayonnement de la culture kabyle, particuli\u00e8rement aupr\u00e8s des jeunes g\u00e9n\u00e9rations issues de l\u2019immigration, en qu\u00eate de rep\u00e8res et d\u2019ancrage.<\/p>\n\n\n\n<p>Au fil des ann\u00e9es, Karim Bourahli participe \u00e0 de nombreux festivals et \u00e9v\u00e9nements culturels, souvent d\u00e9di\u00e9s \u00e0 la musique kabyle ou au cha\u00e2bi, o\u00f9 il rend hommage aux grandes figures du genre tout en affirmant sa propre voix. \u00c0 travers son engagement, il joue un r\u00f4le cl\u00e9 dans la pr\u00e9servation et la transmission du patrimoine musical, qu\u2019il renouvelle avec cr\u00e9ativit\u00e9 et sinc\u00e9rit\u00e9.Karim Bourahli ne se contente pas de chanter, il porte une m\u00e9moire, une culture, une histoire, et les transforme en \u00e9motion partag\u00e9e. Son \u0153uvre, \u00e0 la fois personnelle et collective, participe \u00e0 faire vivre une langue, \u00e0 c\u00e9l\u00e9brer une identit\u00e9 plurielle et \u00e0 ouvrir des espaces de dialogue entre les cultures. En cela, il est un passeur de m\u00e9moire, un artiste engag\u00e9 et une voix essentielle de la sc\u00e8ne kabyle contemporaine.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Brahim Saci<\/strong>  <\/p>\n\n\n\n<p>Cha\u00eene Youtube du chanteur chaabi Karim Bourahli www.youtube.com\/@karimbourahliofficiel  <\/p>\n\n\n\n<p>diasporadz.com <\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le 11 mai 2025<\/strong><\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\"><strong><strong> \u00a0 &#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;..\u00a0<\/strong><\/strong><\/h1>\n\n\n\n<p><strong>Abdellatif Yakoub, une r\u00e9flexion constante sur la m\u00e9moire et l\u2019identit\u00e9<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/blogger.googleusercontent.com\/img\/a\/AVvXsEhj7KelTq9HZpTOL4aMiFSJwOLzrjl0JylNkOEoQPMXtmbtIdtBj9mlxHFHBud-b3TYnkz2ctaUdShiMmEqbpTFmEH6R7aT7dshnYCo1DOHXrXaP94IqyM2gBdUIhSwGVPbJi7UL9NytnvBJ0wEzVMRPNHNzBgfz9sFE2Pr1Ug9RaJV5RhpZvKBRhKVVlo=w386-h515\" alt=\"\"\/><\/figure>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Yakoub Abdellatif est un auteur et cr\u00e9ateur fran\u00e7ais dont l\u2019\u0153uvre se distingue par une exploration intime et profonde des th\u00e9matiques de la m\u00e9moire, de l\u2019identit\u00e9 et de l\u2019exil.<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">\u00c0 travers ses pi\u00e8ces de th\u00e9\u00e2tre, ses nouvelles et son roman, Yakoub Abdellatif offre un regard sensible et engag\u00e9 sur les enjeux li\u00e9s \u00e0 l\u2019histoire personnelle et collective des peuples, \u00e0 la m\u00e9moire et \u00e0 l\u2019identit\u00e9. Son \u00e9criture est un miroir des parcours migratoires, des souffrances li\u00e9es \u00e0 l\u2019exil, mais aussi des processus de r\u00e9silience et de transmission.<\/h1>\n\n\n\n<p>D\u2019origine alg\u00e9rienne, Yakoub Abdellatif est un\u00a0enfant de l\u2019immigration, t\u00e9moin de la complexit\u00e9 des dynamiques identitaires et culturelles qui \u00e9mergent \u00e0 la suite de l\u2019exil. Sa propre histoire, marqu\u00e9e par les silences d\u2019une \u00e9poque nourrira l\u2019ensemble de son \u0153uvre. <\/p>\n\n\n\n<p>Son roman\u00a0<em>Ma m\u00e8re dit chut<\/em>\u00a0(2017) en est un t\u00e9moignage poignant. \u00c0 travers ce r\u00e9cit, Abdellatif revient sur son enfance, une p\u00e9riode marqu\u00e9e par les fractures de l\u2019exil et par les non-dits d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise r\u00e9ticente \u00e0 reconna\u00eetre sa propre histoire. Loin d\u2019\u00eatre une simple autobiographie, ce roman explore avec finesse les th\u00e8mes de l\u2019oubli et de la transmission des m\u00e9moires, entre h\u00e9ritage familial et silences impos\u00e9s par la soci\u00e9t\u00e9. Il nous invite \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 la mani\u00e8re dont l\u2019histoire, tant individuelle que collective, se construit et se d\u00e9construit au fil des g\u00e9n\u00e9rations, notamment au sein des communaut\u00e9s migrantes.<\/p>\n\n\n\n<p>Au-del\u00e0 de son engagement litt\u00e9raire, Yakoub Abdellatif s\u2019est \u00e9galement illustr\u00e9 par sa contribution \u00e0 la vie culturelle fran\u00e7aise, en particulier \u00e0 travers l\u2019organisation d\u2019\u00e9v\u00e9nements artistiques et interculturels. Le festival\u00a0<em>Voyage au c\u0153ur de l\u2019\u00e9t\u00e9<\/em>, qu\u2019il a cr\u00e9\u00e9 \u00e0 Amiens, incarne sa volont\u00e9 de promouvoir le dialogue entre les cultures et de c\u00e9l\u00e9brer la richesse de la diversit\u00e9 mondiale. Chaque ann\u00e9e, ce festival rassemble un large public autour de la musique du monde, de l\u2019artisanat et de la cuisine, cr\u00e9ant ainsi un espace de partage et d\u2019ouverture.Par son engagement dans ce type de projets, Yakoub Abdellatif a permis \u00e0 de nombreuses voix et expressions culturelles de se rencontrer et d\u2019\u00eatre entendues. En reconnaissance de son \u0153uvre et de son impact culturel, il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cor\u00e9 de la m\u00e9daille de\u00a0<em>La Renaissance Fran\u00e7aise<\/em>, une distinction honorant ceux qui \u0153uvrent pour le rayonnement de la culture.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>M\u00e9moire et id\u00e9ntit\u00e9<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">L\u2019\u00e9criture de Yakoub Abdellatif est marqu\u00e9e par une r\u00e9flexion constante sur la m\u00e9moire et l\u2019identit\u00e9. Son travail th\u00e9\u00e2tral, en particulier, se distingue par une exploration des\u00a0tensions sociales, culturelles et personnelles\u00a0qui traversent les individus confront\u00e9s aux bouleversements de l\u2019exil. Dans\u00a0<em>Strudel<\/em>\u00a0(2018), il parvient \u00e0 m\u00ealer humour et profondeur \u00e9motionnelle pour aborder des sujets complexes avec subtilit\u00e9. Dans\u00a0<em>Fatma la honte<\/em>\u00a0(2007), il interroge les poids du pass\u00e9 et les attentes sociales, mettant en lumi\u00e8re les luttes internes et les conflits identitaires dans une soci\u00e9t\u00e9 en constante mutation. Son \u0153uvre la plus ancienne,\u00a0<em>Ahmed Bouffetout, la gamelle et les fourchettes<\/em>\u00a0(1995), s\u2019int\u00e9resse \u00e0 la question de l\u2019int\u00e9gration et des rapports sociaux dans un monde marqu\u00e9 par la diversit\u00e9 culturelle et les diff\u00e9rences.<\/h1>\n\n\n\n<p>Parall\u00e8lement \u00e0 son th\u00e9\u00e2tre, Yakoub Abdellatif a publi\u00e9 plusieurs recueils de nouvelles.\u00a0<em>C\u0153ur \u00e0 c\u0153ur<\/em>\u00a0(2008) est un texte d\u00e9licat, une plong\u00e9e dans les recoins intimes des relations humaines, tandis que\u00a0<em>Il, je,\u2026 l\u2019homme heureux<\/em>\u00a0(1992) aborde la qu\u00eate du bonheur et les dilemmes existentiels. Ces nouvelles, souvent introspectives, r\u00e9v\u00e8lent un auteur attentif aux subtilit\u00e9s des \u00e9motions humaines et aux dynamiques interpersonnelles qui fa\u00e7onnent l\u2019individu, qu\u2019il soit en qu\u00eate de sens ou en pleine confrontation avec son pass\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Au-del\u00e0 de sa production litt\u00e9raire, Yakoub Abdellatif est profond\u00e9ment impliqu\u00e9 dans la pr\u00e9servation de la m\u00e9moire collective et dans la promotion de la litt\u00e9rature. En tant qu\u2019acteur du festival litt\u00e9raire\u00a0<em>Lumi\u00e8res de Livres<\/em>\u00a0\u00e0 Amiens, il contribue \u00e0 mettre en avant des \u0153uvres litt\u00e9raires essentielles, souvent n\u00e9glig\u00e9es, tout en soulignant l\u2019importance du devoir de m\u00e9moire. Son engagement dans ces initiatives t\u00e9moigne de son d\u00e9sir de garantir que les r\u00e9cits des minorit\u00e9s et des oubli\u00e9s de l\u2019Histoire ne tombent pas dans l\u2019oubli.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019ensemble de son \u0153uvre, qu\u2019il s\u2019agisse de ses \u00e9crits ou de ses actions culturelles, cherche \u00e0 combler les silences de l\u2019histoire, \u00e0 rendre hommage aux m\u00e9moires marginalis\u00e9es et \u00e0 redonner voix \u00e0 ceux dont les parcours ont \u00e9t\u00e9 effac\u00e9s. \u00c0 travers ses r\u00e9cits et son engagement, Yakoub Abdellatif propose un regard sur le pass\u00e9 qui r\u00e9sonne profond\u00e9ment dans le pr\u00e9sent, renfor\u00e7ant ainsi le lien entre les g\u00e9n\u00e9rations et entre les cultures. Par son travail, il a incontestablement marqu\u00e9 le paysage litt\u00e9raire et culturel fran\u00e7ais, offrant des r\u00e9cits puissants et n\u00e9cessaires, capables de questionner nos rapports au pass\u00e9, \u00e0 l\u2019identit\u00e9 et \u00e0 la diversit\u00e9 humaine.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Brahim Saci <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le 5 mai 2025\u00a0 <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>diasporadz.com<\/strong><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong><a href=\"https:\/\/blogger.googleusercontent.com\/img\/b\/R29vZ2xl\/AVvXsEi__kvkRSL7mlUhfv7A0eZyvt10cpcnB7_urUwD01QTDPpvjguYwytpOFSpdBibHtxGKP6XmqEtm1kvSpUdgdkw615Fp_-YK7hZUO5qdllEUL6Ik6WmrzZpeFqPloV4cRHtO4sCSmNPJsyOLLRrDgbFV1LlXY_br2UqxpB4kOCYDqq1FigKPNmzJgx23ZA\/s2241\/9782312153285%20(1).jpg\"><\/a>\u00a0 \u00a0 &#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;..\u00a0<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"460\" height=\"484\" src=\"https:\/\/www.brahimsaci.com\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/image-3.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-980\" srcset=\"https:\/\/www.brahimsaci.com\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/image-3.png 460w, https:\/\/www.brahimsaci.com\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/image-3-285x300.png 285w\" sizes=\"auto, (max-width: 460px) 100vw, 460px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/blogger.googleusercontent.com\/img\/a\/AVvXsEgMTJC0q8iSO1T6PZCsHVvnpgQzWntBTI4sVoeGWaq6ed_vPsjJPYSUonHjMMtEWdRT6o_fVsJ70DnwHzQiHN26Bab_N6VTH3ueU_kiWQDZXfyF2eZViMNULmNg0h_aHfn-jAgyKFdRjNDHvCDjryyx1kC7pyRTWcSNLZxDg-Sv7HcCybYZ3yKO9rgmtro\"><\/a><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Ceilin Poggi est une chanteuse et interpr\u00e8te \u00e0 la voix singuli\u00e8re. Photo Sylvain Gripoix<\/strong><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">\u00c0 travers cet \u00e9change, la chanteuse Ceilin Poggi revient sur les inspirations qui nourrissent son univers musical, les rencontres marquantes de son parcours, son rapport \u00e0 l\u2019interpr\u00e9tation, ainsi que les engagements qui traversent sa d\u00e9marche artistique.<\/h2>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">Chanteuse et interpr\u00e8te \u00e0 la voix singuli\u00e8re, Ceilin Poggi trace\u00a0un chemin artistique \u00e0 part, entre jazz feutr\u00e9, ballades po\u00e9tiques et projets musicaux immersifs. Connue pour ses collaborations avec le pianiste Thierry Eliez, notamment sur les albums\u00a0<em>Balladines\u00a0<\/em>et<em>\u00a0Chansons Douces<\/em>\u00a0et\u00a0<em>Berceuses\u00a0<\/em>et<em>\u00a0Balladines Jazz<\/em>, elle d\u00e9veloppe un univers d\u00e9licat o\u00f9 chaque note semble porter une \u00e9motion \u00e0 fleur de peau.<\/h1>\n\n\n\n<p><strong>Entretien r\u00e9alis\u00e9 par Brahim Saci<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Diasporadz&nbsp;: Votre univers musical oscille entre jazz, chanson douce et po\u00e9sie sonore<\/strong>&nbsp;<strong>: comment d\u00e9cririez-vous votre identit\u00e9 artistique en quelques mots ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Ceilin Poggi&nbsp;:&nbsp;<\/strong>C\u2019est une bonne question, complexe n\u00e9anmoins. Je crois que l\u2019identit\u00e9 artistique d\u2019un artiste vocal est dans son timbre, ses inflexions, son \u00e9criture\u2026 mon identit\u00e9 se m\u00e9tamorphose au gr\u00e9 des projets sur lesquels je travaille, du type de r\u00e9pertoire. Ma voix est mon territoire, mon espace de jeu. J\u2019explore les zones troubles entre les genres, le silence autant que les mots, je prends la libert\u00e9 du jazz, la douceur d\u2019une berceuse, la densit\u00e9 d\u2019un po\u00e8me, la puissance d\u2019une texture \u00e9lectronique, la richesse des r\u00e9pertoires anciens, baroques, bouffes, contemporains, et mon identit\u00e9 se tisse, forg\u00e9e par la curiosit\u00e9 et l\u2019envie, le besoin d\u2019authenticit\u00e9. Je cherche \u00e0 cr\u00e9er des espaces d\u2019\u00e9coute, comme des refuges, des chambres \u00e0 soi, mais qui laissent aussi place au trouble, tout autant qu\u2019au partage. Rien de fig\u00e9, toujours en tension entre douceur et radicalit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Le projet \u00ab&nbsp;Balladines&nbsp;\u00bb, par exemple, correspond \u00e0 l\u2019univers musical auquel vous faites r\u00e9f\u00e9rence, entre jazz, chanson et po\u00e9sie. Nous l\u2019avons imagin\u00e9 pour transmettre le tr\u00e8s beau r\u00e9pertoire du jazz aux toutes petites oreilles, et ce, de la plus douce des fa\u00e7ons, en cr\u00e9ant un cocon sonore, musical qui soit le plus enveloppant et tendre possible. Pour ce projet, pens\u00e9 comme une bande originale qui accompagne le quotidien des familles qui viennent d\u2019avoir un b\u00e9b\u00e9, nous avons choisi une forme tr\u00e8s intimiste&nbsp;: un piano \u2013 interpr\u00e9t\u00e9 par Thierry Eliez \u2013 et une voix.<\/p>\n\n\n\n<p>Sur d\u2019autres r\u00e9pertoires comme le projet \u00ab&nbsp;Emerson Enigma&nbsp;\u00bb, je dois penser la voix de mani\u00e8re plus performative, adopter une technique plus lyrique, tout en l\u2019associant \u00e0 une approche rythmique et harmonique tr\u00e8s Jazz, voir pop parfois.<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin sur des projets plus personnels, comme le projet S\u00c4ND, auquel je me consacre pleinement actuellement, mon identit\u00e9 artistique s\u2019\u00e9panouit dans une \u00e9lectro sombre et puissante, avec des textes po\u00e9tiques que j\u2019\u00e9cris en fran\u00e7ais.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Diasporadz&nbsp;: Vous avez collabor\u00e9 avec Thierry Eliez sur plusieurs albums marquants. Qu\u2019est-ce que cette collaboration vous a apport\u00e9 artistiquement et humainement ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Ceilin Poggi&nbsp;:&nbsp;<\/strong>Thierry Eliez est une rencontre fondatrice dans ma carri\u00e8re. Travailler avec lui oblige \u00e0 s\u2019ouvrir \u00e0 une \u00e9coute totale et \u00e0 une forme de libert\u00e9 musicale rare et puissante. Il a cette capacit\u00e9 de faire exister la musique dans sa v\u00e9rit\u00e9 la plus brute, tout en y incorporant un nuancier illimit\u00e9 d\u2019\u00e9motions et d\u2019histoires. C\u2019est un conteur intarissable. \u00c0 ses c\u00f4t\u00e9s, j\u2019ai appris \u00e0 d\u00e9passer toutes sortes de limites, \u00e0 laisser la voix surgir du silence, sans chercher \u00e0 \u00ab\u202ffaire\u202f\u00bb mais \u00e0 \u00eatre. Il m\u2019a aussi pouss\u00e9e \u00e0 travailler des r\u00e9pertoires tr\u00e8s \u00e9loign\u00e9s de ma sensibilit\u00e9 musicale, mais d\u2019une richesse absolue.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Humainement, c\u2019est un ma\u00eetre de g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9, de patience et de jeu. Nous avons travers\u00e9 ensemble des ann\u00e9es de cr\u00e9ation, de sc\u00e8nes, d\u2019enregistrement, avec une confiance mutuelle et profonde. C\u2019est un lien pr\u00e9cieux, devenu organique, nos voix chant\u00e9es ensemble sont m\u00eame devenues fusionnelles.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Diasporadz&nbsp;: Votre voix est souvent d\u00e9crite comme d\u00e9licate et expressive. Comment travaillez-vous l\u2019interpr\u00e9tation pour transmettre autant d\u2019\u00e9motion avec autant de subtilit\u00e9 ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Ceilin Poggi&nbsp;:&nbsp;<\/strong>Encore une fois cela d\u00e9pend des projets. Mais l\u2019unique fil conducteur est de dire vrai. Avant m\u00eame de penser \u00e0 la technique, je me demande toujours\u202f: pourquoi chanter ce mot, pourquoi maintenant\u202f? Au-del\u00e0 de sa justesse, quelle intention doit avoir la note, comment s\u2019ins\u00e8re-t-elle dans l\u2019harmonie, le rythme et l\u2019\u00e9quilibre sonore g\u00e9n\u00e9ral avec les autres instruments&nbsp;?&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9motion vient du sens, du corps, de la respiration. Je travaille beaucoup dans le d\u00e9tail, parfois \u00e0 la limite du murmure, en utilisant beaucoup de souffle. J\u2019aime les silences, les inflexions minuscules. Je cherche la subtilit\u00e9, les nuances, y compris dans les r\u00e9pertoires tr\u00e8s d\u00e9monstratifs. Il faut cr\u00e9er une connexion entre le dedans et le dehors.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Diasporadz&nbsp;: Le projet&nbsp;<em>Balladines<\/em>, concert dessin\u00e9 m\u00ealant musique et illustration, est particuli\u00e8rement original. Comment est n\u00e9e cette id\u00e9e et qu\u2019avez-vous souhait\u00e9 transmettre au public \u00e0 travers cette forme hybride ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Ceilin Poggi&nbsp;:&nbsp;<\/strong>Le projet est n\u00e9 d\u2019un d\u00e9sir de douceur et d\u2019accompagnement. D\u2019un besoin d\u2019inventer un espace de po\u00e9sie sonore totale, d\u2019\u00e9change et de partage entre petits et grands. Avec Ilya Green, l\u2019illustratrice, et Thierry Eliez au piano, nous avons imagin\u00e9 un moment suspendu, o\u00f9 la musique, le dessin et la voix se r\u00e9pondent en direct.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est un concert qui se regarde et s\u2019\u00e9coute en m\u00eame temps. Je voulais que le public puisse ressentir une forme d\u2019intimit\u00e9 partag\u00e9e, une chaleur, un refuge, une initiation douce au monde de la nuit et du r\u00eave. Un lieu de lenteur et d\u2019imaginaire, \u00e0 contre-courant de la vitesse ambiante.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Diasporadz&nbsp;: Vous \u00eates \u00e9galement active dans la production musicale. Qu\u2019est-ce qui vous a pouss\u00e9 \u00e0 vous engager aussi en coulisses, et qu\u2019est-ce que cela change dans votre mani\u00e8re de concevoir un projet ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Ceilin Poggi&nbsp;:&nbsp;<\/strong>Je crois que Produire, n\u2019est que le prolongement du geste artistique et de la cr\u00e9ation musicale pure. J\u2019ai tr\u00e8s t\u00f4t compris l\u2019importance de conna\u00eetre et ma\u00eetriser tous les rouages\u202fqui font que la musique peut \u00eatre transmise au plus grand nombre : l\u2019enregistrement, la direction artistique, la post-production, la communication, l\u2019\u00e9dition, la diffusion.<\/p>\n\n\n\n<p>Etre aussi de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 me permet d\u2019anticiper tr\u00e8s en amont la coh\u00e9rence d\u2019un projet, du son jusqu\u2019au visuel. Cela me permet aussi d\u2019obtenir une totale libert\u00e9 de cr\u00e9ation pour moi-m\u00eame, comme pour les autres artistes que j\u2019accompagne, de cr\u00e9er des espaces de travail exigeants et bienveillants. C\u2019est une autre mani\u00e8re de faire exister des formes atypiques, qui ont parfois du mal \u00e0 trouver leur place dans les circuits classiques.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Diasporadz&nbsp;: Vous \u00eates sensible aux questions d\u2019accessibilit\u00e9 et d\u2019inclusion. Comment cet engagement se traduit-il concr\u00e8tement dans vos projets artistiques<\/strong>&nbsp;<strong>?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Ceilin Poggi&nbsp;:&nbsp;<\/strong>Pour moi, l\u2019accessibilit\u00e9 commence d\u00e8s la conception d\u2019un projet. Le cycle&nbsp;<em>Balladines<\/em>, par exemple, a \u00e9t\u00e9 pens\u00e9 d\u00e8s le d\u00e9part pour favoriser l\u2019acc\u00e8s au spectacle vivant \u00e0 des publics souvent \u00e9loign\u00e9s de l\u2019offre culturelle classique\u202f: les tr\u00e8s jeunes enfants, les familles, mais aussi les personnes pour qui le format traditionnel du concert peut \u00eatre un obstacle, comme certains publics autistes.<\/p>\n\n\n\n<p>Cela passe par des formats plus courts, des ambiances sonores douces, des volumes visuels clairs et une attention particuli\u00e8re port\u00e9e \u00e0 l\u2019environnement sensoriel. Plus largement, j\u2019essaie de penser mes cr\u00e9ations comme des espaces ouverts, accueillants, o\u00f9 l\u2019on peut recevoir autrement, sans injonction \u00e0 comprendre ou \u00e0 r\u00e9agir d\u2019une certaine mani\u00e8re. L\u2019inclusion, c\u2019est avant tout une posture artistique\u202f: celle qui consid\u00e8re la diversit\u00e9 des perceptions comme une richesse.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Diasporadz&nbsp;: Avez-vous des projets en cours ou \u00e0 venir&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Ceilin Poggi&nbsp;:&nbsp;<\/strong>Oui, plusieurs\u202f! Mon projet dark pop \u00e9lectro en fran\u00e7ais, S\u00c4ND, est en pleine gestation. C\u2019est un autre versant de moi, plus \u00e9lectronique, plus radical, mais toujours port\u00e9 par la voix et le mot, dont je suis cette fois l\u2019autrice et compositrice.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous avons sorti un premier clip sur YouTube \u00ab Le papillon blanc \u00bb, d\u2019autres titres vont apparaitre petit \u00e0 petit, et enfin l\u2019album \u00ab&nbsp;Les Signaux Contraires&nbsp;\u00bb sortira en automne 2025.<\/p>\n\n\n\n<p>Je travaille aussi sur une cr\u00e9ation live immersive son et lumi\u00e8res en collaboration avec l\u2019agence Lounart, sp\u00e9cialis\u00e9 en cr\u00e9ation visuelle et sc\u00e9nographique. Et je continue \u00e0 accompagner et produire les projets et albums d\u2019autres artistes au sein du label DOOD Music Record que je co-dirige.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Diasporadz&nbsp;: Un dernier mot peut-\u00eatre&nbsp;?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Ceilin Poggi&nbsp;:&nbsp;<\/strong>Merci pour cet \u00e9change sensible. Je souhaite seulement ajouter que la musique reste, \u00e0 mes yeux, un acte profond\u00e9ment vivant, fragile, mouvant. Elle a besoin d\u2019\u00e9coute, de lenteur et de sinc\u00e9rit\u00e9. Elle se doit d\u2019\u00eatre repr\u00e9sentative de la diversit\u00e9 et agir comme une \u00e9veilleuse de conscience et d\u2019\u00e9motions. J\u2019esp\u00e8re continuer longtemps \u00e0 inventer des formes qui parlent et touchent profond\u00e9ment.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Entretien r\u00e9alis\u00e9 par Brahim Saci<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Diasporadz.com<\/p>\n\n\n\n<p>Le 3 mai 2025<\/p>\n\n\n\n<p>www.youtube.com\/watch?v=sKv87cfBntA&amp;t=1s<\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\"><\/h1>\n\n\n\n<p><strong>&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;..&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\"><strong>Brahim Saci, po\u00e8te des \u00e2mes en veille<\/strong><a href=\"https:\/\/twitter.com\/intent\/tweet?text=Brahim+Saci%2C+po%C3%A8te+des+%C3%A2mes+en+veille&amp;url=https%3A%2F%2Fwww.diasporadz.com%2Fbrahim-saci-poete-des-ames-en-veille%2F&amp;via=diasporadz24\"><\/a><a href=\"https:\/\/twitter.com\/intent\/tweet?text=Brahim+Saci%2C+po%C3%A8te+des+%C3%A2mes+en+veille&amp;url=https%3A%2F%2Fwww.diasporadz.com%2Fbrahim-saci-poete-des-ames-en-veille%2F&amp;via=diasporadz24\"><\/a><a href=\"https:\/\/api.whatsapp.com\/send?text=Brahim+Saci%2C+po%C3%A8te+des+%C3%A2mes+en+veille%20%0A%0A%20https:\/\/www.diasporadz.com\/brahim-saci-poete-des-ames-en-veille\/\"><\/a><a href=\"https:\/\/www.linkedin.com\/shareArticle?mini=true&amp;url=https:\/\/www.diasporadz.com\/brahim-saci-poete-des-ames-en-veille\/&amp;title=Brahim+Saci%2C+po%C3%A8te+des+%C3%A2mes+en+veille\"><\/a><a href=\"https:\/\/reddit.com\/submit?url=https:\/\/www.diasporadz.com\/brahim-saci-poete-des-ames-en-veille\/&amp;title=Brahim+Saci%2C+po%C3%A8te+des+%C3%A2mes+en+veille\"><\/a><a href=\"https:\/\/www.diasporadz.com\/brahim-saci-poete-des-ames-en-veille\/\"><\/a><a href=\"mailto:?subject=Brahim%20Saci,%20po%C3%A8te%20des%20%C3%A2mes%20en%20veille&amp;body=https:\/\/www.diasporadz.com\/brahim-saci-poete-des-ames-en-veille\/\"><\/a><a href=\"https:\/\/www.diasporadz.com\/brahim-saci-poete-des-ames-en-veille\/#\"><\/a><a href=\"https:\/\/blogger.googleusercontent.com\/img\/a\/AVvXsEjbcLSdDgNVM3AEKllkTk27bUeliieftnxorxb9Qzm6cGNLCqEZ2NlwpCz8ClNHVUnpIE0Cm770SVxgxA2q_Fd4XMIF9NpPVNnkFD-tm_K_s6jlIRDwLhxkGPdvo3_1X-jdHnN2Rdqh8XIZoIkr3HQ6chXlgW_HfnCc4Ycak2O55vbk56kP5zXZDyAy6cs\"><\/a><\/h1>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"667\" height=\"558\" src=\"https:\/\/www.brahimsaci.com\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/image-2.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-977\" style=\"width:674px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/www.brahimsaci.com\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/image-2.png 667w, https:\/\/www.brahimsaci.com\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/image-2-300x251.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 667px) 100vw, 667px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><br>Le po\u00e8te Brahim Saci, un recueil en main, en dialogue silencieux avec ses propres vers, au Caf\u00e9 l&rsquo;Impond\u00e9rable.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Avec&nbsp;<em>Tout un monde perdu<\/em>&nbsp;et&nbsp;<em>La Travers\u00e9e,<\/em>&nbsp;ses deux derniers-n\u00e9s po\u00e9tiques, le po\u00e8te Brahim Saci prolonge une aventure litt\u00e9raire entam\u00e9e il y a&nbsp;quelques ann\u00e9es. Deux recueils \u00e0 la fois jumeaux et distincts, port\u00e9s par une m\u00e9lancolie lucide et un souffle quasi mystique.<\/h2>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">Ces deux recueils du po\u00e8te Brahim Saci viennent s\u2019ajouter \u00e0&nbsp;une \u0153uvre d\u00e9j\u00e0 riche, affirmant la marque d\u2019un \u00e9crivain fid\u00e8le \u00e0 sa ligne int\u00e9rieure, tendu vers l\u2019essentiel. Portrait critique d\u2019un artisan du verbe, qui \u00e9crit sans jamais d\u00e9tourner le regard.<\/h1>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>L\u2019\u00e9l\u00e9gance de la douleur contenue<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">Dans l\u2019univers feutr\u00e9 de la po\u00e9sie contemporaine, Brahim Saci ne cherche pas la lumi\u00e8re. Il la scrute. Depuis son tout premier recueil,&nbsp;<em>Fleurs aux \u00e9pines<\/em>, le po\u00e8te Brahim Saci explore les arri\u00e8re-plans de l\u2019\u00e2me, les vertiges du manque, les blessures anciennes. Avec&nbsp;<em>Tout un monde perdu<\/em>, qu\u2019introduit le&nbsp;regard litt\u00e9raire du Dr Aziz Cheboub, et&nbsp;<em>La Travers\u00e9e<\/em>, \u00e0 laquelle j\u2019ai pr\u00eat\u00e9 voix en pr\u00e9face, il atteint un point de maturit\u00e9 sans jamais c\u00e9der \u00e0 l\u2019immobilit\u00e9. <\/h1>\n\n\n\n<p>Deux recueils qui dialoguent, se r\u00e9pondent, s\u2019\u00e9loignent parfois, mais dessinent ensemble un territoire po\u00e9tique coh\u00e9rent : celui d\u2019un homme aux prises avec la perte, mais debout dans l\u2019\u00e9criture.<em>Tout un monde perdu<\/em>&nbsp;impressionne par sa densit\u00e9. Non pas celle du style \u2013 Brahim Saci reste fid\u00e8le \u00e0 une langue d\u00e9pouill\u00e9e, directe \u2013 mais par l\u2019intensit\u00e9 des th\u00e8mes abord\u00e9s : le temps qui \u00e9chappe, l\u2019amour disparu, le monde qui se d\u00e9fait sous nos yeux. La douleur n\u2019est jamais spectaculaire, elle est contenue. Mais elle affleure \u00e0 chaque vers, comme une braise couv\u00e9e sous les cendres. Une figure traverse discr\u00e8tement le recueil : Am\u00e9lie, pr\u00e9sence aussi tendre que d\u00e9chirante. Plus qu\u2019un souvenir, elle devient une constellation autour de laquelle gravite le regard du po\u00e8te. Elle n\u2019est ni totalement pr\u00e9sente ni compl\u00e8tement absente, mais toujours vibrante, comme un battement de c\u0153ur oubli\u00e9 dans une maison vide.Mais il serait r\u00e9ducteur de voir dans ce recueil une simple complainte. Car Brahim Saci y inscrit aussi un refus : celui de c\u00e9der au cynisme ambiant. <\/p>\n\n\n\n<p>Dans ses vers, la perte n\u2019\u00e9crase pas ; elle devient mati\u00e8re \u00e0 r\u00e9flexion, \u00e0 \u00e9l\u00e9vation. L\u2019h\u00e9ritage baudelairien n\u2019est pas loin, mais sans le masque noir. Chez Saci, l\u2019obscurit\u00e9 s\u2019\u00e9claire de l\u2019int\u00e9rieur. Les vers ne s\u2019effondrent pas, ils soutiennent ; ils ne fuient pas la r\u00e9alit\u00e9, ils la sondent. On y entend une voix qui dit sans fracas, mais avec conviction : \u00ab M\u00eame au bord de l\u2019ab\u00eeme, il reste des mots pour tenir debout \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>La Travers\u00e9e, l\u2019\u00e9pure comme r\u00e9ponse<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\"><em>La Travers\u00e9e<\/em>, quant \u00e0 elle, est un livre plus brut, plus frontal. Le titre dit tout : il ne s\u2019agit plus de constater une disparition, mais d\u2019avancer malgr\u00e9 elle. Le corps souffre, la m\u00e9moire vacille, le souffle parfois manque, mais l\u2019acte d\u2019\u00e9crire devient alors r\u00e9sistance. On pense \u00e0 certains po\u00e8tes mystiques, pour qui le vers est une pri\u00e8re sans dogme, une tentative de relier la douleur \u00e0 une forme d\u2019absolu. <\/h1>\n\n\n\n<p>Le recueil est hant\u00e9 par une figure f\u00e9minine \u2013 l\u00e0 encore, Am\u00e9lie \u2013 mais c\u2019est l\u2019int\u00e9riorit\u00e9 du po\u00e8te qui s\u2019expose davantage : ses \u00e9preuves, ses errements, son besoin de sens.Les deux recueils forment un diptyque travers\u00e9 par des th\u00e9matiques r\u00e9currentes : l\u2019exil, le deuil, la foi, le silence, la dignit\u00e9 face \u00e0 l\u2019effondrement. Mais surtout, ils affirment un style : pas de grandiloquence, pas d\u2019effets faciles, une langue sobre, \u00e0 hauteur d\u2019homme, toujours tendue vers le juste mot. Brahim Saci \u00e9crit comme on respire dans un monde trop bruyant. Il dit les choses simples, mais essentielles. Il rappelle que l\u2019\u00e9motion vraie ne se force pas : elle se trouve dans les d\u00e9tails, les silences, les plis du langage.Ce diptyque se distingue \u00e9galement par son refus de se soumettre \u00e0 une temporalit\u00e9 m\u00e9diatique. Rien ici ne cherche \u00e0 \u00eatre tendance. <\/p>\n\n\n\n<p>Brahim Saci \u00e9crit hors du vacarme, loin des algorithmes. Il s\u2019inscrit dans un temps long, celui des veilleurs, des sentinelles. Il est de ceux qui creusent un m\u00eame sillon, patiemment, obstin\u00e9ment, en dehors des modes. Cette fid\u00e9lit\u00e9 \u00e0 soi-m\u00eame, rare dans une \u00e9poque friande de reniements express, est peut-\u00eatre ce qui donne \u00e0 ses textes leur densit\u00e9 humaine.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Brahim Saci, un engagement au-del\u00e0 de la po\u00e9sie<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">Parall\u00e8lement \u00e0 son \u0153uvre de po\u00e8te \u2014 et aussi de chanteur \u2014 Brahim Saci explore un autre versant de l\u2019\u00e9criture : le journalisme culturel. \u00c0 travers des portraits inspir\u00e9s et des entretiens fouill\u00e9s, il donne voix \u00e0 celles et ceux qu\u2019on entend peu, r\u00e9v\u00e8le des talents oubli\u00e9s ou \u00e9mergents, et revisite des figures \u00e9tablies sous un jour inattendu. Une m\u00eame exigence le guide : capter ce qui bruisse en marge, r\u00e9v\u00e9ler l\u2019inaper\u00e7u. <\/h1>\n\n\n\n<p>Son regard, pr\u00e9cis et g\u00e9n\u00e9reux, prolonge naturellement son univers po\u00e9tique. Dans le vacarme du monde, il \u00e9coute, recueille, transmet.Brahim Saci n\u2019est pas un po\u00e8te \u00ab engag\u00e9 \u00bb au sens politique du terme. Il est davantage un veilleur, un artisan de la m\u00e9moire. Dans un monde souvent bruit\u00e9, sa voix, discr\u00e8te mais pr\u00e9cise, continue de tracer des sillons. Ceux de l\u2019esp\u00e9rance sans illusion. Ceux de la beaut\u00e9 en temps d\u2019orage. Et lorsqu\u2019on croise son pas dans les rues de Paris, c\u2019est parfois sans le savoir qu\u2019on fr\u00f4le un homme qui porte dans sa poche des fragments d\u2019univers, des blessures et des lueurs, des ruines et des renaissances. <\/p>\n\n\n\n<p>Il est de ces auteurs qu\u2019on ne lit pas d\u2019un trait, mais que l\u2019on revient visiter. Non pour leur actualit\u00e9, mais pour leur fid\u00e9lit\u00e9 \u00e0 l\u2019essentiel. Et c\u2019est peut-\u00eatre l\u00e0 le plus grand \u00e9loge qu\u2019on puisse rendre \u00e0 Brahim Saci : celui de continuer \u00e0 croire aux mots, m\u00eame quand tout semble se taire.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><strong> Hamid Banoune <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>26 juillet 2025  <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>diasporadz.com   <em><br><\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>INFO IMPORTANTE<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Brahim Saci<\/em><\/strong><em>&nbsp;sera&nbsp;l\u2019invit\u00e9 du&nbsp;<\/em><strong><em>caf\u00e9 litt\u00e9raire&nbsp;anim\u00e9 par Youcef Zirem ce dimanche 27 juillet 2025 \u00e0 18h<\/em><\/strong><br><strong><em>Lieu<\/em><\/strong><em>&nbsp;: Caf\u00e9&nbsp;<\/em><strong><em>L\u2019Impond\u00e9rable<\/em><\/strong><em>&nbsp;\u2013 320 rue des Pyr\u00e9n\u00e9es, Paris 20e<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;..&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\"><strong>La travers\u00e9e enchant\u00e9e de Brahim Saci<\/strong><\/h1>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"271\" height=\"429\" src=\"https:\/\/www.brahimsaci.com\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/image-1.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-976\" style=\"width:342px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/www.brahimsaci.com\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/image-1.png 271w, https:\/\/www.brahimsaci.com\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/image-1-190x300.png 190w\" sizes=\"auto, (max-width: 271px) 100vw, 271px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>C\u2019est une belle parole de l\u2019immense po\u00e8te et \u00e9crivain portugais, Fernando Pessoa qui ouvre ce nouveau livre de Brahim Saci, La Travers\u00e9e. \u00ab Je vis toujours dans le pr\u00e9sent. Je ne peux pas conna\u00eetre l\u2019avenir. Je n\u2019ai plus le pass\u00e9 \u00bb. Tout un programme pour signifier qu\u2019il est bon de saisir le meilleur dans chaque instant qui arrive.<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">Le po\u00e8te tente de dire les m\u00e9tamorphoses du monde, il crie souvent, \u00e0 la face du cosmos, son malaise ; il essaie \u00e9galement d\u2019amadouer sa solitude.\u00ab Longue est la route, heureusement sous la vo\u00fbte, \u00e9toil\u00e9e, tu restes \u00e0 mes c\u00f4t\u00e9s, tu es la seule \u00e0 m\u2019accompagner \u00bb, \u00e9crit Brahim Saci. <\/h1>\n\n\n\n<p>Agr\u00e9ablement pr\u00e9fac\u00e9 par le journaliste Hamid Banoune, ce vingti\u00e8me livre de Brahim Saci prolonge des p\u00e9r\u00e9grinations impos\u00e9es par ce joueur avide, le temps, pour paraphraser Baudelaire et prend la main du lecteur dans une travers\u00e9e qui s\u2019av\u00e8re, au final, salvatrice.Car l\u2019\u00e9poque est folle et les jours imparfaits ; comment r\u00e9sister \u00e0 tant de mensonges, semble se dire au plus profond de lui-m\u00eame le po\u00e8te ? \u00ab Tu avances, tu t\u2019interroges, dans le doute, tu loges, lorsque tu appartiens au monde, tu n\u2019entends que vacarme \u00e0 la ronde \u00bb, confie le po\u00e8te.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans l\u2019oubli, il y a un souffle, un r\u00e9pit avant que le brouillard ne revienne imposer ses lois. \u00ab J\u2019\u00e9coute la pluie, j\u2019oublie un peu le temps qui fuit, le pass\u00e9 prend un temps, la place du pr\u00e9sent \u00bb, se surprend \u00e0 dire Brahim Saci.Il faut, pourtant, \u00ab arr\u00eater ces pleurs pour cette fleur qui a quitt\u00e9 le bonheur pour fleurir ailleurs. \u00bb L\u2019ab\u00eeme n\u2019est pas loin, quand les fausses lumi\u00e8res jouent du coude pour d\u00e9former la r\u00e9alit\u00e9. \u00ab J\u2019ai fait la travers\u00e9e des d\u00e9serts br\u00fbl\u00e9s, mais en passant parfois par quelques joies \u00bb, se souvient le po\u00e8te.<\/p>\n\n\n\n<p>Des myst\u00e8res, des \u00e9nigmes, des questionnements d\u00e9ferlent dans ce recueil, \u00e0 l\u2019image des livres pr\u00e9c\u00e9dents, dans une danse rythm\u00e9e par la nostalgie, la spiritualit\u00e9 et le courage. L\u2019\u00e9cho des tavernes n\u2019est pas oubli\u00e9 ; ces espaces permettent le d\u00e9foulement ; ils sont propices \u00e0 la cr\u00e9ation. Le po\u00e8te insiste sur ce voyage pr\u00e9par\u00e9 ou pas, sur cette travers\u00e9e enchant\u00e9e qui exile au loin l\u2019ennui.L\u2019essentiel est de laisser ces traces qui t\u00e9moigneront, demain, de ces passages d\u00e9routants, de ces qu\u00eates interminables, de v\u00e9cus ensoleill\u00e9s malgr\u00e9 la douleur.\u00ab Pour partager le vers de la beaut\u00e9, du jardin retrouv\u00e9, m\u00eame sous le spleen, je ne d\u00e9sesp\u00e8re pas, l\u2019espoir est dans chaque pas \u00bb, tranche Brahim Saci. Se h\u00e2ter de vivre, prendre entre ses mains ce bonheur encore possible, partir, une nouvelle fois, \u00e0 la conqu\u00eate de la sagesse. Oui, la travers\u00e9e enchant\u00e9e continue.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Youcef Zirem<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Jeudi 24 juillet 2025<\/p>\n\n\n\n<p>lematindalgerie.com<\/p>\n\n\n\n<p><strong>&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;..&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"271\" height=\"429\" src=\"https:\/\/www.brahimsaci.com\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/image.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-975\" style=\"width:341px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/www.brahimsaci.com\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/image.png 271w, https:\/\/www.brahimsaci.com\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/image-190x300.png 190w\" sizes=\"auto, (max-width: 271px) 100vw, 271px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>&nbsp;&nbsp;Le monde perdu de Brahim Saci<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Noter la fuite du temps, \u00e9num\u00e9rer les phases lumineuses du quotidien, se souvenir du chagrin et du brouillard. Telles sont, entre autres, les qu\u00eates du po\u00e8te dans son labeur quand l\u2019inspiration vient le visiter.<\/h2>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Pour son 19e livre de po\u00e9sie, Brahim Saci visite des endroits d\u00e9j\u00e0 connus tout en leur donnant une autre dimension, avec un peu plus d\u2019amour, un peu plus de spiritualit\u00e9. La vie humaine est parsem\u00e9e d\u2019\u00e9nigmes ; elle est, \u00e0 bien des \u00e9gards, ind\u00e9chiffrable, elle suscite des interrogations dont les r\u00e9ponses sont difficiles \u00e0 trouver. <\/h2>\n\n\n\n<p>La peur de plonger dans le n\u00e9ant de l\u2019inconnaissable pousse l\u2019Homme vers les arts.La po\u00e9sie est un art d\u2019une exquise finesse ; ainsi les mots font agr\u00e9ablement voyager quand ils sont enrob\u00e9s d\u2019une certaine magie. Tout le monde n\u2019est pas sensible \u00e0 cette magie. Heureuses et heureux sont celles et ceux qui ont l\u2019aptitude de saisir cette magie. Tout un monde perdu, tel est le titre de ce nouveau livre de Brahim Saci pr\u00e9fac\u00e9 par l\u2019universitaire Aziz Cheboub. \u00ab Le myst\u00e8re est partout, le sort s\u2019amuse et joue \u00bb, confie le po\u00e8te.La solitude est un d\u00e9sert, l\u2019instant est fugitif, les vents tournent, les trahisons continuent. Les temps sont amers ; le monde est tourment\u00e9. <\/p>\n\n\n\n<p>Mais tout n\u2019est pas perdu. \u00ab Je cherche le beau, je peins avec les mots, dont le sens n\u2019est pas toujours apparent, il est cach\u00e9 aux passants \u00bb, souligne Brahim Saci. Lorsque se bousculent les souvenirs dans la t\u00eate du po\u00e8te, le chagrin s\u2019invite, les amours perdues osent alors se faire grandioses. Le bonheur n\u2019est-il que dans le temps de jadis ?Le bonheur n\u2019est-il appr\u00e9ci\u00e9 que dans les regrets de sa fin pr\u00e9matur\u00e9e ? \u00ab Polissons nos c\u0153urs, il y a en chacun un jardin de fleurs, essuyons les pleurs, r\u00e9parons nos erreurs \u00bb, se dit le po\u00e8te pour se consoler et continuer son chemin. Vivre, c\u2019est continuer les combats. \u00ab Retrouvons la force, comme l\u2019arbre son \u00e9corce, demain peut \u00eatre meilleur, cultivons le bonheur \u00bb, se rassure l\u2019amoureux transi. Le po\u00e8te sait inventer des r\u00eaves, face l\u2019absence, il se souvient, il s\u2019habitue aux errances.<\/p>\n\n\n\n<p>Tout un monde perdu n\u2019est, au final, pas un livre de d\u00e9faites ; c\u2019est plut\u00f4t une reconstitution courageuse du pass\u00e9 douloureux pour mieux regarder les lumi\u00e8res du futur, pour saisir le meilleur de chaque instant de vie, pour perp\u00e9tuer cette belle tradition de l\u2019espoir infini, malgr\u00e9 les d\u00e9faites humaines interminables et souvent renouvel\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Youcef Zirem<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">\u2022&nbsp;<em>Tout un monde perdu<\/em>, de Brahim Saci, \u00e9ditions du Net, 2025<\/h3>\n\n\n\n<p>Samedi 5 juillet 2025<\/p>\n\n\n\n<p><strong>lematindalgerie.com<\/strong><\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;<\/h1>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\"><strong>Caf\u00e9 L\u2019impond\u00e9rable : un voyage au fil du fleuve po\u00e9tique de Brahim Saci<\/strong><a href=\"https:\/\/api.whatsapp.com\/send?text=Caf%C3%A9+L%E2%80%99impond%C3%A9rable+%3A+un+voyage+au+fil+du+fleuve+po%C3%A9tique+de+Brahim+Saci%20%0A%0A%20https:\/\/www.diasporadz.com\/cafe-limponderable-un-voyage-au-fil-du-fleuve-poetique-de-brahim-saci\/\"><\/a><\/h1>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/api.whatsapp.com\/send?text=Caf%C3%A9+L%E2%80%99impond%C3%A9rable+%3A+un+voyage+au+fil+du+fleuve+po%C3%A9tique+de+Brahim+Saci%20%0A%0A%20https:\/\/www.diasporadz.com\/cafe-limponderable-un-voyage-au-fil-du-fleuve-poetique-de-brahim-saci\/\"><\/a><a href=\"https:\/\/www.linkedin.com\/shareArticle?mini=true&amp;url=https:\/\/www.diasporadz.com\/cafe-limponderable-un-voyage-au-fil-du-fleuve-poetique-de-brahim-saci\/&amp;title=Caf%C3%A9+L%E2%80%99impond%C3%A9rable+%3A+un+voyage+au+fil+du+fleuve+po%C3%A9tique+de+Brahim+Saci\"><\/a><a href=\"https:\/\/reddit.com\/submit?url=https:\/\/www.diasporadz.com\/cafe-limponderable-un-voyage-au-fil-du-fleuve-poetique-de-brahim-saci\/&amp;title=Caf%C3%A9+L%E2%80%99impond%C3%A9rable+%3A+un+voyage+au+fil+du+fleuve+po%C3%A9tique+de+Brahim+Saci\"><\/a><a href=\"https:\/\/www.diasporadz.com\/cafe-limponderable-un-voyage-au-fil-du-fleuve-poetique-de-brahim-saci\/\"><\/a><a href=\"mailto:?subject=Caf%C3%A9%20L%E2%80%99impond%C3%A9rable%20:%20un%20voyage%20au%20fil%20du%20fleuve%20po%C3%A9tique%20de%20Brahim%20Saci&amp;body=https:\/\/www.diasporadz.com\/cafe-limponderable-un-voyage-au-fil-du-fleuve-poetique-de-brahim-saci\/\"><\/a><a href=\"https:\/\/www.diasporadz.com\/cafe-limponderable-un-voyage-au-fil-du-fleuve-poetique-de-brahim-saci\/#\"><\/a><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><a href=\"https:\/\/blogger.googleusercontent.com\/img\/a\/AVvXsEhlTR4tCA9veRVFcIz9IySu28uUW0CIOfFtNyKR85kJvWu-MIMRrOWjtgadO-nOLn3y6lzHxi0veLDMsiIXG1_Qhw1FOJ3um7Q6EIRr9lxNhcpTurJPNxnKP8f4asKVTtJnx1Zd9__JumwlQoIDKM5vy3aNvfvwAOIPwljCoju6lNOH2ndNna0SCJmxTdY\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/blogger.googleusercontent.com\/img\/a\/AVvXsEhlTR4tCA9veRVFcIz9IySu28uUW0CIOfFtNyKR85kJvWu-MIMRrOWjtgadO-nOLn3y6lzHxi0veLDMsiIXG1_Qhw1FOJ3um7Q6EIRr9lxNhcpTurJPNxnKP8f4asKVTtJnx1Zd9__JumwlQoIDKM5vy3aNvfvwAOIPwljCoju6lNOH2ndNna0SCJmxTdY=w521-h315\" alt=\"\"\/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<p><em>Youcef Zirem et Brahim Saci le 19 janvier dernier au caf\u00e9 litt\u00e9raire L&rsquo;Impond\u00e9rable.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Pour son 261e rendez-vous, le caf\u00e9 litt\u00e9raire parisien&nbsp;<em>L\u2019Impond\u00e9rable<\/em>&nbsp;a vibr\u00e9 au rythme des mots et des notes ce dimanche 19 janvier 2024, en accueillant deux chefs-d\u2019\u0153uvre po\u00e9tiques sign\u00e9s Brahim Saci :&nbsp;<em>La Raison D\u00e9chue<\/em>&nbsp;et&nbsp;<em>Le Manteau de la Nuit<\/em>, respectivement 17e et 18e recueils de po\u00e9sie publi\u00e9s aux \u00c9ditions du Net.<a href=\"https:\/\/www.diasporadz.com\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Brahim-saci-imponderable.jpg\"><\/a><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9v\u00e9nement, anim\u00e9 par l\u2019incontournable \u00e9crivain et journaliste Youcef Zirem au caf\u00e9 L\u2019Impond\u00e9rable, a attir\u00e9 un public d\u2019horizons vari\u00e9s, venu d\u00e9couvrir ou red\u00e9couvrir Brahim Saci, l\u2019un des auteurs les plus prolifiques de la sc\u00e8ne litt\u00e9raire actuelle.<\/p>\n\n\n\n<p>Le ton a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9 par une pr\u00e9sentation captivante de Youcef Zirem, qui a su mettre l\u2019eau \u00e0 la bouche des participants en \u00e9veillant leur curiosit\u00e9 et leur enthousiasme. Brahim Saci, port\u00e9 par son charisme&nbsp;naturel et son \u00e9loquence singuli\u00e8re,  a ensuite conquis l\u2019assistance par un discours m\u00ealant profondeur et po\u00e9sie, tout en souhaitant un chaleureux&nbsp;<em>Assegas Ameggaz<\/em>&nbsp;\u00e0 tous. Sa ma\u00eetrise des \u00e9changes et sa bienveillance ont marqu\u00e9 les esprits, alors qu\u2019il r\u00e9pondait avec soin aux nombreuses questions d\u2019un public conquis.<\/p>\n\n\n\n<p>Lors de cet \u00e9change marqu\u00e9 par respect et partage, Brahim Saci a soulign\u00e9 l\u2019importance de vivre pleinement l\u2019instant pr\u00e9sent. \u00c0 travers ses po\u00e8mes, il rend un vibrant hommage aux musiciens et artistes du Cha\u00e2bi, \u00e9tant lui-m\u00eame chanteur et compositeur. Il a pr\u00e9sent\u00e9 les arts&nbsp;comme un refuge face \u00e0 la d\u00e9shumanisation croissante du monde, tout en d\u00e9non\u00e7ant avec force les injustices et l\u2019ordre \u00e9tabli :<\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00ab Mi-\u00eatres mi-animaux,<\/em><br><em>Ces fardeaux,<\/em><br><em>Ces cr\u00e9atures viles,<\/em><br><em>Qui nous poussent vers l\u2019exil. \u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Brahim Saci consid\u00e8re la musique et la po\u00e9sie comme indissociables, deux ruisseaux alimentant un m\u00eame fleuve, que&nbsp; Youcef Zirem a nomm\u00e9 \u00ab le fleuve po\u00e9tique \u00bb. L\u2019artiste a \u00e9galement \u00e9voqu\u00e9 l\u2019inspiration comme un \u00ab miracle \u00bb, affirmant :&nbsp;<em>\u00ab Heureux ceux qui go\u00fbtent \u00e0 ce miracle. \u00bb<\/em>&nbsp;Il puise dans son v\u00e9cu pour nourrir son \u00e9criture, invitant chacun \u00e0 cultiver son esprit et \u00e0 s\u2019ouvrir aux arts.<\/p>\n\n\n\n<p>Avec une \u00e9motion manifeste, Brahim Saci a rendu hommage au l\u00e9gendaire Slimane Azem, qu\u2019il consid\u00e8re comme son p\u00e8re spirituel en musique. Il a toutefois exprim\u00e9 une profonde amertume face aux obstacles rencontr\u00e9s il y a 30 ans, qu\u2019il attribue aux agissements des ennemis de son idole.&nbsp;<em>\u00ab Slimane Azem \u00e9tait un visionnaire incompris et jalous\u00e9. Ses ennemis m\u2019ont emp\u00each\u00e9 de r\u00e9aliser la carri\u00e8re qui m\u2019\u00e9tait destin\u00e9e \u00bb,<\/em>&nbsp;conclut-il.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s avoir remerci\u00e9 l\u2019assistance, les passionn\u00e9s de po\u00e9sie se sont pr\u00e9cipit\u00e9s pour obtenir un exemplaire d\u00e9dicac\u00e9 des recueils de l\u2019auteur, qui s\u2019est pr\u00eat\u00e9 \u00e0 cet exercice avec patience et g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9. Puis, pour c\u00e9l\u00e9brer&nbsp;<em>Yennayer<\/em>, un succulent couscous traditionnel,&nbsp;<em>Amekful<\/em>, a \u00e9t\u00e9 offert par les h\u00f4tes du caf\u00e9 litt\u00e9raire, ravissant les papilles des convives.<\/p>\n\n\n\n<p>Comme \u00e0 l\u2019accoutum\u00e9e, la f\u00eate s\u2019est poursuivie en musique. Azzedine Lateb et son complice de toujours, Amdan, ont interpr\u00e9t\u00e9 des chansons intemporelles de Matoub et d\u2019El Hasnaoui, tandis que Brahim Saci a enchant\u00e9 l\u2019audience avec des chefs-d&rsquo;oeuvre de Slimane Azem. Deux autres artistes talentueux, Kamel Mezani et Ahmed Amzal, ont illumin\u00e9 la sc\u00e8ne avec leurs interpr\u00e9tations exaltantes, cl\u00f4turant la soir\u00e9e dans une atmosph\u00e8re de fraternit\u00e9 et de joie partag\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Une fois encore, la magie des mots, des notes et des traditions a su r\u00e9unir les c\u0153urs et offrir aux pr\u00e9sents une soir\u00e9e m\u00e9morable.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Hamid Banoune<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le 26 janvier 2025<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>diasporadz.com<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;..<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"400\" height=\"612\" src=\"https:\/\/www.brahimsaci.com\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Le-manteau-de-la-nuit.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-873\" style=\"width:431px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/www.brahimsaci.com\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Le-manteau-de-la-nuit.jpg 400w, https:\/\/www.brahimsaci.com\/wp-content\/uploads\/2025\/01\/Le-manteau-de-la-nuit-196x300.jpg 196w\" sizes=\"auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Les apaisements salvateurs de Brahim Saci<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019ivresse que procure la po\u00e9sie ne se termine jamais. Les mots deviennent alors les compagnons de chaque jour ; ils participent ainsi \u00e0 de nombreuses qu\u00eates du po\u00e8te.<\/p>\n\n\n\n<p>Brahim Saci conna\u00eet \u00e0 merveille cette belle proximit\u00e9 avec les voyages fondateurs que la po\u00e9sie rend possibles.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans son 18e recueil, Le Manteau de la nuit, joliment pr\u00e9fac\u00e9 par Hamid Banoune, ce talentueux et passionn\u00e9 journaliste, Brahim Saci accueille les jours avec philosophie et sagesse.<\/p>\n\n\n\n<p>Le monde est froid mais le po\u00e8te garde toujours son c\u0153ur d\u2019enfant. Une splendide prouesse dans un monde domin\u00e9 par l\u2019injustice, le malentendu, la course effr\u00e9n\u00e9e vers le vulgaire. Il y a trop de bouffons des palais, d\u2019idiots qui ne rougissent pas. Pour braver les mauvais vents, le po\u00e8te se cherche, se pose des questions, tente de saisir cet essentiel que seul le temps pr\u00e9sent peut poss\u00e9der.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais cette avanc\u00e9e du temps est impossible \u00e0 contr\u00f4ler, impossible \u00e0 comprendre vraiment.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Et pourtant le pr\u00e9sent est froid, il me tourmente, il me noie, comme un grain, il me broie, comme tant de fois \u00bb, avoue le po\u00e8te. Face \u00e0 l\u2019impasse, l\u2019esp\u00e9rance devient lasse, les blessures se font \u00e9touffantes, elles habitent au plus profond de l\u2019\u00e2me.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans ce d\u00e9cor triste, la vie ne se laisse pourtant pas faire, elle fait appel au meilleur que les souvenirs retiennent, jalousement. Il suffit, parfois, de peu pour que le soleil revienne r\u00e9chauffer le c\u0153ur et l\u2019esprit.<\/p>\n\n\n\n<p>La m\u00e9ditation vient \u00e9galement au secours de celui qui se sent seul, elle lui montre des chemins qui att\u00e9nuent la douleur. \u00ab Le po\u00e8te conna\u00eet la soif des d\u00e9serts, o\u00f9 la muse se d\u00e9salt\u00e8re, mais ma soif n\u2019est jamais \u00e9tanch\u00e9e, car elle se situe hors de la r\u00e9alit\u00e9 \u00bb, \u00e9crit Brahim Saci.<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant m\u00eame s\u2019il est fugitif, l\u2019espoir n\u2019a pas compl\u00e8tement disparu. Il y a tant de g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9s \u00e0 inventer, il y a tant de mis\u00e9rables \u00e0 aider, il y a tant de malheureux \u00e0 soutenir.<\/p>\n\n\n\n<p>La po\u00e9sie est, en r\u00e9alit\u00e9, une tentative de dialogue avec les autres. De ce dialogue naissent des harmonies insoup\u00e7onn\u00e9es, des sourires contagieux, des apaisements salvateurs. La po\u00e9sie est, au bout du chemin de la vie, une admirable qu\u00eate de l\u2019\u00e9ternit\u00e9. Et il n\u2019y a que ces somptueuses traces laiss\u00e9es par les mots qui osent tutoyer cette \u00e9ternit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Youcef Zirem<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u2022 Le Manteau de la nuit de Brahim Saci, 121 pages, \u00e9ditions du Net, 2024<\/p>\n\n\n\n<p>jeudi 16 janvier 2025<\/p>\n\n\n\n<p><strong>lematindalgerie.com<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"669\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/www.brahimsaci.com\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/Brahim-Saci-669x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-830\" style=\"width:423px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/www.brahimsaci.com\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/Brahim-Saci-669x1024.jpg 669w, https:\/\/www.brahimsaci.com\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/Brahim-Saci-196x300.jpg 196w, https:\/\/www.brahimsaci.com\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/Brahim-Saci-768x1176.jpg 768w, https:\/\/www.brahimsaci.com\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/Brahim-Saci-1003x1536.jpg 1003w, https:\/\/www.brahimsaci.com\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/Brahim-Saci.jpg 1337w\" sizes=\"auto, (max-width: 669px) 100vw, 669px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Les miracles po\u00e9tiques de Brahim Saci&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><strong>La po\u00e9sie s\u2019av\u00e8re un interminable voyage chez Brahim Saci. Cela fait des ann\u00e9es, maintenant, que le po\u00e8te publie r\u00e9guli\u00e8rement des recueils de po\u00e9sie. Il est \u00e0 son 17e livre publi\u00e9 avec La Raison d\u00e9chue qui vient de sortir aux \u00e9ditions du Net.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Une vraie prouesse litt\u00e9raire, un souffle po\u00e9tique qui perdure, avec bonheur. Chanteur kabyle inspir\u00e9, avec pr\u00e8s d\u2019une centaine de chansons, Brahim Saci avait retrouv\u00e9 la po\u00e9sie de langue fran\u00e7aise qu\u2019il avait un peu d\u00e9laiss\u00e9e pour ne plus la l\u00e2cher. Brahim Saci emprunte les chemins de la cr\u00e9ation pour dire sa fa\u00e7on de voir le monde ; il est un observateur averti, un homme qui sait d\u00e9celer les failles de ce monde.<\/p>\n\n\n\n<p>Il y a dans la po\u00e9sie de Brahim Saci une forme de r\u00e9volte tranquille qui ose secouer les consciences, dans l\u2019espoir d\u2019un changement salvateur. Dans le reflet du miroir, le po\u00e8te veut croire \u00e0 la possibilit\u00e9 de contourner les difficult\u00e9s du quotidien. Le r\u00eave demeure permis malgr\u00e9 la folie de ceux qui dirigent le monde, malgr\u00e9 cette course insens\u00e9e au gain facile au d\u00e9triment du bonheur des peuples.<\/p>\n\n\n\n<p>Le myst\u00e8re est \u00e9galement pr\u00e9sent dans ce nouveau&nbsp;recueil, comme l\u2019amour et ses in\u00e9vitables chagrins. \u00ab Sourions aux \u00e9preuves, qu\u2019elles s\u2019\u00e9coulent comme les fleuves, inutile d\u2019en chercher la raison, les effets et les causes ont raison \u00bb, confie le po\u00e8te.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans Paris enjou\u00e9, le po\u00e8te marche et m\u00e9dite en regardant les gens prendre entre leurs mains un brin de muguet. Dans cette ville, le po\u00e8te a ses habitudes ; il a aussi ses endroits pr\u00e9f\u00e9r\u00e9s, ces bistrots o\u00f9 il rencontre ses amis, o\u00f9 il est souvent visit\u00e9 par l\u2019inspiration.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Les universit\u00e9s se l\u00e8vent pour faire cesser les coups de glaive, pour dire non \u00e0 l\u2019injustice, d\u2019un monde assujetti aux vices \u00bb, raconte le po\u00e8te, pour ne pas oublier un conflit o\u00f9 tout un peuple est \u00e9cras\u00e9, avec le consentement des plus forts.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Je br\u00fble comme un feu de paille, je suis le navire sans gouvernail, ceux qui ne peuvent saisir, ce que les mots ne peuvent dire \u00bb, avoue le po\u00e8te.<\/p>\n\n\n\n<p>Face \u00e0 l\u2019adversit\u00e9, le po\u00e8te fait de l\u2019instant son alli\u00e9 : \u00ab Sourions \u00e0 l\u2019instant, quel que soit le temps, s\u2019all\u00e8gera notre \u00e2me, s\u2019apaiseront les flammes \u00bb. La po\u00e9sie de Brahim Saci se veut un art qui vient semer de la beaut\u00e9. Il y a tant de lumi\u00e8re dans la beaut\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette beaut\u00e9, cette lumi\u00e8re, ces mots voyageurs apportent \u00e0 bien des \u00e9gards une harmonieuse atmosph\u00e8re o\u00f9 les miracles po\u00e9tiques sont rendus possibles.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Youcef Zirem&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>La Raison d\u00e9chue&nbsp;<\/em>de Brahim Saci, \u00e9ditions du Net, 2024<\/p>\n\n\n\n<p>Mercredi 30 octobre 2024<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Lematindalgerie.com<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><a href=\"https:\/\/blogger.googleusercontent.com\/img\/a\/AVvXsEidpNBJV5QZQn1FTq1853IWg5C6GmAo1maN2hnK68MM4kJT5daqSVRwMUZxgeCY2xbSoNl7axLP1JByVVlJGfrySMkHFGm_VwQn6tgwuYf1wHfoM0rJJfQ7gxre8kvmIrHsr9yyK-e7Z637vr0jtmNUYhtdziwds9q8-dpxnGaKc__Uf-3qJxptLCUnFDA\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/blogger.googleusercontent.com\/img\/a\/AVvXsEidpNBJV5QZQn1FTq1853IWg5C6GmAo1maN2hnK68MM4kJT5daqSVRwMUZxgeCY2xbSoNl7axLP1JByVVlJGfrySMkHFGm_VwQn6tgwuYf1wHfoM0rJJfQ7gxre8kvmIrHsr9yyK-e7Z637vr0jtmNUYhtdziwds9q8-dpxnGaKc__Uf-3qJxptLCUnFDA\" alt=\"\"\/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>Brahim Saci : portrait d\u2019un artiste aux multiples facettes<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Brahim Saci est un artiste aux multiples facettes, \u00e0 la fois musicien et po\u00e8te, dont la cr\u00e9ativit\u00e9 et la r\u00e9silience transcendent les fronti\u00e8res culturelles.<\/p>\n\n\n\n<p>Bien plus qu\u2019un simple artiste, l\u2019artiste Brahim Saci incarne une fusion harmonieuse entre la po\u00e9sie et la musique, refl\u00e9tant les richesses de son h\u00e9ritage kabyle tout en s\u2019inscrivant dans le paysage artistique contemporain<\/p>\n\n\n\n<p>N\u00e9 \u00e0 Tifrit Nat Oumalek dans les montagnes de Kabylie, berc\u00e9 dans l\u2019univers des contes et des chants amazighes de sa m\u00e8re, le parcours artistique de Brahim Saci d\u00e9bute dans un contexte marqu\u00e9 par la dualit\u00e9 culturelle entre son Alg\u00e9rie natale et la France, o\u00f9 il d\u00e9m\u00e9nage \u00e0 un jeune \u00e2ge pour rejoindre son p\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est dans ce cadre cosmopolite parisien que Brahim Saci commence \u00e0 explorer sa passion pour la musique et la po\u00e9sie. Influenc\u00e9 par les chanteurs kabyles embl\u00e9matiques, notamment Slimane Azem, il trouve dans leurs m\u00e9lodies et leurs paroles une source d\u2019inspiration in\u00e9puisable.<\/p>\n\n\n\n<p>Son immersion dans la sc\u00e8ne artistique des caf\u00e9s parisiens lui permet de d\u00e9couvrir sa voie artistique, \u00e0 la fois comme chanteur-auteur-compositeur et po\u00e8te.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>La qu\u00eate identitaire<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le jeune Saci se plonge alors dans la cr\u00e9ation, \u00e9crivant ses premi\u00e8res chansons et po\u00e8mes qui refl\u00e8tent sa qu\u00eate d\u2019identit\u00e9 et ses exp\u00e9riences de vie. Il canalise l\u2019essence m\u00eame de la tradition kabyle \u00e0 travers ses compositions, c\u00e9l\u00e9brant avec passion la spiritualit\u00e9 et les valeurs ancestrales des siens.<\/p>\n\n\n\n<p>Ses chansons, telles des pri\u00e8res envo\u00fbtantes, r\u00e9sonnent comme des hymnes vibrants \u00e0 ses racines, rendant hommage aux figures v\u00e9n\u00e9r\u00e9es, notamment le saint \u00abSidi M\u2019hend Oumalek\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00abLe chant m\u2019est tomb\u00e9 sur la t\u00eate en \u00e9coutant les chanteurs kabyles dans les caf\u00e9s kabyles de Paris ; en d\u00e9couvrant surtout la profondeur exquise de l\u2019\u0153uvre de Slimane Azem, paix \u00e0 son \u00e2me. Je me suis mis \u00e0 \u00e9crire mes propres chansons et d\u2019autres po\u00e9sies kabyles\u00bb, se confie Brahim Saci \u00e0 Diasporadz.<\/p>\n\n\n\n<p>Parall\u00e8lement \u00e0 sa passion musicale, Brahim Saci s\u2019illustre \u00e9galement en tant que po\u00e8te \u00e9m\u00e9rite de la langue fran\u00e7aise. Son amiti\u00e9 de longue date avec l\u2019\u00e9crivain Youcef Zirem a jou\u00e9 un r\u00f4le d\u00e9terminant dans le r\u00e9veil de sa passion po\u00e9tique en langue fran\u00e7aise. Sous son influence bienveillante, les po\u00e8mes d\u2019enfance de Saci, \u00e9crits dans cette langue, ont resurgi des m\u00e9andres de sa m\u00e9moire.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Brahim Saci, un artiste prolifique<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u00abLa po\u00e9sie de langue fran\u00e7aise, je l\u2019avais d\u00e9j\u00e0 rencontr\u00e9e durant le lyc\u00e9e ; j\u2019ai aim\u00e9 les grands po\u00e8tes, Verlaine, Baudelaire, Rimbaud et tant d\u2019autres. \u00c0 cette \u00e9poque-l\u00e0 de la jeunesse romantique\u00bb, nous dit-il.<\/p>\n\n\n\n<p>Quittant pr\u00e9cocement son village natal et les douceurs ensoleill\u00e9es de sa Kabylie bien-aim\u00e9e, la po\u00e9sie en langue fran\u00e7aise est demeur\u00e9e un pilier solide dans la vie de l\u2019artiste, une partie int\u00e9grante de son identit\u00e9, l\u2019accompagnant \u00e0 travers les hauts et les bas de son existence, nourrissant son \u00e2me et apaisant son esprit.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle a \u00e9t\u00e9 son refuge dans les moments sombres, une lumi\u00e8re dans les t\u00e9n\u00e8bres de l\u2019incertitude, lui offrant le moyen d\u2019exprimer ses \u00e9motions les plus profondes et le r\u00e9confort n\u00e9cessaire face aux \u00e9preuves de la vie, tout en pr\u00e9servant le lien \u00e9troit qui le relie \u00e0 ses racines.<\/p>\n\n\n\n<p>Ses vers, empreints de lyrisme et de profondeur, captivent l\u2019\u00e2me du lecteur, explorant les m\u00e9andres de l\u2019exp\u00e9rience humaine avec une sensibilit\u00e9 rare. Dans ses recueils de po\u00e9sie, chaque mot est une invitation \u00e0 un voyage int\u00e9rieur, o\u00f9 l\u2019amour, la douleur, l\u2019espoir et la r\u00e9silience se m\u00ealent dans un ballet \u00e9motionnel envo\u00fbtant.<\/p>\n\n\n\n<p>Brahim Saci affine son art, au fil des ann\u00e9es, publiant plusieurs ouvrages de po\u00e9sie. Il a gratifi\u00e9 ses lecteurs d\u2019un seizi\u00e8me chef-d\u2019\u0153uvre po\u00e9tique de son riche r\u00e9pertoire litt\u00e9raire, \u00ab L\u2019\u00e9claircie fugitive \u00bb, pr\u00e9fac\u00e9 par Fr\u00e9d\u00e9ric Lema\u00eetre, \u00e9crivain et r\u00e9dacteur en chef de la revue Persona. Un recueil qui se veut comme un vibrant t\u00e9moignage de son \u00e9volution artistique, offrant une immersion profonde dans son monde int\u00e9rieur.<\/p>\n\n\n\n<p>La musicalit\u00e9 de sa langue maternelle et la richesse de la po\u00e9sie en langue fran\u00e7aise deviennent les outils d\u2019expression de ses \u00e9motions les plus profondes. Son style, teint\u00e9 de m\u00e9lancolie et de lyrisme, rappelle celui des grands po\u00e8tes romantiques fran\u00e7ais tout en \u00e9tant ancr\u00e9 dans la tradition kabyle.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Un journaliste passionn\u00e9<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019une rive \u00e0 l\u2019autre, de la guitare \u00e0 la plume, Saci cultive une nouvelle passion pour le journalisme culturel. Une passion qui s\u2019inscrit comme une extension naturelle de son engagement artistique, d\u00e9montrant sa volont\u00e9 d\u2019\u00e9voluer en tant qu\u2019artiste et de contribuer activement \u00e0 la vie culturelle et intellectuelle de sa communaut\u00e9 et au-del\u00e0.<\/p>\n\n\n\n<p>Ses divers entretiens sont salu\u00e9s comme une tribune visant \u00e0 mettre en lumi\u00e8re les voix cr\u00e9atives et les talents \u00e9mergents de diff\u00e9rents horizons culturels. Cette d\u00e9marche lui permet \u00e9galement d\u2019explorer de nouveaux territoires d\u2019expression et d\u2019enrichir son propre travail artistique en interagissant avec diff\u00e9rentes formes d\u2019art.<\/p>\n\n\n\n<p>Au-del\u00e0 de son immense talent artistique, l\u2019homme est \u00e9galement lou\u00e9 pour sa g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9, sa sagesse, sa modestie et son engagement envers les siens, des vertus qui le hissent au rang de ceux qui poss\u00e8dent la richesse de l\u2019esprit.<\/p>\n\n\n\n<p>Son influence d\u00e9passe largement le domaine artistique, touchant ceux qui ont la chance de croiser son chemin et d\u2019\u00eatre \u00e9merveill\u00e9s par sa musique et sa po\u00e9sie.<\/p>\n\n\n\n<p>Brahim Saci le po\u00e8te, le musicien, le journaliste, autant d\u2019\u00e9pith\u00e8tes qui donnent \u00e0 voir une personnalit\u00e9 incarnant l\u2019essence m\u00eame de l\u2019artiste complet, dont la voix r\u00e9sonne au-del\u00e0 des fronti\u00e8res et des g\u00e9n\u00e9rations et perp\u00e9tue avec passion et d\u00e9vouement l\u2019h\u00e9ritage artistique de sa culture tout en ouvrant de nouvelles voies pour l\u2019expression cr\u00e9ative.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Hamid Banoune<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Diasporadz<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le 02 mai 2024<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image is-resized\"><a href=\"https:\/\/blogger.googleusercontent.com\/img\/b\/R29vZ2xl\/AVvXsEj19CFYNB_NXNluitfjNbsXhOPlm-1gYdlzaigK6hLw2OwFqfJyiuBVOZVSF6OlFTARouiywKXAuMi8fyCgyiIRQkLXd-fgdwT0lqcEtr14pW5xErV-IUznu3h8WYcGy12Ww296nLeVYy3lmx1WquVLtPk0yztsMLGkiQywr75VtzEkrWOFXtqsL6VpEog\/s1184\/Youcef-Zirem-et-Brahim-Saci-a-lImponderable.jpg\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/blogger.googleusercontent.com\/img\/b\/R29vZ2xl\/AVvXsEj19CFYNB_NXNluitfjNbsXhOPlm-1gYdlzaigK6hLw2OwFqfJyiuBVOZVSF6OlFTARouiywKXAuMi8fyCgyiIRQkLXd-fgdwT0lqcEtr14pW5xErV-IUznu3h8WYcGy12Ww296nLeVYy3lmx1WquVLtPk0yztsMLGkiQywr75VtzEkrWOFXtqsL6VpEog\/s320\/Youcef-Zirem-et-Brahim-Saci-a-lImponderable.jpg\" alt=\"\" style=\"width:439px;height:auto\"\/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>Brahim Saci&nbsp;au caf\u00e9 L\u2019Impond\u00e9rable : \u00ab&nbsp;Les po\u00e8mes sont mes ailes et ma prison&nbsp;\u00bb<\/strong><br><br>Le Caf\u00e9 litt\u00e9raire L\u2019Impond\u00e9rable de ce dimanche 21 avril&nbsp;a \u00e9t\u00e9 un moment&nbsp;exceptionnel o\u00f9 les univers artistiques de Brahim Saci et de&nbsp;Youcef Zirem se sont entrelac\u00e9s dans un tourbillon de po\u00e9sie et de partage.<br>Organis\u00e9 au caf\u00e9 l\u2019impond\u00e9rable de Paris,&nbsp;cet \u00e9v\u00e9nement a attir\u00e9 une assistance nombreuse, venue c\u00e9l\u00e9brer la sortie du 16\u00e8me livre de po\u00e9sie de Brahim Saci, \u201cL\u2019\u00e9claircie Fugitive&nbsp;\u00bb.<br><br>Avant le d\u00e9but du chef-d\u2019\u0153uvre de fine animation du charismatique l\u2019\u00e9crivain Youcef Zirem, un hommage \u00e9mouvant a \u00e9t\u00e9 rendu&nbsp;aux militants et aux victimes du combat identitaire amazigh, \u00e0 l\u2019occasion du 44e anniversaire du Printemps berb\u00e8re.<br><br>Puis, Brahim Saci a pr\u00e9sent\u00e9 son dernier recueil, explorant les th\u00e8mes de l\u2019amour, de la d\u00e9ception, des doutes, de l\u2019espoir et de la libert\u00e9, etc.<br><br>Au c\u0153ur des \u00e9changes, sa sensibilit\u00e9 artistique, son engagement social et sa g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 ont \u00e9t\u00e9 mis en lumi\u00e8re, tout comme son exploration des questions d\u2019identit\u00e9, de nostalgie et de spiritualit\u00e9.<br><br><br>Le po\u00e8te \u00e9blouit ses convives par une \u00e9claircie de mots en \u00e9voquant fi\u00e8rement&nbsp;son amiti\u00e9 de longue date avec Youcef Zirem. L\u2019auteur de \u00abLa cinqui\u00e8me Mascarade\u00bb, \u00abLes \u00e9toiles se souviennent de tout\u00bb&nbsp;et tant d\u2019autres chefs-d \u2019\u0153uvres,&nbsp;a jou\u00e9 un r\u00f4le pr\u00e9\u00e9minent dans le r\u00e9veil de sa passion po\u00e9tique en langue fran\u00e7aise.<br><br>\u00abL\u2019amiti\u00e9 avec Youcef Zirem a \u00e9t\u00e9 une source d\u2019inspiration et d\u2019encouragement pour moi. Son soutien inconditionnel et ses conseils avis\u00e9s ont jou\u00e9 un r\u00f4le crucial dans mon parcours d\u2019\u00e9crivain. Sa pr\u00e9sence en tant que mentor m\u2019a permis de trouver ma voie dans le monde de l\u2019\u00e9criture et a profond\u00e9ment influenc\u00e9 mon processus cr\u00e9atif. \u00c0 travers nos \u00e9changes et nos discussions, j\u2019ai pu affiner ma perception de la vie et de l\u2019art, en puisant dans son exp\u00e9rience et sa sagesse. Ainsi, je consid\u00e8re notre amiti\u00e9 comme une b\u00e9n\u00e9diction qui a enrichi ma vie tant sur le plan personnel que professionnel.\u00bb<br><br>La soir\u00e9e s\u2019est ensuite poursuivie par un riche d\u00e9bat, o\u00f9 les questions fusent, portant sur la continuit\u00e9 de l\u2019influence artistique de Brahim Saci, son r\u00f4le en tant que po\u00e8te voyageur et la signification profonde de ses po\u00e8mes. Les participants ont \u00e9galement explor\u00e9 la nouvelle passion de Brahim Saci pour l\u2019\u00e9criture journalistique, et ses contributions au Matin d\u2019Alg\u00e9rie ont \u00e9t\u00e9 salu\u00e9es comme une extension naturelle de son expression artistique.<br><br>\u00abMa nouvelle passion pour le journalisme, que je manifeste \u00e0 travers mes contributions au journal&nbsp;Le Matin d\u2019Alg\u00e9rie, refl\u00e8te mon engagement envers la promotion de la culture et des arts. Mes entretiens avec des femmes et des hommes de lettres ainsi que des artistes de divers horizons culturels t\u00e9moignent de mon d\u00e9sir de mettre en lumi\u00e8re les voix cr\u00e9atives et les talents \u00e9mergents.<br><br>En m\u2019impliquant dans le journalisme culturel, j\u2019\u00e9largis mon champ d\u2019action au-del\u00e0 de ma cr\u00e9ation artistique personnelle, offrant une plateforme aux autres artistes pour partager leurs perspectives et leurs \u0153uvres avec un public plus large. Mes entretiens peuvent \u00eatre per\u00e7us comme une tentative de tisser des liens au sein de la communaut\u00e9 artistique et de promouvoir la diversit\u00e9 culturelle.&nbsp;De plus, mes contributions journalistiques me permettent d\u2019explorer de nouveaux domaines d\u2019expression et d\u2019enrichir mon propre travail artistique en entrant en contact avec diff\u00e9rentes formes d\u2019art et en \u00e9changeant des id\u00e9es avec d\u2019autres cr\u00e9ateurs. Cela d\u00e9montre ma volont\u00e9 d\u2019\u00e9voluer en tant qu\u2019artiste et de contribuer activement \u00e0 la vie culturelle et intellectuelle de ma communaut\u00e9 et au-del\u00e0.&nbsp;\u00bb<br><br>Apr\u00e8s ces \u00e9changes riches en \u00e9motion et en r\u00e9flexion, la soir\u00e9e s\u2019est conclue dans une ambiance festive, avec la d\u00e9gustation d\u2019un succulent couscous \u00ab&nbsp;AMAKFOUL&nbsp;\u00bb offert par les h\u00f4tes du lieu, Mourad et Sofiane. La musique a ensuite pris le relais, avec la participation de grands artistes d\u2019expressions kabyles, \u00e0 l\u2019instar de Ahmed Amzal, Moh Smail, Kamel Mezani et Brahim Saci accompagnaient des musiciens Hakim, Amdan et Azzedine,&nbsp;apportant une touche finale envo\u00fbtante \u00e0 cette soir\u00e9e m\u00e9morable.<br><br>Ce Caf\u00e9 litt\u00e9raire a \u00e9t\u00e9 bien plus qu\u2019une simple rencontre entre artistes : il a \u00e9t\u00e9 un v\u00e9ritable moment de partage, d\u2019inspiration et de c\u00e9l\u00e9bration de la culture et de la po\u00e9sie.<br><br>Hamid Banoune<br><br>22 avril 2024<br><br>DIASPORADZ<\/p>\n\n\n\n<p>&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;..<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"724\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/www.brahimsaci.com\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/436226034_7758498377527670_3027440207095357928_n-724x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-587\" style=\"width:474px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/www.brahimsaci.com\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/436226034_7758498377527670_3027440207095357928_n-724x1024.jpg 724w, https:\/\/www.brahimsaci.com\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/436226034_7758498377527670_3027440207095357928_n-212x300.jpg 212w, https:\/\/www.brahimsaci.com\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/436226034_7758498377527670_3027440207095357928_n-768x1086.jpg 768w, https:\/\/www.brahimsaci.com\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/436226034_7758498377527670_3027440207095357928_n-1086x1536.jpg 1086w, https:\/\/www.brahimsaci.com\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/436226034_7758498377527670_3027440207095357928_n.jpg 1448w\" sizes=\"auto, (max-width: 724px) 100vw, 724px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"820\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/www.brahimsaci.com\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/437875320_7787925857918255_742227007050642705_n-820x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-771\" style=\"width:474px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/www.brahimsaci.com\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/437875320_7787925857918255_742227007050642705_n-820x1024.jpg 820w, https:\/\/www.brahimsaci.com\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/437875320_7787925857918255_742227007050642705_n-240x300.jpg 240w, https:\/\/www.brahimsaci.com\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/437875320_7787925857918255_742227007050642705_n-768x959.jpg 768w, https:\/\/www.brahimsaci.com\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/437875320_7787925857918255_742227007050642705_n.jpg 843w\" sizes=\"auto, (max-width: 767px) 89vw, (max-width: 1000px) 54vw, (max-width: 1071px) 543px, 580px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Caf\u00e9 litt\u00e9raire l\u2019Impond\u00e9rable : Brahim Saci l\u2019invit\u00e9 de Youcef Zirem<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019invit\u00e9 de l\u2019\u00e9crivain Youcef Zirem au caf\u00e9 litt\u00e9raire parisien de l\u2019Impond\u00e9rable, dimanche 21 avril 2024, est le po\u00e8te et chanteur Brahim Saci.<br><br>Brahim Saci, qui collabore avec votre site le Matin d\u2019Alg\u00e9rie, fera une pr\u00e9sentation de son 16\u00e8me recueil de po\u00e9sie \u00ab L\u2019\u00e9claircie fugitive \u00bb. Comme \u00e0 l\u2019habitude de ce caf\u00e9 litt\u00e9raire dominical, un \u00e9change aura lieu avec les pr\u00e9sents.<br><br>Et pour donner un cachet encore plus convivial \u00e0 cette rencontre litt\u00e9raire que m\u00e8ne avec tact et ma\u00eetrise l\u2019\u00e9crivain et journaliste Youssef Zirem, un couscous sera offert \u00e0 l\u2019issue de la rencontre.<br><br>Adresse : 320, rue des Pyr\u00e9n\u00e9es, XXe arrondissement de Paris<br><br>Hamid Arab<br>Mardi 16 avril 2024<\/p>\n\n\n\n<p><strong>lematindalgerie.com<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"819\" src=\"https:\/\/www.brahimsaci.com\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/436406341_754417676848743_9067331941118323691_n-1024x819.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-586\" style=\"width:470px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/www.brahimsaci.com\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/436406341_754417676848743_9067331941118323691_n-1024x819.jpg 1024w, https:\/\/www.brahimsaci.com\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/436406341_754417676848743_9067331941118323691_n-300x240.jpg 300w, https:\/\/www.brahimsaci.com\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/436406341_754417676848743_9067331941118323691_n-768x614.jpg 768w, https:\/\/www.brahimsaci.com\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/436406341_754417676848743_9067331941118323691_n-1536x1229.jpg 1536w, https:\/\/www.brahimsaci.com\/wp-content\/uploads\/2024\/04\/436406341_754417676848743_9067331941118323691_n.jpg 1799w\" sizes=\"auto, (max-width: 767px) 89vw, (max-width: 1000px) 54vw, (max-width: 1071px) 543px, 580px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>Caf\u00e9 litt\u00e9raire l\u2019Impond\u00e9rable : Brahim Saci, l\u2019invit\u00e9 sp\u00e9cial de Youcef Zirem<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Brahim Saci sera l\u2019invit\u00e9 sp\u00e9cial de Youcef Zirem au caf\u00e9 litt\u00e9raire l\u2019Impond\u00e9rable de Paris ce dimanche 21 avril 2024.<\/p>\n\n\n\n<p>La soir\u00e9e au caf\u00e9 l\u2019Impond\u00e9rable promet d\u2019\u00eatre enchanteresse puisqu\u2019il s\u2019agit d\u2019une rencontre entre Youcef Zirem et Brahim Saci, deux figures \u00e9minentes du monde de la po\u00e9sie.<\/p>\n\n\n\n<p>Brahim Saci est un po\u00e8te, musicien et chanteur, un artiste dans l\u2019\u00e2me qui vient de signer aux Editions du Net son 16e recueil de po\u00e9sie intitul\u00e9 \u00abL\u2019\u00e9claircie fugitive\u00bb, pr\u00e9fac\u00e9 par Fr\u00e9d\u00e9ric Lema\u00eetre.<\/p>\n\n\n\n<p>Brahim Saci, on a tendance \u00e0 l\u2019oublier, est aussi un grand journaliste qui couvre l\u2019actualit\u00e9 culturelle et litt\u00e9raire parisienne pour divers titres, notamment Le Matin et Diasporadz.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9change entre les deux hommes passionn\u00e9s de lettres sera \u00e0 coup s\u00fbr l\u2019occasion de faire danser les mots au rythme des \u00e9motions.<\/p>\n\n\n\n<p>La soir\u00e9e sera aussi l\u2019occasion propice pour les amateurs de po\u00e9sie et de culture berb\u00e8re de se retrouver autour d\u2019une table o\u00f9 la passion pour les lettres rencontre la convivialit\u00e9 d\u2019un repas aux parfums savoureux d\u2019un couscous g\u00e9n\u00e9reusement offert par Mourad et Sofiane, les propri\u00e9taires des lieux.<\/p>\n\n\n\n<p>Youcef Zirem, connu pour son engagement ind\u00e9fectible en faveur de la litt\u00e9rature et de la culture berb\u00e8re, mettra son talent d\u2019animateur au service de cette soir\u00e9e, tandis que Brahim Saci illuminera l\u2019assistance de sa po\u00e9sie envo\u00fbtante et de sa sympathie singuli\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette rencontre litt\u00e9raire s\u2019annonce comme un moment d\u2019\u00e9change privil\u00e9gi\u00e9, o\u00f9 la magie des mots se m\u00ealera \u00e0 la chaleur de l\u2019accueil parisien.<\/p>\n\n\n\n<p>Les amateurs de litt\u00e9rature et les curieux sont invit\u00e9s \u00e0 rejoindre cet \u00e9v\u00e9nement qui promet une immersion totale dans l\u2019univers po\u00e9tique et culturel de deux artistes de talent.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>H. Banoune<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Informations pratiques :<\/p>\n\n\n\n<p>\u25cf Date : Dimanche 21 avril 2024<\/p>\n\n\n\n<p>\u25cf Heure : \u00c0 partir de 18h<\/p>\n\n\n\n<p>\u25cf Lieu : Caf\u00e9 de l\u2019Impond\u00e9rable, au 320 rue des Pyr\u00e9n\u00e9es, 75020 Paris<\/p>\n\n\n\n<p>\u25cf Entr\u00e9e libre et gratuite<\/p>\n\n\n\n<p>Mardi 16 avril 2024<\/p>\n\n\n\n<p><strong>DIASPORADZ<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;..<\/p>\n\n\n\n<p><strong>La source in\u00e9puisable de Brahim Saci<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image is-resized\"><a href=\"https:\/\/blogger.googleusercontent.com\/img\/b\/R29vZ2xl\/AVvXsEjEBk6ojmIwxAPl176h__36Bupcve5bPLggIHU2MrdvlsntT5eS7av-xHU1K-Whi4MFfnazqmkyaixGlwFs038iMXxMpuY-AL3emt2r3f578CdB21Vzjx9MmGLdj4Y0u-uZYxZV9umPBi9cp8GGrMgtPfd8Bimv78-FA2CE4YSMFLaXrUwoPqZlQwSsqUU\/s2048\/430464011_783021487192716_8274665701332864302_n.jpg\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/blogger.googleusercontent.com\/img\/b\/R29vZ2xl\/AVvXsEjEBk6ojmIwxAPl176h__36Bupcve5bPLggIHU2MrdvlsntT5eS7av-xHU1K-Whi4MFfnazqmkyaixGlwFs038iMXxMpuY-AL3emt2r3f578CdB21Vzjx9MmGLdj4Y0u-uZYxZV9umPBi9cp8GGrMgtPfd8Bimv78-FA2CE4YSMFLaXrUwoPqZlQwSsqUU\/s320\/430464011_783021487192716_8274665701332864302_n.jpg\" alt=\"\" style=\"width:438px;height:auto\"\/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<p>Le po\u00e8te sait regarder le temps qui passe, il a la capacit\u00e9 de trouver les mots pour dire la nostalgie, la m\u00e9lancolie et surtout l\u2019harmonie fugitive du monde. C\u2019est ce que fait Brahim Saci dans son 16e livre de po\u00e9sie, \u00ab L\u2019Eclaircie fugitive \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Pr\u00e9fac\u00e9 par Fr\u00e9d\u00e9ric Lema\u00eetre, ce nouveau recueil est un r\u00e9gal pour ceux qui adorent les errances du po\u00e8te. \u00ab Ce monde n\u2019est pas s\u00e9rieux, si tu es pauvre et malheureux, tu deviens la ris\u00e9e des fous, se moquent de toi les loups \u00bb, confie le po\u00e8te.<\/p>\n\n\n\n<p>Paris est cette ville omnipr\u00e9sente dans l\u2019\u0153uvre du po\u00e8te m\u00eame s\u2019il a parfois froid quand celle qu\u2019il aime n\u2019est plus l\u00e0. Mais la vie est ainsi faite : elle est jalonn\u00e9e de hauts et de bas. La musique cha\u00e2bie est aussi une belle compagne du po\u00e8te qui cite ses interpr\u00e8tes favoris ; il les \u00e9coute souvent, avant de cr\u00e9er \u00e0 son tour, ses chansons.<\/p>\n\n\n\n<p>Oui, en langue kabyle, Brahim Saci chante ses propres textes, souvent empreints de spiritualit\u00e9. En langue fran\u00e7aise, il versifie, il se met \u00e0 r\u00eaver, il se pose des questions. \u00ab La terre pourrait \u00eatre un paradis, o\u00f9 s\u2019\u00e9panouit la vie, sans les larmes, sans les armes \u00bb, affirme Brahim Saci dans une magnifique envol\u00e9e humaniste.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais les guerres ne s\u2019arr\u00eatent pas, la folie des hommes est sans limites. Restent les bistrots de la ville qui offrent un r\u00e9pit, qui apportent, dans une ivresse harmonieuse, du soleil m\u00eame quand le brouillard s\u00e9vit.<\/p>\n\n\n\n<p>Demeurent les mots et leur musique ; c\u2019est \u00e0 partir de l\u00e0 que na\u00eet ce monde imaginaire tant colori\u00e9. \u00ab La plume est salvatrice, comme une oasis, du d\u00e9sert br\u00fblant, qui sauve les errants \u00bb, rappelle Brahim Saci. Avec ce 16e ouvrage, le po\u00e8te continue son impressionnant voyage ; il a ainsi trouv\u00e9 une source in\u00e9puisable. Rares sont les po\u00e8tes qui ont publi\u00e9 tant de livres de po\u00e9sie ; une vraie prouesse.<\/p>\n\n\n\n<p>Et le fleuve po\u00e9tique de Brahim Saci continue de couler, tranquillement. \u00ab Le vrai cr\u00e9ateur, a les yeux pleins de bonheur, il donne sans compter, il brille, il est vrai \u00bb, estime Brahim Saci en direction de ces jaloux, de ces gens de mauvaise foi.<\/p>\n\n\n\n<p>Au fil des ann\u00e9es, la po\u00e9sie de Brahim Saci prend de l\u2019assurance ; elle s\u2019en va sur les chemins de l\u2019essentiel pour raconter, pour t\u00e9moigner, pour se questionner. Bonne continuation po\u00e8te ! Au prochain livre !<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Youcef Zirem<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019Eclaircie fugitive de Brahim Saci, \u00e9ditions du Net, 125 pages, 2024<\/p>\n\n\n\n<p>mercredi 27 mars 2024<\/p>\n\n\n\n<p><strong>lematindalgerie.com<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>________________________________________________________<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"683\" src=\"https:\/\/www.brahimsaci.com\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/393209760_1803653180057916_1581198789150453387_n-1024x683.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-517\" style=\"width:472px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/www.brahimsaci.com\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/393209760_1803653180057916_1581198789150453387_n-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/www.brahimsaci.com\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/393209760_1803653180057916_1581198789150453387_n-300x200.jpg 300w, https:\/\/www.brahimsaci.com\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/393209760_1803653180057916_1581198789150453387_n-768x513.jpg 768w, https:\/\/www.brahimsaci.com\/wp-content\/uploads\/2024\/03\/393209760_1803653180057916_1581198789150453387_n.jpg 1380w\" sizes=\"auto, (max-width: 767px) 89vw, (max-width: 1000px) 54vw, (max-width: 1071px) 543px, 580px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>Photo Nicolas VAN PRAAG<\/p>\n\n\n\n<p><strong>UN VERRE DE PO\u00c9SIE<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>UN PO\u00c8TE A TOUJOURS SES PROPRES REP\u00c8RES, SES LIEUX DE PR\u00c9DILECTION QUI DONNENT CORPS \u00c0 SA VERVE ET QUI NOURRISSENT SON VERBE ASSOIFF\u00c9 D\u2019EXISTENCE. POUR BRAHIM SACI, UN DE CES LIEUX EST L\u2019IMPOND\u00c9RABLE, BAR DU 20\u00c9ME ARRONDISSEMENT DE PARIS O\u00d9 LA CHALEUR KABYLE R\u00c8GNE AVEC PANACHE ET UNE GENTILLESSE ABSOLUE.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est ici que je rencontre l\u2019auteur et musicien, car sa guitare n\u2019est jamais loin. Brahim est sur le point de publier son seizi\u00e8me recueil de po\u00e9sies, L\u2019\u00e9claircie fugitive, toujours aux \u00c9ditions du Net, mais qu\u2019il en a fallu des solitudes \u00e0 dompter, des errances \u00e0 consoler, des sourires \u00e0 partager. <\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019o\u00f9 lui vient ce go\u00fbt des mots ? <\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab La po\u00e9sie m\u2019a \u00e9t\u00e9 transmise par ma m\u00e8re qui \u00e9tait elle-m\u00eame po\u00e8te. Elle chantait \u00e9galement et aimait dire des contes. Petit, pendant les soir\u00e9es d\u2019hiver elle me jouait des sc\u00e8nes th\u00e9\u00e2trales, c\u2019\u00e9tait extraordinaire&#8230;du coup j\u2019en oubliais le froid. \u00bb Les caf\u00e9s sont des lieux de vie fabuleux. \u00ab C\u2019est un lieu o\u00f9 on peut devenir fou. \u00bb disait Van Gogh en parlant de ceux qu\u2019il avait fr\u00e9quent\u00e9s dans le sud de la France.<\/p>\n\n\n\n<p>Le bruit de la jeunesse et le rire de l\u2019ivresse se m\u00e9langent ici de tous c\u00f4t\u00e9s \u00e0 \u2019impond\u00e9rable, comment alors ne pas \u00eatre inspir\u00e9 ? \u00ab J\u2019ai beaucoup \u00e9crit ici, \u00e0 cette table o\u00f9 nous sommes \u00bb me dit Brahim, tout pr\u00e8s du comptoir. \u00ab J\u2019\u00e9cris m\u00eame sur des nappes \u00bb continue-t-il en me sortant de sa poche un monceau de feuilles froiss\u00e9es, aussi pr\u00e9cieuses que des papyrus. Tout est \u00e9crit en fran\u00e7ais, c\u2019est un vrai tr\u00e9sor personnel qui reste un instant sur la table avant de repartir sous les plis de sa veste. \u00ab L\u2019impond\u00e9rable \u00bb, dit-il pensif, plein de reconnaissance, \u00ab Et quel nom, le lieu o\u00f9 tout peut arriver&#8230; La muse dont je parle dans mes livres me donne souvent rendez-vous ici. Parfois en voyant ma table, j\u2019ai l\u2019impression qu\u2019elle m\u2019attend. \u00bb Sa muse c\u2019est Am\u00e9lie, compagne de tant de bons moments pass\u00e9s qui un jour s\u2019en est all\u00e9e voir ailleurs&#8230; et a tout perdu. La vie dans les bars c\u2019est aussi une vie d\u2019ivresse qui parfois fait mal. \u00ab J\u2019en parle dans certains po\u00e8mes, me disant qu\u2019il faudrait m\u2019en \u00e9loigner, parce que le corps s\u2019use et que la muse me pousse au bord du gouffre. Elle me retient aussi pour ne pas que je tombe. Alors l\u2019ivresse, oui, l\u2019ivresse des mots&#8230; mais \u00e0 quel prix, les po\u00e8mes sont chers pay\u00e9s ! \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Ce soir, c\u2019est ambiance de f\u00eate avant No\u00ebl et les responsables du lieu nous offrent un merveilleux repas. Le vin chaud senteur cannelle taquine ainsi nos papilles et il fait bon \u00eatre ici, il fait bon \u00e9changer paroles et pens\u00e9es avec un po\u00e8te au c\u0153ur de son palais. La gentillesse de Brahim, son sourire, son attention, sont ce qui vous saisit de suite et rares sont les rencontres aussi chaleureuses et imm\u00e9diates. Quelle chance ! Alors ici tout peut valser comme dans une chanson de Jacques Brel, autre parolier que Brahim estime. Pendant que je me r\u00e9gale de mets d\u00e9licieux, le po\u00e8te me lit \u00e0 voix haute ses derni\u00e8res \u0153uvres, offrant au bruissement du bar un \u00e9cho tout en douceur o\u00f9 sa po\u00e9sie se lib\u00e8re en qu\u00eate d\u2019un id\u00e9al. Brahim \u00e9crit en vers, en quatrains plus exactement, mais n\u2019est-ce pas une trop grande contrainte ? \u00ab C\u2019est une forme qui s\u2019impose, fluide et musicale, elle me rapproche donc de la guitare, de la musique&#8230; \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Sur sa chaine youtube, il dispose d\u2019ailleurs r\u00e9guli\u00e8rement ses cr\u00e9ations, g\u00e9n\u00e9ralement chant\u00e9es en kabyle mais parfois ce sont des chansons bilingues, kabyle\/fran\u00e7ais. \u00ab Ma musique est influenc\u00e9e par la musique classique populaire alg\u00e9rienne, le cha\u00e2bi, une musique qui se transmet de ma\u00eetre \u00e0 ma\u00eetre, certains d\u2019entre eux m\u2019inspirent \u00e9norm\u00e9ment, comme Amar Ezzahi, El Hadj M\u2019hamed El Anka, Maazouz Bouadjadj, Abderrahmane Aziz, Slimane Azem. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019impond\u00e9rable se transforme \u00e9galement le dimanche en caf\u00e9 litt\u00e9raire et ce, depuis des ann\u00e9es. Les rencontres s\u2019encha\u00eenent. S\u2019ensuivent parfois des entretiens que Brahim r\u00e9alise pour le journal num\u00e9rique Le Matin d\u2019Alg\u00e9rie, successeur du journal papier, Le Matin, ferm\u00e9 par les autorit\u00e9s alg\u00e9riennes en juillet 2004, pour sa libert\u00e9 de ton. En \u00eatre de partage, il pr\u00eate attention aux autres et par son int\u00e9r\u00eat pour leur travail les mets en lumi\u00e8re, \u00e0 sa fa\u00e7on, pour le bien de tous. Mais tout entour\u00e9 qu\u2019il est, Brahim Saci en revient souvent \u00e0 la solitude dans ses \u00e9crits. \u00ab La solitude on la subit, on la supporte, on en pleure&#8230; on en cr\u00e8ve, c\u2019est une prison. La muse nous offre la d\u00e9livrance, mais la muse c\u2019est \u00e0 la fois l\u2019amie et l\u2019adversaire. Quand elle n\u2019est pas l\u00e0 on la recherche et quand elle est trop pr\u00e9sente on en souffre. Elle est un rem\u00e8de \u00e0 l\u2019ennui. La muse all\u00e8ge l\u2019absence. La solitude c\u2019est l\u2019enfer des flammes, c\u2019est le gouffre, l\u2019ab\u00eeme&#8230; elle \u00e9touffe, mais est aussi une bouff\u00e9e d\u2019oxyg\u00e8ne. Pour \u00e9crire il faut beaucoup lire. Je suis un grand lecteur de po\u00e9sie, je me nourris de po\u00e9sie. Il n\u2019y a pas un seul jour sans que je ne lise des po\u00e8mes. Baudelaire c\u2019est l\u2019ami qui m\u2019accompagne, mais c\u2019est aussi l\u2019ennemi car certains de ses po\u00e8mes me transpercent, me transportent. Je comprends sa nuit, je suis pass\u00e9 par l\u00e0 : \u201c Hypocrite lecteur, mon semblable, mon fr\u00e8re ! \u201d, mais mes sources d\u2019inspiration sont nombreuses, pour la po\u00e9sie en langue fran\u00e7aise, de Cl\u00e9ment Marot \u00e0 Rimbaud, Brassens, Ferr\u00e9. Le g\u00e9nie de Brel m\u2019\u00e9merveille, j\u2019ai beaucoup \u00e9crit en l\u2019\u00e9coutant. Pour la po\u00e9sie en langue kabyle, il y a \u00e9galement Si Mohand Ou Mhand et Slimane Azem. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>La politique est souvent mise \u00e0 l\u2019index dans la po\u00e9sie de Brahim et toutes les d\u00e9cisions gouvernementales qui nous ont musel\u00e9s pendant la crise sanitaire. \u00ab Pour moi le po\u00e8te est un gardien, il est la parole libre, la parole indomptable ! On s\u2019est attaqu\u00e9 \u00e0 nos libert\u00e9s les plus \u00e9l\u00e9mentaires. On nous a interdit le libre arbitre et les m\u00e9dias sont \u00e0 leur solde. On a pris le peuple pour un mouton de Panurge. L\u2019intelligentsia marche au pas, elle est monnayable&#8230; je cite souvent St\u00e9phane Hessel, \u201c Indignez-vous ! \u201d Je parle aussi du d\u00e9clin de l\u2019Europe, des lumi\u00e8res aux t\u00e9n\u00e8bres, l\u2019Europe qui sacrifie ses enfants et les peuples transform\u00e9s en cobayes pour satisfaire l\u2019app\u00e9tit des laboratoires, on voit comment le pouvoir absolu s\u2019installe peu \u00e0 peu, on veut nous interdire de penser, la perte du sacr\u00e9 a laiss\u00e9 la place au veau d\u2019or, le mat\u00e9rialisme sauvage d\u00e9truit et ravage tout, les libert\u00e9s, les id\u00e9aux, les valeurs.&nbsp; Le mensonge est roi, un retour du sacr\u00e9 et des arts, la po\u00e9sie en particulier, sauveront le monde. \u00bb <\/p>\n\n\n\n<p>Puis la ronde festive du bar s\u2019emporte dans un nouvel \u00e9lan de jeunesse ivre de connaissance. Un jeune homme reconnait Brahim, se souvient de lui avoir parl\u00e9 ici. Lui, son kiff c\u2019est l\u2019\u00e9criture de Wajdi Mouawad, directeur du th\u00e9\u00e2tre de La Colline, \u00e0 deux pas d\u2019ici. On sent clairement que ce jeune homme est dans un rapport de transmissions comme l\u2019est la parole de nos po\u00e8tes. <\/p>\n\n\n\n<p>Nous en parlions, parmi ses th\u00e8mes de pr\u00e9dilection, Brahim creuse de livre en livre l\u2019obsession de la muse qui est pr\u00e9sente dans chacun de ses recueils. \u00ab Un tel amour on ne le rencontre qu\u2019une fois dans sa vie, et pourtant j\u2019ai eu d\u2019autres amours lorsque j\u2019\u00e9tais caricaturiste \u00e0 Montmartre. Ce qui est pass\u00e9 est perdu et j\u2019essaie de le recr\u00e9er avec la musique, je l\u2019id\u00e9alise&#8230; Pour all\u00e9ger le poids de l\u2019absence je me suis mis \u00e0 beaucoup \u00e9crire, \u00e0 beaucoup boire, chaque livre est une bouff\u00e9e d\u2019oxyg\u00e8ne. Puis il y a ma guitare. Je la regarde et j\u2019ai l\u2019impression qu\u2019elle me parle et me dit : \u201c \u00c9coute, assez de livres, et moi ? \u201d Mais c\u2019est le destin, il fallait que ces livres existent ! \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Dans son avant-dernier livre L\u2019\u00e9preuve vers la voie il dit que sa po\u00e9sie cr\u00e9e sa r\u00e9alit\u00e9 : \u00ab Je ne me sens vivre qu\u2019en \u00e9crivant et personne ne doit nous dire comment regarder, quoi choisir&#8230; on me dit parfois que ce que j\u2019\u00e9cris est triste, mais ce ne sont que des po\u00e8mes, pas plus, et en m\u00eame temps la tristesse fait partie de la vie. Il faut regarder la beaut\u00e9 de la po\u00e9sie, c\u2019est comme un tableau. Je peins avec les mots, la po\u00e9sie c\u2019est l\u2019\u00e9motion et l\u2019art te met en connexion avec toi-m\u00eame. Alors j\u2019ai l\u2019impression d\u2019avoir v\u00e9cu plus de mille ans. J\u2019ai toujours v\u00e9cu dans l\u2019art, mon c\u0153ur je le nettoie chaque jour vers un \u00e9lan spirituel, l\u2019art ce n\u2019est que de l\u2019amour ! \u00bb.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, la voix po\u00e9tique de Brahim Saci habite le monde, habite les nuits parisiennes qui font de lui un homme de lumi\u00e8re dont la parole trace des liens fraternels. Puissent ses mots r\u00e9sonner longtemps, pour le bonheur de tous et pour toutes les douleurs enfouies que panse la po\u00e9sie.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>FR\u00c9D\u00c9RIC LEMA\u00ceTRE <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Revue Persona<\/strong> n\u00b025, f\u00e9vrier 2024.<\/p>\n\n\n\n<p>www.youtube.com\/@15328brahimsaci<\/p>\n\n\n\n<p>www.brahimsaci.com<\/p>\n\n\n\n<p>www.brahimsaci.blogspot.com<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>_______________________________________________________<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"668\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/www.brahimsaci.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/Brahim-Saci-668x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-442\" style=\"width:473px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/www.brahimsaci.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/Brahim-Saci-668x1024.jpg 668w, https:\/\/www.brahimsaci.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/Brahim-Saci-196x300.jpg 196w, https:\/\/www.brahimsaci.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/Brahim-Saci-768x1177.jpg 768w, https:\/\/www.brahimsaci.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/Brahim-Saci-1002x1536.jpg 1002w, https:\/\/www.brahimsaci.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/Brahim-Saci-1337x2048.jpg 1337w, https:\/\/www.brahimsaci.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/Brahim-Saci-scaled.jpg 1671w\" sizes=\"auto, (max-width: 668px) 100vw, 668px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\"><strong>La voie spirituelle de Brahim Saci<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Quand la po\u00e9sie devient un d\u00e9lice, elle m\u00e8ne \u00e0 tout. Elle s\u2019av\u00e8re, alors, le chemin ad\u00e9quat vers l\u2019essentiel, dans un monde tourment\u00e9, qui perd de plus en plus son humanit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour son quinzi\u00e8me livre, L\u2019Epreuve vers la voie, Brahim Saci arrive \u00e0 trouver les mots justes et profonds pour dire son malaise, ses multiples exp\u00e9riences et surtout son espoir de voir les situations \u00e9voluer vers de meilleures perspectives. Pr\u00e9fac\u00e9 par mon fr\u00e8re Mohand-Ch\u00e9rif, ce nouveau recueil conduit le lecteur vers la voie spirituelle du po\u00e8te.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est une spiritualit\u00e9 apais\u00e9e et sereine, loin de tout int\u00e9grisme, ou encore intol\u00e9rance. Cette spiritualit\u00e9 baigne dans un havre de paix. \u00ab La terre attend ce qu\u2019il lui revient, pour que poussent des jardins, le souffle retournera \u00e0 l\u2019univers, pour le moment, il m\u2019offre un verre \u00bb, confie Brahim Saci. Paris et ses splendides bistrots est toujours l\u2019un des acteurs du monde du po\u00e8te ; il s\u2019y prom\u00e8ne, puise son inspiration, fait de belles rencontres et m\u00e9dite.\u00ab La lumi\u00e8re est toujours vive, je suis encore sur la rive, le naufrage peut attendre, il me reste encore \u00e0 donner \u00e0 apprendre \u00bb, souligne Brahim Saci dans une forme d\u2019humilit\u00e9 admirable. Mais le temps passe vite ; Baudelaire disait qu\u2019il gagne \u00e0 chaque coup, sans tricher. Oui, le temps, cette invention qui nous d\u00e9passe, est toujours un myst\u00e8re. L\u2019Homme se cherche, il peut croire tout comme il peut avoir un semblant de doute. Face \u00e0 sa d\u00e9route quotidienne, l\u2019Homme se r\u00e9fugie dans les mots ; la po\u00e9sie vient ainsi att\u00e9nuer ses angoisses.<\/p>\n\n\n\n<p>Comme d\u2019habitude, Brahim Saci revient vers ces s\u00e9parations qui font mal, qu\u2019on ne comprend pas toujours ; il tente d\u2019inventer un espoir m\u00eame impossible, mais les jours sont, parfois, impardonnables. \u00ab Si votre c\u0153ur s\u2019\u00e9merveille, de la beaut\u00e9, de l\u2019amour retrouv\u00e9, silence, sinon, on viendra vous voler votre soleil \u00bb, tel est le conseil de Brahim Saci. Po\u00e8te discret, son fleuve po\u00e9tique semble ne pas se tarir. Bons vents l\u2019ami !<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Youcef Zirem<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>PS 1 : L\u2019Epreuve vers la voie, 121 pages, \u00e9ditions du Net, Paris, 2023<\/p>\n\n\n\n<p>PS2 : Brahim Saci sera mon invit\u00e9 ce dimanche 12 novembre 2023 au 205e caf\u00e9 litt\u00e9raire de l\u2019Impond\u00e9rable \u00e0 Paris, au 320 rue des Pyr\u00e9n\u00e9es, \u00e0 18h<\/p>\n\n\n\n<p>Jeudi 9 novembre 2023<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><strong><span style=\"font-size: revert;\">Le Matin d&rsquo;Alg\u00e9rie.<\/span> <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Lematindalgerie.com <\/p>\n\n\n\n<p>&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;..<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image is-resized\"><a href=\"https:\/\/www.blogger.com\/blog\/page\/edit\/4123824190818338645\/3824700025940108029#\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/blogger.googleusercontent.com\/img\/b\/R29vZ2xl\/AVvXsEjqE-wr8JnOK41E1I4e_FsYmNGaVERn7FkzUXJQDeXMgnNq4WniSkzJtstm1Nw0Rl80-bioIzUFa4uZDz4GTk6xFmoqXgiQN4AdklQWUxdPmnYyL3_B5P-t9rqLnfklFYaiOWJvSVho-OMiSUmrem57D7VkkLgYCud89y3hilrIoDPeqJhaJiiE7SSxBOs\/s320\/10866240_987831724594403_5820104691347632908_o.jpg\" alt=\"\" style=\"width:436px;height:auto\"\/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\"><strong>Brahim Saci, l\u2019artiste reliant les arts<\/strong><\/p>\n<\/blockquote>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Brahim Saci est l\u2019un des po\u00e8tes kabyles de langue fran\u00e7aise les plus prolifiques de sa g\u00e9n\u00e9ration. En quelques ann\u00e9es, il a publi\u00e9 quinze ouvrages de po\u00e9sie aux \u00e9ditions du Net. Mais Brahim Saci, ce n\u2019est pas seulement la po\u00e9sie, c\u2019est aussi un chanteur auteur compositeur reconnu de l\u2019\u00c9cole sur les traces du l\u00e9gendaire Slimane Azem, puisqu\u2019il lui ressemble par le style et le timbre vocal. Il suffit de s\u2019offrir une petite balade sur YouTube pour d\u00e9couvrir son talent\u2026<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le Matin d\u2019Alg\u00e9rie<\/strong> : \u00c0 travers tes contributions sur le Matin d\u2019Alg\u00e9rie, les lecteurs te connaissent certainement, mais parles- nous de ton parcours<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Brahim Saci <\/strong>: C\u2019est vrai que certains lecteurs du Matin d\u2019Alg\u00e9rie me connaissent depuis que je donne quelques articles ; avec le temps, le site est devenu l\u2019un des rares espaces de la libert\u00e9 d\u2019expression. Il faudra donc le pr\u00e9server.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour revenir \u00e0 mon parcours, je dirais qu\u2019il s\u2019est fait entre l\u2019Alg\u00e9rie et la France. Je suis n\u00e9 en Kabylie, je suis venu en France, enfant, mon p\u00e8re, ancien militant et responsable de la f\u00e9d\u00e9ration de France du FLN, avait voulu que je le rejoigne. Je suis arriv\u00e9, d\u00e9sorient\u00e9, puis, doucement, j\u2019ai r\u00e9ussi \u00e0 trouver mes marques gr\u00e2ce aux membres de ma famille, install\u00e9s d\u00e9j\u00e0 dans l\u2019exil.J\u2019ai poursuivi ma scolarit\u00e9 qui s\u2019est termin\u00e9e \u00e0 l\u2019universit\u00e9. Entretemps, j\u2019ai d\u00e9couvert la po\u00e9sie, kabyle et fran\u00e7aise ; j\u2019ai eu la chance de rencontrer des chanteurs kabyles d\u2019importance dans les caf\u00e9s parisiens et l\u00e0, je me suis moi-m\u00eame mis \u00e0 \u00e9laborer mes premi\u00e8res chansons. Quant \u00e0 la po\u00e9sie fran\u00e7aise, je l\u2019avais un peu d\u00e9laiss\u00e9e jusqu\u2019\u00e0 ce que je la reprenne ces derni\u00e8res ann\u00e9es. Je me suis alors plong\u00e9 dans la cr\u00e9ation po\u00e9tique comme jamais ; je viens de publier mon quinzi\u00e8me livre de po\u00e9sie, L\u2019\u00c9preuve vers la voie.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le Matin d\u2019Alg\u00e9rie <\/strong>: Comment en es-tu arriv\u00e9 \u00e0 la po\u00e9sie et au chant ?<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Brahim Saci<\/strong> : Le chant m\u2019est tomb\u00e9 sur la t\u00eate en \u00e9coutant les chanteurs kabyles dans les caf\u00e9s kabyles de Paris ; en d\u00e9couvrant surtout la profondeur exquise de l\u2019\u0153uvre de Slimane Azem, paix \u00e0 son \u00e2me. Je me suis mis \u00e0 \u00e9crire mes propres chansons et d\u2019autres po\u00e9sies kabyles. Quant \u00e0 la po\u00e9sie de langue fran\u00e7aise, je l\u2019avais d\u00e9j\u00e0 rencontr\u00e9e durant le lyc\u00e9e ; j\u2019ai aim\u00e9 les grands po\u00e8tes, Verlaine, Baudelaire, Rimbaud et tant d\u2019autres. \u00c0 cette \u00e9poque-l\u00e0 de la jeunesse romantique, j\u2019avais \u00e9crit des po\u00e8mes en fran\u00e7ais mais je me suis un peu \u00e9loign\u00e9 de la cr\u00e9ation po\u00e9tique dans cette belle langue. Jusqu\u2019\u00e0 ce que l\u2019envie d\u2019\u00e9crire en fran\u00e7ais ne revienne me hanter et me pousser \u00e0 exprimer mes sentiments, mes nombreuses qu\u00eates dans la vie, ces derni\u00e8res ann\u00e9es. Je n\u2019arr\u00eate pas d\u2019\u00e9crire, la po\u00e9sie m\u2019est devenue aussi n\u00e9cessaire que le pain et l\u2019eau. Livre apr\u00e8s livre, je vis cette passion de la po\u00e9sie fran\u00e7aise avec un certain bonheur.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le Matin d\u2019Alg\u00e9rie<\/strong> : Quels sont les artistes qui t\u2019ont le plus inspir\u00e9 ?<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Brahim Saci<\/strong> : Beaucoup d\u2019artistes m\u2019ont inspir\u00e9. Je ne pourrais pas les citer tous mais il y a parmi eux Slimane Azem, Youcef Abjaoui, Matoub Loun\u00e8s, Ait Meslayen, cheikh El Hasnaoui, El Anka, Amer Ezzahi, Si Tayeb Ali. J\u2019ai souvent assist\u00e9 aux concerts de Youcef Abjaoui, un virtuose, un ma\u00eetre du ch\u00e2abi, dans les caf\u00e9s parisiens, mais je ne l\u2019ai jamais pris en photo ; c\u2019est l\u2019un de mes plus grands regrets. Ait-Meslayen, je l\u2019ai beaucoup fr\u00e9quent\u00e9 ; c\u2019\u00e9tait un cr\u00e9ateur de g\u00e9nie. Matoub Loun\u00e8s aussi je le rencontrais souvent ; nous avions eu ensemble de longues discussions empreintes de respect et de correction.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le Matin d\u2019Alg\u00e9rie<\/strong> : Quand et pourquoi as-tu quitt\u00e9 le pays ?<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Brahim Saci <\/strong>: Je suis venu rejoindre mon p\u00e8re en France, \u00e9tant encore enfant, \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1970. Mais je n\u2019ai pas perdu le contact avec le pays ; je me suis aussi efforc\u00e9 \u00e0 ne pas perdre la langue kabyle et j\u2019ai r\u00e9ussi en revenant durant les vacances en Alg\u00e9rie \u00e0 garder des liens solides avec le pays. Mais la situation de ces derni\u00e8res ann\u00e9es est, \u00e0 bien des \u00e9gards, assez difficile.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le Matin d\u2019Alg\u00e9rie<\/strong> : Donnes-tu des concerts en France ?<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Brahim Saci<\/strong> : Il m\u2019est arriv\u00e9 de me produire dans certains endroits. J\u2019ai souvent chant\u00e9 dans le conservatoire du huiti\u00e8me arrondissement de Paris. Mais, dans l\u2019ensemble, je suis rarement invit\u00e9 \u00e0 le faire. Comme si, les organisateurs de ce genre de rencontres artistiques choisissaient toujours les m\u00eames. Mais ce n\u2019est pas grave, je continue \u00e0 cr\u00e9er de nouvelles chansons que je mets tout de suite sur YouTube et de nombreux m\u00e9lomanes sont heureux de les \u00e9couter sur internet.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le Matin d\u2019Alg\u00e9rie<\/strong> : Et en Alg\u00e9rie ?<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Brahim Saci<\/strong> : En Alg\u00e9rie aussi, je me suis rarement produit. C\u2019est encore plus difficile l\u00e0-bas. Je vis loin du pays et il n\u2019est pas toujours \u00e9vident d\u2019avoir une place pour une voix libre qui aspire \u00e0 la libert\u00e9, \u00e0 la d\u00e9mocratie, dans notre pays qui passe par des moments assez durs, o\u00f9 la mis\u00e8re sociale fait des ravages.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le Matin d\u2019Alg\u00e9rie<\/strong> : Comment vois-tu le futur de notre pays ?<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Brahim Saci<\/strong> : Le futur imm\u00e9diat de notre pays semble bloqu\u00e9. On ne peut pas s\u2019en sortir sans plus de libert\u00e9, de justice sociale. Mais il ne faut pas perdre espoir ; il y a encore des gens qui se battent pacifiquement pour un vrai changement, dans le sens positif.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le Matin d\u2019Alg\u00e9rie <\/strong>: Le mot de la fin ?<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Brahim Saci <\/strong>: Je salue le travail consid\u00e9rable et pr\u00e9cieux du site du Matin d\u2019Alg\u00e9rie. Je souhaite le meilleur \u00e0 notre pays ; j\u2019esp\u00e8re que les conflits arm\u00e9s, \u00e0 travers le monde, vont cesser et que l\u2019Homme va se r\u00e9veiller, une fois pour toute, pour aller vers la paix. Car, sur cette belle Terre, il y a, en r\u00e9alit\u00e9, de la place pour tout le monde.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour le plaisir des oreilles, \u00e9coutez donc le titre suivant et focalisez bien sur la voix. Elle ressemble bien \u00e0 s\u2019y m\u00e9prendre \u00e0 celle de Dda Slimane :<\/p>\n\n\n\n<p><br>https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=D6pcHjf3NNs<\/p>\n\n\n\n<p><br>Entretien r\u00e9alis\u00e9 par Kacem Madani <\/p>\n\n\n\n<p>Mercredi 25 octobre 2023<\/p>\n\n\n\n<p><strong><span style=\"font-size: revert;\">Le Matin d&rsquo;Alg\u00e9rie.<\/span> <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Lematindalgerie.com <\/p>\n\n\n\n<p>&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"669\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/www.brahimsaci.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/347227900_4280016825556661_4345791961906353808_n-669x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-443\" style=\"width:472px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/www.brahimsaci.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/347227900_4280016825556661_4345791961906353808_n-669x1024.jpg 669w, https:\/\/www.brahimsaci.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/347227900_4280016825556661_4345791961906353808_n-196x300.jpg 196w, https:\/\/www.brahimsaci.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/347227900_4280016825556661_4345791961906353808_n-768x1176.jpg 768w, https:\/\/www.brahimsaci.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/347227900_4280016825556661_4345791961906353808_n-1003x1536.jpg 1003w, https:\/\/www.brahimsaci.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/347227900_4280016825556661_4345791961906353808_n.jpg 1337w\" sizes=\"auto, (max-width: 669px) 100vw, 669px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\"><strong>Brahim Saci ou la po\u00e9sie qui d\u00e9chire les brouillards<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>jeudi 1 juin 2023<\/p>\n\n\n\n<p>La course folle des ann\u00e9es inspire encore plus le po\u00e8te. Brahim Saci continue son impressionnante aventure po\u00e9tique : il vient de publier son 14e livre de po\u00e9sie, intitul\u00e9, Les Ailes sur les braises. \u00ab \u00d4 troubadour, continue de chanter l\u2019amour, pour \u00e9carter des chemins les ronces \u00bb, ainsi l\u2019inspiration est toujours au rendez-vous.<\/p>\n\n\n\n<p>La <a><\/a>tristesse se m\u00e9lange au bonheur, la vie s\u2019offre \u00e0 l\u2019artiste, comme elle est ; diversifi\u00e9e, multicolore, fuyante. Au fil des ann\u00e9es, la po\u00e9sie de Brahim Saci s\u2019affine, s\u2019am\u00e9liore, avec de nouvelles \u00e9pures, de nouveaux regards sereins et lucides.<\/p>\n\n\n\n<p>Pr\u00e9fac\u00e9 par Kamel Zirem, mon fr\u00e8re, ce nouveau recueil de Brahim Saci ambitionne de dissiper les brouillards. \u00ab Attire, aspire, \u00f4 ma guitare, garde-moi ce parfum rare, celui des arts, qui d\u00e9chirent les brouillards, qui m\u00e8ne quelque part, o\u00f9 l\u2019on arrive, o\u00f9 l\u2019on ne repart \u00bb. Parfois le po\u00e8te accepte la solitude. \u00ab La solitude me tend la main, et me rappelle ce refrain, de cette chanson, de chaque saison \u00bb. Mais le doutes pleuvent, le po\u00e8te continue \u00e0 errer dans cette grande ville dont il conna\u00eet les moindres recoins.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette ville qui se souvient de l\u2019harmonie de jadis. De nombreuses qu\u00eates pars\u00e8ment ce nouveau livre ; certaines ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 abord\u00e9es dans les pr\u00e9c\u00e9dents livres, d\u2019autres non. \u00ab La muse enl\u00e8ve quelques voiles, quelques myst\u00e8res se d\u00e9voilent, et tu t\u2019accroches au po\u00e8me, tu versifies, tu s\u00e8mes \u00bb. La g\u00e9ographie ch\u00e8re au po\u00e8te revient encore une fois l\u2019habiter : la Normandie, Paris, l\u2019Alg\u00e9rie, la Kabylie. On sent que ces po\u00e8mes aident le po\u00e8te \u00e0 se maintenir en forme, \u00e0 garder pr\u00e9cieusement sa m\u00e9moire.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019instant pr\u00e9sent est glorifi\u00e9. \u00ab Toi comme cette cigale, le temps qui passe t\u2019est \u00e9gal, tu bois \u00e0 la belle saison, tu offres tes chansons, aux vents, tu ne penses qu\u2019\u00e0 ce moment, sublime, qui t\u2019offre ses rimes \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Le po\u00e8te veut avancer et pardonner. Avec le temps, la sagesse impose ses lois, justes et implacables. Comme Dosto\u00efevski, il veut croire \u00e0 la beaut\u00e9. \u00ab Emerveill\u00e9 par les myst\u00e8res, de l\u2019\u00e9nergie qui parcourt l\u2019univers, et de toute cr\u00e9ature cr\u00e9\u00e9e, tu ne vois partout que la beaut\u00e9 \u00bb. Tant de lumi\u00e8re vient alors remplir la vie du po\u00e8te qui veut partager ces \u00e9clats avec tous les habitants de la Terre.<\/p>\n\n\n\n<p>Youcef Zirem<\/p>\n\n\n\n<p>Les Ailes sur les braises, de Brahim Saci, \u00e9ditions du Net, mai 2023, 121 pages.<\/p>\n\n\n\n<p> <span style=\"font-size: revert;\">https:\/\/lematindalgerie.com\/<\/span>  <\/p>\n\n\n\n<p><span style=\"font-size: revert;\">Le Matin d&rsquo;Alg\u00e9rie.<\/span> <\/p>\n\n\n\n<p>__________________________________________________________________________<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"669\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/www.brahimsaci.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/370226254_262842240033466_1854292756193185726_n-669x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-444\" style=\"width:470px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/www.brahimsaci.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/370226254_262842240033466_1854292756193185726_n-669x1024.jpg 669w, https:\/\/www.brahimsaci.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/370226254_262842240033466_1854292756193185726_n-196x300.jpg 196w, https:\/\/www.brahimsaci.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/370226254_262842240033466_1854292756193185726_n-768x1176.jpg 768w, https:\/\/www.brahimsaci.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/370226254_262842240033466_1854292756193185726_n-1003x1536.jpg 1003w, https:\/\/www.brahimsaci.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/370226254_262842240033466_1854292756193185726_n.jpg 1080w\" sizes=\"auto, (max-width: 669px) 100vw, 669px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>La m\u00e9ditation po\u00e9tique de Brahim Saci<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>9 mars 2023<\/p>\n\n\n\n<p>Il est souvent question du temps dans le treizi\u00e8me livre de po\u00e9sie de Brahim Saci, intitul\u00e9, \u00ab Le Chant qui d\u00e9livre \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Le temps d\u00e9vore tout ; \u00ab avec nous, il joue, emportant les \u00eatres chers, nos r\u00eaves et nos pri\u00e8res\u00bb. Cependant la guitare du po\u00e8te est juste \u00e0 c\u00f4t\u00e9 ; elle essaiera de r\u00e9sister. Entre fable et r\u00e9alit\u00e9, le po\u00e8te voyage et fait voyager ses lecteurs. Mais le monde a peur.<\/p>\n\n\n\n<p>Le mensonge contribue \u00e0 accenteur les diff\u00e9rentes angoisses des peuples. Dans un Paris artistique qui se renouvelle, qui sait donner du bonheur, le po\u00e8te se prom\u00e8ne et saisit l\u2019inspiration.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab La voix du talentueux Azal Belkadi, me transporte ce soir en Kabylie, il rend hommage \u00e0 sa m\u00e8re, l\u2019\u00e9motion \u00e9branle la terre \u00bb, confie Brahim Saci. \u00ab Je me suis rappel\u00e9 ma m\u00e8re, mon univers, les larmes aux yeux, le c\u0153ur en feu \u00bb, ajoute le po\u00e8te.<\/p>\n\n\n\n<p>Face au malheur et au d\u00e9sespoir, le po\u00e8te convoque une certaine sagesse. \u00ab J\u2019ai connu l\u2019Eden, peuvent bien souffler les peines, aujourd\u2019hui, j\u2019accepte la nuit \u00bb, soutient le po\u00e8te.<\/p>\n\n\n\n<p>Le mat\u00e9rialisme d\u00e9truit les valeurs, la finance s\u2019accapare des espaces pr\u00e9cieux de l\u2019humain, le monde se perd. Le constat du po\u00e8te est parfois cruel. Mais il se ressaisit quand il pense \u00e0 son art, aux mots qui le propulsent vers le meilleur.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019attente est celle de l\u2019aim\u00e9e partie depuis un moment. L\u2019attente de son retour se fait cruelle. Les ann\u00e9es passent \u00e0 une vitesse vertigineuse ; l\u2019essentiel est dans l\u2019instant pr\u00e9sent. Seul l\u2019instant pr\u00e9sent est vrai avant qu\u2019il ne devienne poussi\u00e8re comme tout ce qui fait l\u2019existence humaine. Les pouvoirs sont instrumentalis\u00e9s, les m\u00e9dias semblent fuir la v\u00e9rit\u00e9, les calculs des uns et des autres ne sont pas similaires. Le po\u00e8te veut juste remplir son c\u0153ur d\u2019amour.<\/p>\n\n\n\n<p>La chanson est \u00e9galement un bon compagnon dans ce d\u00e9sert des rapports humains heureux. \u00ab J\u2019\u00e9coute Ezzahi, et j\u2019oublie le gris, l\u2019encrier se remplit, la plume revit \u00bb, \u00e9crit Brahim Saci.<\/p>\n\n\n\n<p>El\u00e9gamment pr\u00e9fac\u00e9 par le th\u00e9rapeute Hamid Salmi, chercheur en ethnopsychiatrie, Le Chant qui d\u00e9livre, est un pr\u00e9cieux livre qui pousse le lecteur sur les chemins de la m\u00e9ditation salvatrice. Le po\u00e8me se fait le guide de la sagesse. Il y a dans ces textes de la g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9, de l\u2019harmonie et du questionnement. \u00ab Tu sais que le bonheur est possible, il est \u00e0 tous accessible, si chacun veut se purifier, prendre un temps pour m\u00e9diter \u00bb, avoue Brahim Saci. Le Chant qui d\u00e9livre, est un livre reposant, rempli de belles m\u00e9lodies qui inventent d\u2019autres possibilit\u00e9s dans un monde d\u00e9routant et bloqu\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Youcef Zirem<\/p>\n\n\n\n<p>Le Chant qui d\u00e9livre, de Brahim Saci, \u00e9ditions du Net, 2023<\/p>\n\n\n\n<p><blockquote class=\"wp-embedded-content\" data-secret=\"sIDrwKhnbc\"><a href=\"https:\/\/lematindalgerie.com\/\">Accueil<\/a><\/blockquote><iframe loading=\"lazy\" class=\"wp-embedded-content\" sandbox=\"allow-scripts\" security=\"restricted\" style=\"position: absolute; visibility: hidden;\" title=\"\u00ab\u00a0Accueil\u00a0\u00bb &#8212; Le Matin d&#039;Alg\u00e9rie\" src=\"https:\/\/lematindalgerie.com\/embed\/#?secret=YuvXhCJE8H#?secret=sIDrwKhnbc\" data-secret=\"sIDrwKhnbc\" width=\"525\" height=\"296\" frameborder=\"0\" marginwidth=\"0\" marginheight=\"0\" scrolling=\"no\"><\/iframe><\/p>\n\n\n\n<p>Le Matin d&rsquo;Alg\u00e9rie.<\/p>\n\n\n\n<p>________________________________________________________________<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"669\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/www.brahimsaci.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/312158470_111411025088775_4507180663659533953_n-669x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-445\" style=\"width:471px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/www.brahimsaci.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/312158470_111411025088775_4507180663659533953_n-669x1024.jpg 669w, https:\/\/www.brahimsaci.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/312158470_111411025088775_4507180663659533953_n-196x300.jpg 196w, https:\/\/www.brahimsaci.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/312158470_111411025088775_4507180663659533953_n-768x1176.jpg 768w, https:\/\/www.brahimsaci.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/312158470_111411025088775_4507180663659533953_n-1003x1536.jpg 1003w, https:\/\/www.brahimsaci.com\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/312158470_111411025088775_4507180663659533953_n.jpg 1337w\" sizes=\"auto, (max-width: 669px) 100vw, 669px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>Les voyages po\u00e9tiques de Brahim Saci continuent<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>03\/11\/2022<\/p>\n\n\n\n<p>Qu\u2019il pleuve ou qu\u2019il vente, Brahim Saci \u00e9crit de la po\u00e9sie. Il vient de sortir son 12e recueil, intitul\u00e9, Inaccessible parfum, avec une belle et somptueuse pr\u00e9face, sign\u00e9e par l\u2019\u00e9crivain et universitaire de renom, Hac\u00e8ne Hir\u00e8che.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab On a eu notre part\/ De perle rares\/des arts\/des brouillards\/Des ombres, de la lumi\u00e8re\/J\u2019ai partag\u00e9 mon verre\/avec la nuit le jour\/Joies et blessures de l\u2019amour\/Si nous chagrine l\u2019adversit\u00e9\/elle ne nous d\u00e9tourne pas de l\u2019amour \u00bb, \u00e9crit-il.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour d\u00e9crire un monde t\u00e9n\u00e9breux, le po\u00e8te observe les m\u00e9chants ; il constate que l\u2019amour est sacrifi\u00e9. Cela ne date pas d\u2019aujourd\u2019hui. Le monde semble, parfois, changer mais il ne fait que prendre quelques couleurs diff\u00e9rentes. Le fond reste le m\u00eame. L\u2019aim\u00e9e est partie ; le chagrin de la s\u00e9paration perdure. Les histoires se terminent ; le sage sait que c\u2019est ainsi, qu\u2019on n\u2019y peut rien. \u00ab Je m\u2019incline devant ta volont\u00e9\/j\u2019accueille pr\u00e9sent et pass\u00e9\/avec amour\/je regarde la course des jours \u00bb, confie le po\u00e8te \u00e0 l\u2019adresse du Seigneur.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour ce pr\u00e9sent recueil, le po\u00e8te nous dit \u00e9couter Amar Ezzahi et Slimane Azem en \u00e9crivant ; ces deux astres le guident vers les chemins de la cr\u00e9ation. Amar Ezzahi c\u2019est cet exil\u00e9 de l\u2019int\u00e9rieur qui a v\u00e9cu dans l\u2019humilit\u00e9 et la libert\u00e9, sans qu\u2019aucun pouvoir n\u2019ait r\u00e9ussi \u00e0 le corrompre, d\u2019une fa\u00e7on ou d\u2019une autre.<\/p>\n\n\n\n<p>Amar Ezzahi a v\u00e9cu parmi les siens, parmi le peuple qui l\u2019adorait, qui le respectait. Amar Ezzahi ne s\u2019est jamais mari\u00e9 ; il n\u2019a pas laiss\u00e9 d\u2019enfants mais son \u0153uvre artistique sera toujours l\u00e0 pour t\u00e9moigner de son g\u00e9nie. Slimane Azem, c\u2019est l\u2019exil\u00e9 de l\u2019ext\u00e9rieur qui a souffert de l\u2019\u00e9loignement, de la marginalisation. Toute sa vie, Slimane Azem a tent\u00e9 de guider son peuple avec des mots inspirant la bont\u00e9 et la beaut\u00e9. Slimane Azem s\u2019est mari\u00e9 mais il n\u2019a pas eu d\u2019enfants.<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant son \u0153uvre artistique est colossale ; elle est revisit\u00e9e au quotidien par ses nombreux admirateurs. \u00ab Quand une \u00e2me pleure\/ quand se brise un c\u0153ur\/ Evitez de juger\/ la roue peut tourner \u00bb, souligne Brahim Saci. Car \u00ab La vie n\u2019est qu\u2019un voyage\/ parfois rempli d\u2019orages\/ De naufrages\/ D\u2019\u00e9paves sur les plages \u00bb. Patience, la lumi\u00e8re conna\u00eet son chemin.<\/p>\n\n\n\n<p>Le po\u00e8te finira par trouver ses marques, son chemin et son harmonie. Patience, le bonheur est d\u00e9j\u00e0 dans cette attente qui finira, qui donnera ses fruits. Patience, puisque tout passe. Patience, le pouvoir de la po\u00e9sie est, parfois, sans limites.<\/p>\n\n\n\n<p>Youcef Zirem<\/p>\n\n\n\n<p>Inaccessible Parfum, de Brahim Saci, \u00e9ditions du Net, 2022.<\/p>\n\n\n\n<p><blockquote class=\"wp-embedded-content\" data-secret=\"sIDrwKhnbc\"><a href=\"https:\/\/lematindalgerie.com\/\">Accueil<\/a><\/blockquote><iframe loading=\"lazy\" class=\"wp-embedded-content\" sandbox=\"allow-scripts\" security=\"restricted\" style=\"position: absolute; visibility: hidden;\" title=\"\u00ab\u00a0Accueil\u00a0\u00bb &#8212; Le Matin d&#039;Alg\u00e9rie\" src=\"https:\/\/lematindalgerie.com\/embed\/#?secret=YuvXhCJE8H#?secret=sIDrwKhnbc\" data-secret=\"sIDrwKhnbc\" width=\"525\" height=\"296\" frameborder=\"0\" marginwidth=\"0\" marginheight=\"0\" scrolling=\"no\"><\/iframe><\/p>\n\n\n\n<p>Le Matin d&rsquo;Alg\u00e9rie.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><a href=\"https:\/\/blogger.googleusercontent.com\/img\/b\/R29vZ2xl\/AVvXsEg_Ko1RHjgx7oNg0fOD1CjqV1cowDAm57jbhw-7n7pupqQ76Yh7Vxs_V_qwVPrb3lPdKhzwUnKbTZovCLcMrsvU8JRbIIsoUP1HD-drf1lzzJC15FVEG6QgwZPusDelhjW5WgbEalnSbs6K-5ttPFf-QoJ7QIufzVCH6vzJ81pSHWhNqM9sPyM0buTA\/s1963\/292204384_5563400317037498_1686377937918555600_n.jpg\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/blogger.googleusercontent.com\/img\/b\/R29vZ2xl\/AVvXsEg_Ko1RHjgx7oNg0fOD1CjqV1cowDAm57jbhw-7n7pupqQ76Yh7Vxs_V_qwVPrb3lPdKhzwUnKbTZovCLcMrsvU8JRbIIsoUP1HD-drf1lzzJC15FVEG6QgwZPusDelhjW5WgbEalnSbs6K-5ttPFf-QoJ7QIufzVCH6vzJ81pSHWhNqM9sPyM0buTA\/w461-h674\/292204384_5563400317037498_1686377937918555600_n.jpg\" alt=\"\"\/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\"><strong>Brahim Saci part sur les chemins de l\u2019errance<\/strong><\/h1>\n\n\n\n<p>12\/07\/2022<br><br>C\u2019est la passion amoureuse qui domine le onzi\u00e8me livre de po\u00e9sie de Brahim Saci, \u00ab L\u2019Ombre d\u2019Am\u00e9lie \u00bb. Les mots viennent ici \u00e0 la rescousse du po\u00e8te pour l\u2019aider \u00e0 supporter mieux la douleur de la s\u00e9paration.<br>\u00ab Adieu le temps o\u00f9 tu m\u2019aimais, aujourd\u2019hui tu fais semblant de r\u00eaver, la b\u00eatise, les d\u00e9sirs, les illusions ont eu raison de notre passion \u00bb, soupire le po\u00e8te.<br><br>Pr\u00e9fac\u00e9 par Hac\u00e8ne Hireche, ce dernier recueil de Brahim Saci continue un souffle po\u00e9tique qui ne s\u2019arr\u00eate pas.<br><br>Bonheur g\u00e2ch\u00e9, la rupture pousse le po\u00e8te sur les chemins de l\u2019errance. R\u00e9sister au malheur n\u2019est pas toujours chose ais\u00e9e.<br><br>\u00ab Dans la nuit, je cherche ta main, le c\u0153ur plein, de toi depuis longtemps, peut-on revenir comme avant ? \u00bb, se demande le po\u00e8te. Mais il n\u2019y a personne pour lui r\u00e9pondre. Seul le pass\u00e9, avec ces voyages en Normandie, en Kabylie, vient secouer cette l\u00e9thargie que les jours ont impos\u00e9e.<br><br>Les souvenirs sont inoubliables mais ils deviennent, parfois, encombrants, ils emp\u00eachent le renouvellement de l\u2019harmonie. Celle qui est partie \u00e9tait musicienne : \u00ab Jadis nos guitares jouaient \u00e0 l\u2019unisson, nos regards dans la passion, tu as tout bris\u00e9 pour suivre ces batraciens, au chant qui fait fuir les musiciens \u00bb.<br><br>Le po\u00e8te continue \u00e0 se poser des questions sur la soci\u00e9t\u00e9, sur les parents, sur les fr\u00e9quentations pour trouver des r\u00e9ponses. Mais les certitudes sont rarissimes. \u00ab Quand tout s\u2019assombrit, que suffoque la vie, le po\u00e8me est cette bouff\u00e9e d\u2019air, comme cette pluie qui redonne vie \u00e0 la terre \u00bb, \u00e9crit Brahim Saci.<br><br>D\u2019un moment \u00e0 un autre, le po\u00e8te veut se faire sage : \u00ab Quand on perd un \u00eatre cher, on se rend compte que tout est \u00e9ph\u00e9m\u00e8re, soyez vous-m\u00eame, ne cherchez ni \u00e0 plaire ni \u00e0 d\u00e9plaire \u00bb. Quand il pense au pass\u00e9, le po\u00e8te a l\u2019impression d\u2019avoir r\u00eav\u00e9. Le pr\u00e9sent est difficile \u00e0 supporter. \u00ab Le mensonge prosp\u00e8re, les roses se pressent pour lui plaire, l\u2019ego cet ennemi, peint notre ciel de gris \u00bb, souligne-t-il.<br><br>L\u2019ivresse est alors une solution \u00e0 envisager ; dans l\u2019\u00e9tat second, le monde d\u2019hier revient, l\u2019espace d\u2019un temps artificiel. \u00ab La nuit, je fuis le sommeil, je retiens les t\u00e9n\u00e8bres pour retarder le soleil, est-ce la peur du jour ? ou l\u2019habitude des cieux lourds \u00bb, se demande le po\u00e8te.<br><br>Mais il reste le pardon pour esp\u00e9rer aller vers d\u2019autres horizons et oublier. Il reste les mots pour tenter de minimiser la douleur. Il reste surtout le temps qui met fin \u00e0 tout, qui s\u2019impose irr\u00e9m\u00e9diablement, qui fait exiler, au loin, m\u00eame le souvenir le plus tenace.<br><br>Youcef Zirem<br><br><strong>L\u2019Ombre d\u2019Am\u00e9lie de Brahim Saci, \u00e9ditions du Net, 2022<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><blockquote class=\"wp-embedded-content\" data-secret=\"sIDrwKhnbc\"><a href=\"https:\/\/lematindalgerie.com\/\">Accueil<\/a><\/blockquote><iframe loading=\"lazy\" class=\"wp-embedded-content\" sandbox=\"allow-scripts\" security=\"restricted\" style=\"position: absolute; visibility: hidden;\" title=\"\u00ab\u00a0Accueil\u00a0\u00bb &#8212; Le Matin d&#039;Alg\u00e9rie\" src=\"https:\/\/lematindalgerie.com\/embed\/#?secret=YuvXhCJE8H#?secret=sIDrwKhnbc\" data-secret=\"sIDrwKhnbc\" width=\"525\" height=\"296\" frameborder=\"0\" marginwidth=\"0\" marginheight=\"0\" scrolling=\"no\"><\/iframe><\/p>\n\n\n\n<p>Le Matin d&rsquo;Alg\u00e9rie.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\"><strong>Nuits de l\u2019hiver&nbsp;\u00bb de Brahim Saci<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image is-resized\"><a href=\"https:\/\/blogger.googleusercontent.com\/img\/a\/AVvXsEgwDGHYB52oKTObCdEUJaCb02rKdeMliBC-Ygo0Uwz6V2F25YJ6LVsMsghITrSA57_PF2TdMdzcA8rV4EDL43guvF7kMCIc6FMK0kq59wiFp7g0re0UZPzN7yCJutNsKfgtX6zsAGlx-wxtUWMK6HiYxDxKjIJj4n5o0g8xmyfBgVajDaGiRY4QmIkp\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/blogger.googleusercontent.com\/img\/a\/AVvXsEgwDGHYB52oKTObCdEUJaCb02rKdeMliBC-Ygo0Uwz6V2F25YJ6LVsMsghITrSA57_PF2TdMdzcA8rV4EDL43guvF7kMCIc6FMK0kq59wiFp7g0re0UZPzN7yCJutNsKfgtX6zsAGlx-wxtUWMK6HiYxDxKjIJj4n5o0g8xmyfBgVajDaGiRY4QmIkp=w641-h1140\" alt=\"\" style=\"width:437px;height:auto\"\/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\"><strong><br>Les mots s\u2019av\u00e8rent d\u2019un grand secours, pour continuer le chemin, c\u2019est ce que, entre autres, nous dit Brahim Saci dans son dixi\u00e8me livre de po\u00e9sie, Nuits de l\u2019hiver, paru r\u00e9cemment aux \u00e9ditions du Net.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-medium-font-size\">\u00ab Continuons la route, prot\u00e9g\u00e9s par la vo\u00fbte, c\u00e9leste qui \u00e9merveille, tout regard qui s\u2019\u00e9veille \u00bb. Le regard du po\u00e8te est souvent inspir\u00e9 quand il tente de saisir le meilleur, \u00e0 chaque instant, \u00e0 chaque jour. La patience est une vertu. \u00ab Je patiente, je ne suis plus dans l\u2019attente, ceux qui courent faire sonner le glas, je les laisse au ciel, il s\u2019en chargera \u00bb. <\/h1>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-medium-font-size\">La peur est \u00e9galement inutile. \u00ab J\u2019avance je n\u2019ai plus peur, chaque instant est un bonheur, la lumi\u00e8re remplit mon c\u0153ur, \u00e0 la vue d\u2019une fleur \u00bb.Mais les souvenirs douloureux reviennent, la s\u00e9paration laisse des traces imp\u00e9rissables. \u00ab S\u2019approche le gouffre, l\u2019\u00e2me souffre, la muse retient le pas, et me dit, souviens-toi d\u2019Etretat \u00bb. Le po\u00e8te continue ses p\u00e9r\u00e9grinations dans les estaminets de Paris ; il d\u00e9crit les libert\u00e9s qui sont, parfois, malmen\u00e9es m\u00eame en d\u00e9mocratie, il se pose des questions sur la finance internationale qui cherche toujours \u00e0 dominer le monde. Brahim Saci veut retenir le temps, retenir la beaut\u00e9 de l\u2019instant.\u00ab Je veille je retiens l\u2019aurore, je d\u00e9fie le sort, je ne suis pas press\u00e9, un pied dans le pass\u00e9, un autre dans le pr\u00e9sent, je d\u00e9chire l\u2019instant, je d\u00e9fie les vents \u00bb. <\/h1>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-medium-font-size\">La solitude est un mal des temps modernes ; l\u2019individualisme supprime le vrai rapprochement.\u00ab Les chemin\u00e9es fument, les espoirs se consument, chacun est recroquevill\u00e9 dans sa solitude, dehors c\u2019est la servitude \u00bb. Et le temps se fait lourd, le po\u00e8te continue ses errances. \u00ab Soufflez \u00f4 vents ! Lourd est le temps, emportez-moi, \u00e9loignez-moi, de ces contr\u00e9es o\u00f9 le crime est tol\u00e9r\u00e9, o\u00f9 se meurent les libert\u00e9s, o\u00f9 le veau d\u2019or veut r\u00e9gner \u00bb.Ce dixi\u00e8me recueil de Brahim Saci est assez pessimiste, il est, peut-\u00eatre le reflet d\u2019une \u00e9poque difficile \u00e0 vivre. Mais au bout du chemin, il est \u00e0 esp\u00e9rer des temps meilleurs, des sursauts salvateurs.&nbsp;<\/h1>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\"><strong>Youcef Zirem<\/strong><\/h1>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">\u00ab&nbsp;Les Nuits de l\u2019hiver&nbsp;\u00bb de Brahim Saci, \u00e9ditions du Net 2022, 117 pages<\/h1>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">Le 22\/04\/2022<\/h1>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">Le Matin D&rsquo;ALGERIE<\/h1>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">Https:\/\/lematindalgerie.com\/<\/h1>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\"><strong>____________________________________________<\/strong><\/h1>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-medium-font-size\"><strong>Brahim Saci : \u00ab J\u2019\u00e9cris pour le plaisir, par passion \u00bb<\/strong>&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/h1>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"765\" src=\"https:\/\/www.brahimsaci.com\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/11357378_1020471307997111_3102963017509154475_o-1024x765.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-273\" style=\"width:470px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/www.brahimsaci.com\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/11357378_1020471307997111_3102963017509154475_o-1024x765.jpg 1024w, https:\/\/www.brahimsaci.com\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/11357378_1020471307997111_3102963017509154475_o-300x224.jpg 300w, https:\/\/www.brahimsaci.com\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/11357378_1020471307997111_3102963017509154475_o-768x573.jpg 768w, https:\/\/www.brahimsaci.com\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/11357378_1020471307997111_3102963017509154475_o-1536x1147.jpg 1536w, https:\/\/www.brahimsaci.com\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/11357378_1020471307997111_3102963017509154475_o.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 767px) 89vw, (max-width: 1000px) 54vw, (max-width: 1071px) 543px, 580px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-medium-font-size\">Brahim Saci est l\u2019un de ces nombreux expatri\u00e9s alg\u00e9riens qui de par leur talent et leur g\u00e9nie, sont les ambassadeurs de leur pays \u00e0 l\u2019\u00e9tranger. Le natif de Tifrit Na\u00eft Oumalek au pied de l\u2019Akfadou est \u00e0 la fois, Auteur, Compositeur, Interpr\u00e8te d\u2019expression franco-Kabyle, dessinateur, caricaturiste et portraitiste.&nbsp;<\/h1>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-medium-font-size\"><strong>Pouvez-vous vous pr\u00e9senter pour nos lecteurs ?&nbsp;<\/strong><\/h1>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-medium-font-size\">C\u2019est toujours relativement difficile de parler de soi. Mais je vais essayer. Je suis n\u00e9 en Kabylie, je suis arriv\u00e9 \u00e0 Paris \u00e0 l\u2019\u00e2ge de dix ans. Je me suis accroch\u00e9 \u00e0 la vie parisienne, les \u00e9tudes m\u2019ont aid\u00e9. Apr\u00e8s mon dipl\u00f4me universitaire, je me suis retrouv\u00e9 \u00e0 travailler pour le service culturel de la ville de Paris. Entre-temps, j\u2019ai r\u00e9alis\u00e9 des albums de chansons kabyles du genre ch\u00e2abi et j\u2019ai publi\u00e9 9 livres de po\u00e9sie en langue fran\u00e7aise. Je suis passionn\u00e9 de culture, de spiritualit\u00e9, de musiques du monde, de tout ce qui donne du bonheur aux gens.<strong>&nbsp;<\/strong><\/h1>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-medium-font-size\"><strong>Quel est votre parcours ?&nbsp;<\/strong><\/h1>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-medium-font-size\">Mon parcours est celui de nombreuses personnes de ma g\u00e9n\u00e9ration. J\u2019ai eu la chance de faire le coll\u00e8ge et le lyc\u00e9e en r\u00e9gion parisienne, j\u2019ai fait apr\u00e8s un cursus universitaire qui m\u2019a permis de rencontrer de nombreuses belles personnes. La vie est toujours plus colori\u00e9e quand on saisit la chance de partager des passions avec les autres. Ainsi j\u2019ai \u00e9galement dessin\u00e9 durant des ann\u00e9es sur les plus prestigieuses places parisiennes, tout comme j\u2019ai fait durant des ann\u00e9es de la radio. Cela a \u00e9largi mes horizons, cela m\u2019a ouvert les yeux sur les autres, sur le monde en g\u00e9n\u00e9ral.&nbsp;<\/h1>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-medium-font-size\"><strong>Quel est votre rapport \u00e0 la lecture, la litt\u00e9rature ?&nbsp;<\/strong><\/h1>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-medium-font-size\">La litt\u00e9rature est l\u2019une de mes plus grandes passions. Je suis un grand lecteur depuis de longues ann\u00e9es. J\u2019ai beaucoup lu les classiques fran\u00e7ais avant de diversifier mes lectures en s\u2019int\u00e9ressant aux auteurs des quatre coins du monde. Et chemin faisant, je me suis mis \u00e0 \u00e9crire. La po\u00e9sie est devenue une amie intime ; j\u2019ai ainsi publi\u00e9 aux \u00e9ditions du Net \u00e0 Paris 9 livres de po\u00e9sies. ( <strong>Le cr\u00e9puscule du bon sens<\/strong> )<strong>&nbsp;<\/strong><\/h1>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-medium-font-size\"><strong>Comment \u00e9crivez-vous ?&nbsp;<\/strong><\/h1>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-medium-font-size\">J\u2019ai toujours de quoi \u00e9crire, j\u2019\u00e9cris d\u00e8s que l\u2019inspiration me rend visite. Une fois le po\u00e8me termin\u00e9, je le mets sur les r\u00e9seaux sociaux. J\u2019aime ce partage avec mes amis qui appr\u00e9cient mes po\u00e8mes. Au fil des jours, cela fait un ensemble de po\u00e8mes qui peuvent constituer un livre. C\u2019est laborieux, c\u2019est prenant, mais c\u2019est aussi magnifique de pouvoir s\u2019exprimer sur plusieurs sujets dans une \u00e9poque tourment\u00e9e. Cette \u00e9volution \u00e0 partir de l\u2019\u00e9closion du sujet et jusqu\u2019\u00e0 sa mise en \u00e9criture.&nbsp;<\/h1>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-medium-font-size\"><strong>Qu\u2019est-ce qui vous a inspir\u00e9 pour \u00e9crire votre dernier livre ?&nbsp;<\/strong><\/h1>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-medium-font-size\">Les sujets que je traite sont diversifi\u00e9s. Il y a plusieurs th\u00e9matiques dans ma po\u00e9sie. Dans mon dernier livre, la perte des libert\u00e9s due aux contraintes sanitaires est un th\u00e8me que j\u2019aborde. Les pouvoirs sont toujours l\u00e0 pr\u00eats \u00e0 utiliser toutes les m\u00e9thodes pour museler les libert\u00e9s. Mais d\u2019autres sujets, l\u2019amour, les d\u00e9chirures de l\u2019amour, la spiritualit\u00e9 sont aussi d\u2019autres sujets pr\u00e9sents dans mon univers po\u00e9tique.&nbsp;<\/h1>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-medium-font-size\"><strong>Avez-vous une pratique d\u2019\u00e9criture individuelle ?&nbsp;<\/strong><\/h1>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-medium-font-size\">Tout \u00e9crivain a des pratiques propres \u00e0 lui. Pour ma part, il m\u2019arrive de me r\u00e9veiller pour aller noter une id\u00e9e durant la nuit. Il m\u2019arrive d\u2019\u00e9crire dans les caf\u00e9s de Paris m\u00eame si ces lieux sont parfois tr\u00e8s anim\u00e9s.&nbsp;<\/h1>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-medium-font-size\"><strong>Avez-vous d\u00e9j\u00e0 particip\u00e9 \u00e0 un concours litt\u00e9raire ?&nbsp;<\/strong><\/h1>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-medium-font-size\">Non, je ne participe aux concours litt\u00e9raires. J\u2019\u00e9cris pour le plaisir, par passion. Je me fais d\u2019abord plaisir, puis ceux qui aiment ma po\u00e9sie sont \u00e9galement satisfaits. C\u2019est d\u00e9j\u00e0 \u00e9norme !&nbsp;<\/h1>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-medium-font-size\"><strong>Quelle est votre premi\u00e8re grande d\u00e9couverte litt\u00e9raire ?&nbsp;<\/strong><\/h1>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-medium-font-size\">C\u2019est probablement la po\u00e9sie de Baudelaire. Puis d\u2019autres po\u00e9sies sont venues accompagner ma vie quotidienne.C\u2019est le cas de Rimbaud, de Ren\u00e9 Char, de Mohand Ou Mhand, cheikh Mohand Oulhocine, Slimane Azem et tant d\u2019autres. Les surr\u00e9alistes fran\u00e7ais m\u2019ont \u00e9galement permis de n\u2019avoir aucun tabou dans mes \u00e9critures.&nbsp;<\/h1>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-medium-font-size\"><strong>Et votre dernier coup de c\u0153ur ?&nbsp;<\/strong><\/h1>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-medium-font-size\">Mon dernier coup de c\u0153ur c\u2019est le journal parisien de Youcef Zirem intitul\u00e9 Chaque jour est un morceau d\u2019\u00e9ternit\u00e9 publi\u00e9 par les \u00e9ditions Douro en France ; sur dix ans, entre 2005 et 2015, il nous emm\u00e8ne sur des chemins de cr\u00e9ation souvent \u00e9tonnants, souvent salvateurs !&nbsp;<\/h1>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-medium-font-size\"><strong>Quels conseils donneriez-vous \u00e0 une personne qui h\u00e9siterait \u00e0 se lancer dans l\u2019\u00e9dition ?&nbsp;<\/strong><\/h1>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-medium-font-size\">Il ne faut jamais h\u00e9siter ; quand on \u00e9crit,il est toujours int\u00e9ressant de publier, c\u2019est ainsi qu\u2019on partage des sensibilit\u00e9s, des id\u00e9es, et c\u2019est ainsi qu\u2019on avance. Publier est une \u00e9tape, elle peut s\u2019av\u00e9rer difficile mais c\u2019est toujours une aventure enrichissante.&nbsp;<\/h1>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-medium-font-size\"><strong>Votre dernier mot ?&nbsp;<\/strong><\/h1>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-medium-font-size\">Mon dernier mot est relatif \u00e0 tous ceux qui se battent pour la libert\u00e9, la d\u00e9mocratie et la dignit\u00e9 \u00e0 travers le monde, je leur dis : votre combat apporte du soleil dans le c\u0153ur de nombreuses personnes, ne vous d\u00e9couragez jamais, votre combat est un magnifique humanisme !&nbsp;<\/h1>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-medium-font-size\">Par A.Aris&nbsp;<\/h1>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-medium-font-size\">Le 27 janvier 2022&nbsp;&nbsp;Actualit\u00e9<\/h1>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-medium-font-size\">Culture<\/h1>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-medium-font-size\">Alg\u00e9rie Expat &#8211; Le journal des Alg\u00e9riens d&rsquo;ici et d&rsquo;ailleurs. Actualit\u00e9s, Politique, \u00c9conomie, Football, Soci\u00e9t\u00e9, Diaspora, Voyage, France&#8230;&nbsp;https:\/\/www.algerie-expat.com<\/h1>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-medium-font-size\"><a href=\"https:\/\/blogger.googleusercontent.com\/img\/a\/AVvXsEhPWHqCz51KLi9ydk2uinOoQ13Mv00k1ynpIu3Q70fYa9kVBNzveuppgzoIHySqMJup3DDW9shOCllbWWcZt6fB0dStfcHoAw9QdiRYg0V8RaFL0xmg78-0EB55Qp6qLfXfyzzY1z89kogZABfpvwXsEtDtETBgsJ9x7SQHp72UNEnTeqmNHx2N8hPz=s2048\"><\/a><br>_____________________________&nbsp;<\/h1>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-medium-font-size\"><strong><br>&nbsp;Quand Brahim Saci raconte le pays des ogres triomphants<\/strong> <\/h1>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"400\" height=\"612\" src=\"https:\/\/www.brahimsaci.com\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/Le-crepuscule-du-bon-sens.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-774\" style=\"width:473px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/www.brahimsaci.com\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/Le-crepuscule-du-bon-sens.jpg 400w, https:\/\/www.brahimsaci.com\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/Le-crepuscule-du-bon-sens-196x300.jpg 196w\" sizes=\"auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>C\u2019est durant l\u2019ann\u00e9e 2016 que Brahim Saci publie son premier recueil de po\u00e9sie, Fleurs aux \u00e9pines, une allusion \u00e0 peine voil\u00e9e au chef-d\u2019\u0153uvre de Baudelaire, les Fleurs du mal. Il y a quelques semaines, l\u2019enfant de Tifrit At Umalek fait sortir son neuvi\u00e8me livre de po\u00e9sies, Le Cr\u00e9puscule du bon sens, toujours chez le m\u00eame \u00e9diteur parisien, les \u00e9ditions du Net. En relativement peu de temps, Brahim Saci a noirci des pages, saisi l\u2019inspiration et confectionn\u00e9 beaucoup d\u2019ouvrages.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est carr\u00e9ment un homme habit\u00e9 par la po\u00e9sie qui se balade dans les rues de Paris, qui scribouille dans ces estaminets au charme l\u00e9gendaire qui l\u2019accueillent. Ces scribouillages se transforment en un d\u00e9licieux et captivant voyage po\u00e9tique. Dans le Cr\u00e9puscule du bon sens*, Brahim Saci continue ses th\u00e8mes de pr\u00e9dilection, la passion amoureuse contrari\u00e9e, les qu\u00eates spirituelles, les exils, la r\u00e9volte devant tant d\u2019injustice du monde d\u2019aujourd\u2019hui. <\/p>\n\n\n\n<p>\u00abLe bon sens esseul\u00e9 essaie de fuir, un pouvoir qui ne sait que nuire, le pays des ogres triomphants, o\u00f9 seule compte la loi des m\u00e9chants \u00bb, le po\u00e8te plante ainsi le d\u00e9cor. C\u2019est, \u00e0 bien des \u00e9gards, une description minutieuse d\u2019un monde o\u00f9 le capitalisme fait ravage que le po\u00e8te offre \u00e0 son lecteur. Un capitalisme qui sait profiter des crises, de toutes les crises, y compris de la crise sanitaire qui d\u00e9ferle sur tous les pays depuis deux ans. \u00ab Je t\u2019attends en vain, le f\u00fbt est encore plein, je n\u2019arrive pas \u00e0 m\u2019y faire \u00e0 cette solitude, m\u00eame si s\u2019installe l\u2019habitude \u00bb, reconna\u00eet le po\u00e8te. Oui, on s\u2019habitue \u00e0 tout, pour paraphraser le grand po\u00e8te du plat pays, Jacques Brel. <\/p>\n\n\n\n<p>Mais au fil des habitudes, le temps s\u2019enfuit, et l\u2019on se transforme. La vie est une \u00e9ternelle transformation qui garde jalousement ses myst\u00e8res. Le temps s\u2019enfuit et semble ignorer les douleurs de l\u2019Homme, le temps est compl\u00e8tement indiff\u00e9rent au chagrin des uns et des autres. L\u2019Homme pr\u00e9f\u00e8rera pourtant le chagrin au n\u00e9ant pour paraphraser un grand conteur du Mississipi, William Faulkner. \u00ab Le ciel est obscurci, aucune \u00e9claircie, les colombes les ailes repli\u00e9es, essaient de se cacher \u00bb, \u00e9crit Brahim Saci dans un moment o\u00f9 le brouillard se fait dense et pesant. Mais aucun brouillard n\u2019est \u00e9ternel, aucun malaise ne r\u00e9siste au soleil qu\u2019on peut avoir dans le c\u0153ur ; les jours h\u00e9rit\u00e9s de cette rotation de la Terre continuent leur voyage c\u00e9leste, ils poursuivent leur progression en spirale. <\/p>\n\n\n\n<p>La po\u00e9sie de Brahim Saci observe cette \u00e9nigmatique mont\u00e9e en spirale, elle accumule des mots pour poser des questions et se souvenir. Car le souvenir peut, parfois, sans grands efforts, apporter du soleil dans l\u2019existence de l\u2019homme. Oui, la po\u00e9sie est ensoleill\u00e9e m\u00eame quand elle raconte la douleur et la s\u00e9paration. C\u2019est ainsi qu\u2019elle est un myst\u00e8re qui aide les femmes et les hommes \u00e0 esp\u00e9rer.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Youcef Zirem <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le Cr\u00e9puscule du bon sens, de Brahim Saci<\/strong>, \u00e9ditions du Net, 2021&Prime;<\/p>\n\n\n\n<p>Le 16 d\u00e9cembre 2021<\/p>\n\n\n\n<p>Le Matin D&rsquo;ALGERIE<\/p>\n\n\n\n<p>Lematindalgerie.com<br><a href=\"https:\/\/blogger.googleusercontent.com\/img\/a\/AVvXsEjWkwgMOlb0nmeKnj1r8UCfjtDaMH5awrHY7zsYaGD6nRBwv5x9nxkS7cu3Nn1rYb-QDZnfOYDzxBxcRFB6Z66N5Vx4ENPK7vlEHk0V8he4oq12FJuy8gZ7KuqwYqQm6dpntBIKeiI-lFdJ0tDU7z4ML5Gt4Q8DSje4wxy1bCkddqGA3d43d9QvGLF5=s1877\"><\/a><br><br>______________________________<\/p>\n\n\n\n<p><br><strong>PORTRAIT. <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\"><strong>M&rsquo;Hamed Azzouz, dernier marchand de journaux et \u00ab\u00a0m\u00e9moire de Belleville\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"512\" height=\"384\" src=\"https:\/\/www.brahimsaci.com\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/image-2.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-276\" srcset=\"https:\/\/www.brahimsaci.com\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/image-2.png 512w, https:\/\/www.brahimsaci.com\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/image-2-300x225.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 512px) 100vw, 512px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"512\" height=\"384\" src=\"https:\/\/www.brahimsaci.com\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/image-2-1.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-277\" srcset=\"https:\/\/www.brahimsaci.com\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/image-2-1.png 512w, https:\/\/www.brahimsaci.com\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/image-2-1-300x225.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 512px) 100vw, 512px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"512\" height=\"384\" src=\"https:\/\/www.brahimsaci.com\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/image-1-1.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-278\" srcset=\"https:\/\/www.brahimsaci.com\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/image-1-1.png 512w, https:\/\/www.brahimsaci.com\/wp-content\/uploads\/2022\/10\/image-1-1-300x225.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 512px) 100vw, 512px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\"><strong>M&rsquo;Hamed Azzouz, dernier marchand de journaux et \u00ab\u00a0m\u00e9moire de Belleville\u00a0\u00bb<\/strong>, \u00e0 Paris depuis 30 ans, M\u2019Hamed Azzouz vend des journaux dans sa boutique de Belleville. Dernier marchand de presse du quartier, ce personnage est une m\u00e9moire de cette vie bellevilloise. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\">Install\u00e9 \u00e0 Belleville dans le 20\u00e8me arrondissement de Paris, M\u2019Hamed Azzouz ne s\u2019emb\u00eate plus \u00e0 ranger, il sait o\u00f9 sont les choses dans sa boutique.&nbsp;&nbsp;\u00ab 2, 3, 5, 10\u2026 et 20 centimes ! Merci ! \u00bb Ce mardi de septembre \u00e0 16 heures, le va et vient des clients ralentit. Ouvert depuis 7 heures du matin,&nbsp;<strong>M\u2019Hamed Azzouz<\/strong>&nbsp;dit ZZZ \u2013 prononc\u00e9 Z\u00e8de-Z\u00e8de par ses plus proches clients \u2013 fait preuve de son entrain habituel. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\">Debout derri\u00e8re son comptoir de papier, il r\u00e9p\u00e8te les m\u00eames gestes depuis 1990 \u2013 l\u2019ann\u00e9e o\u00f9 il a rachet\u00e9 la boutique de presse situ\u00e9e dans le&nbsp;<strong>20\u00e8me arrondissement<\/strong>&nbsp;de&nbsp;<strong>Paris<\/strong>.&nbsp;\u00ab&nbsp;Je suis au courant de tout, avant les radios&nbsp;\u00bbCe jour-l\u00e0, il a encore quatre heures de boulot devant lui. Et rebelote jusqu\u2019\u00e0 dimanche. \u00ab Je suis bien oblig\u00e9, les gens veulent leur journal. \u00bb \u00c0 62 ans, air rieur plaqu\u00e9 sur le visage, il tient \u00e0 maintenir en vie une profession en d\u00e9clin. \u00ab En mutation d\u00e9favorable \u00bb, dit-il. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\">Pour d\u2019autres vendeurs de presse, la journ\u00e9e commence par la livraison des journaux. Mais M\u2019Hamed, lui, tient \u00e0 r\u00e9cup\u00e9rer lui-m\u00eame sa marchandise au d\u00e9p\u00f4t de&nbsp;<strong>Bobigny<\/strong>. Sa route est longue \u2013 47 kilom\u00e8tres exactement \u2013 puisqu\u2019il d\u00e9barque chaque matin de&nbsp;<strong>Soignolles-en-Brie (Seine-et-Marne)<\/strong>. Et la journ\u00e9e commence t\u00f4t, tr\u00e8s t\u00f4t. \u00ab 6 heures, 6h30 quand je l\u00e8ve le pied \u00bb, dit-il en grattant son cr\u00e2ne d\u00e9garni. Avant de se rendre \u00e0 la boutique, il livre quelques canards aux bistrots et tabacs de proximit\u00e9, notamment au Mistral. Un rituel. Arriv\u00e9 \u00e0&nbsp;<strong>La F\u00e9e Carabine<\/strong>, nom de l\u2019\u00e9choppe rue des Pyr\u00e9n\u00e9es, il doit d\u00e9buter la mise en place. Azzouz donne ce nom \u00e0 son magasin, avec l\u2019accord de Gallimard, en hommage \u00e0 son ami&nbsp;<strong>Daniel Pennac<\/strong>. Ex bellevillois, l\u2019auteur y achetait le journal chaque matin. \u00ab C\u2019est un hommage que je lui rends, il en est tr\u00e8s touch\u00e9 ! \u00bb En plus, Azzouz est s\u00fbr d\u2019\u00eatre la premi\u00e8re librairie \u00e0 porter ce nom. La mise en place ralentit. Avant d\u2019ouvrir son antre, Azzouz lit. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\">En jogging, avec un gilet en mailles grises et une paire de tongs, il pr\u00e9pare \u00ab&nbsp;sa drogue&nbsp;\u00bb, sa revue de presse. Une habitude qui fait de lui un fin connaisseur de l\u2019actu, aupr\u00e8s de sa client\u00e8le. F\u00e9ru de lecture, il a ses titres pr\u00e9f\u00e9r\u00e9s :&nbsp;<em>La Croix<\/em>&nbsp;et&nbsp;<em>l\u2019Humanit\u00e9<\/em>. Deux quotidiens qui ont toujours \u00ab&nbsp;une info qui sort du lot&nbsp;\u00bb.&nbsp;<em>Marianne<\/em>, au contraire, il&nbsp;\u00ab&nbsp;d\u00e9teste&nbsp;\u00bb.Parle moi d\u2019une info et je saurais te donner le journal correspondant. Je suis au courant de tout, moi. Je suis au courant de tout, m\u00eame avant les radios. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\"><strong>M&rsquo;Hamed Azzouz&nbsp;<\/strong>g\u00e9rant de La F\u00e9e Carabine, Il sait que&nbsp;<em>Le Parisien<\/em>&nbsp;du jour est sous le&nbsp;<em>Lib\u00e9<\/em>&nbsp;d\u2019avant-hier. Sa vitrine colle toujours \u00e0 l\u2019actualit\u00e9. Cette fois-ci : le dernier hors-s\u00e9rie de&nbsp;<em>T\u00e9l\u00e9rama<\/em>, une Une du&nbsp;<em>Monde<\/em>&nbsp;sur la vaccination et encore quelques hommages \u00e0&nbsp;<strong>Belmondo<\/strong>. Peu importe si la devanture met en avant un titre choc, autrement-dit d\u2019extr\u00eame droite. \u00ab Si je devais satisfaire tout le monde, on ne verrait que les murs. \u00bb Il affiche ce qu\u2019il aime, \u00ab ce qui fait d\u00e9bat \u00bb, et \u00e7a marche. Pas forc\u00e9ment accueillante, sa boutique attise la curiosit\u00e9. Cartons m\u00eame pas d\u00e9ball\u00e9s, piles de journaux et magazines d\u2019il y a six ans jonchent le sol. On y trouve m\u00eame quelques VHS. Les touristes, stup\u00e9faits, entrent juste pour prendre des photos. Azzouz accueille ses clients dans 38 m\u00e8tres carr\u00e9 de foutoir. Pourtant, lui s\u2019y retrouve. Il sait que&nbsp;<em>Le Parisien<\/em>&nbsp;du jour est cach\u00e9 sous le&nbsp;<em>Lib\u00e9<\/em>&nbsp;d\u2019avant-hier, c\u2019est son \u00ab bordel organis\u00e9 \u00bb. En plus d\u2019\u00eatre le dernier diffuseur de presse de Belleville \u2013 il tient \u00e0 l\u2019appellation, plus gracieuse que simple vendeur \u2013 les gens appr\u00e9cient son magasin atypique. M\u2019Hamed Azzouz sait qu\u2019il passe pour un dingue. En tout cas \u00ab un marginal. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\">L\u2019int\u00e9rieur de la boutique de Belleville, o\u00f9 le bordel est organis\u00e9.&nbsp;Conscient que la fin approche. Lui est appr\u00e9ci\u00e9 pour sa simplicit\u00e9. N\u00e9 de parents marocains, Azzouz a grandi dans le&nbsp;<strong>Tarn<\/strong>&nbsp;avant de d\u00e9m\u00e9nager \u00e0&nbsp;<strong>Melun<\/strong>&nbsp;\u00e0 douze ans. Son accent chantant t\u00e9moigne d\u2019ailleurs de sa mixit\u00e9. Pas superficiel pour un sou, il g\u00e8re sa boutique comme on g\u00e8re un bistrot. \u00ab Bonjour Madame, vous voulez votre&nbsp;<em>Point de vue<\/em>&nbsp;? Un petit caf\u00e9 avec ? \u00bbSes clients, il les conna\u00eet pour la plupart depuis plus de 25 ans. Si certains comme monsieur L\u00e9r\u00e8s sont aujourd\u2019hui disparus, \u00ab paix \u00e0 leurs \u00e2mes \u00bb, ZZZ se rem\u00e9more avec \u00e9motion un fid\u00e8le, dont il a oubli\u00e9 le nom. Un retrait\u00e9 de la t\u00e9l\u00e9, si curieux de tout qu\u2019il achetait chaque jour pour trente euros de journaux et magazines. \u00ab Il faisait lui-m\u00eame le compte et par respect, je ne v\u00e9rifiais jamais s\u2019il s\u2019\u00e9tait tromp\u00e9 ou non. C\u2019\u00e9tait un gars g\u00e9n\u00e9reux. \u00bb En effet, ses clients sont (presque) tous de l\u2019ancienne g\u00e9n\u00e9ration, surtout des retrait\u00e9s. Il insiste ! Ce ne sont pas les nouveaux du quartier qui ach\u00e8tent la presse ! \u00ab Pas les bobos\u2026 \u00bb Azzouz a conscience qu\u2019en tant que diffuseur de presse, la fin approche. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\">Selon lui, sa F\u00e9e Carabine sera bient\u00f4t remplac\u00e9e par un tabac \u00ab attrape-nigaud \u00bb qui vendra des jeux et le loto. \u00ab Le gars vient prendre un millionnaire avec un billet de 50 euros, vous lui changez et le remboursez\u2026 C\u2019est une prise de t\u00eate. \u00bb La proposition lui a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 faite, mais lui n\u2019est pas l\u00e0 pour faire r\u00eaver les gens. Son truc \u00e0 lui, l\u2019essence-m\u00eame de son m\u00e9tier, c\u2019est de transmettre le savoir. Figure du quartier et ma\u00eetre dans l\u2019art de vendre la presse, il sait qu\u2019apr\u00e8s lui personne ne viendra le remplacer. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\">Son vieil ami&nbsp;<strong>Brahim Saci<\/strong>, po\u00e8te-\u00e9crivain, le dit lui-m\u00eame : \u00ab Quand tu ne seras plus l\u00e0, c\u2019est tout Belleville qui sera en d\u00e9pression. \u00bb M\u2019Hamed Azzouz devant sa F\u00e9e Carabine.&nbsp;(Une \u00ab&nbsp;m\u00e9moire du quartier&nbsp;\u00bb de Belleville. Grand nostalgique, Azzouz regrette la vieille \u00e9poque. La presse se portait mieux quand elle n\u2019\u00e9tait que papier, payante, et accessible \u00e0 tous les coins de rue. Alors qu\u2019il y a dix ans ils \u00e9taient encore douze diffuseurs de presse dans le quartier, il est aujourd\u2019hui le dernier du secteur. La faute au num\u00e9rique ? Possible. Selon lui, \u00ab inter-b\u00eate \u00bb ne propose qu\u2019une masse d\u2019information sans analyse, beaucoup de pub, et peu d\u2019honn\u00eatet\u00e9 intellectuelle. On cherche \u00e0 faire le buzz et on a les yeux riv\u00e9s sur \u00ab TikTok et Nabilla. \u00bb Une h\u00e9r\u00e9sie pour ce \u00ab militant pour la paix dans le monde \u00bb, qui veut aider les minorit\u00e9s et faire vivre sa profession. Et puis les diffuseurs de presse sont sous-pay\u00e9s, les kiosques ferm\u00e9s\u2026 La faute aux gens aussi, sans doute, qui ne veulent plus payer pour l\u2019information et se contentent de l\u2019horoscope, la m\u00e9t\u00e9o et du programme t\u00e9l\u00e9. \u00ab Quelques faits divers \u00e0 la limite\u2026 \u00bb Aussi nostalgique du journalisme d\u2019antan, M\u2019Hamed se pr\u00eate avec joie au jeu de l\u2019interview. Copain avec&nbsp;<strong>Leos Carax<\/strong>,&nbsp;<strong>Jean V\u00e9drines<\/strong>&nbsp;et d\u2019autres artistes qu\u2019il a vu passer dans sa boutique, ce grand parleur \u00e0 l\u2019allure modeste aime que l\u2019on s\u2019int\u00e9resse \u00e0 lui. \u00ab C\u2019est normal ! C\u2019est gr\u00e2ce \u00e0 moi que la presse se vend ! \u00bb Un sacr\u00e9 franc-parler, une boutique bord\u00e9lique\u2026 En voil\u00e0 assez pour que des journalistes tels que&nbsp;<strong>Jean-Pierre Ferrini<\/strong>&nbsp;lui consacrent tout un chapitre. Dans son dernier livre&nbsp;<a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"http:\/\/www.letempsquilfait.com\/Pages\/Pages%20livres\/Page%20nouv.670.html\" target=\"_blank\"><em>\u00c0 Belleville<\/em>, paru en avril 2021<\/a>, il raconte le symbolique ZZZ et son amour du m\u00e9tier. Brahim Saci, admiratif, le qualifie de \u00ab m\u00e9moire du quartier. \u00bb <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\"><strong>Par&nbsp;<a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/twitter.com\/louisepdi\" target=\"_blank\">Louise POINTU D\u2019IMBLEVAL<\/a>.<br><\/strong><em>En partenariat avec le&nbsp;<a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/www.cfpj.com\/\" target=\"_blank\">Centre de formation et de perfectionnement des journalistes<\/a>&nbsp;(<a rel=\"noreferrer noopener\" href=\"https:\/\/twitter.com\/AlternanceCfpj\" target=\"_blank\">CFPJ<\/a>).<br><\/em><a href=\"https:\/\/lh3.googleusercontent.com\/-A1H7jViHUC4\/YVNVja-_iUI\/AAAAAAAAOn8\/YcEAww6lByc4aXjTq6PNcQh_pwwoadbiQCNcBGAsYHQ\/image.png\"><\/a><a href=\"https:\/\/lh3.googleusercontent.com\/-VfnDa7eHBKc\/YVNVu0HxksI\/AAAAAAAAOoA\/vVB5SogecUQ9_3ZUbFhLOqbHtZcSW70WACNcBGAsYHQ\/image.png\"><\/a><em><br><\/em>ZZZ choisit lui-m\u00eame les unes de sa vitrine, qu\u2019il a toutes feuillet\u00e9es.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\"><br>Louise Pointu d\u2019Imbleval \/ actu Paris)Par&nbsp;<strong><a href=\"https:\/\/actu.fr\/auteur\/redaction-iledefrance\">R\u00e9daction \u00cele de France<\/a><\/strong> <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\">Publi\u00e9 le&nbsp;26 Sep 2021<br><a href=\"https:\/\/lh3.googleusercontent.com\/-47cxq0U9MdA\/YVNWLr-2GVI\/AAAAAAAAOoQ\/2uF9ijWOEkkxZtWi9okZffw2HBwylvtygCNcBGAsYHQ\/image.png\"><\/a><br><strong>____________________________________________<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"400\" height=\"612\" src=\"https:\/\/www.brahimsaci.com\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/Naufrage.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-775\" style=\"width:475px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/www.brahimsaci.com\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/Naufrage.jpg 400w, https:\/\/www.brahimsaci.com\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/Naufrage-196x300.jpg 196w\" sizes=\"auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\"><strong>Le combat pour la lumi\u00e8re de Brahim Saci<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\">Les mots apaisent les douleurs, ils apportent un certain r\u00e9confort, ils sont le refuge id\u00e9al. Les mots deviennent des po\u00e8mes quand la passion se fortifie de jour en jour. Les po\u00e8mes de Brahim Saci continuent leur voyage ; pour le po\u00e8te et pour ses lecteurs.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\">\u00ab\u00a0Naufrage\u00a0\u00bb, publi\u00e9 aux \u00e9ditions du Net \u00e0 Paris, est le huiti\u00e8me livre de po\u00e9sie de Brahim Saci. Comme les pr\u00e9c\u00e9dents livres, celui-ci trace plusieurs chemins : ceux de la douleur mais aussi ceux de l\u2019espoir, de la sagesse et de la spiritualit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\">Parfois le po\u00e8te est un observateur attentif : il sait d\u00e9celer les anomalies de ce monde qui \u00e9crase les plus faibles, qui ne fait cas que de ceux qui poss\u00e8dent l\u2019argent et le pouvoir. Les observations du po\u00e8te dites en rimes deviennent des hymnes ; elles sont alors fort utiles pour ceux qui croient \u00e0 un monde meilleur.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\">Parfois le po\u00e8te se laisse aller et confie ses peines insurmontables : il livre ainsi son c\u0153ur bless\u00e9, son \u00e2me angoiss\u00e9e, sa volont\u00e9 r\u00e9tr\u00e9cie, son malaise d\u00e9routant.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\">\u00ab\u00a0Naufrage\u00a0\u00bb est aussi une qu\u00eate : une qu\u00eate de soi-m\u00eame dans un monde qui impose un air du temps qui fait tout pour abrutir les masses. La force de la po\u00e9sie est justement sa capacit\u00e9 \u00e0 sortir des moules pr\u00eats \u00e0 l\u2019emploi.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\">Dans sa po\u00e9sie, Brahim Saci se raconte, dans le temps et dans l\u2019espace ; le lecteur le suit dans ses interminables p\u00e9r\u00e9grinations et se sent impliqu\u00e9 par ces mots crus mais vrais, ces mots qui permettent une certaine \u00e9l\u00e9vation de l\u2019\u00e2me.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\">Dans les rues et ruelles de Paris, Brahim Saci raconte ses souvenirs ; joyeux et tristes, ces souvenirs forment une vie, des existences plus ou moins r\u00e9ussies, plus ou moins marquantes.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\">Le lecteur entre avec le po\u00e8te dans ses estaminets pleins d\u2019histoires, ces caf\u00e9s qui ont vu des femmes et des hommes se c\u00f4toyer, s\u2019aimer puis se s\u00e9parer, douloureusement. Mais la douleur est \u00e9galement cet outil irrempla\u00e7able pour devenir plus fort ; pour saisir l\u2019essentiel dans un univers qui a pour habitude de vaciller, de devenir impitoyable.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\">Loin de Paris, un peuple se bat pour sa libert\u00e9, sa dignit\u00e9, la justice sociale et la d\u00e9mocratie. Brahim Saci a \u00e9galement une \u00e9norme sympathie pour ce peuple alg\u00e9rien qui tente de d\u00e9jouer les plans diaboliques de la dictature militaire.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\">La po\u00e9sie m\u00e8ne \u00e0 tout ; elle m\u00e8ne surtout \u00e0 ces valeurs humaines qui ne se d\u00e9couragent jamais pour saisir le soleil de la vie, le soleil de la fraternit\u00e9, le soleil de l\u2019amour infini. Naufrage s\u2019inscrit dans ce merveilleux combat pour la lumi\u00e8re, pour les lumi\u00e8res, c\u2019est pour cela qu\u2019il vaut le d\u00e9tour.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\">Youssef Zirem \u00ab\u00a0Naufrage\u00a0\u00bb, \u00e9ditions du Net, Paris, 2021<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\">Auteur<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\">Youssef Zirem, \u00e9crivain<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\"><strong>Le Matin d&rsquo;Alg\u00e9rie<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\">Samedi 12 juin 2021 \u00ab\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p><strong><br><a href=\"https:\/\/1.bp.blogspot.com\/-AIinFiFrEIM\/YMXadWbXivI\/AAAAAAAAN-A\/7gs5V3Qwtts5mp1BHuA1JDK-d1pU-u-PgCNcBGAsYHQ\/s1839\/naufrage-5.jpg\"><\/a><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;&nbsp;_______________________________<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\"><strong>\u00ab\u00a0Les chemins de l\u2019essentiel\u00a0\u00bb de Brahim Saci<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019aventure po\u00e9tique de Brahim Saci continue. Elle vient de s\u2019enrichir avec un septi\u00e8me livre, \u00ab\u00a0Les Larmes du ciel\u00a0\u00bb, publi\u00e9 aux \u00e9ditions du Net \u00e0 Paris.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019artiste rend dans ce pr\u00e9sent recueil hommage \u00e0 sa maman, partie r\u00e9cemment, quelques mois apr\u00e8s le d\u00e9part de son p\u00e8re. Les mots sont dans ce cas pr\u00e9cieux ; ils permettent de juguler, un tant soit peu, la douleur de la s\u00e9paration. Surtout quand, situation sanitaire oblige, il ne fut pas possible au po\u00e8te de voir une derni\u00e8re fois les \u00eatres aim\u00e9s. \u00ab\u00a0Les Larmes du ciel\u00a0\u00bb est un livre qui contient \u00e9galement des interrogations sur la vie, sur ce bref passage que l\u2019homme entreprend sur la terre avant de la quitter. Des questionnements profonds qui font appel \u00e0 une forme de spiritualit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans ce monde mat\u00e9rialiste qui devient de plus en plus fou, il y a lieu de prendre du recul, de se r\u00e9fugier dans l\u2019essentiel, de ne pas se perdre, de ne pas se disperser dans toutes ces futilit\u00e9s quotidiennes qui nous sont impos\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Nous savons d\u00e9truire, mais comment tout reconstruire ? \u00bb, se demande le po\u00e8te. Se reconstruire d\u2019abord soi-m\u00eame, puis tenter de donner de la lumi\u00e8re aux autres. \u00ab Le mat\u00e9rialisme a tu\u00e9 le c\u0153ur, pour nous imposer la peur, le glaive \u00e9l\u00e8ve les menteurs, laissant la v\u00e9rit\u00e9 en pleurs \u00bb, constate le po\u00e8te.<\/p>\n\n\n\n<p>Parfois, les vents sont appel\u00e9s \u00e0 la rescousse. \u00ab Soufflez \u00f4 vents ! apportez-moi ces senteurs d\u2019antan, celles de nos jeunes ann\u00e9es, de l\u2019insouciance et de la libert\u00e9 \u00bb. A l\u2019\u00e9coute du monde, Brahim Saci ose esp\u00e9rer un autre chemin, plus humain. \u00ab Lib\u00e9rez la science des mains de la finance, pour lib\u00e9rer l\u2019esp\u00e9rance, mettez fin \u00e0 la corruption cette vermine, qui br\u00fble tout et calcine \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour revoir le bonheur, il faut bannir la peur, estime le po\u00e8te qui erre dans les rues de Paris, qui regarde les autres faire face au quotidien chamboul\u00e9 par un virus inconnu. Il y a dans la po\u00e9sie de Brahim Saci des pistes pour s\u2019en sortir, pour appr\u00e9cier l\u2019instant, pour saisir la lumi\u00e8re de chaque jour.<\/p>\n\n\n\n<p>Il y a \u00e9galement dans les mots de Brahim Saci des hommages \u00e0 cette musicienne du Nord qui a chang\u00e9 de cap, apr\u00e8s une histoire forte, inoubliable. La vie est ainsi faite, c\u2019est souvent une longue suite de bonheurs, de d\u00e9ceptions, d\u2019incompr\u00e9hensions. La v\u00e9rit\u00e9 est parfois introuvable. \u00ab Le vrai s\u2019isole, s\u2019exile, voyant s\u2019\u00e9lever les choses viles, et ce ne sont pas souvent les meilleurs, sur qui s\u2019acharnent les malheurs \u00bb, confie le po\u00e8te.<\/p>\n\n\n\n<p>Les estaminets de la grande ville ont \u00e9t\u00e9, dans bien des cas, des lieux de partage, des haltes d\u2019espoir. \u00ab L\u2019impasse remplit les verres, vidant les f\u00fbts de bi\u00e8re, esp\u00e9rant faire taire, les cris de la mis\u00e8re \u00bb, se souvient le po\u00e8te. La sagesse est \u00e9galement un territoire du bonheur. \u00ab Allez vers les sages, si vous voulez un ciel sans nuages \u00bb, conseille le po\u00e8te.<\/p>\n\n\n\n<p>Les sages savent que seul l\u2019instant compte vraiment. \u00ab Rendons gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019instant, \u00e9t\u00e9, automne, hiver et printemps \u00bb, affirme le po\u00e8te. Les qu\u00eates po\u00e9tiques de Brahim Saci s\u2019affirment de plus en plus ; tant de chemin a \u00e9t\u00e9 parcouru depuis \u00ab Fleurs aux \u00e9pines \u00bb, paru en 2016, La Chute, combler l\u2019absence, en 2017, Romances inassouvies, en 2018, J\u2019ai trouv\u00e9 l\u2019amour \u00e0 Paris en 2019, Les Vents du Nord et Les Voiles du temps en 2020.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est une aventure po\u00e9tique qui continue. Bon vent l\u2019artiste !<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Youcef Zirem<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0Les Larmes du ciel\u00a0\u00bb, \u00e9ditions du Net, Paris 2021, 116 pages<\/p>\n\n\n\n<p>Auteur<\/p>\n\n\n\n<p>Youssef Zirem, \u00e9crivain<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le Matin d&rsquo;Alg\u00e9rie<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Mercredi 24 mars 2021<\/p>\n\n\n\n<p><strong>&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image is-resized\"><a href=\"https:\/\/1.bp.blogspot.com\/-xQLVwsXV4tw\/YFyhS8ypmFI\/AAAAAAAANi8\/jF7vVzIKsJQuuOQSznhYE5qm2HgY9Y7sACPcBGAsYHg\/s1598\/FB_IMG_1615225696682.jpg\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/1.bp.blogspot.com\/-xQLVwsXV4tw\/YFyhS8ypmFI\/AAAAAAAANi8\/jF7vVzIKsJQuuOQSznhYE5qm2HgY9Y7sACPcBGAsYHg\/s320\/FB_IMG_1615225696682.jpg\" alt=\"\" style=\"width:487px;height:auto\"\/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>_____________________________________<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\"><strong><br>Entretien avec le po\u00e8te \u00e9crivain et chanteur Brahim SACI<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00abLa d\u00e9mocratisation r\u00e9elle du pays fera venir une forme de renaissance \u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Tr\u00e8s peu d\u2019artistes ont son talent. Apr\u00e8s des \u00e9tudes universitaires en France, il devient dessinateur, puis journaliste \u00e0 la radio. Brahim Saci, est auteur, compositeur et interpr\u00e8te de ses chansons. Il \u00e9dite plusieurs albums en tamazight mais aussi en fran\u00e7ais. Ses musiques sont si bien ficel\u00e9es et ses paroles sont d\u2019une profondeur in\u00e9galable. Le fils de la Kabylie est aussi \u00e9crivain, il a publi\u00e9 sept livres, chez les \u00e9ditions du net \u00e0 Paris. Dans cet entretien exclusif, le talentueux artiste, revient sur ses cr\u00e9ations, ses qu\u00eates artistiques et ses espoirs de voir sa terre natale, l\u2019Alg\u00e9rie, fleurir et offrir le meilleur pour ses enfants.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>&#8211; Votre dernier livre \u00ab Les Larmes du ciel \u00bb, vient de sortir \u00e0 Paris. Pouvez-vous nous parler de cet ouvrage ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Oui, c\u2019est mon septi\u00e8me livre de po\u00e9sie ; il vient de sortir \u00e0 Paris aux \u00e9ditions du Net. C\u2019est un recueil o\u00f9 je rends hommage \u00e0 ma m\u00e8re, paix \u00e0 son \u00e2me, partie r\u00e9cemment ; c\u2019est aussi la continuit\u00e9 de mes qu\u00eates entam\u00e9es depuis que je suis revenu \u00e0 la po\u00e9sie de langue fran\u00e7aise que j\u2019avais un peu abandonn\u00e9e durant des ann\u00e9es. Il y a dans les Larmes du ciel, des pens\u00e9es, des questionnements sur la vie, sur notre passage sur Terre, il y a aussi beaucoup de spiritualit\u00e9. Dans ce monde mat\u00e9rialiste et individualiste, il y a lieu de m\u00e9diter un peu, de se poser, de r\u00e9fl\u00e9chir, de se demander pourquoi s\u2019int\u00e9resser aux futilit\u00e9s et oublier l\u2019essentiel.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>&#8211; Vous avez publi\u00e9 sept livres, en si peu de temps. Pouvez-vous nous donner des id\u00e9es sur ces textes ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019ai publi\u00e9 mon premier recueil de po\u00e9sies, Fleurs aux \u00e9pines, en 2016, puis j\u2019ai continu\u00e9 avec La Chute, combler l\u2019absence, en 2018, Romances inassouvies, en 2019, J\u2019ai trouv\u00e9 l\u2019amour \u00e0 Paris, en 2019, Les Vents du Nord en 2020 et Les Voiles du temps en 2020. Il y a un fil conducteur dans tous ces livres : la perte d\u2019un amour, la n\u00e9cessit\u00e9 du recours \u00e0 la spiritualit\u00e9 pour se retrouver et d\u00e9passer nos tracasseries quotidiennes, les hommages \u00e0 mon pays l\u2019Alg\u00e9rie et la Kabylie natale, la chance de vivre dans une belle ville, Paris, mes voyages en France, en Normandie particuli\u00e8rement et puis cette tentative, parfois vaine, de saisir le temps qui passe et le d\u00e9sir de laisser quelques traces\u2026<\/p>\n\n\n\n<p><strong>&#8211; Vous-\u00eates un auteur prolifique. D\u2019o\u00f9 vient ce secret de la plume facile ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est vrai durant ces derni\u00e8res ann\u00e9es, l\u2019inspiration ne m\u2019a pas quitt\u00e9e ; je peux dire que j\u2019\u00e9cris en marchant, d\u00e8s qu\u2019une id\u00e9e vient, je la saisis, je la capte, je publie parfois le po\u00e8me sur les r\u00e9seaux sociaux. Oui, ces nouvelles technologies nous aident beaucoup ! C\u2019est aussi une fa\u00e7on de respirer, de se soulager des maux qui viennent chambouler notre tranquillit\u00e9. Je dirai m\u00eame que c\u2019est une forme de baraka, un don des anc\u00eatres, un retour aux valeurs \u00e0 travers les mots. Mais tout cela d\u00e9coule \u00e9galement de mes diff\u00e9rentes exp\u00e9riences de la vie, de mes nombreuses lectures de la po\u00e9sie fran\u00e7aise.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>&#8211; Que pensez-vous de la litt\u00e9rature alg\u00e9rienne actuelle ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La litt\u00e9rature alg\u00e9rienne dans ses diff\u00e9rentes langues est riche ; elle traite aujourd\u2019hui de th\u00e8mes assez larges. Nous avons de plus en plus d\u2019\u00e9crivains. Certains \u00e9crivains sont plus m\u00e9diatis\u00e9s que d\u2019autres mais cela ne veut pas dire que ce sont les meilleurs. Mais le temps finira par donner sa vraie place \u00e0 chaque \u00e9crivain. Beaucoup d\u2019\u00e9crivains de talent sont encore \u00e0 d\u00e9couvrir ; ils sont \u00e9galement \u00e0 encourager. La distribution des livres de ces \u00e9crivains n\u2019est pas toujours performante, le livre n\u2019arrive pas toujours au lecteur comme il se doit. C\u2019est un handicap majeur pour les \u00e9crivains les moins m\u00e9diatis\u00e9s. Un \u00e9crivain est artiste, il sait que le temps travaille pour lui, il sait que ces textes seront d\u00e9couverts et lus, t\u00f4t ou tard.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>&#8211; Vous-\u00eates aussi un talentueux chanteur. Tous vos albums sont un succ\u00e8s. D\u2019o\u00f9 vient cette b\u00e9n\u00e9diction ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Peut-\u00eatre qu\u2019il y a quelque part une certaine baraka. Mais c\u2019est \u00e9galement du travail, de la pers\u00e9v\u00e9rance, de l\u2019\u00e9coute, des efforts continus, toute une vie consacr\u00e9e \u00e0 l\u2019art en g\u00e9n\u00e9ral. Vivre \u00e0 Paris m\u2019a \u00e9galement aid\u00e9, tout comme mon travail dans le service culturel \u00e0 la Mairie de Paris. Rencontrer des artistes, \u00eatre dans un milieu d\u2019intellectuels et de cr\u00e9ateurs est une chance que j\u2019ai saisie. J\u2019ai \u00e9galement fait l\u2019effort d\u2019aller \u00e0 la rencontre des artistes alg\u00e9riens depuis de longues ann\u00e9es ; aupr\u00e8s d\u2019eux, j\u2019ai appris l\u2019essentiel ; ils m\u2019ont guid\u00e9 vers les chemins de la cr\u00e9ation. Je les remercie tous ; ils sont nombreux.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>&#8211; On vous compare souvent \u00e0 Slimane Azem, pourquoi ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Je ne sais pas trop. Il y a effectivement une certaine ressemblance entre mes interpr\u00e9tations et celles de l\u2019immense Slimane Azem mais cela ne suffit pas. Lorsque j\u2019ai d\u00e9couvert Slimane Azem, j\u2019ai eu une grande admiration pour ce po\u00e8te, interpr\u00e8te de talent car j\u2019ai retrouv\u00e9 mes valeurs, mon pays que j\u2019avais quitt\u00e9 tr\u00e8s jeune. Toutes les qu\u00eates artistiques de Slimane Azem sont devenues miennes ; je partage sa vision du monde, ses peines, ses d\u00e9ceptions, la tristesse de son exil. J\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0 chanter en lui rendant un grand hommage, ce qui est tout \u00e0 fait naturel. Lorsque je distribuais dans Paris les portraits du grand Slimane Azem, je ne savais m\u00eame pas qu\u2019il \u00e9tait banni des m\u00e9dias de son pays. C\u2019est plus tard que j\u2019ai compris l\u2019injustice dont a \u00e9t\u00e9 victime Slimane Azem. Et cela m\u2019a encore confort\u00e9 dans l\u2019estime que j\u2019avais pour cet homme exceptionnel.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>&#8211; Malgr\u00e9 votre grand talent, on vous invite rarement \u00e0 chanter en Alg\u00e9rie. Pourquoi \u00e0 votre avis ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est compliqu\u00e9. Je ne suis pas vraiment dans les r\u00e9seaux qui tournent autour des autorit\u00e9s alg\u00e9riennes, je suis m\u00eame loin de tout cela. Beaucoup d\u2019artistes sont marginalis\u00e9s, je ne suis pas le seul. Tout cela est normal dans un syst\u00e8me injuste, ce sont toujours les m\u00eames qui sont m\u00e9diatis\u00e9s, qui sont mis en avant, qui sont invit\u00e9s. C\u2019est pour cela que la d\u00e9mocratie est n\u00e9cessaire en Alg\u00e9rie, pour plus de justice, pour que chaque citoyen soit consid\u00e9r\u00e9 \u00e0 sa juste valeur, pour que tout citoyen acc\u00e8de \u00e0 ses droits, tout en accomplissant ses devoirs \u00e9galement.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>&#8211; Que pensez-vous de la nouvelle g\u00e9n\u00e9ration des chanteurs alg\u00e9riens ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Il y a des chanteurs de grande valeur dans la nouvelle g\u00e9n\u00e9ration. Mais ils sont moins connus que ceux qui font du bruit avec leur art et avec leur m\u00e9diatisation usurp\u00e9e. Mais tout cela est assez normal. Les vrais cr\u00e9ateurs ont toujours du mal \u00e0 passer leur message dans un monde obs\u00e9d\u00e9 par le superficiel. M\u00eame l\u2019art est devenu un produit de consommation; on se presse \u00e0 en avoir, sans voir vraiment la qualit\u00e9 et la profondeur de ce produit. Mais le temps finit toujours par ramener chacun \u00e0 sa case de d\u00e9part, \u00e0 sa valeur r\u00e9elle.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>&#8211; Vous avez l\u2019Alg\u00e9rie dans le sang. Quelle est votre vision sur l\u2019avenir de notre beau pays ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Oui, j\u2019aime beaucoup l\u2019Alg\u00e9rie, j\u2019ai toujours dit que ce pays m\u00e9rite un meilleur sort, il en a les potentialit\u00e9s physiques et humaines. Je suis content de l\u2019av\u00e8nement de ce grand mouvement pacifique, le Hirak. Il faudra que les autorit\u00e9s r\u00e9elles du pays \u00e9coutent les demandes de ce grand mouvement pacifique, plein de sagesse et d\u2019humilit\u00e9. Il y a de la place pour tout le monde en Alg\u00e9rie. La d\u00e9mocratisation r\u00e9elle du pays fera venir une forme de renaissance qui sera b\u00e9n\u00e9fique pour tout le monde.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>&#8211; Quels sont vos projets artistiques ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019\u00e9cris toujours des po\u00e8mes, l\u2019inspiration est toujours au rendez-vous, j\u2019esp\u00e8re continuer \u00e0 publier des recueils. Pour la chanson, j\u2019ai fait une dizaine de nouvelles chansons que j\u2019ai diffus\u00e9es sur youtube. J\u2019en ferai certainement d\u2019autres, sans me presser, tranquillement, au fil du temps qui passe trop vite. Tout doucement, je continue mes nombreuses qu\u00eates, tout en esp\u00e9rant le meilleur aux uns et aux autres.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>&#8211; \u00c0 vous de conclure\u2026<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Merci de me donner cette occasion de m\u2019exprimer, bon vent \u00e0 ce nouveau journal, nous avons besoin de nouveaux m\u00e9dias ! J\u2019esp\u00e8re que la crise sanitaire va finir par s\u2019estomper et que la vie va reprendre le dessus comme avant. Mon souhait est que toute l\u2019humanit\u00e9 vive dans le bonheur et que toutes les injustices se terminent.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Entretien r\u00e9alis\u00e9 par Mohand Cherif Zirem<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le quotidien L&rsquo;Express<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le 14 mars 2021<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image is-resized\"><a href=\"https:\/\/1.bp.blogspot.com\/-tSafJnpHSNM\/YFCF_MP7JWI\/AAAAAAAANfk\/5jiQoPsclD8caoqI2CVQnI359sYtX5j3wCNcBGAsYHQ\/s960\/161268753_4103693389674872_7136857765579799248_n.jpg\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/1.bp.blogspot.com\/-tSafJnpHSNM\/YFCF_MP7JWI\/AAAAAAAANfk\/5jiQoPsclD8caoqI2CVQnI359sYtX5j3wCNcBGAsYHQ\/s320\/161268753_4103693389674872_7136857765579799248_n.jpg\" alt=\"\" style=\"width:486px;height:auto\"\/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image is-resized\"><a href=\"https:\/\/1.bp.blogspot.com\/-X-ZVUXQ0mjY\/YFCF_GWue9I\/AAAAAAAANfg\/dPVZsbuFapY_y2MfceHmq_Pc6aZXjJwLgCNcBGAsYHQ\/s959\/161538806_4105107829533428_8757734563832447023_n.jpg\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/1.bp.blogspot.com\/-X-ZVUXQ0mjY\/YFCF_GWue9I\/AAAAAAAANfg\/dPVZsbuFapY_y2MfceHmq_Pc6aZXjJwLgCNcBGAsYHQ\/s320\/161538806_4105107829533428_8757734563832447023_n.jpg\" alt=\"\" style=\"width:488px;height:auto\"\/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>______________________________<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"400\" height=\"612\" src=\"https:\/\/www.brahimsaci.com\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/Les-Voiles-du-temps.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-776\" style=\"width:476px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/www.brahimsaci.com\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/Les-Voiles-du-temps.jpg 400w, https:\/\/www.brahimsaci.com\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/Les-Voiles-du-temps-196x300.jpg 196w\" sizes=\"auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\"><strong>\u00ab\u00a0Les Voiles du temps\u00a0\u00bb de Brahim Saci&nbsp;<\/strong><\/h1>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\"><a href=\"https:\/\/1.bp.blogspot.com\/-Bn9ePQUu-yE\/YBrLBHBRcUI\/AAAAAAAANNg\/eDvR5WrMALkvxReo1c02Hwz7j58sx0l2gCNcBGAsYHQ\/s1440\/image_1720502_20201203_ob_fbfc9a_18121981-1544629945581242-624500371082.jpg\"><\/a><\/h1>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Il y a beaucoup de myst\u00e8re dans la po\u00e9sie, tout comme les po\u00e8tes sont souvent myst\u00e9rieux. Il y a encore plus de myst\u00e8re dans ce monde qui nous entoure, dans ce cosmos qui d\u00e9passe toute notre logique, tout notre savoir.<\/h2>\n\n\n\n<p>Les po\u00e8tes tentent de limiter un peu ce myst\u00e8re, de le rendre vivable. C\u2019est, \u00e0 bien des \u00e9gards, l\u00e0 o\u00f9 r\u00e9side le grand m\u00e9rite de la po\u00e9sie et des po\u00e8tes. Pour son sixi\u00e8me livre de po\u00e9sie,<em>&nbsp;Les Voiles du temps,&nbsp;<\/em>Brahim Saci nous sert de guide dans de nombreuses qu\u00eates qui att\u00e9nuent un peu la douleur du myst\u00e8re, qui nous aident \u00e0 coexister avec l\u2019insondable de l\u2019\u00e2me humaine.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s<em>&nbsp;les Fleurs aux \u00e9pines&nbsp;<\/em>(\u00e9ditions du Net, Paris, 2016),<em>&nbsp;La Chute,<\/em>&nbsp;<em>combler l\u2019absence<\/em>&nbsp;(2017),&nbsp;<em>Romances inassouvies<\/em>&nbsp;(2018),<em>&nbsp;J\u2019ai trouv\u00e9 l\u2019amour \u00e0 Paris<\/em>&nbsp;(2019) et<em>&nbsp;les Vents du Nord<\/em>&nbsp;(2020), Brahim Saci nous donne \u00e0 lire aujourd\u2019hui&nbsp;<em>Les Voiles du temps.&nbsp;<\/em>Ce sont des textes relativement diff\u00e9rents de ceux contenus dans les cinq livres pr\u00e9c\u00e9dents.<\/p>\n\n\n\n<p>Comme si le po\u00e8te entre d\u00e9sormais dans un autre univers apr\u00e8s avoir cern\u00e9 un autre dans l\u2019\u0153uvre pr\u00e9c\u00e9dente. Comme si le po\u00e8te pousse encore plus loin son regard sur les territoires infinis de l\u2019\u00e2me humaine, insaisissable, fragile et forte \u00e0 la fois. Les Voiles du temps est d\u00e9di\u00e9 au p\u00e8re du po\u00e8te, parti au mois de mai pass\u00e9, en Kabylie.<\/p>\n\n\n\n<p>A cause de cette terrible crise sanitaire, Brahim Saci n\u2019a pas eu l\u2019occasion de dire un dernier mot \u00e0 cet homme qui lui a tant appris, qui l\u2019a fait venir \u00e0 Paris, \u00e0 l\u2019\u00e2ge de dix ans. Cet homme extraordinaire qui a \u00e9t\u00e9 un chef dans la f\u00e9d\u00e9ration de France du FLN mais qui est rest\u00e9 lui-m\u00eame, qui est revenu travailler en France, apr\u00e8s l\u2019ind\u00e9pendance, suite \u00e0 une br\u00e8ve exp\u00e9rience professionnelle au pays natal. Brahim Saci \u00e9crit des po\u00e9sies fortes \u00e0 l\u2019adresse de son p\u00e8re disparu, un p\u00e8re qui aimait justement beaucoup les livres de son fils.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans<em>&nbsp;les Voiles du temps,<\/em>&nbsp;le po\u00e8te se pose aussi des questions sur cette crise sanitaire, sur la folie des hommes, toujours en qu\u00eate de profits financiers au d\u00e9triment du bonheur de la majorit\u00e9 des habitants de la Terre.<\/p>\n\n\n\n<p>Paris est ainsi racont\u00e9 dans cette p\u00e9riode difficile du confinement et de la maladie. Heureusement que le souvenir du Paris joyeux est encore vivace, heureusement que l\u2019amour est encore pr\u00e9sent dans le c\u0153ur des uns et des autres.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais l\u2019amour est \u00e9galement suivi de blessures, de malentendus, de s\u00e9parations douloureuses. Le po\u00e8te ne devient sage que lorsqu\u2019il comprend que tout a une fin, que tous les hommes ne sont que des mortels. Et il y a de la sagesse dans ce nouveau livre de Brahim Saci. C\u2019est une sagesse qui nous rend plus forts, plus sereins, plus apais\u00e9s, loin du tumulte insens\u00e9 du monde. Entre ses compositions musicales captivantes, habill\u00e9es de po\u00e9sie kabyle profonde et ses livres de po\u00e9sie en langue fran\u00e7aise, Brahim Saci continue son chemin dans l\u2019univers de la cr\u00e9ation, avec une belle harmonie et une tranquillit\u00e9 enviable. On peut lui souhaiter une belle et bonne continuation !<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Youcef Zirem<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Les Voiles du temps, \u00e9ditions du Net, Paris, 2020<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Auteur<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Youssef Zirem, \u00e9crivain<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le Matin d&rsquo;Alg\u00e9rie<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Mercredi 25 novembre 2020<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le Matin d&rsquo;Alg\u00e9rie<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>__________________________________________<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Lundi 8 juin 2020<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"400\" height=\"612\" src=\"https:\/\/www.brahimsaci.com\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/Les-vents-du-nord.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-777\" style=\"width:475px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/www.brahimsaci.com\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/Les-vents-du-nord.jpg 400w, https:\/\/www.brahimsaci.com\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/Les-vents-du-nord-196x300.jpg 196w\" sizes=\"auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\"><strong>\u00ab\u00a0Les Vents du Nord\u00a0\u00bb de Brahim Saci<\/strong><\/h1>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/1.bp.blogspot.com\/-QCfwfPZBa78\/YBrLvJCFJzI\/AAAAAAAANNs\/cJ-IshEL-V8aGwHVjBlnKs7rnGnVhFVJQCNcBGAsYHQ\/s960\/103533538_4227009167317178_8690584459447058112_o.jpg\"><\/a><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Le po\u00e8te est toujours \u00e0 l\u2019\u00e9coute de ce qui se passe autour de lui&nbsp;; c\u2019est souvent ce qui l\u2019inspire. Dans son cinqui\u00e8me livre, Les Vents du Nord, qui vient de sortir \u00e0 Paris, aux \u00e9ditions du Net, Brahim Saci arrive \u00e0 saisir les angoisses g\u00e9n\u00e9r\u00e9es par l\u2019actuelle crise sanitaire mondiale.<\/h2>\n\n\n\n<p>Dans son confinement parisien, Brahim Saci s\u2019interroge sur l\u2019existence humaine, sur le cheminement \u00e9trange du monde moderne qui devient subitement capable du pire. Il a suffi d\u2019un virus venu de Chine pour que toutes les activit\u00e9s humaines, \u00e0 travers le monde, soient ralenties quand elles ne sont pas bloqu\u00e9es ou annul\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>De nombreux morts ici et l\u00e0, victimes d\u2019une nouvelle maladie qui a montr\u00e9 les limites de tous les dirigeants du monde. En dictature, les autocrates ont utilis\u00e9 la situation pour accentuer encore plus la r\u00e9pression tandis qu\u2019en d\u00e9mocratie, les m\u00e9dias dominants se sont \u00e9vertu\u00e9s \u00e0 imposer le point de vue des plus forts. Brahim Saci esp\u00e8re dans ses po\u00e9sies un meilleur avenir aux hommes, il sugg\u00e8re m\u00eame des pistes pour y arriver. Mais les po\u00e8tes sont rarement \u00e9cout\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>En plus de cette crise sanitaire, Brahim Saci aborde d\u2019autres sujets&nbsp;: l\u2019amour qui se fane, le temps qui \u00e9crase le meilleur sur son passage, la beaut\u00e9 des lieux qui l\u2019inspirent&nbsp;: la Kabylie, la Normandie, la Bretagne ou encore Paris. Ville Lumi\u00e8re, cette cit\u00e9 est le territoire des p\u00e9r\u00e9grinations du po\u00e8te, c\u2019est ici qu\u2019il tente de retrouver ses amours perdues. C\u2019est ici que les vents de la m\u00e9lancolie le rattrapent.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais les amours perdues sont difficiles \u00e0 faire revivre. Paris est \u00e9galement ce carrefour impitoyable du malentendu. L\u2019individualisme \u00e9crase dans les grandes cit\u00e9s l\u2019humain, l\u2019innocence des r\u00eaveurs, la po\u00e9sie sinc\u00e8re des id\u00e9alistes. Chanteur kabyle exigeant et singulier, Brahim Saci est revenu \u00e0 la po\u00e9sie de langue fran\u00e7aise, son amour de jeunesse, il y a quelques ann\u00e9es en publiant son premier livre, Fleurs aux \u00e9pines, en 2016.<\/p>\n\n\n\n<p>Puis il avait poursuivi ses cr\u00e9ations po\u00e9tiques avec&nbsp;<em>La Chute<\/em>, combler l\u2019absence en 2017,&nbsp;<em>Romances inassouvies<\/em>&nbsp;en 2018 et&nbsp;<em>J\u2019ai trouv\u00e9 l\u2019amour \u00e0 Paris<\/em>&nbsp;en 2019. \u00ab&nbsp;Je peins avec ma plume sans pinceaux, l\u2019\u00e9claircie se cache souvent derri\u00e8re les mots, les couleurs sombres conviennent mieux aux tableaux, mais l\u2019\u0153il du c\u0153ur voit partout le beau&nbsp;\u00bb, \u00e9crit Brahim Saci qui sait dire la folie du monde, les prisons de l\u2019exil, la trahison, les impasses et l\u2019espoir.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Soyez dans l\u2019humilit\u00e9 et la compassion, ne regardez pas ceux qu\u2019\u00e9garent les passions, tout passe, nous passons, ouvrez vos yeux vaste est l\u2019horizon&nbsp;\u00bb, conseille Brahim Saci. Tout un vaste programme&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Youcef Zirem<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>*Les Vents du Nord, \u00e9ditions du Net, 2020<\/p>\n\n\n\n<p>Auteur<\/p>\n\n\n\n<p>Youcef Zirem&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le journal Le Matin d&rsquo;Alg\u00e9rie<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Lundi 8 juin 2020<\/p>\n\n\n\n<p><strong>_______________________________&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\"><a href=\"http:\/\/brahimsaci.over-blog.com\/2019\/09\/ajdid-deg-tira.j-ai-trouve-l-amour-a-paris-n-una-ur-amedyaz-brahim-saci.html\">AJDID DEG TIRA. J&rsquo;AI TROUV\u00c9 L&rsquo;AMOUR \u00c0 PARIS N UNA\u1e92UR, AMEDYAZ BRAHIM SACI<\/a><\/h1>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\"><img decoding=\"async\" alt=\"\" src=\"https:\/\/img.over-blog-kiwi.com\/1\/72\/05\/02\/20190911\/ob_e2b224_69910961-2694048257306066-762173080893.jpg\"><\/h1>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">&nbsp;KHALED ACHOUI<\/h1>\n\n\n\n<p>La d\u00e9p\u00eache de Kabylie du 09 septembre 2019.<\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">&nbsp;__________________________<\/h1>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">&nbsp;<\/h1>\n\n\n\n<p><strong>Brahim Saci<\/strong><\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\"><strong>\u00abLa po\u00e9sie permet \u00e0 l\u2019homme de ne jamais perdre espoir\u00bb<\/strong><\/h1>\n\n\n\n<p>Avec ce quatri\u00e8me livre, \u00abJ\u2019ai trouv\u00e9 l\u2019amour \u00e0 Paris\u00bb, publi\u00e9 aux Editions du Net, Brahim Saci continue son voyage avec les mots. Chemin faisant, il transmet un certain bonheur \u00e0 ses lecteurs. Il nous en parle ici.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image is-resized\"><a href=\"https:\/\/1.bp.blogspot.com\/-5m5mCIFZ-JA\/YBrNVLVUFqI\/AAAAAAAANN8\/-UdYmJWmFcYcT2Lmh9TYX8eIFWFU0AeZACNcBGAsYHQ\/s960\/ob_3e2ecc_aa-aaa-aaa-brahim-saci-jpg.jpg\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/1.bp.blogspot.com\/-5m5mCIFZ-JA\/YBrNVLVUFqI\/AAAAAAAANN8\/-UdYmJWmFcYcT2Lmh9TYX8eIFWFU0AeZACNcBGAsYHQ\/s320\/ob_3e2ecc_aa-aaa-aaa-brahim-saci-jpg.jpg\" alt=\"\" style=\"width:486px;height:auto\"\/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019Expression : Cela fait maintenant des ann\u00e9es que vous \u00e9crivez, l\u2019inspiration ne vous quitte pas, comment est-ce que vous faites pour ne pas perdre cette flamme po\u00e9tique ?&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><br><strong>Brahim Saci :<\/strong>&nbsp;C\u2019est vrai, cela fait, d\u00e9j\u00e0, quelques ann\u00e9es depuis que j\u2019\u00e9cris de la po\u00e9sie.<br>Pourtant je m\u2019\u00e9tais un peu \u00e9loign\u00e9 de la po\u00e9sie de langue fran\u00e7aise durant une bonne p\u00e9riode : je faisais alors mes albums de chansons kabyles dont j\u2019\u00e9crivais int\u00e9gralement les textes. Puis, presque inconsciemment, je suis revenu \u00e0 la po\u00e9sie de langue fran\u00e7aise que j\u2019avais essay\u00e9e quand j\u2019\u00e9tais adolescent. Je me suis bien senti avec ces retrouvailles et cela continue, pour mon plus grand plaisir. Oui, l\u2019inspiration est toujours l\u00e0, elle m\u2019accompagne chaque jour ; je ne fais, pour l\u2019instant, aucun effort pour qu\u2019elle soit l\u00e0. La vie nous m\u00e8ne parfois vers des sentiers insoup\u00e7onn\u00e9s, elle nous transfigure avec ses myst\u00e8res. La po\u00e9sie est, peut-\u00eatre, une tentative de percer ces myst\u00e8res. On n\u2019y arrive pas toujours, mais on essaie. Comme disait Jacques Brel : mon id\u00e9al c\u2019est d\u2019essayer. Cette flamme po\u00e9tique est un cadeau de l\u2019existence, elle me fait partager cette harmonie qu\u2019il y a dans tout le cosmos. Mais \u00e9crire vient apr\u00e8s de longues ann\u00e9es de lecture des po\u00e8tes du monde entier. On ne peut pas vraiment \u00e9crire si auparavant on n\u2019a pas lu \u00e9norm\u00e9ment. Lire est une qu\u00eate interminable, une qu\u00eate qui nous grandit, toujours. Les grands po\u00e8tes de la langue fran\u00e7aise Baudelaire, Rimbaud, Hugo ou encore Ren\u00e9 Char ont guid\u00e9 mes pas dans le territoire magique de la po\u00e9sie.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Ce titre J\u2019ai trouv\u00e9 l\u2019amour \u00e0 Paris est r\u00e9ussi et bien joli, comment est-ce que vous l\u2019avez trouv\u00e9 ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><br>Oui, ce titre pla\u00eet beaucoup ; les lecteurs me posent souvent la question. En fait, c\u2019est l\u2019un des personnages de ce recueil qui dit, \u00e0 un moment de sa vie : j\u2019ai trouv\u00e9 l\u2019amour \u00e0 Paris. Cette ville est r\u00e9put\u00e9e pour \u00eatre la ville de l\u2019amour, cela tombe bien. Paris a abrit\u00e9 bien de romances depuis de longues ann\u00e9es. Paris fait r\u00eaver des millions de personnes \u00e0 travers les quatre coins du monde. J\u2019ai la chance de vivre dans cette belle et magnifique ville depuis l\u2019\u00e2ge de 10 ans. Cette ville m\u2019a form\u00e9, elle m\u2019a appris \u00e0 respecter les autres, \u00e0 les aimer. C\u2019est dans cette ville que j\u2019ai fait des portraits de touristes, j\u2019ai chant\u00e9, j\u2019ai rencontr\u00e9 des personnalit\u00e9s, j\u2019ai r\u00eav\u00e9. Et c\u2019est l\u00e0 que je continue mes \u00e9critures. La po\u00e9sie est un tr\u00e9sor que je trimbale ici et l\u00e0. La po\u00e9sie me permet de supporter les difficult\u00e9s de la vie, elle me permet de comprendre que nous sommes tous des passagers dans cette vie que personne ne ma\u00eetrise. La po\u00e9sie me permet \u00e9galement de raconter mes d\u00e9ceptions, mes angoisses et mes esp\u00e9rances. Les mots sont comme des amis s\u00fbrs ; ils ne me laissent jamais tomber.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Il y a dans ce quatri\u00e8me livre, beaucoup de spiritualit\u00e9, est-ce que c\u2019est cela qui vous aide \u00e0 continuer votre chemin ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><br>Oui, comme dans les pr\u00e9c\u00e9dents livres, peut-\u00eatre un peu plus dans celui-l\u00e0, la spiritualit\u00e9 est pr\u00e9sente. Elle est le fil conducteur de ce livre car sans spiritualit\u00e9, la vie est bien fade. Dans cette \u00e9poque de mat\u00e9rialisme exacerb\u00e9, oublier la spiritualit\u00e9 peut s\u2019av\u00e9rer une erreur. La spiritualit\u00e9 dans la po\u00e9sie est un beau mariage ; la po\u00e9sie est ce lieu indiqu\u00e9 pour toutes les vraies questions. La po\u00e9sie est un beau carrefour qui permet \u00e0 l\u2019homme d\u2019appr\u00e9cier sa vie et de ne jamais perdre espoir. Mais il y a \u00e9galement d\u2019autres th\u00e9matiques dans ce nouveau livre : l\u2019amour perdu, le temps qui s\u2019en va, mes escapades en Normandie, en Kabylie, le combat pour la d\u00e9mocratie en Alg\u00e9rie.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Justement, vous, qui depuis des ann\u00e9es, parlez de la d\u00e9mocratisation de l\u2019Alg\u00e9rie, est-ce que cette fois, le pays va se porter mieux avec la r\u00e9volution en cours ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><br>Je l\u2019esp\u00e8re tr\u00e8s fort. Oui, le peuple alg\u00e9rien est en train d\u2019accomplir une belle r\u00e9volution pacifique. Ce r\u00e9veil sera b\u00e9n\u00e9fique pour tout le monde. J\u2019esp\u00e8re que les autorit\u00e9s vont accompagner cette contestation pacifique, comme il se doit. L\u2019Alg\u00e9rie est un immense pays qui m\u00e9rite la libert\u00e9, la d\u00e9mocratie, la justice sociale. Il est temps aussi de donner sa place \u00e0 chaque citoyen. Il est temps de faire \u00e9merger de nouveaux visages, des femmes et des jeunes qui vont construire le pays dans un pluralisme fleuri et salvateur. Il est temps d\u2019oublier les querelles inutiles pour se rassembler autour de ces belles id\u00e9es du progr\u00e8s social. Il est temps de mettre fin \u00e0 toutes les injustices. La d\u00e9mocratie va donner de la force au pays ; le peuple alg\u00e9rien va faire des miracles dans un syst\u00e8me plus ouvert, plus juste, respectant les droits humains. Chaque citoyen va se sentir heureux de vivre dans un pays r\u00e9concili\u00e9 avec lui-m\u00eame.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">&nbsp;<\/h3>\n\n\n\n<p><strong>Mercredi 28 ao\u00fbt 2019<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le quotidien L&rsquo;Expression<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Nabil Belbey<\/strong><\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">&nbsp;______________________________<\/h1>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">&nbsp;<\/h1>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>FLEURS AUX \u00c9PINES DE BRAHIM SACI<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Les lumi\u00e8res qui remplissent la vie.<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image is-resized\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/images-na.ssl-images-amazon.com\/images\/I\/314KkmJTTxL.jpg\" alt=\"Amazon.fr - Fleurs aux \u00e9pines - Saci, Brahim - Livres\" style=\"width:486px;height:auto\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p>Chantant et \u00e9crivant en kabyle et en fran\u00e7ais, universitaire, Brahim Saci nous donne \u00e0 lire dans ce recueil une po\u00e9sie qui nous fait du bien, qui apaise notre \u00e2me.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce sont des po\u00e8mes vivants et enivrants que vient de publier, aux \u00e9ditions du Net, en France, le chanteur kabyle Brahim Saci. Dans ce recueil, qui fait voyager le lecteur au titre \u00e9vocateur de Fleurs aux \u00e9pines, l&rsquo;enfant de Tifrit At Umalek va au fond de lui-m\u00eame pour exprimer ses joies et ses peines. \u00abCertains \u00eatres ont fait de la folie un but, pourtant que la vie est belle! Certains abandonnent leur chien, leur chat, leur coeur, c\u00f4toyant des brutes, se pr\u00e9cipitent vers les t\u00e9n\u00e8bres, abandonnant le ciel\u00bb, \u00e9crit Brahim Saci dans un \u00e9mouvant po\u00e8me intitul\u00e9 Loin du ciel. Au fil des pages, on passe d&rsquo;une exp\u00e9rience \u00e0 une autre, d&rsquo;une errance \u00e0 l&rsquo;autre, parfois c&rsquo;est la lassitude, parfois ce sont des \u00e2mes obscurcies, parfois ce sont des esprits vils, parfois c&rsquo;est le feu qui embrase le coeur, mais au bout ce sont \u00e9galement des lumi\u00e8res qui remplissent la vie de ceux qui savent \u00eatre patients. Il y a beaucoup de sagesse dans ce somptueux recueil, Brahim Saci nous emporte avec lui dans ses belles p\u00e9r\u00e9grinations po\u00e9tiques; c&rsquo;est le riche parcours d&rsquo;un vrai artiste que nous d\u00e9couvrons.<\/p>\n\n\n\n<p><br>\u00abVivez l&rsquo;instant sans penser \u00e0 demain, votre soleil peut ne pas se lever le matin, restez dans la lumi\u00e8re, (&#8230;) M\u00eame quand votre coeur est plein, occupez-vous de votre jardin, ne jugez jamais, ayez un bon caract\u00e8re\u00bb, soutient le po\u00e8te qui a longtemps march\u00e9 dans les rues de Paris, tout en pensant \u00e0 son pays l&rsquo;Alg\u00e9rie et \u00e0 sa belle Kabylie o\u00f9 il est n\u00e9. La nostalgie est l\u00e0, le temps s&rsquo;enfuit, l&rsquo;amour s&rsquo;effiloche, le coeur saigne, et pourtant il faut encore esp\u00e9rer, il faut encore croire \u00e0 demain. \u00ab\u00d4 celle pour qui je tremble et frisonne! A chaque souvenir ou \u00e9vocation de son nom, mon coeur \u00e9puis\u00e9 tombe comme une feuille d&rsquo;automne, qu&rsquo;on pi\u00e9tine \u00e0 terre cette saison, (&#8230;) Les accidents de la vie passent, il est plus facile de les affronter \u00e0 deux, l&rsquo;amour recolle ce que la vie casse, si l&rsquo;on n&rsquo;a pas peur d&rsquo;\u00eatre heureux\u00bb, \u00e9crit Brahim dans un po\u00e8me intitul\u00e9 Souvenir.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Le po\u00e8te s&rsquo;interroge sur le mal qui vient toujours ab\u00eemer le bien et la beaut\u00e9 du monde; il tente de trouver des r\u00e9ponses, il se fait, parfois, mystique. \u00abIl y a tant de myst\u00e8res, qui se cachent derri\u00e8re l&rsquo;apparence des choses, tant de vermines sur la terre, du sang sur les \u00e9pines des roses, la laideur se voile d&rsquo;une beaut\u00e9 \u00e9ph\u00e9m\u00e8re, la vie elle-m\u00eame est trompeuse, tant de d\u00e9mons se cachent derri\u00e8re des pri\u00e8res, les ombres sont nombreuses, que peut la fr\u00eale lumi\u00e8re? Quand tant d&rsquo;\u00e2mes sont t\u00e9n\u00e9breuses, on veut faire de la terre un d\u00e9sert, \u00f4 fragile existence orageuse!\u00bb Tel est le cri sinc\u00e8re d&rsquo;un homme qui a toujours aim\u00e9 les mots. Face au destin, l&rsquo;homme tente de trouver le chemin de l&rsquo;harmonie; il veut \u00eatre lui-m\u00eame, il ambitionne d&rsquo;\u00eatre humain et utile aux autres. Mais les chemins sont parfois escarp\u00e9s et inaccessibles.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Dans un po\u00e8me intitul\u00e9 L&rsquo;Impasse, le po\u00e8te \u00e9crit: \u00ab(&#8230;) Les d\u00e9mons r\u00f4dent, je le sais, guettant la fr\u00eale harmonie, pi\u00e9tinant tout ce qui est vrai, semant l&rsquo;orage pour \u00e9touffer les cris. (&#8230;) Le destin se joue de nous, fier, il nous pi\u00e9tine quand on croit le tenir, il nous jette l\u00e0 o\u00f9 se rar\u00e9fie l&rsquo;air, sans amour, sans amis, pour nous affaiblir.\u00bb Chantant et \u00e9crivant en kabyle et en fran\u00e7ais, universitaire, ancien animateur de radio, ancien caricaturiste et portraitiste sur les belles et c\u00e9l\u00e8bres places parisiennes, Brahim Saci nous donne \u00e0 lire dans ce recueil une po\u00e9sie qui nous fait du bien, qui apaise notre \u00e2me.<\/p>\n\n\n\n<p>Par&nbsp;Kamel LAKHDAR-CHAOUCHE &#8211;&nbsp;Le quotidien L&rsquo;expression, Lundi 19 D\u00e9cembre 2016<br><br><strong><small>Fleurs aux \u00e9pines, Edi<\/small><\/strong><strong><small>tions du Net, 136 pages, octobre 2016<\/small><\/strong><\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">&nbsp;________________________________________<\/h1>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\"><a href=\"http:\/\/brahimsaci.over-blog.com\/2016\/09\/brahim-saci-universitaire-chanteur-et-poete-a-l-expression-la-poesie-m-aide-a-vivre.html\"><strong>BRAHIM SACI, UNIVERSITAIRE, CHANTEUR ET PO\u00c8TE, \u00c0 L&rsquo;EXPRESSION \u00ab\u00a0LA PO\u00c9SIE M&rsquo;AIDE \u00c0 VIVRE\u00a0\u00bb<\/strong><\/a><\/h1>\n\n\n\n<p>6 Septembre 2016<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><a href=\"http:\/\/img.over-blog-kiwi.com\/1\/72\/05\/02\/20160906\/ob_abd872_10830935-987819977928911-2224639945425.jpg\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/lh3.googleusercontent.com\/blogger_img_proxy\/ANbyha1pEjeeeOUd4HRsnXmxkTkFF5RFjTOdze4HyoU0HR9xPB8-o4vf4YXB0JAILEl0HV6aC76gRoDKJUjLm-k0u1_fQoXKK60yyoDVG47yF5d1lQR4KjDCcj-0DaIbJvtBWEwCdmi8QaEMC6hKCVgyxxFj68-mHQ0T6avLRCLQf8DayB2hVcoUd8-UVg=s0-d\" alt=\"\u00abLe monde ne nous fera pas de cadeau\u00bb\"\/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<p>\u00abLe monde ne nous fera pas de cadeau\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Universitaire, chanteur, po\u00e8te, Brahim Saci vit \u00e0 Paris depuis de longues ann\u00e9es. Auteur remarqu\u00e9 de nombreux albums de cha\u00e2bi, il est \u00e0 l&rsquo;\u00e9coute de ce qui se passe en Alg\u00e9rie. Dans sa t\u00eate, il y a de nombreux projets culturels; dans son coeur, il y a l&rsquo;amour des autres. Dans un proche avenir, il compte publier deux recueils de po\u00e9sie en langue fran\u00e7aise. Il nous raconte, ici, son impressionnant parcours et ses multiples qu\u00eates culturelles.<br><br><strong>L&rsquo;Expression: Cela fait maintenant 40 ans depuis que vous \u00eates install\u00e9 en France. Est-ce que vous avez senti le temps passer?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><br>Brahim Saci: Le temps s&rsquo;enfuit, la vie est courte, plus on avance en \u00e2ge, plus on s&rsquo;en rend compte&#8230;Et pourtant, je n&rsquo;ai pas vraiment senti le temps passer tellement pris dans les affres de l&rsquo;exil, dans mes multiples qu\u00eates artistiques. Je suis arriv\u00e9 \u00e0 Paris tout jeune, \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de dix ans, mon p\u00e8re m&rsquo;a fait venir de mon village natal Tifrit Nat Umalek en Kabylie, je me souviens tr\u00e8s bien de cette belle p\u00e9riode faite d&rsquo;apprentissages heureux, d&rsquo;exp\u00e9riences nouvelles, de r\u00eaves \u00e9galement&#8230;Je me suis tout de suite mis dans le train de cette nouvelle vie, je me suis tout de suite acclimat\u00e9 \u00e0 cette nouvelle existence loin de mon village natal qui me manquait pourtant&#8230;La soif du savoir, la soif de d\u00e9couvrir ce nouveau pays et la soif de m&rsquo;accaparer cette nouvelle culture m&rsquo;ont permis de faire du chemin&#8230;Le coll\u00e8ge, le lyc\u00e9e et puis l&rsquo;universit\u00e9 m&rsquo;ont ainsi donn\u00e9 les bases pour affronter, dans de bonnes conditions, les difficult\u00e9s de la vie&#8230;Entre-temps, j&rsquo;ai d\u00e9couvert le dessin, la caricature et la chanson kabyle. D\u00e9j\u00e0 les textes et les m\u00e9lodies envo\u00fbtantes de Slimane Azem me captivaient; je me suis alors dit: il faut que j&rsquo;\u00e9crive, il faut que je chante, j&rsquo;avais des choses \u00e0 dire&#8230;C&rsquo;est ce que j&rsquo;ai fait au d\u00e9but des ann\u00e9es 1990, c&rsquo;est ce que je fais encore aujourd&rsquo;hui, bien des ann\u00e9es plus tard, en langue kabyle et en langue fran\u00e7aise&#8230;<br><br><strong>Vous \u00eates universitaire, homme de culture, chanteur et po\u00e8te, vous vous exprimez en langue kabyle et en langue fran\u00e7aise, comment arrivez-vous \u00e0 cr\u00e9er cette symbiose entre les deux cultures?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><br>Je le fais naturellement, l&rsquo;art est universel, la culture nous fait comprendre que nous sommes capables d&rsquo;\u00e9motions, de sensibilit\u00e9, de partage, d&rsquo;amour et de tol\u00e9rance, aux quatre coins du monde. J&rsquo;ai eu la chance de ne pas avoir perdu la culture kabyle, cette belle culture de nos anc\u00eatres. La culture fran\u00e7aise est venue s&rsquo;incruster, avec bonheur, dans mon substrat kabyle. La lecture des grands po\u00e8tes fran\u00e7ais, tels Baudelaire, Rimbaud et Verlaine m&rsquo;a encore incit\u00e9 \u00e0 chercher les po\u00e9sies kabyles anciennes; je m&rsquo;amusais alors \u00e0 les comparer \u00e0 la po\u00e9sie fran\u00e7aise. Et c&rsquo;est ainsi que j&rsquo;ai d\u00e9couvert que la po\u00e9sie kabyle est merveilleuse; c&rsquo;est ainsi que j&rsquo;ai su que la po\u00e9sie kabyle avait sa place dans le concert des nations, dans le panth\u00e9on universel de la cr\u00e9ation.<br><br><strong>Qu&rsquo;en est-il de vos th\u00e9matiques et de vos sources d&rsquo;inspiration?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><br>Mes sources d&rsquo;inspiration sont plurielles: l&rsquo;exil, souvent amer et interminable, l&rsquo;amour dans toutes ses facettes, la spiritualit\u00e9, le temps qui s&rsquo;enfuit, l&rsquo;incompr\u00e9hension et le malentendu, le r\u00eave d&rsquo;un meilleur sort pour notre pays, cette Alg\u00e9rie qui trouve du mal \u00e0 se d\u00e9mocratiser, forment mes th\u00e9matiques essentielles. Avec le temps, certaines sont plus pr\u00e9sentes que d&rsquo;autres, avec le temps, on tente d&rsquo;aller vers l&rsquo;essentiel, m\u00eame si ce n&rsquo;est pas toujours \u00e9vident&#8230;<br><br><strong>Pensez-vous publier vos recueils dont vous avez d\u00e9j\u00e0 partag\u00e9 certains passages avec les internautes?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><br>Cela fait de longues ann\u00e9es depuis que j&rsquo;\u00e9cris de la po\u00e9sie en fran\u00e7ais et en kabyle. Les passages que je partage avec les internautes ne forment qu&rsquo;une partie de mes cr\u00e9ations. En langue kabyle, j&rsquo;ai une multitude de po\u00e9sies: une partie sera utilis\u00e9e dans mes prochains albums. En langue fran\u00e7aise, j&rsquo;ai d\u00e9j\u00e0 deux recueils de po\u00e9sie qui sortiront prochainement. Les coups durs de la vie nous incitent \u00e0 \u00e9crire encore plus, surtout quand on comprend que nous ne sommes, ici bas, que des passagers&#8230;La po\u00e9sie m&rsquo;aide \u00e0 vivre, elle m&rsquo;a toujours aid\u00e9 \u00e0 aller de l&rsquo;avant, \u00e0 d\u00e9passer toutes ces mauvaises choses que les hommes n&rsquo;arr\u00eatent pas d&rsquo;inventer au gr\u00e9 de leur b\u00eatise, de leur ambition d\u00e9mesur\u00e9e, de leur innommable arrogance&#8230;<br><br><strong>Vous avez connu une grande partie des anciens chanteurs kabyles \u00e9tablis en France. Racontez-nous vos exp\u00e9riences, des anecdotes partag\u00e9es, parlez-nous des exploits de cette g\u00e9n\u00e9ration, de l&rsquo;h\u00e9ritage l\u00e9gu\u00e9 et de son devenir aujourd&rsquo;hui?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><br>Paris a de tout temps accueilli les artistes kabyles, c&rsquo;est souvent ici que de merveilleuses oeuvres ont vu le jour. Oui, j&rsquo;ai connu les anciens chanteurs, je les ai vus jouer, j&rsquo;ai eu l&rsquo;honneur de les approcher et de discuter avec eux. Je ne peux pas les citer tous, je ne peux pas raconter toutes ces anecdotes, mais dans ma m\u00e9moire, ils ont tous une belle place. L&rsquo;un des meilleurs est certainement Youcef Abjaoui, un immense artiste, un homme simple et g\u00e9n\u00e9reux, toujours correct, toujours \u00e0 l&rsquo;\u00e9coute, toujours altruiste.<br>Youcef Abjaoui \u00e9tait un vrai cr\u00e9ateur, ses chansons sont \u00e9ternelles. Je l&rsquo;ai rencontr\u00e9 plusieurs fois, j&rsquo;ai eu de belles discussions avec lui, mais je n&rsquo;ai jamais pris une photo avec lui, comme si dans ma t\u00eate, je croyais qu&rsquo;il \u00e9tait \u00e9ternel. H\u00e9las il est parti&#8230;Je dois dire que Youcef Abjaoui a \u00e9t\u00e9 marginalis\u00e9 par les siens: on avait peur de sa ma\u00eetrise, on avait peur de para\u00eetre diminu\u00e9 devant ses capacit\u00e9s musicales&#8230;J&rsquo;ai connu aussi A\u00eft Meslayen, il m&rsquo;avait impressionn\u00e9 par son talent, sa g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9; j&rsquo;ai longtemps march\u00e9 avec lui dans les rues de Paris, ce sont pour moi des souvenirs imp\u00e9rissables&#8230; Avec Loun\u00e8s Matoub, j&rsquo;ai souvent eu de fructueux \u00e9changes, il aimait bien ma compagnie, il m&rsquo;encourageait, il avait toujours un sens de l&rsquo;humour f\u00e9roce et salvateur&#8230;Le jour o\u00f9 j&rsquo;ai appris sa mort, j&rsquo;ai cass\u00e9 ma guitare; j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 pendant longtemps dans une tristesse profonde&#8230; J&rsquo;ai connu \u00e9galement Cid Messaoudi, un immense artiste, il m&rsquo;a beaucoup encourag\u00e9 \u00e0 aller de l&rsquo;avant, \u00e0 produire plus&#8230;Avec Si Tayeb Ali, un musicien de talent, j&rsquo;ai beaucoup travaill\u00e9: encore aujourd&rsquo;hui, nous faisons des choses ensemble, il a particip\u00e9 \u00e0 tous mes albums, il conna\u00eet bien ma fa\u00e7on de travailler&#8230;Il faut dire cependant que les caf\u00e9s kabyles de jadis \u00e9taient \u00e9galement des \u00abcentres culturels\u00bb: on y chantait tout le temps, on y rencontrait les uns et les autres&#8230;Mais l&rsquo;un de mes plus grands regrets, c&rsquo;est de ne pas avoir fr\u00e9quent\u00e9 Slimane Azem, ce grand artiste, cet \u00e9veilleur de consciences que personne n&rsquo;a pu r\u00e9cup\u00e9rer&#8230;J&rsquo;\u00e9tais jeune \u00e0 sa mort, j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 inconsolable quand il avait quitt\u00e9 ce monde&#8230;Mais Slimane Azem est toujours vivant avec ses textes, avec ses m\u00e9lodies typiquement kabyles, avec son \u00e9ternel sourire&#8230;<br><br><strong>Quel regard portez-vous sur la vie culturelle et artistique de la communaut\u00e9 alg\u00e9rienne \u00e9tablie en France?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><br>La communaut\u00e9 alg\u00e9rienne en France est tr\u00e8s ancienne, elle est \u00e9galement importante de par le nombre. En revanche, elle n&rsquo;a pas le poids voulu dans la vie culturelle, dans la soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise. C&rsquo;est parce qu&rsquo;elle est divis\u00e9e, qu&rsquo;elle n&rsquo;arrive pas \u00e0 s&rsquo;imposer.<br>Les Alg\u00e9riens reproduisent souvent leur atavisme ailleurs, ils trouvent des difficult\u00e9s \u00e0 s&rsquo;aimer, \u00e0 se respecter, \u00e0 construire des projets ensemble. Mais il ne faut pas g\u00e9n\u00e9raliser car il y a toujours des femmes et des hommes qui savent aller \u00e0 l&rsquo;essentiel et oublier le superflu. Il y a donc toujours une activit\u00e9 culturelle et artistique qui voit le jour malgr\u00e9 les difficult\u00e9s et l&rsquo;espoir est toujours permis. C&rsquo;est \u00e0 nous tous de construire cet espoir en \u00e9tant \u00e0 l&rsquo;\u00e9coute de l&rsquo;autre, en l&rsquo;aidant, en l&rsquo;acceptant&#8230;<br><br><strong>Dans un monde de mutations, transformations multiples et des nouvelles technologies, quel regard portez-vous sur l&rsquo;Alg\u00e9rie d&rsquo;aujourd&rsquo;hui et son \u00e9migration?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><br>L&rsquo;Alg\u00e9rie est un grand pays qui peut faire mieux \u00e0 tous les niveaux. Ceux qui se sont sacrifi\u00e9s pour mettre fin au colonialisme fran\u00e7ais ont voulu un pays qui nous reste encore \u00e0 construire. Il y a eu des r\u00e9alisations en Alg\u00e9rie, mais il faut se rendre \u00e0 l&rsquo;\u00e9vidence: il nous reste du chemin \u00e0 faire. Il n&rsquo;y a que la d\u00e9mocratisation v\u00e9ritable du pays qui peut apporter les solutions \u00e0 nos probl\u00e8mes.<br>L&rsquo;\u00e9migration alg\u00e9rienne est \u00e0 l&rsquo;\u00e9coute de ce qui se passe dans le pays, elle veut des am\u00e9liorations dans tous les domaines, elle veut une juste r\u00e9partition des richesses du pays, elle veut une expression libre du citoyen, elle veut la justice sociale, elle veut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme un partenaire dans la construction nationale. Dans le monde d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, les pays se font des concurrences terribles, il n&rsquo;y a presque plus de place pour les plus faibles. L&rsquo;Alg\u00e9rie a les moyens de devenir une vraie puissance mais la gestion du pays doit \u00eatre revue.<br>La science, la culture, l&rsquo;\u00e9ducation, la modernit\u00e9 doivent trouver leur vraie place dans le pays. Sans cela, ce monde impitoyable ne nous fera pas de cadeau&#8230;<br>L&rsquo;Alg\u00e9rie appartient \u00e0 tous les Alg\u00e9riens, il ne faudra marginaliser personne, il faudra donner sa place et sa dignit\u00e9 \u00e0 chaque citoyen&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>L&rsquo;EXPRESSION<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Par Kamel LAKHDAR-CHAOUCHE &#8211; Dimanche 04 Septembre 2016<\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">&nbsp;____________________________________<\/h1>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\"><a href=\"http:\/\/brahimsaci.over-blog.com\/2018\/10\/brahim-saci-interview-realisee-par-youcef-zirem.html\">BRAHIM SACI. INTERVIEW R\u00c9ALIS\u00c9E PAR YOUCEF ZIREM.<\/a><\/h1>\n\n\n\n<p>22 Octobre 2018<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image is-resized\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/img.over-blog-kiwi.com\/1\/72\/05\/02\/20200628\/ob_b6dd73_1240380-635543176489928-504290579-n.jpg#width=637&amp;height=960\" alt=\"\" style=\"width:442px;height:auto\"\/><\/figure>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">Interview r\u00e9alis\u00e9e par Youcef Zirem<\/h1>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\" id=\"m_3270261565333447246yMail_cursorElementTracker_1540134605198\">&nbsp;<strong>\u00bb Il y a en Kabylie beaucoup de mis\u00e8re sociale \u00ab&nbsp;<\/strong><\/h1>\n\n\n\n<p>Brahim Saci, po\u00e8te et chanteur d\u2019expression kabyle. Universitaire, chanteur, po\u00e8te, Brahim Saci vit \u00e0 Paris depuis de longues ann\u00e9es mais il regarde toujours de pr\u00e8s son pays natal. Ses mots sont souvent empreints de lucidit\u00e9 et de sagesse. On peut l\u2019\u00e9couter.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le Matindz : Po\u00e8te et chanteur, vous \u00eates l\u2019un des artistes \u00e0 plaider, depuis des ann\u00e9es, pour la d\u00e9mocratisation de l\u2019Afrique du nord, comment voyez-vous l\u2019\u00e9volution de cette r\u00e9gion ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Brahim Saci :<\/strong>&nbsp;Il est difficile de r\u00e9pondre sommairement \u00e0 cette question tellement les choses se compliquent de plus en plus dans cette r\u00e9gion habit\u00e9e principalement par les Amazighs depuis la nuit des temps. Les r\u00e9gimes issus des ind\u00e9pendances n\u2019ont pas toujours \u00e9t\u00e9 \u00e0 la hauteur. C\u2019est par la force qu\u2019ils se sont impos\u00e9s et qu\u2019ils se maintiennent. Pourtant l\u2019Histoire semble s\u2019acc\u00e9l\u00e9rer ces derni\u00e8res ann\u00e9es d\u2019o\u00f9 la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019avoir de l\u2019imagination, d\u2019o\u00f9 la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019apporter de vraies r\u00e9ponses aux questions de la d\u00e9mocratie, de la justice sociale, de la libert\u00e9 d\u2019expression. Pendant de longues ann\u00e9es, ces r\u00e9gimes ont r\u00e9prim\u00e9 l\u2019identit\u00e9 amazighe mais il n\u2019y a aucun pouvoir au monde qui peut venir \u00e0 bout de la volont\u00e9 des peuples. Le printemps berb\u00e8re de 1980 avait \u00e9t\u00e9 la premi\u00e8re halte qui a g\u00e9n\u00e9r\u00e9 une conscience populaire de contestation \u00e0 large \u00e9chelle. Et c\u2019est un livre sur les po\u00e9sies kabyles anciennes qui a \u00e9t\u00e9 \u00e0 l\u2019origine de cet \u00e9veil, c\u2019est tout un symbole. Parti de Kabylie, le printemps berb\u00e8re a fini par secouer toute l\u2019Afrique du nord. Aujourd\u2019hui cette question n\u2019est plus taboue mais elle n\u2019est pas encore r\u00e9solue comme elle devrait \u00eatre. Donc il y a encore du chemin \u00e0 faire.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Vous \u00eates venu en France tr\u00e8s jeune, vous y avez fait vos \u00e9tudes, pourtant vous chantez en langue kabyle et vous \u00eates toujours \u00e0 l\u2019\u00e9coute du pays de vos anc\u00eatres. De nombreuses personnes qui ont eu votre parcours ne parlent plus la langue kabyle et semblent oublier leurs origines. Pouvez-vous nous dire un mot \u00e0 ce propos ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Oui, effectivement je suis arriv\u00e9 enfant \u00e0 Paris ; j\u2019ai eu des difficult\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9cole au d\u00e9but mais tout est rentr\u00e9 dans l\u2019ordre par la suite, j\u2019avais un \u00e9norme d\u00e9sir d\u2019apprendre. J\u2019ai pouss\u00e9 mon cursus scolaire jusqu\u2019\u00e0 l\u2019universit\u00e9 o\u00f9 j\u2019ai rencontr\u00e9 beaucoup d\u2019\u00e9tudiants kabyles avec lesquels j\u2019ai sympathis\u00e9, nous avions ainsi recr\u00e9\u00e9 des espaces kabyles dans ces lieux du savoir et de la science. Apr\u00e8s avoir aim\u00e9 les grands po\u00e8tes fran\u00e7ais, Baudelaire, Rimbaud, Lamartine et tant d\u2019autres, j\u2019ai d\u00e9couvert la po\u00e9sie de Si Mohand Ou Mhand et la sagesse de cheikh Mohand Ou Lhocine. Au m\u00eame temps, j\u2019\u00e9coutais nos grands chanteurs : Slimane Azem, Youcef Abjaoui, cheik Lhasnaoui et tant d\u2019autres. C\u2019est ainsi que je n\u2019ai jamais perdu la langue kabyle en cours de route. Plus tard, je me suis moi-m\u00eame mis \u00e0 \u00e9crire de la po\u00e9sie en langue kabyle et \u00e0 chanter. Ceux qui ont vite rep\u00e9r\u00e9 mon \u0153uvre musicale m\u2019ont encourag\u00e9 \u00e0 continuer en me disant que j\u2019\u00e9tais sur les traces de Slimane Azem, ce qui est un immense honneur pour moi. Entre-temps j\u2019avais rencontr\u00e9 Loun\u00e8s Matoub, Youcef Abjaoui, Ait Meslayen et tant de nos valeureux artistes. Je n\u2019oublierai jamais les \u00e9changes fructueux que j\u2019ai eus avec Loun\u00e8s Matoub et Ait Meslayen : tous les deux m\u2019ont appris beaucoup. Lorsque Loun\u00e8s Matoub avait \u00e9t\u00e9 assassin\u00e9, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 profond\u00e9ment touch\u00e9, j\u2019ai m\u00eame cass\u00e9 ma guitare\u2026Mais le monde continue \u00e0 tourner, il faut donc toujours se battre et essayer de produire une belle \u0153uvre qui va, peut-\u00eatre, r\u00e9sister au d\u00e9ferlement du temps.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Apr\u00e8s la po\u00e9sie en langue kabyle, vous avez publi\u00e9 un recueil de po\u00e9sie en langue fran\u00e7aise, \u00abFleurs aux \u00e9pines\u00bb, qui n\u2019est pas pass\u00e9 inaper\u00e7u. Est-ce une nouvelle exp\u00e9rience ou bien est-ce la continuit\u00e9 de vos diff\u00e9rentes qu\u00eates ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>A vrai dire, j\u2019avais d\u00e9j\u00e0 \u00e9crit quelques po\u00e8mes en langue fran\u00e7aise dans ma jeunesse mais la chanson kabyle m\u2019avait, en quelque sorte, accapar\u00e9\u2026 Puis avec mes lectures, avec le temps passant, avec les \u00e9preuves de la vie, j\u2019ai repris l\u2019\u00e9criture en langue fran\u00e7aise. Des amis m\u2019avaient encourag\u00e9 \u00e0 continuer et m\u2019avaient incit\u00e9 \u00e0 les publier. C\u2019est ainsi que mon recueil, \u00abFleurs aux \u00e9pines\u00bb, a vu le jour. Travaillant pour le service culturel de la mairie de Paris, mes coll\u00e8gues ont particip\u00e9 \u00e0 donner une certaine visibilit\u00e9 \u00e0 ce livre qui continue son chemin. Je dois dire que l\u2019av\u00e8nement de ce livre et sa d\u00e9couverte par beaucoup de lecteurs m\u2019ont surpris. C\u2019est dire que le livre est souvent source de bonheur pour l\u2019auteur, pour son entourage \u00e9galement.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Vous avez de nombreux projets artistiques, dans la chanson et dans l\u2019\u00e9criture, peut-on avoir une id\u00e9e sur ces \u0153uvres en gestation ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Cela fait des ann\u00e9es que je travaille sur un nouvel album de chansons mais je ne suis pas press\u00e9 de le faire sortir. J\u2019ai chant\u00e9 plusieurs fois des chansons in\u00e9dites au Conservatoire de musique du huiti\u00e8me arrondissement de Paris. Devant une assistance nombreuse, mes chansons en langue kabyle et en langue fran\u00e7aise, sont bien pass\u00e9es. C\u2019est cela la magie de l\u2019art qui supprime les fronti\u00e8res, qui rapproche les uns et les autres. Apr\u00e8s la sortie de mon premier livre, j\u2019ai continu\u00e9 \u00e0 \u00e9crire et l\u00e0, j\u2019ai de la mati\u00e8re pour deux autres nouveaux livres. Je peux dire que mon prochain livre de po\u00e9sies en langue fran\u00e7aise sortira cette ann\u00e9e. Paris m\u2019inspire beaucoup, les relations humaines tendues et parfois complexes, m\u2019incitent \u00e0 dire, \u00e0 relativiser et \u00e0 faire face au temps qui passe, qui nous fait comprendre que nous ne sommes que des passagers.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Vous avez aussi \u00e9crit des po\u00e8mes poignants sur la situation de la Kabylie. Qu\u2019est ce qui manque en Kabylie ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La Kabylie souffre beaucoup. Il y a en Kabylie beaucoup de mis\u00e8re sociale qu\u2019on ne veut pas voir. Il y a tant de ch\u00f4mage et il n\u2019y a pas d\u2019allocation ch\u00f4mage. Les plus d\u00e9munis trouvent du mal \u00e0 se soigner : pourquoi est-ce qu\u2019il n\u2019y a pas de couverture m\u00e9dicale pour les plus pauvres ? L\u2019environnement n\u2019est pas prot\u00e9g\u00e9 en Kabylie, il est temps de penser \u00e0 l\u2019\u00e9cologie de cette belle r\u00e9gion. Les plus riches ne regardent plus en direction des pauvres ; la solidarit\u00e9 et la g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 se font de plus en plus r\u00e9duites. Les valeurs humaines se perdent \u00e9galement. Il faudra se ressaisir et revenir \u00e0 nos valeurs, \u00e0 nos traditions qui nous ont pr\u00e9serv\u00e9s \u00e0 travers les diff\u00e9rentes \u00e9poques. Chacun de nous doit \u00eatre responsable de ses actes, chacun doit se demander ce qu\u2019il apporte \u00e0 l\u2019\u00e9difice collectif. Face \u00e0 un syst\u00e8me politique qui plonge le pays dans la r\u00e9gression, il faut une conscience collective qui donne de la place et du respect \u00e0 tout le monde. Et jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent, l\u2019homme n\u2019a pas encore invent\u00e9 un meilleur syst\u00e8me que la d\u00e9mocratie. C\u2019est ainsi que l\u2019espoir d\u2019un avenir meilleur est possible.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Propos recueillis par Youcef Zirem<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>22 Octobre 2018<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le journal Le Matin d&rsquo;Alg\u00e9rie<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Adn-news<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>_________________________________________<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"400\" height=\"612\" src=\"https:\/\/www.brahimsaci.com\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/La-Chute.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-781\" style=\"width:470px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/www.brahimsaci.com\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/La-Chute.jpg 400w, https:\/\/www.brahimsaci.com\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/La-Chute-196x300.jpg 196w\" sizes=\"auto, (max-width: 400px) 100vw, 400px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\"><strong>\u00ab\u00a0La Chute, combler l&rsquo;absence\u00a0\u00bb de Brahim Saci<\/strong><\/h1>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/lh3.googleusercontent.com\/blogger_img_proxy\/ANbyha2k9cnTfqVXl5_SrTS62f-DyEnQYL_4L0THw0nIxntG9e57NYUxOLPtV_4L3wgLpLvzYjulY6Fpog-7OkeYn4jrdX7-bHDAJzaPth8JAu7ay83nT29vQaa4bptefmqAZyriqeguEpMjtriOMO0Vo1MbQHrlPDT6l2qvPV1QkLtnDfTnu4tSyVhtVqrt43tB8a4uO0w=s0-d\" alt=\"Brahim Saci est auteur de po\u00e9sie mais aussi chanteur.\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p><strong><\/strong><strong>Brahim Saci est auteur de po\u00e9sie mais aussi chanteur.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Avec son deuxi\u00e8me recueil de po\u00e9sie, Brahim Saci apporte un souffle cr\u00e9ateur qui fait voyager.<\/p>\n\n\n\n<p>Sur pr\u00e8s de 230 pages, on ne se lasse pas de partir \u00e0 la conqu\u00eate d&rsquo;une certaine pl\u00e9nitude qui s&rsquo;\u00e9chappe, qui se d\u00e9robe, qui s&rsquo;av\u00e8re, dans bien des cas, introuvable. Des rimes, des itin\u00e9raires, des lieux, des personnages, des amours perdues, de la sagesse \u00e0 consolider. La po\u00e9sie m\u00e8ne \u00e0 tout ; elle est surtout salvatrice quand les temps deviennent assassins. Apr\u00e8s cinq albums de chansons kabyles bien cisel\u00e9es, Brahim Saci est all\u00e9 au fond de lui-m\u00eame pour offrir \u00e0 ses lecteurs une somme po\u00e9tique de haut vol, un recueil qui fera date. Dans cette chute que les \u00e9v\u00e9nements imposent, Brahim Saci s&rsquo;accroche \u00e0 ses valeurs, \u00e0 sa vison du monde, \u00e0 cette harmonie parisienne que les jours tentent d&rsquo;ab\u00eemer ; l&rsquo;absence est l\u00e0, elle est douloureuse, il faut donc la combler et seuls les mots peuvent oser structurer ce vide. La Normandie et ses charmes, le pays occitan et son soleil, la Kabylie et sa beaut\u00e9 magique, sont les territoires qui inspirent le po\u00e8te : c&rsquo;est ici qu&rsquo;il vadrouillait, jadis, avec l&rsquo;aim\u00e9e qui a, d\u00e9sormais, choisi d&rsquo;autres chemins.<\/p>\n\n\n\n<p>Paru aux \u00e9ditions du Net, \u00ab\u00a0La Chute, combler l&rsquo;absence\u00a0\u00bb est un livre qui transmet la force de r\u00e9sister au malheur. Sans d\u00e9tours ennuyeux, sans tabous, le po\u00e8te se d\u00e9voile, il apporte son d\u00e9sir de partager l&rsquo;essentiel : il utilise la rime pour d\u00e9passer l&rsquo;incertitude et le chaos que provoque la s\u00e9paration. Sur les traces de Baudelaire, de Rimbaud, de Brel et de tant de cr\u00e9ateurs inspir\u00e9s, Brahim Saci emprunte les ruelles parisiennes, de nuit, ivre de mots et de mirages, pour faire taire son marasme. Mais ce n&rsquo;est jamais une entreprise facile, la vie ne fait pas de cadeaux pour paraphraser le g\u00e9nial auteur de cette chanson, fresque du pays de l&rsquo;enfance, le Plat pays. En parcourant, en lisant, en relisant les po\u00e8mes de Brahim Saci, beaucoup d&rsquo;id\u00e9es nous viennent \u00e0 la t\u00eate, la po\u00e9sie sert aussi \u00e0 nous montrer les sentiers du bonheur, les sentiers de la lucidit\u00e9, les sentiers qui r\u00e9veillent notre spiritualit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Au bout du p\u00e9riple, Rena\u00eetre est le titre de ce po\u00e8me qui exprime la possibilit\u00e9 des rivages de l&rsquo;harmonie. Quand ils sont forts et bien choisis, les mots savent participer \u00e0 notre renaissance, c&rsquo;est cela le miracle de la po\u00e9sie.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Youcef Zirem<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>La Chute, combler l&rsquo;absence, de Brahim Saci<\/em>, \u00e9ditions du Net, septembre 2017.<\/p>\n\n\n\n<p>Le 22 septembre 2017.<br><strong>Le journal Le Matin d&rsquo;Alg\u00e9rie<\/strong><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">&nbsp;_________________________________<\/h2>\n\n\n\n<p><strong>Le Po\u00e8te Brahim Saci \u00e0 La Cit\u00e9<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>La po\u00e9sie pour \u00ab\u00eatre meilleur que soi-m\u00eame\u00bb !<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Brahim Saci est n\u00e9 en Alg\u00e9rie, dans un village de Kabylie, Tifrit Na\u00eft Oumalek. Jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e2ge de 10 ans, il passa une enfance heureuse au village. Puis il partit rejoindre son p\u00e8re \u00e0 Paris. Brahim Saci suit sa scolarit\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9cole primaire Eug\u00e8ne Varlin, au coll\u00e8ge Gustave Courbet \u00e0 Pierrefitte, puis au lyc\u00e9e Paul Eluard \u00e0 Saint-Denis. D\u00e9j\u00e0 po\u00e8te adolescent, s\u2019inspirant de Baudelaire (1821-1867), de Rimbaud (1854-1891), de Nerval (1808-1855), Si Mohand U Mhand (1845 1906) et Slimane Azem (1918 &#8211; 1983), il remporta des prix aux concours de po\u00e9sie organis\u00e9s par le lyc\u00e9e Paul Eluard. Tr\u00e8s t\u00f4t il a baign\u00e9 dans les arts, berc\u00e9 par les chants berb\u00e8res que fredonnaient sa grand-m\u00e8re et sa m\u00e8re. Enfant fort dou\u00e9 en dessin, il devint des ann\u00e9es plus tard, dessinateur-caricaturiste, m\u00e9tier qu\u2019il pratiqua durant ses voyages en Allemagne, en Suisse, en Autriche. Et qu\u2019il continue \u00e0 pratiquer \u00e0 Paris.<br>Apr\u00e8s un Baccalaur\u00e9at litt\u00e9raire, philosophie, langues, il entame des \u00e9tudes sup\u00e9rieures \u00e0 l\u2019universit\u00e9 Paris VIII, \u00e0 Saint-Denis.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s une licence en langues \u00e9trang\u00e8res appliqu\u00e9es, mention affaires, il se passionne pour la musique et approfondit l\u2019\u00e9criture. Il devint alors auteur, compositeur, interpr\u00e8te d\u2019expression franco-berb\u00e8re de Kabylie. Animateur chroniqueur r\u00e9alisateur dans des radios franco-maghr\u00e9bines de 1992 \u00e0 2000, il produit son premier album en 1992, rendant hommage au l\u00e9gendaire Slimane Azem (1918 &#8211; 1983), p\u00e8re de la chanson kabyle auquel il porte une admiration sans bornes.<br>Le style musical de Brahim Saci pop chaabi kabyle (musique populaire berb\u00e8re alg\u00e9rienne kabyle) et son timbre de voix nous rappellent Slimane Azem. Les th\u00e8mes dominants dans sa po\u00e9sie sont le temps qui passe, la solitude int\u00e9rieure du po\u00e8te et les tourments de l\u2019exil. Brahim Saci vit \u00e0 Paris, o\u00f9 il continue ses compositions et s\u00e8me dans les rues de la capitale qui l\u2019inspirent des po\u00e8mes en kabyle et en fran\u00e7ais. Il a \u00e9dit\u00e9 deux recueils de po\u00e9sies.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Entretien.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>La Cit\u00e9 : d\u2019abord un mot sur Brahim Saci<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Brahim Saci : \u00ab Difficile de r\u00e9pondre \u00e0 une telle question ; il n\u2019est pas facile de parler de soi ; disons que je suis un Alg\u00e9rien au parcours universitaire qui vit \u00e0 Paris, qui croit \u00e0 l\u2019art, \u00e0 l\u2019humanit\u00e9 et aux valeurs ; je fais de la po\u00e9sie et de la musique pour dire les mal\u00acheurs de l\u2019exil, les incertitudes de la vie, ses chagrins et ses espoirs aussi. L\u2019art est pour moi une raison d\u2019\u00eatre. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Vous avez quitt\u00e9 l\u2019Alg\u00e9rie \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 10 ans, quel souvenir gardez-vous encore de votre enfance en Kabylie ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Mon enfance en Kabylie a \u00e9t\u00e9 heureuse ; ce fut une \u00e9poque b\u00e9nie o\u00f9 le r\u00eave \u00e9tait encore possible malgr\u00e9 les difficult\u00e9s du quotidien. Mon entourage, ma fa\u00acmille et tous les villageois sur les hauteurs de l\u2019Akfadou me guidaient sur les chemins de la vie. C\u2019\u00e9tait le temps de la solidarit\u00e9 et du partage ; le temps de la communion avec la nature et les \u00eatres. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Comment s\u2019est faite votre Int\u00e9gration en France ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Mon arriv\u00e9e en France est d\u00e9j\u00e0 une coupure avec ma vie heureuse dans le village Tifrit Nait Oumalek en Kabylie ; c\u2019est un d\u00e9racinement douloureux, l\u2019int\u00e9gration s\u2019est faite progressivement gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019\u00e9cole, au coll\u00e8ge, au lyc\u00e9e puis encore l\u2019universit\u00e9. La fa\u00acmille de ma tante chez qui je suis rest\u00e9 quelques an\u00acn\u00e9es, dans la banlieue parisienne, m\u2019avait \u00e9galement \u00e9t\u00e9 d\u2019un secours certain. Les ann\u00e9es passant j\u2019ai d\u00e9\u00accouvert les chemins tortueux de l\u2019exil, o\u00f9 l\u2019\u00e9tranger est toujours suspect, peinant \u00e0 survivre sans arr\u00eat sous les regards mena\u00e7ants de la discrimination, du racisme. Nous vivons la discrimination au quotidien. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Quelles sont les raisons qui vous ont pouss\u00e9 \u00e0 \u00e9crire ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab J\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0 \u00e9crire en langue fran\u00e7aise il y a longtemps lorsque j\u2019\u00e9tais coll\u00e9gien, j\u2019aimais la po\u00e9sie fran\u00e7aise, elle m\u2019avait permis de diminuer un peu les affres de l\u2019exil : je suis arriv\u00e9 \u00e0 Paris \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 10 ans&#8230; J\u2019avais quitt\u00e9 ma Kabylie, mes proches, le territoire de mon imaginaire, ce n\u2019\u00e9tait pas facile pour moi..Puis \u00e0 l\u2019universit\u00e9, je me suis mis \u00e0 \u00e9crire en langue kabyle, puis j\u2019ai pris mon courage \u00e0 deux mains et j\u2019ai produit mon album de chansons kabyles&#8230;Ce premier album sera suivi par quatre autres albums&#8230;Mon retour \u00e0 la po\u00e9sie en langue fran\u00e7aise, je le dois en partie \u00e0 mon ami, l\u2019\u00e9crivain Youcef Zirem, qui m\u2019a encourag\u00e9 \u00e0 \u00e9diter mon premier recueil de po\u00e9sie en 2016, Fleurs aux \u00e9pines.<br>Ce premier recueil a eu une belle reconnaissance parisienne ce qui m\u2019a pouss\u00e9 \u00e0 continuer, d\u2019o\u00f9 la sortie de mon second recueil, La Chute, combler l\u2019absence. J\u2019ai ressenti le besoin de m\u2019exprimer, de dire tant de choses : \u00e0 partir d\u2019un certain \u00e2ge, on a envie de partager certaines exp\u00e9riences, on a envie de transmettre quelques valeurs essentielles. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Que signifie la po\u00e9sie pour vous ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab La po\u00e9sie c\u2019est le charme de la vie, c\u2019est l\u2019harmonie du monde retrouv\u00e9e, c\u2019est cette belle musique cach\u00e9e en nous qui nous aide \u00e0 \u00eatre meilleurs que nous-m\u00eames. La po\u00e9sie, ce sont des mots, des rimes, des cr\u00e9ations porteuses d\u2019une certaine magie mais c\u2019est aussi le d\u00e9sir de saisir l\u2019insaisissable. La po\u00e9sie est une d\u00e9marche, c\u2019est une fa\u00e7on d\u2019\u00eatre, c\u2019est un outil pour sentir la chance d\u2019\u00eatre en vie, c\u2019est un regard, des pens\u00e9es, de la sagesse. La po\u00e9sie c\u2019est certainement l\u2019essentiel d\u2019une existence humaine souvent contrari\u00e9e par de multiples soucis. La po\u00e9sie c\u2019est une tentative pour \u00eatre dans le dialogue du monde avec l\u2019\u00eatre humain. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Quels sont les th\u00e8mes dominants dans votre po\u00e9sie ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Dans ma po\u00e9sie, j\u2019interroge la vie ; je raconte l\u2019exil, l\u2019amour, l\u2019amiti\u00e9, le temps qui passe ; j\u2019essaie de laisser mon empreinte \u00e0 travers les mots que mes d\u00e9\u00acboires parisiens me poussent \u00e0 \u00e9crire. Paris est aussi une ville de culture ; chaque coin de rue de cette cit\u00e9 de lumi\u00e8re peut \u00eatre une occasion \u00e0 une rencontre int\u00e9ressante qui annonce tout de suite un po\u00e8me.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Votre premier recueil de po\u00e9sie est Intitul\u00e9 Fleurs aux \u00e9pines, qu\u2019\u00e9voque- t-il au juste ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Mon premier recueil de po\u00e9sie, Fleurs aux \u00e9pines, \u00e9voque la fin d\u2019un amour ; il est question de moments v\u00e9cus dans plusieurs endroits, il est parsem\u00e9 de nostalgie, de haltes de bonheur, de souvenirs, de rythmes d\u2019existence saisis au temps qui s\u2019en va, qui d\u00e9truit tant de choses avec son passage.<br>Mais il contient aussi des interrogations sur le sens de la vie, sur le sens de certaines valeurs, souvent travesties, ici et l\u00e0. A vrai dire, diff\u00e9rentes qu\u00eates se rejoignent dans ce recueil pour tenter certaines explications, pour apporter des r\u00e9ponses \u00e0 certaines \u00e9nigmes. A bien des \u00e9gards, ce recueil restitue un pan entier de mes lectures pass\u00e9es, un pan entier de mon parcours, de mes espoirs, de mes luttes, de mon d\u00e9sir de transmettre une vision humaniste du monde. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Et si on vous demandait de pr\u00e9senter \u00e0 nos lecteurs votre deuxi\u00e8me recueil, La Chute, combler l&rsquo;absence ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Dans le deuxi\u00e8me recueil, la Chute, combler l\u2019absence, qui vient de sortir aux \u00e9ditions du Net, \u00e0 Paris, j\u2019approfondis encore plus les investigations du premier recueil.<br>La Chute, combler l\u2019absence est plus volumineux (pr\u00e8s de 230 pages), c\u2019est un recueil o\u00f9 il y a plus de philosophie de la vie, o\u00f9 j\u2019essaie de communiquer ma passion des mots en racontant avec des vers diff\u00e9rentes p\u00e9r\u00e9grinations entreprises soit \u00e0 Paris, soit en Normandie, soit en Occitanie ou encore en Kabylie. Ainsi il y a des vir\u00e9es en Kabylie o\u00f9 la beaut\u00e9 des sites est mise en valeur sans oublier une certaine amertume quand les valeurs de cette splendide r\u00e9gion sont bafou\u00e9es par des comportements indignes. Cependant, il est toujours possible de d\u00e9passer ces errances pour se retrouver et construire sur des bases solides, pour plus de d\u00e9mocratie, plus de justice sociale, plus de propret\u00e9, plus d\u2019\u00e9coute, plus de solidarit\u00e9, plus de g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9. Dans La Chute, combler l\u2019absence, il est \u00e9galement question de soir\u00e9es pari\u00acsiennes o\u00f9 l&rsquo;homme se cherche, cherche des rem\u00e8des \u00e0 sa solitude, cherche une pl\u00e9nitude impossible \u00e0 trouver. Parfois en \u00e9crivant certains po\u00e8mes de ce recueil, je pensais au parcours de Baudelaire dans cette m\u00eame ville o\u00f9 lui aussi avait \u00e9t\u00e9 l\u2019objet de nombreux malentendus. En \u00e9crivant ces po\u00e9sies, je pensais \u00e9galement \u00e0 Jacques Brel, \u00e0 sa force, \u00e0 son courage, \u00e0 ses d\u00e9sirs d\u2019absolu. Dans La Chute, combler l\u2019absence, il y a une tentative de synth\u00e9tiser les moyens de d\u00e9passer les blessures, pour enfin rena\u00eetre&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Partons un peu de vos projets&#8230;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Je continue \u00e0 \u00e9crire, je continue \u00e0 composer des chansons, je continue \u00e0 appr\u00e9cier les belles choses de la vie au quotidien, je continue \u00e0 lire des po\u00e9sies, des romans, des essais&#8230;J\u2019ai fait de nombreuses nouvelles chansons que je mettrai en album quand j\u2019aurai un peu plus de temps, quand je sentirai que c\u2019est le mo\u00acment, quand les conditions id\u00e9ales se pr\u00e9senteront&#8230; \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Un mot pour conclure<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab J\u2019ai une pens\u00e9e pour la Kabylie, j\u2019ai une pens\u00e9e pour tous ceux qui souffrent en Kabylie, en Alg\u00e9rie, en Afrique du Nord : nous devons regarder vers les plus faibles, nous devons regarder comment les autres pays viennent en aide aux plus faibles. Il faut que nous sortions de n\u00f4tre \u00e9go\u00efsme, il faut tenter d\u2019apporter du bonheur et de la joie dans le c\u0153ur des malheureux et des mis\u00e9rables. Et c\u2019est toujours possible quand nous voulons le faire. J\u2019ai \u00e9galement une pens\u00e9e pour nos po\u00e8tes, nos \u00e9crivains qui ne sont pas vraiment consid\u00e9r\u00e9s, qui sont souvent marginalis\u00e9s. Il faut arr\u00eater d\u2019encourager les m\u00eames personnes depuis de longues ann\u00e9es, il faut cesser de marginaliser les vrais talents. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Entretien r\u00e9alis\u00e9 par Hafit Zaouche<br>Le Journal La Cit\u00e9, du 24 octobre 2017<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image is-resized\"><a href=\"https:\/\/img.over-blog-kiwi.com\/1\/72\/05\/02\/20171025\/ob_f45590_doc2-docx-la-cite.jpg\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/img.over-blog-kiwi.com\/1\/72\/05\/02\/20171025\/ob_f45590_doc2-docx-la-cite.jpg\" alt=\"La po\u00e9sie pour \u00ab\u00eatre meilleur que soi-m\u00eame\u00bb !\" style=\"width:440px;height:auto\"\/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><a href=\"https:\/\/img.over-blog-kiwi.com\/1\/72\/05\/02\/20171025\/ob_3859e5_22687682-1724093777634857-603534913336.jpg\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/img.over-blog-kiwi.com\/1\/72\/05\/02\/20171025\/ob_3859e5_22687682-1724093777634857-603534913336.jpg\" alt=\"La po\u00e9sie pour \u00ab\u00eatre meilleur que soi-m\u00eame\u00bb !\"\/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><a href=\"https:\/\/img.over-blog-kiwi.com\/1\/72\/05\/02\/20171025\/ob_0d62bb_22730404-1444279075620335-866988007629.jpg\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/img.over-blog-kiwi.com\/1\/72\/05\/02\/20171025\/ob_0d62bb_22730404-1444279075620335-866988007629.jpg\" alt=\"La po\u00e9sie pour \u00ab\u00eatre meilleur que soi-m\u00eame\u00bb !\"\/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><a href=\"https:\/\/img.over-blog-kiwi.com\/1\/72\/05\/02\/20171025\/ob_747a0f_22688457-1444279065620336-910483984520.jpg\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/img.over-blog-kiwi.com\/1\/72\/05\/02\/20171025\/ob_747a0f_22688457-1444279065620336-910483984520.jpg\" alt=\"La po\u00e9sie pour \u00ab\u00eatre meilleur que soi-m\u00eame\u00bb !\"\/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><a href=\"https:\/\/img.over-blog-kiwi.com\/1\/72\/05\/02\/20171025\/ob_f7526e_22728747-1724093720968196-115124705851.jpg\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/img.over-blog-kiwi.com\/1\/72\/05\/02\/20171025\/ob_f7526e_22728747-1724093720968196-115124705851.jpg\" alt=\"La po\u00e9sie pour \u00ab\u00eatre meilleur que soi-m\u00eame\u00bb !\"\/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><a href=\"https:\/\/img.over-blog-kiwi.com\/1\/72\/05\/02\/20171025\/ob_ead53e_22815211-1724093827634852-429813346869.jpg\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/img.over-blog-kiwi.com\/1\/72\/05\/02\/20171025\/ob_ead53e_22815211-1724093827634852-429813346869.jpg\" alt=\"La po\u00e9sie pour \u00ab\u00eatre meilleur que soi-m\u00eame\u00bb !\"\/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">_____________________________________<\/h2>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>BRAHIM SACI, \u00c9CRIVAIN ET PO\u00c8TE, \u00c0 L&rsquo;EXPRESSION<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\"><strong>\u00ab\u00a0\u00c9crire, c&rsquo;est chercher un r\u00e9confort\u00a0\u00bb<\/strong><\/h1>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image is-resized\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/m.media-amazon.com\/images\/I\/41Zx9hQCI8L.jpg\" alt=\"La Chute: Combler l'absence eBook: Saci, Brahim: Amazon.fr\" style=\"width:486px;height:auto\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p>Il revient avec un deuxi\u00e8me recueil de po\u00e9sie. Apr\u00e8s un premier recueil de po\u00e9sie, vivement remarqu\u00e9 chez les amoureux des mots bien ficel\u00e9s, Fleurs aux \u00e9pines, Brahim Saci revient avec un deuxi\u00e8me recueil, La Chute, combler l&rsquo;absence, des textes profonds, empreints d&rsquo;une sagesse et d&rsquo;une exquise spiritualit\u00e9. Dans cet entretien, il s&rsquo;attarde sur la gen\u00e8se de ce nouveau livre; il nous fait \u00e9galement partager son monde d&rsquo;artiste exigeant.<\/p>\n\n\n\n<p><br><strong>L&rsquo;Expression: Une ann\u00e9e apr\u00e8s la sortie de votre premier recueil de po\u00e9sie, Fleurs aux \u00e9pines, vous r\u00e9cidivez avec un autre titre plus volumineux, La Chute, combler l&rsquo;absence, pouvez-vous nous dire comment avez-vous \u00e9crit ces nouveaux po\u00e8mes?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong><br>Brahim Saci:&nbsp;<\/strong>Effectivement, une ann\u00e9e apr\u00e8s la sortie de mon premier recueil, Fleurs aux \u00e9pines, le deuxi\u00e8me, La Chute, combler l&rsquo;absence, vient de sortir \u00e0 Paris aux \u00e9ditions du Net. J&rsquo;avoue qu&rsquo;au d\u00e9part je ne pensais pas que j&rsquo;\u00e9crirai un deuxi\u00e8me recueil; mais l&rsquo;inspiration a \u00e9t\u00e9 au rendez-vous, c&rsquo;est comme si quelque chose me poussait \u00e0 donner une suite au premier recueil, comme s&rsquo;il fallait donner un fr\u00e8re \u00e0 mon premier livre, un fr\u00e8re qui vient approfondir les qu\u00eates du premier recueil. Et ce deuxi\u00e8me recueil est beaucoup plus volumineux que le premier, il est aussi assez diff\u00e9rent, dans la mesure o\u00f9 il contient des po\u00e8mes qui racontent des \u00e9pisodes de ma vie, des lieux qui m&rsquo;ont habit\u00e9, qui m&rsquo;ont permis d&rsquo;\u00eatre ce que je suis. Trois endroits sont souvent d\u00e9crits dans ce second recueil: la Normandie, Paris et la Kabylie; il y a \u00e9galement une vir\u00e9e en Occitanie, une r\u00e9gion o\u00f9 repose le grand chanteur kabyle, Slimane Azem. Toujours dans ce recueil, il y a \u00e9galement une tentative d&rsquo;aller sur les chemins de la sagesse et de la spiritualit\u00e9.<br><br><strong>Vos po\u00e8mes sont souvent porteurs d&rsquo;une forme de musicalit\u00e9, est- ce que c&rsquo;est votre parcours de chanteur qui refait ainsi surface dans ce livre?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><br>C&rsquo;est possible, mais la po\u00e9sie, toute la po\u00e9sie est une musique qui nous vient du fond de notre \u00e2me, presque inconsciemment, presque naturellement. C&rsquo;est vrai qu&rsquo;il y a des facteurs qui d\u00e9clenchent cette musique. Ces airs sont en rapport avec cette po\u00e9sie qui tente de dire le temps qui passe, qui tente de se rappeler les amours disparus. Pendant des ann\u00e9es, je n&rsquo;ai \u00e9crit que des po\u00e8mes en langue kabyle, certains je les ai chant\u00e9s \u00e0 travers mes albums de chansons, puis, un ami, l&rsquo;\u00e9crivain Youcef Zirem, m&rsquo;a incit\u00e9 \u00e0 \u00e9crire quelques po\u00e8mes en langue fran\u00e7aise et l\u00e0, tout m&rsquo;est revenu, mes po\u00e8mes de jadis en langue fran\u00e7aise quand je n&rsquo;\u00e9tais encore qu&rsquo;un enfant ont refait surface. La po\u00e9sie de langue fran\u00e7aise m&rsquo;avait permis de tenir le coup \u00e0 mon arriv\u00e9e \u00e0 Paris \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 10 ans, j&rsquo;avais quitt\u00e9 mon village, les miens, le soleil de ma belle Kabylie, c&rsquo;\u00e9tait difficile \u00e0 admettre. Oui, c&rsquo;est en partie, cette po\u00e9sie de langue fran\u00e7aise qui m&rsquo;avait pris dans ses bras et m&rsquo;avait consol\u00e9 de ma s\u00e9paration d&rsquo;avec la Kabylie. Bien des ann\u00e9es plus tard, cette po\u00e9sie de langue fran\u00e7aise m&rsquo;avait aussi consol\u00e9 de toutes ces blessures de la vie qui se dressent in\u00e9vitablement sur notre chemin.<br><br><strong>Il est beaucoup question d&rsquo;un amour qui se termine mal dans ce deuxi\u00e8me recueil, comment faire pour d\u00e9passer tant de blessures ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><br>\u00c9crire c&rsquo;est souvent chercher un r\u00e9confort face \u00e0 la douleur qui nous emprisonne, qui ne veut pas s&rsquo;en aller. La po\u00e9sie est un outil pour oublier la trahison, le mensonge, le malentendu, la fin du bonheur. Ce n&rsquo;est qu&rsquo;\u00e0 la fin du bonheur qu&rsquo;on se r\u00e9veille un peu, qu&rsquo;on se pose les vraies questions; l\u00e0, on essaie de d\u00e9passer l&rsquo;absurdit\u00e9 de notre condition de mortels. Dans La Chute, combler l&rsquo;absence, je suis revenu sur un v\u00e9cu lumineux pour interroger les jours qui sont venus l&rsquo;assombrir. Le miracle de la po\u00e9sie est dans ces traces que forment les mots, des traces qui vont parler ensuite \u00e0 d&rsquo;autres qui ont probablement v\u00e9cu les m\u00eames tourments. La po\u00e9sie nous apprend, au final, que nous pouvons toujours d\u00e9passer les blessures, qu&rsquo;il faut toujours regarder vers le meilleur qui arrive, qui est toujours possible. Dans la vie, l&rsquo;exp\u00e9rience des anciens nous apprend qu&rsquo;il y a toujours de la lumi\u00e8re qui vient nous bercer apr\u00e8s les jours noirs, apr\u00e8s l&rsquo;obscurit\u00e9 du malheur. C&rsquo;est aussi ce que j&rsquo;ai tent\u00e9 de dire \u00e0 travers ce deuxi\u00e8me recueil de po\u00e9sie.<br><br><strong>Il y a aussi beaucoup de spiritualit\u00e9 dans ce deuxi\u00e8me recueil, comment avez-vous proc\u00e9d\u00e9 pour aboutir \u00e0 ces mots qui apaisent, qui font voyager?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><br>La spiritualit\u00e9 ne me quitte jamais, elle m&rsquo;accompagne chaque jour dans cette belle ville de Paris o\u00f9 les gens sont souvent press\u00e9s. La spiritualit\u00e9 est mon oxyg\u00e8ne au quotidien, un besoin vital. Cette spiritualit\u00e9 ignore les dogmes, elle est \u00e0 la hauteur des choses simples, \u00e0 la hauteur de ceux qui savent que nous ne sommes que des passagers sur cette terre. La spiritualit\u00e9 qu&rsquo;il y a dans La Chute, combler l&rsquo;absence, est presque naturelle, m\u00eame si les \u00e9preuves de la vie sont venues la fortifier, lui donner un corps \u00e0 travers mes po\u00e8mes. Plus le temps avance, plus on sent un d\u00e9sir de transmettre un peu de cette spiritualit\u00e9 qui peut aider les uns et les autres \u00e0 se retrouver. Il y a souvent de la magie dans la po\u00e9sie: quelques mots peuvent semer de l&rsquo;harmonie dans les \u00e2mes les plus tristes, quelques mots peuvent nous guider sur le difficile chemin de la sagesse.<br><br><strong>Vos livres ne sont pas disponibles en Alg\u00e9rie, comment vivez-vous cela?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><br>Oui, mes livres ne sont pas disponibles en Alg\u00e9rie mais j&rsquo;esp\u00e8re qu&rsquo;un jour, ils seront \u00e9dit\u00e9s dans mon pays natal. On verra bien, si l&rsquo;occasion se pr\u00e9sente, si cela va devenir possible. Il y a beaucoup de po\u00e8mes dans La Chute, combler l&rsquo;absence, qui parlent aussi de l&rsquo;Alg\u00e9rie; des po\u00e8mes qui veulent un changement positif dans notre pays malgr\u00e9 les temps difficiles, malgr\u00e9 toutes les insuffisances d&rsquo;hier et d&rsquo;aujourd&rsquo;hui. La po\u00e9sie fait partie de cette belle m\u00e9canique qu&rsquo;est la culture. La culture est une m\u00e9canique qui fait \u00e9voluer les pays. Un pays qui donne de l&rsquo;importance \u00e0 la culture, \u00e0 l&rsquo;instruction, \u00e0 l&rsquo;\u00e9ducation, au savoir, \u00e0 la science est un pays qui avance, c&rsquo;est un pays qui ne perd pas ses rep\u00e8res, un pays qui n&rsquo;a pas peur de l&rsquo;avenir. Il y a tant de chantiers \u00e0 entreprendre en Alg\u00e9rie: dans tous les domaines, il faut b\u00e2tir sur des bases solides, il faut aller sur les chemins de la v\u00e9rit\u00e9 pour le bien de toute la population, pas seulement pour le bien d&rsquo;une fraction de la soci\u00e9t\u00e9. Pour moi, la po\u00e9sie sert \u00e9galement \u00e0 dire qu&rsquo;il ne faut pas ignorer les plus d\u00e9munis. Je me sers de la po\u00e9sie pour dire que la justice, la d\u00e9mocratie, la libert\u00e9 d&rsquo;expression sont indispensables dans une soci\u00e9t\u00e9 qui ne veut pas stagner. Une soci\u00e9t\u00e9 qui ne prend pas en consid\u00e9ration les aspirations r\u00e9elles de tous ses membres est condamn\u00e9e \u00e0 faire du sur place; elle est condamn\u00e9e \u00e0 la r\u00e9gression.<br><br><strong>Avez-vous d&rsquo;autres projets et travaillez-vous sur quelque chose d&rsquo;autre en ce moment?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><br>Des projets, j&rsquo;en ai beaucoup, mais il faudra bien les concr\u00e9tiser, ce n&rsquo;est pas toujours facile. Derni\u00e8rement, j&rsquo;ai chant\u00e9 une nouvelle chanson, in\u00e9dite, au conservatoire de musique du VIIIe arrondissement de Paris, le public a beaucoup appr\u00e9ci\u00e9 cette nouvelle cr\u00e9ation. C&rsquo;est la troisi\u00e8me ann\u00e9e que je chante dans ce beau et grand conservatoire de Paris, \u00e0 chaque fois, j&rsquo;ai interpr\u00e9t\u00e9 une nouvelle chanson. Au final, j&rsquo;ai d\u00e9j\u00e0 plusieurs chansons in\u00e9dites que je pourrais mettre dans un nouvel album, mais je ne me presse pas, je laisse le temps faire les choses, j&rsquo;attends le moment id\u00e9al pour les immortaliser dans un nouvel album. Apr\u00e8s la sortie de mon deuxi\u00e8me recueil de po\u00e9sie, je n&rsquo;ai pas arr\u00eat\u00e9 d&rsquo;\u00e9crire: d\u00e8s qu&rsquo;il y a une ambiance qui s&rsquo;y pr\u00eate, l&rsquo;inspiration vient me rejoindre et l\u00e0, je prends mon stylo et griffonne des mots sur des bouts de papier. Je ne sais pas encore s&rsquo;il y aura un troisi\u00e8me recueil; je laisse cela au hasard de la vie, \u00e0 cette course des astres qui restera pour nous toujours une \u00e9nigme. Moi je continue \u00e0 \u00e9crire, \u00e0 m\u00e9diter, \u00e0 \u00e9laborer de nouvelles m\u00e9lodies en pensant chaque jour \u00e0 la Kabylie, \u00e0 l&rsquo;Alg\u00e9rie, \u00e0 l&rsquo;Afrique du Nord. Paris me permet d&rsquo;avoir du recul sur ce qui se passe dans le monde, cette ville sait me donner cette s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 n\u00e9cessaire \u00e0 chaque jour pour appr\u00e9cier la beaut\u00e9 de la vie.<\/p>\n\n\n\n<p>Par&nbsp;Kamel LAKHDAR-CHAOUCHE &#8211;&nbsp;Mercredi 10 Janvier 2018<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><a href=\"https:\/\/img.over-blog-kiwi.com\/1\/72\/05\/02\/20180111\/ob_fbec09_26829994-1805766352800932-1214417921-o.jpg\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/img.over-blog-kiwi.com\/1\/72\/05\/02\/20180111\/ob_fbec09_26829994-1805766352800932-1214417921-o.jpg\" alt=\"BRAHIM SACI, \u00c9CRIVAIN ET PO\u00c8TE, \u00c0 L'EXPRESSION &quot;\u00c9crire, c'est chercher un r\u00e9confort&quot;\"\/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>_________________________________<\/strong><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>FLEURS AUX \u00c9PINES DE BRAHIM SACI<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Les lumi\u00e8res qui remplissent la vie.<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image is-resized\"><a href=\"https:\/\/blogger.googleusercontent.com\/img\/b\/R29vZ2xl\/AVvXsEhGxl3Ly07By77yHJFEi-vCEFmZS8WUCbE-OcIKQvApbPwzc4Pc8-TYteuZnsQYU3F-WeSLdR-336Y0jL9Q5UaVi1uzjInlDs6VouzfnsWOUO2o0lSvW0PZSd1F7NKMu61DJTw9JB6U2Dytw19T1Zie60QhTXlVIYhoKYwYjOZQY3d3Ph51fzDI41Sd\/s4608\/IMG_20210722_153534.jpg\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/blogger.googleusercontent.com\/img\/b\/R29vZ2xl\/AVvXsEhGxl3Ly07By77yHJFEi-vCEFmZS8WUCbE-OcIKQvApbPwzc4Pc8-TYteuZnsQYU3F-WeSLdR-336Y0jL9Q5UaVi1uzjInlDs6VouzfnsWOUO2o0lSvW0PZSd1F7NKMu61DJTw9JB6U2Dytw19T1Zie60QhTXlVIYhoKYwYjOZQY3d3Ph51fzDI41Sd\/s320\/IMG_20210722_153534.jpg\" alt=\"\" style=\"width:435px;height:auto\"\/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<p>Chantant et \u00e9crivant en kabyle et en fran\u00e7ais, universitaire, Brahim Saci nous donne \u00e0 lire dans ce recueil une po\u00e9sie qui nous fait du bien, qui apaise notre \u00e2me.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce sont des po\u00e8mes vivants et enivrants que vient de publier, aux \u00e9ditions du Net, en France, le chanteur kabyle Brahim Saci. Dans ce recueil, qui fait voyager le lecteur au titre \u00e9vocateur de Fleurs aux \u00e9pines, l&rsquo;enfant de Tifrit At Umalek va au fond de lui-m\u00eame pour exprimer ses joies et ses peines. \u00abCertains \u00eatres ont fait de la folie un but, pourtant que la vie est belle! Certains abandonnent leur chien, leur chat, leur coeur, c\u00f4toyant des brutes, se pr\u00e9cipitent vers les t\u00e9n\u00e8bres, abandonnant le ciel\u00bb, \u00e9crit Brahim Saci dans un \u00e9mouvant po\u00e8me intitul\u00e9 Loin du ciel. Au fil des pages, on passe d&rsquo;une exp\u00e9rience \u00e0 une autre, d&rsquo;une errance \u00e0 l&rsquo;autre, parfois c&rsquo;est la lassitude, parfois ce sont des \u00e2mes obscurcies, parfois ce sont des esprits vils, parfois c&rsquo;est le feu qui embrase le coeur, mais au bout ce sont \u00e9galement des lumi\u00e8res qui remplissent la vie de ceux qui savent \u00eatre patients. Il y a beaucoup de sagesse dans ce somptueux recueil, Brahim Saci nous emporte avec lui dans ses belles p\u00e9r\u00e9grinations po\u00e9tiques; c&rsquo;est le riche parcours d&rsquo;un vrai artiste que nous d\u00e9couvrons.<\/p>\n\n\n\n<p><br>\u00abVivez l&rsquo;instant sans penser \u00e0 demain, votre soleil peut ne pas se lever le matin, restez dans la lumi\u00e8re, (&#8230;) M\u00eame quand votre coeur est plein, occupez-vous de votre jardin, ne jugez jamais, ayez un bon caract\u00e8re\u00bb, soutient le po\u00e8te qui a longtemps march\u00e9 dans les rues de Paris, tout en pensant \u00e0 son pays l&rsquo;Alg\u00e9rie et \u00e0 sa belle Kabylie o\u00f9 il est n\u00e9. La nostalgie est l\u00e0, le temps s&rsquo;enfuit, l&rsquo;amour s&rsquo;effiloche, le coeur saigne, et pourtant il faut encore esp\u00e9rer, il faut encore croire \u00e0 demain. \u00ab\u00d4 celle pour qui je tremble et frisonne! A chaque souvenir ou \u00e9vocation de son nom, mon coeur \u00e9puis\u00e9 tombe comme une feuille d&rsquo;automne, qu&rsquo;on pi\u00e9tine \u00e0 terre cette saison, (&#8230;) Les accidents de la vie passent, il est plus facile de les affronter \u00e0 deux, l&rsquo;amour recolle ce que la vie casse, si l&rsquo;on n&rsquo;a pas peur d&rsquo;\u00eatre heureux\u00bb, \u00e9crit Brahim dans un po\u00e8me intitul\u00e9 Souvenir.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Le po\u00e8te s&rsquo;interroge sur le mal qui vient toujours ab\u00eemer le bien et la beaut\u00e9 du monde; il tente de trouver des r\u00e9ponses, il se fait, parfois, mystique. \u00abIl y a tant de myst\u00e8res, qui se cachent derri\u00e8re l&rsquo;apparence des choses, tant de vermines sur la terre, du sang sur les \u00e9pines des roses, la laideur se voile d&rsquo;une beaut\u00e9 \u00e9ph\u00e9m\u00e8re, la vie elle-m\u00eame est trompeuse, tant de d\u00e9mons se cachent derri\u00e8re des pri\u00e8res, les ombres sont nombreuses, que peut la fr\u00eale lumi\u00e8re? Quand tant d&rsquo;\u00e2mes sont t\u00e9n\u00e9breuses, on veut faire de la terre un d\u00e9sert, \u00f4 fragile existence orageuse!\u00bb Tel est le cri sinc\u00e8re d&rsquo;un homme qui a toujours aim\u00e9 les mots. Face au destin, l&rsquo;homme tente de trouver le chemin de l&rsquo;harmonie; il veut \u00eatre lui-m\u00eame, il ambitionne d&rsquo;\u00eatre humain et utile aux autres. Mais les chemins sont parfois escarp\u00e9s et inaccessibles.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Dans un po\u00e8me intitul\u00e9 L&rsquo;Impasse, le po\u00e8te \u00e9crit: \u00ab(&#8230;) Les d\u00e9mons r\u00f4dent, je le sais, guettant la fr\u00eale harmonie, pi\u00e9tinant tout ce qui est vrai, semant l&rsquo;orage pour \u00e9touffer les cris. (&#8230;) Le destin se joue de nous, fier, il nous pi\u00e9tine quand on croit le tenir, il nous jette l\u00e0 o\u00f9 se rar\u00e9fie l&rsquo;air, sans amour, sans amis, pour nous affaiblir.\u00bb Chantant et \u00e9crivant en kabyle et en fran\u00e7ais, universitaire, ancien animateur de radio, ancien caricaturiste et portraitiste sur les belles et c\u00e9l\u00e8bres places parisiennes, Brahim Saci nous donne \u00e0 lire dans ce recueil une po\u00e9sie qui nous fait du bien, qui apaise notre \u00e2me.<\/p>\n\n\n\n<p>Par&nbsp;Kamel LAKHDAR-CHAOUCHE &#8211;&nbsp;<strong>Le quotidien L&rsquo;expression<\/strong>, Lundi 19 D\u00e9cembre 2016<br><br><strong>Fleurs aux \u00e9pines, Edi<\/strong><strong>tions du Net, 136 pages, octobre 2016<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>_________________________________________________<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"680\" src=\"https:\/\/www.brahimsaci.com\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/454210876_8346261958751306_6814851232555522105_n-1024x680.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-782\" srcset=\"https:\/\/www.brahimsaci.com\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/454210876_8346261958751306_6814851232555522105_n-1024x680.jpg 1024w, https:\/\/www.brahimsaci.com\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/454210876_8346261958751306_6814851232555522105_n-300x199.jpg 300w, https:\/\/www.brahimsaci.com\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/454210876_8346261958751306_6814851232555522105_n-768x510.jpg 768w, https:\/\/www.brahimsaci.com\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/454210876_8346261958751306_6814851232555522105_n-1536x1020.jpg 1536w, https:\/\/www.brahimsaci.com\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/454210876_8346261958751306_6814851232555522105_n.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 767px) 89vw, (max-width: 1000px) 54vw, (max-width: 1071px) 543px, 580px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\"><strong><em>Conservatoire du 8\u00e8me arrondissement<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\"><strong><em>Le 07 juin 2006<\/em><br><br>La belle prestation de Brahim Saci<br><br>Par Youcef Zirem<br><br><\/strong>Ambiance de f\u00eate et convivialit\u00e9 ont \u00e9t\u00e9 au rendez-vous le temps d\u2019une belle soir\u00e9e. La chanson kabyle a enthousiasm\u00e9 le public.<br><br>Une fois n\u2019est pas coutume, c\u2019est un chanteur kabyle que l\u2019Amicale du conservatoire du 8\u00e8me arrondissement de Paris pr\u00e9sente. Pour une premi\u00e8re, c\u2019est une grande r\u00e9ussite. Le public appr\u00e9cie et sort combl\u00e9 de ce d\u00e9fil\u00e9 de chansons venues d\u2019Afrique du Nord. C\u2019est un pr\u00e9lude andalou qui d\u00e9marre le show. Ce morceau fait d\u00e9j\u00e0 voyager l\u2019assistance. On se met \u00e0 imaginer les splendeurs d\u2019une autre \u00e9poque. L\u2019orchestre compos\u00e9 de Ahmed Ait Amar (violon), Hammouche Yahia (alto), Hac\u00e8ne Ait Moula (derbouka), Cherat Ramdane (banjo), Ali Benali Amirouche (guitare), Belarbi Nadir (clavier) et Djemli Madjid a une grande exp\u00e9rience derri\u00e8re lui. Brahim Saci chante ses succ\u00e8s comme La Colombe, le D\u00e9clin des jours ou encore Vas mon \u00e2me. Il envo\u00fbte le public avec des paroles en kabyle et en fran\u00e7ais. L\u2019artiste a grandi en France o\u00f9 il a suivi des \u00e9tudes litt\u00e9raires et a beaucoup lu Baudelaire, Rimbaud, Verlaine et les autres po\u00e8tes fran\u00e7ais.<br><br>Brahim Saci a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 portraitiste sur les places touristiques parisiennes tout comme il a eu une exp\u00e9rience radiophonique dans sur les ondes franco-maghr\u00e9bines quand il faisait des \u00e9missions sur la litt\u00e9rature et l\u2019histoire des Berb\u00e8res. Les po\u00e8tes berb\u00e8res Si Mohand ou Mhand et Slimane Azem le marquent \u00e0 jamais. Brahim Saci produit de 1992 \u00e0 1997 cinq albums \u00e0 Paris. Ces cr\u00e9ations parlent de l\u2019amour, de la nostalgie d\u2019une terre perdue, du temps qui passe inexorablement, de la douleur de vivre des mauvais jours, des affres de l\u2019exil, du d\u00e9sir de surmonter les difficult\u00e9s. A sa fa\u00e7on, il continue les qu\u00eates artistiques de Slimane Azem, un grand artiste que le pouvoir alg\u00e9rien n\u2019a pas cess\u00e9 de marginaliser jusqu\u2019\u00e0 sa mort en 1983.<br><br>Brahim Saci interpr\u00e8te D nekwni i d nekwni (ce que nous sommes), une merveilleuse chanson de Slimane Azem et enflamme la salle. Au m\u00eame moment, des douceurs berb\u00e8res et du th\u00e9 \u00e0 la menthe sont distribu\u00e9s au public. La convivialit\u00e9 atteint ses sommets et la belle V\u00e9ronique Vernon, vice-pr\u00e9sidente du conservatoire, est bien contente. A bien des \u00e9gards, cette soir\u00e9e du mercredi 7 juin 2006 restera dans les m\u00e9moires des admirateurs de Brahim Saci.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\"><strong>La Maison des journalistes-Paris- 11 juin 2006<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>R\u00e9cital au conervatoire Camille Saint Sa\u00ebns du 8\u00e8me arrondissement de Paris. Le 07 juin 2006. Avec les musiciens: Ahmed Ait Amar (violon), Hammouche Yahia (alto), Hac\u00e8ne Ait Moula (derbouka), Cherat Ramdane (banjo), Ali Benali Amirouche (guitare), Belarbi Nadir (clavier) et Djemli Madjid ( mandole).<\/p>\n\n\n\n<p><strong>_________________________________________<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\"><strong>Le malaise incommensurable des plus d\u00e9munis<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>la ville a du mal \u00e0 respirer en ce moment. C\u2019est le mois de juillet mais le soleil est presque absent \u00e0 Paris. La venue de nombreux dirigeants politiques du monde pour le sommet de l\u2019Union Pour la M\u00e9diterran\u00e9e fait chambouler les plans de circulation dans cette merveilleuse cit\u00e9, capitale mondiale de la culture.<\/p>\n\n\n\n<p>S\u00e9curit\u00e9 oblige, le parcours de nombreux bus est d\u00e9vi\u00e9. Mais Paris ne vit pas uniquement pour cette rencontre politique dont on sait d\u2019avance l\u2019incertitude de ses r\u00e9sultats. Paris est plut\u00f4t une halte incontournable pour les artistes et les r\u00eaveurs. Brahim Saci en fait partie. Avec sa guitare en bandouli\u00e8re, il ne cesse de parcourir les nombreux bistrots alg\u00e9riens, apr\u00e8s son travail au service culturel de la mairie de Paris.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Universitaire, Brahim Saci a fait l\u2019ensemble de sa scolarit\u00e9 \u00e0 Paris mais il est rest\u00e9 toujours \u00e0 l\u2019\u00e9coute de ce qui se passe en Alg\u00e9rie, son pays natal. C\u2019est au d\u00e9but des ann\u00e9es 90, qu\u2019il enregistra son premier album de musique cha\u00e2bie. Sur les traces de son idole de toujours, Slimane Azem, il s\u00e9duit de nombreux m\u00e9lomanes, de cr\u00e9ation en cr\u00e9ation. Quand on \u00e9coute Brahim Saci chanter, on a l\u2019impression d\u2019entendre Slimane Azem, excommuni\u00e9 des m\u00e9dias alg\u00e9riens durant de longues ann\u00e9es.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>La po\u00e9sie de Brahim Saci, \u00e9crite en kabyle et en fran\u00e7ais, est limpide et profonde ; elle raconte la r\u00e9alit\u00e9 de l\u2019immigration et de l\u2019Alg\u00e9rie sans aucune tricherie. Elle est \u00e0 l\u2019image de l\u2019homme qu\u2019il est : un \u00eatre sensible et g\u00e9n\u00e9reux, essayant tout le temps d\u2019aider les uns et les autres. Brahim Saci est aussi un grand lecteur : son appartement dans le 20eme arrondissement de Paris est plein de livres.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Tout ce qui s\u2019\u00e9crit sur l\u2019Alg\u00e9rie, on peut le trouver chez lui. Brahim Saci est conscient des malheurs de l\u2019exil. Loin des siens, la solitude est souvent am\u00e8re. \u00abNe me comprennent que ceux qui ont march\u00e9 sur mes pas&#8230; Il y a une n\u00e9cessit\u00e9 de dire pour ne pas sombrer. Aborder l\u2019art avec amour car seul ce sentiment permet de le saisir\u00bb, me dit-il. Brahim Saci revient p\u00e9riodiquement en Alg\u00e9rie. Mais il est parfois triste de constater la perte de certaines valeurs dans le pays de ses anc\u00eatres : comme le manque de solidarit\u00e9, la course effr\u00e9n\u00e9e vers l\u2019argent facile ou encore le malaise incommensurable des plus d\u00e9munis. Le plus grand souhait de Brahim Saci, c\u2019est de voir une soci\u00e9t\u00e9 civile autonome s\u2019attaquer aux vrais probl\u00e8mes. Ce souhait de l\u2019artiste est certainement partag\u00e9 par une foule d\u2019individus.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Youcef Zirem<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Alg\u00e9rienews du 14 juillet 2008<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;_________________________________________________<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Brahim Saci:<\/strong><br><strong>\u00a0\u00bb L\u2019Alg\u00e9rie habite mon c\u0153ur et mon esprit \u00ab\u00a0<\/strong><br><br><strong>Entretien r\u00e9alis\u00e9 par Mohand-Cherif Zirem<\/strong><br><br>Auteur, compositeur et interpr\u00e8te de ses chansons, Brahim Saci est un c\u00e9l\u00e8bre chanteur kabyle, connu en Alg\u00e9rie, mais surtout en France o\u00f9 il vit depuis l\u2019\u00e2ge de 11 ans. La presse alg\u00e9rienne le surnomme L\u2019incarnation de Slimane Azem, tellement sa mani\u00e8re de chanter ressemble \u00e0 ce monument de la chanson nord-africaine.<br><br>Ces deux artistes chantent \u00e9norm\u00e9ment sur l\u2019exil et la nostalgie du pays natale. Saci est aussi un grand po\u00e8te, un dessinateur et un ancien journaliste qui a fait ses preuves dans nombre de radios. Dans cet entretien exclusif, ce talentueux artiste nous livre des secrets sur ses \u0153uvres magiques, mais aussi sur la chanson alg\u00e9rienne et bien d\u2019autres questions artistiques et actuelles.<br><br><em><strong>Vous \u00eates auteur compositeur et interpr\u00e8te de vos chansons.<br>Peut-on conna\u00eetre le secret de cette polyvalence ?<\/strong><\/em><br><br>C\u2019est certainement la passion, je suis un homme passionn\u00e9 qu\u2019un rien \u00e9merveille; o\u00f9 que je sois l\u2019inspiration peut souffler comme un vent bienfaiteur. La po\u00e9sie fait partie de ma vie depuis l\u2019enfance, l\u2019art de la rime, ce don de Dieu peut me visiter dans la rue, dans un bus, dans le m\u00e9tro ; je peux \u00e9crire m\u00eame dans la foule car j\u2019arrive \u00e0 me d\u00e9tacher d\u2019une certaine r\u00e9alit\u00e9 comme pour rentrer dans une autre r\u00e9alit\u00e9 parall\u00e8le o\u00f9 tout n\u2019est que Art et volupt\u00e9\u2026<br><br>La musique cha\u00e2bi, quant \u00e0 elle, habite en moi dans l\u2019\u00e2me, le c\u0153ur et l\u2019esprit: mon p\u00e8re m\u2019a permis de d\u00e9couvrir Slimane Azem, ce cr\u00e9ateur g\u00e9nial, po\u00e8te, chanteur, fabuliste, dramaturge qui a berc\u00e9 des g\u00e9n\u00e9rations et des g\u00e9n\u00e9rations d\u2019\u00e9migr\u00e9s. Apr\u00e8s il y a \u00e9videmment le travail; sans le travail le talent ne peut pas suffire, car il ne pourra s\u2019exprimer enti\u00e8rement. Il faut dans bien des cas se fatiguer, aller au plus profond de soi-m\u00eame pour en tirer le meilleur, \u00eatre un peu perfectionniste pour aboutir \u00e0 des choses abouties.<br><br>Toute mon enfance fut berc\u00e9e par les chants et la po\u00e9sie de Slimane Azem, \u00e9merveill\u00e9 par la richesse m\u00e9lodique et la force du verbe de celui-ci, je ne cesse de m\u2019y r\u00e9f\u00e9rer comme \u00e0 une source salutaire. Slimane Azem est pour moi un ma\u00eetre et un p\u00e8re spirituel. Plus tard, la d\u00e9couverte de Dahmane El Harrachi a renforc\u00e9 mon amour pour la musique cha\u00e2bi.<br><br>D\u2019autres artistes m\u2019ont influenc\u00e9 et continuent de m\u2019influencer aussi bien dans l\u2019\u00e2me po\u00e9tique que dans la cr\u00e9ation musicale : Youcef Abdjaoui, Allaoua Zerrouki, Cheikh Arab, Ahcene Mezani, Matoub Loun\u00e8s, El Hasnaoui, El Anka, Kamel Messaoudi, pour la chanson alg\u00e9rienne, Brel et Brassens pour la chanson fran\u00e7aise. Un bagage culturel riche et vari\u00e9 est n\u00e9cessaire au cr\u00e9ateur.<br><br><strong>Que repr\u00e9sente justement la po\u00e9sie pour vous ?<\/strong><br><br>En kabyle, le po\u00e8te c\u2019est celui qui \u00e9claire. Dans la Gr\u00e8ce antique toute expression litt\u00e9raire \u00e9tait qualifi\u00e9e de po\u00e9tique comme c\u2019est \u00e9galement le cas dans la culture Kabyle, o\u00f9 le po\u00e8te est celui qui manie le verbe ou qui a l\u2019art de manier le verbe. La langue kabyle est elle-m\u00eame empreinte de po\u00e9sie. La po\u00e9sie est la premi\u00e8re expression artistique et le genre litt\u00e9raire le plus ancien de l\u2019humanit\u00e9. La po\u00e9sie reste un myst\u00e8re; la po\u00e9sie est l\u2019\u00e2me des choses, l\u2019\u00e2me profonde des choses. Sans la po\u00e9sie, la saveur de la vie elle-m\u00eame n\u2019est plus pareille. La po\u00e9sie nous aide \u00e0 supporter les difficult\u00e9s de la vie, \u00e0 relativiser leur importance. La po\u00e9sie nous aide \u00e0 avancer, elle nous permet d\u2019aimer les autres, ce qui est magnifique. Elle nous permet aussi de voir la beaut\u00e9 du monde quand on sait l\u2019approcher avec amour.<br><br><strong>M\u00eame si vous avez une originalit\u00e9, vous ressemblez \u00e0 Slimane Azem dans vos \u0153uvres. D\u2019o\u00f9 vient cette similitude ?<\/strong><br><br>Je ne saurais le dire exactement; ma l\u00e9g\u00e8re ressemblance avec Slimane Azem est peut-\u00eatre un miracle, mais pour esp\u00e9rer approcher la po\u00e9sie de Slimane Azem il faut soi-m\u00eame ciseler le verbe et l\u2019\u00e9lever au-del\u00e0 des cimes. Mais Slimane Azem est un monument de la musique alg\u00e9rienne et de la musique mondiale que personne ne peut r\u00e9ellement imiter ou \u00e9galer. Mon admiration sans bornes pour Slimane Azem, mon int\u00e9r\u00eat pour tout ce qu\u2019il a fait, m\u2019ont permis d\u2019aller un peu sur ses traces et je suis \u00e9mu quand on me dit que je ressemble \u00e0 Slimane Azem. C\u2019est un grand honneur pour moi.<br><br><strong>A ce jour, Slimane Azem n\u2019est pas reconnu \u00e0 sa juste valeur dans son pays. Pourquoi ?<\/strong><br><br>Slimane Azem est incontournable dans le domaine de la chanson nord-africaine. Personne ne peut l\u2019occulter. M\u00eame banni des m\u00e9dias de son pays durant des ann\u00e9es, il n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 oubli\u00e9 par ceux qui l\u2019adorent, et il n\u2019a jamais cess\u00e9 de chanter, d\u2019aimer l\u2019Alg\u00e9rie. Dans un de ses plus beaux po\u00e8mes compos\u00e9s vers la fin de sa vie, il disait :<br><br>Je me rappelle cette nuit d&rsquo;orage<br>Entour\u00e9 de mon p\u00e8re et de ma m\u00e8re<br>En exil d\u00e8s mon jeune \u00e2ge<br>J&rsquo;ai pr\u00e9par\u00e9 mes affaires<br>Pour mon premier voyage<br>M&rsquo;exiler au-del\u00e0 des mers<br><br>Je revois d&rsquo;ici mon village<br>Et tous ceux qui me sont tr\u00e8s chers<br>Pour moi ce paysage<br>Est le pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 de la Terre<br><br>L&rsquo;Alg\u00e9rie, mon beau pays<br>Je t&rsquo;aimerais jusqu&rsquo;\u00e0 la mort<br>Loin de toi, moi je vieillis<br>Rien emp\u00eache que je t&rsquo;adore<br><br>Avec tes sites ensoleill\u00e9s<br>Tes montagnes et tes d\u00e9cors<br>Jamais je ne t&rsquo;oublierais<br>Quelque soit mon triste sort<br><br>Seul, je me parle \u00e0 moi-m\u00eame<br>J&rsquo;ai failli \u00e0 mon devoir<br>J&rsquo;ai men\u00e9 une vie de boh\u00e8me<br>Et v\u00e9cu dans le cauchemar<br>Quand je chante ce po\u00e8me<br>Je retrouve tout mon espoir<br><br>L&rsquo;Alg\u00e9rie, mon beau pays<br>Je t&rsquo;aimerais jusqu&rsquo;\u00e0 la mort<br>Loin de toi, moi je vieillis<br>Rien n\u2019emp\u00eache que je t&rsquo;adore<br>Avec tes sites ensoleill\u00e9s<br>Tes montagnes et tes d\u00e9cors<br>Jamais je ne t&rsquo;oublierais<br>Quelque soit mon triste sort.<br><br>Un po\u00e8me d\u2019une force et d\u2019une profondeur inou\u00efe qui en dit long sur l\u2019exil amer et la souffrance de l\u2019\u00e9loignement du pays natal. Slimane Azem est un grand artiste mais c\u2019est aussi un esprit libre qui dit l\u2019essentiel, qui parle aussi de la n\u00e9cessit\u00e9 de la libert\u00e9, de la justice sociale, de la d\u00e9mocratie, o\u00f9 chaque Alg\u00e9rien aura sa place dans la diversit\u00e9 culturelle et linguistique. Ces id\u00e9es continuent \u00e0 g\u00eaner certains mais le jour viendra bient\u00f4t o\u00f9 ces belles valeurs viendront naturellement et s\u2019imposeront.<br><br><strong>Vous vivez en France, mais vous-\u00eates toujours attach\u00e9 \u00e0 votre pays. Parlez-nous de cette passion de la terre natale ?<\/strong><br><br>Je vis en France depuis pr\u00e8s de 40 ans mais je n\u2019ai jamais coup\u00e9 les ponts avec mon pays natal. Chaque ann\u00e9e je viens une ou plusieurs fois en Alg\u00e9rie pour me ressourcer. Ce pays, ma Kabylie natale, sont mon oxyg\u00e8ne. L\u2019Alg\u00e9rie, c\u2019est le pays de mon enfance et l\u2019enfance ne s\u2019oublie jamais.<br><br>L\u2019Alg\u00e9rie habite mon c\u0153ur et mon esprit. Loin d\u2019elle nous sommes emprunts de nostalgie quand ces ann\u00e9es magiques de l\u2019enfance reviennent pour nous apporter les senteurs de jeunesse o\u00f9 tout n\u2019\u00e9tait que paix et s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 aupr\u00e8s de ses parents dans la chaleur du foyer. Loin d\u2019elle, ces images reviennent et tournoient comme un tourbillon dans la t\u00eate et nous plongent dans un spleen baudelairien qui engendre une douleur de l\u2019\u00e2me. Paradoxalement, cette nostalgie et ce spleen sont un aliment pour l\u2019expression artistique.<br><br><strong>L\u2019exil est le th\u00e8me qui revient souvent dans vos po\u00e8mes. Est-ce une souffrance ingu\u00e9rissable ?<\/strong><br><br>L\u2019exil est toujours amer. Avec le temps on fait semblant de le supporter mais c\u2019est toujours une blessure dont on ne gu\u00e9rit jamais. Mais l\u2019exil est \u00e9galement un chemin vers la sagesse, vers le recul, vers le questionnement profond. L\u2019exil\u00e9 est comme un arbre qu\u2019on d\u00e9racine et qu\u2019on tenterait de replanter ailleurs, m\u00eame s\u2019il reprend vie, il aura toujours le mal du pays. Le drame est qu\u2019\u00e0 l\u2019exil apparent s\u2019ajoute l\u2019exil int\u00e9rieur du po\u00e8te, l\u2019incompris, l\u2019esseul\u00e9. On peut dire que ma souffrance est double. Si l\u2019exil nous \u00e9touffe peu \u00e0 peu en France, o\u00f9 l\u2019\u00e9tranger est un bouc-\u00e9missaire qu\u2019on montre du doigt \u00e0 chaque crise sociale ou probl\u00e8me de soci\u00e9t\u00e9, de retour au pays natal nous sommes confront\u00e9s \u00e0 un \u00e9touffement d\u2019un autre ordre encore plus d\u00e9vastateur.<br><br>On se rend vite compte que l\u2019oxyg\u00e8ne qu\u2019on est venu chercher se rar\u00e9fie inexorablement dans ce pays natal qui peine \u00e0 se d\u00e9mocratiser, on ressent donc vite le d\u00e9sir de repartir. Un pays qui m\u00e9rite tellement mieux et qui pourrait mieux faire. Il suffirait d\u2019un soubresaut des intelligences alg\u00e9riennes, je sais qu\u2019il y en a, pour construire un avenir meilleur. Je me sens comme un \u00e9corch\u00e9 vif qui a l\u2019impression de n\u2019\u00eatre nulle part chez lui.<br><br><strong>Pourquoi la plupart des intellectuels alg\u00e9riens \u00e9tablis en France peinent \u00e0 s\u2019imposer ?<\/strong><br><br>Il est difficile en France d\u2019\u00eatre reconnu en tant qu\u2019intellectuel si on n\u2019est pas dans le politiquement correct. Les intellectuels alg\u00e9riens dont on parle en France sont souvent ceux qui \u00e9pousent les id\u00e9es dominantes. Si l\u2019intellectuel alg\u00e9rien n\u2019a pas v\u00e9ritablement sa place en France c\u2019est aussi parce qu\u2019il n\u2019a pas su s\u2019organiser et se constituer en r\u00e9seaux comme le font d\u2019autres communaut\u00e9s. Sans cela il ne peut avoir une visibilit\u00e9 m\u00e9diatique et peser sur la sc\u00e8ne politique. Dans la lutte pour la survie, au lieu de s\u2019unir pour constituer une force pour s\u2019entraider, ces intellectuels restent dispers\u00e9s et les rares r\u00e9ussites restent individuelles.<br><br><strong>Que peut-on dire de la chanson alg\u00e9rienne actuelle ?<\/strong><br><br>La chanson alg\u00e9rienne est tr\u00e8s riche et vari\u00e9e. Elle se d\u00e9cline en plusieurs langues et en plusieurs styles. Peut-\u00eatre que les meilleurs chanteurs alg\u00e9riens ne sont pas toujours les mieux m\u00e9diatis\u00e9s. Chaque r\u00e9gion de ce beau pays a son style musical, mais ces styles musicaux ne sont pas assez visibles malheureusement. Il faudrait seulement plus de moyens pour permettre aux nombreux cr\u00e9ateurs de chaque r\u00e9gion d\u2019Alg\u00e9rie de s\u2019exprimer et vivre de leur Art.<br><br>Nous voyons quelques artistes qui courtisent le pouvoir monopoliser la sc\u00e8ne artistique, je pense qu\u2019il devient urgent d\u2019arr\u00eater ces pratiques et d\u2019ouvrir la sc\u00e8ne aux nombreux cr\u00e9ateurs alg\u00e9riens. Les temps de la pens\u00e9e unique sont r\u00e9volus, le 21\u00e8me si\u00e8cle est un si\u00e8cle d\u2019ouverture et de libert\u00e9.<br><br><strong>Quelle est la place de la culture en Alg\u00e9rie ?<\/strong><br><br>La culture Alg\u00e9rienne est d\u2019une richesse et d\u2019une diversit\u00e9 extraordinaire. Il suffit de parcourir le pays pour se rendre compte de cette diversit\u00e9, de cette richesse, des couleurs, o\u00f9 chaque r\u00e9gion de ce vaste et beau pays a sa couleur et sa particularit\u00e9 culturelle. La culture n\u2019a h\u00e9las jamais \u00e9t\u00e9 la priorit\u00e9 de ceux qui dirigent l\u2019Alg\u00e9rie et pourtant c\u2019est la culture qui va sauver ce pays !<br><br>Quand je suis en Alg\u00e9rie je me rends vite compte du d\u00e9sert culturel, le constat est facile \u00e0 faire, il n\u2019y a quasiment plus de cin\u00e9mas et les th\u00e9\u00e2tres sont rares. Il y a tant \u00e0 faire dans la production th\u00e9\u00e2trale et cin\u00e9matographique, et il faudrait aussi cr\u00e9er une agence nationale pour les artistes pour leur permettre comme en France d\u2019\u00eatre r\u00e9mun\u00e9r\u00e9s lorsqu\u2019ils ne travaillent pas et revaloriser le statut de l\u2019artiste.<br><br>Il faudrait cr\u00e9er des conservatoires de musiques et des centres de loisirs et d\u2019animation pour enfants et adultes dans chaque commune pour permettre aux \u00e9coliers d\u2019avoir des activit\u00e9s extrascolaires et aux adules d\u2019avoir une pratique artistique Quand un enfant sort de l\u2019\u00e9cole, il va au conservatoire ou au centre d\u2019animation et de loisirs. Comme cela se fait en France.<br><br><strong>Quel est le dernier livre que vous avez lu ?<\/strong><br><br>En fait j\u2019en ai lu deux : Le dernier roman de Youcef Zirem \u00ab L\u2019homme qui n\u2019avait rien compris \u00ab publi\u00e9 aux \u00e9ditions Michalon. Un beau roman dont l\u2019histoire se d\u00e9roule entre Alger et Paris, dont je suis l\u2019un des personnages. \u00abHistoire de Kabylie\u00bb de Youcef Zirem aus \u00e9ditions Yoran Embanner. De l\u2019antiquit\u00e9 \u00e0 nos jours. J\u2019ai eu la chance de m\u2019exprimer dans ce fabuleux livre.<br><br><strong>Quels sont vos projets artistiques ?<\/strong><br><br>Les projets foisonnent dans ma t\u00eate. Mais les obstacles de la vie et ses tourments retardent leur publication. J\u2019\u00e9cris pourtant et compose beaucoup. Tant bien que mal j\u2019essaie de mener \u00e0 bien ces projets. J\u2019ai en fait deux albums de 16 chansons qui sont presque pr\u00eats, mais dans un souci de perfection ils sont encore dans mes tiroirs. Mais je pense qu\u2019ils arriveront bient\u00f4t \u00e0 maturit\u00e9 pour le bonheur de mon public!<\/p>\n\n\n\n<p><strong>L&rsquo;Echo d&rsquo;Alg\u00e9rie du 19 d\u00e9cembre 2013.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Entretien r\u00e9alis\u00e9 par Mohand-Cherif Zirem<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><a href=\"http:\/\/img.over-blog-kiwi.com\/1\/72\/05\/02\/20150716\/ob_a10bb1_1505179-697330920311153-252427527-n.jpg\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/lh3.googleusercontent.com\/blogger_img_proxy\/ANbyha2tz4lxTRHE7Cd-WmkmbnXtXli5kq84UpgD98_sW2dEJesdos5s2xjEQcZL6mqAHxiJRBQOtOp0tHk-TxJ39lsdI8hjRFPdITIaCaSLz9eg7ZMMyOC0B3qSEyQ394Uat8vCux19BWOIYXTXDPVKRHlP22BENXRto4JGv9757bHbZS88mS7y5g=s0-d\" alt=\"Brahim Saci: &quot;L\u2019Alg\u00e9rie habite mon c\u0153ur et mon esprit&quot;\"\/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><a href=\"http:\/\/img.over-blog-kiwi.com\/1\/72\/05\/02\/20150716\/ob_20e6c0_960087-599395170108734-1175341262-n.jpg\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/lh3.googleusercontent.com\/blogger_img_proxy\/ANbyha16GNR7uJQOFsKbo6PmLQ3mtxmKkbpgr-KB6j5j8yuxUUOdFC1cL7NagbZETzH7_tuURcliC9luVM3SdzAHKzIqhFOmd9-wIZ0Jt2LRaRI__Tl-smgPiy1XG5BvggnJbaISZxlGQqIS06945oYZP0jTUxI4FJRUHLfO0WOZ-mlt84CzxGhqkw=s0-d\" alt=\"Brahim Saci: &quot;L\u2019Alg\u00e9rie habite mon c\u0153ur et mon esprit&quot;\"\/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">_______________________<\/h1>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\"><a href=\"http:\/\/www.tifrit.info\/village\/tifrit-oumalek\/culture\/301-brahim-saci-l-lart-est-avant-tout-un-acte-damour-r\">BRAHIM SACI : \u00ab L\u2019Art est avant tout un acte d\u2019amour \u00bb<\/a><\/h4>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Universitaire, activant dans le secteur culturel, au niveau de la Mairie de Paris, Brahim Saci est aussi un chanteur de talent, un po\u00e8te original. Il nous dit, ici, sa perception de la musique, son parcours jalonn\u00e9 de multiples haltes cr\u00e9atrices.<br><br><strong>Universitaire, chanteur, po\u00e8te, animateur de la vie culturelle \u00e0 Paris, pouvez-vous vous pr\u00e9senter \u00e0 nos lecteurs et nous raconter un peu votre parcours ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><br><strong>Brahim Sac<\/strong>i : L\u2019artiste en g\u00e9n\u00e9ral et le po\u00e8te en particulier pr\u00e9f\u00e8re l\u2019ombre \u00e0 la lumi\u00e8re. L\u2019art est avant tout un cri d\u2019amour. Adolescent, la d\u00e9couverte d\u2019Arthur Rimbaud \u00e0 Paris m\u2019a boulevers\u00e9 tant son g\u00e9nie est exceptionnel. \u00c0 l\u2019\u00e9poque, j\u2019\u00e9crivais pour oublier un peu ma profonde solitude int\u00e9rieure. C\u2019est par un coup du destin que je me suis retrouv\u00e9 en France \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 10 ans. J\u2019\u00e9tais un enfant joyeux au village Tifrit Nait Oumalek, beau village de montagne de l\u2019arch des A\u00eft Idjeur au pied de l\u2019Akfadou, village sous la protection du Saint Sidi Mhand umalek, de cette majestueuse et mill\u00e9naire Kabylie. Les jours passaient dans un bonheur sans pareil, entre l\u2019\u00e9cole et les jeux avec les autres enfants du village.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Le village comme tous les villages kabyles s\u2019est toujours autog\u00e9r\u00e9, ce qui le pr\u00e9servait des tourments politiques et prot\u00e9geait aussi la paix r\u00e9gnante. Chaque jour \u00e9tait un rayon de soleil, \u00e9tant g\u00e2t\u00e9 par une grand-m\u00e8re paternelle Samah Zahra (setti zahra) paix \u00e0 son \u00e2me, admirable et g\u00e9n\u00e9reuse, qui m\u2019a berc\u00e9 dans les contes kabyles, g\u00e2t\u00e9 aussi par une grand-m\u00e8re maternelle Hamek Keltoume (setti Taweccixt) femme de coeur tout aussi admirable, du village Tazrouts Nait Oumalek de la wilaya de Bgayet, village sous la protection du Saint Sidi Mhammed Ouali, village qui m\u2019est aussi cher parce que j\u2019y suis n\u00e9. Je me souviens que par les rudes nuits d\u2019hiver, assembl\u00e9s autour du kanun, du feu, ma m\u00e8re nous jouait des petites pi\u00e8ces th\u00e9\u00e2trales improvis\u00e9es, cela nous faisait oublier le froid et la rudesse de l\u2019hiver et comblait un peu le manque du p\u00e8re, immigr\u00e9 en France depuis les ann\u00e9es 50, qu\u2019on ne voyait qu\u2019un mois dans l\u2019ann\u00e9e. Mon grand p\u00e8re paternel Saci ALi \u00e9tait aussi immigr\u00e9 en France depuis 1912. Le destin a voulu que je quitte cet univers enchant\u00e9 pour atterrir \u00e0 Paris fin 1975. Vivant seul, mon p\u00e8re ne pouvait me garder \u00e0 Paris. Il me confia donc \u00e0 sa soeur, ma tante Saci Taklit, qui vivait en famille \u00e0 Pierrefitte, en Seine Saint Denis.<br>De l\u2019Akfadou \u00e0 Saint-Denis.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Ils m\u2019ont toujours consid\u00e9r\u00e9 comme leur propre fils, je leur dois beaucoup. Je fus donc scolaris\u00e9 \u00e0 Pierrefitte en derni\u00e8re ann\u00e9e de primaire CM2 \u00e0 l\u2019\u00e9cole Eug\u00e8ne Varlin, je garde un pr\u00e9cieux souvenir du directeur Jean Dalarun, un homme de coeur qui a toujours eu une attention par ticuli\u00e8re \u00e0 mon \u00e9gard. J\u2019avais eu au village un instituteur de fran\u00e7ais tout aussi remarquable, Mouhoune Mhamed, dont l\u2019enseignement de qualit\u00e9 a fait que j\u2019ai pu suivre une scolarit\u00e9 normale en France. J\u2019ai continu\u00e9 ma scolarit\u00e9 non sans difficult\u00e9s mais la po\u00e9sie m\u2019aidait \u00e0 les surmonter. D\u2019autant que la muse m\u2019a ouvert ses bras o\u00f9 je pouvais me r\u00e9fugier de temps \u00e0 autre. Le dessin aussi \u00e9tait un refuge, ainsi que les BD, dont j\u2019\u00e9tais un grand lecteur. Au lyc\u00e9e j\u2019ai d\u00e9couvert la po\u00e9sie de Guillaume Apollinaire, Charles Baudelaire. Aux concours de po\u00e9sie organis\u00e9s chaque ann\u00e9e par le lyc\u00e9e, je remportais des prix, ce qui me conforta dans mon envie d\u2019\u00e9crire.<\/p>\n\n\n\n<p><br>\u00c0 la fin de la derni\u00e8re ann\u00e9e de coll\u00e8ge, je quittais Pierrefitte et la famille Ladaoui pour rejoindre mon p\u00e8re \u00e0 Paris. La vie \u00e0 Paris allait changer ma vie. J\u2019entrais au lyc\u00e9e Paul Eluard \u00e0 Saint-Denis. Un jour, allant me promener du c\u00f4t\u00e9 du Ch\u00e2telet, je me retrouvai devant le Centre Beaubourg o\u00f9 des artistes faisaient des portraits et des caricatures des touristes. Je d\u00e9cidais alors de mettre en pratique mon talent de dessinateur et de m\u2019installer l\u00e0 tous les week-ends pour dessiner. \u00c0 partir des ann\u00e9es 90, voyant les mentalit\u00e9s et les libert\u00e9s r\u00e9tr\u00e9cir \u00e0 Paris, les artistes \u00e9tant de moins en moins tol\u00e9r\u00e9s dans les rues parisiennes, je d\u00e9cidai d\u2019arr\u00eater ce m\u00e9tier et de me consacrer \u00e0 mon autre passion : la musique.<br>Dans le 20e arrondissement de Paris o\u00f9 je vivais, j\u2019avais rencontr\u00e9 un talentueux musicien chaabi, Si Tayeb Ali, originaire de Maatqa, et qui g\u00e9rait un caf\u00e9. Gr\u00e2ce \u00e0 lui j\u2019ai pu c\u00f4toyer de grands artistes kabyles comme Akli Yahyaten, Rachid Mesbahi, Ait Meslayen, Youcef Abjaoui, Cid Messaoudi et beaucoup d\u2019autres. Si Tayeb Ali m\u2019apprit les rudiments du chaabi et m\u2019a appris \u00e0 aimer Dahmane Elharachi. En 1992, j\u2019enregistre mon premier album, \u00ab Exil \u00e9ternel \u00bb, en hommage \u00e0 Slimane Azem. J\u2019ai 31 chansons qu\u2019on peut \u00e9couter et m\u00eame t\u00e9l\u00e9charger sur mon site internet, www.brahimsaci.com. Je reste un boh\u00e8me, un po\u00e8te qui \u00e9crit dans les rues de paris des vers en kabyle et en fran\u00e7ais que le vent disperse.<\/p>\n\n\n\n<p><br><strong>Quand vous chantez, on a l\u2019impression d\u2019entendre le grand Slimane Azem chanter. Comment arrivez-vous \u00e0 faire une telle prouesse ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><br><strong>B.S.&nbsp;<\/strong>: En fait, c\u2019est loin d\u2019\u00eatre une prouesse, c\u2019est tout \u00e0 fait naturel. Mais vous \u00eates gentil quand vous dites qu\u2019en a l\u2019impression d\u2019entendre le grand Slimane Azem, mais je dirais : lbarakka kan, c\u2019est juste un don du ciel. Je suis franchement loin de pouvoir \u00e9galer la qualit\u00e9 vocale du grand Slimane Azem.<br>La justesse de sa voix surtout dans l\u2019istikhbar, le pr\u00e9lude chaabi, est \u00e9poustouflante. Rares sont ceux qui peuvent rivaliser avec lui. Ses pr\u00e9ludes chant\u00e9s coulent comme l\u2019eau d\u2019une source du Djurdjura, c\u2019est la puret\u00e9 de la source, c\u2019est la langue kabyle incarn\u00e9e. Le cha\u00e2bi, musique populaire alg\u00e9rienne, d\u00e9rive du style classique arabo-berb\u00e8ro-andalous, musique savante que le grand Ma\u00eetre El Anka a codifi\u00e9 en raccourcissant et simplifiant les modes pour les rendre plus accessibles. Dahmane Elharachi a vulgaris\u00e9 cette musique en la rapprochant du peuple.<br>Slimane Azem \u00e9tait un as de la composition. D\u2019o\u00f9 la simplicit\u00e9 apparente qui n\u2019en est pas en r\u00e9alit\u00e9. Il \u00e9tait une l\u00e9gende de son vivant pour la musique, le chant et le verbe, comme l\u2019\u00e9tait avant lui Si Mohand U Mhand par le verbe.<br>Mais je vous dirais que ne ressemble pas au l\u00e9gendaire Slimane Azem qui veut. Ce n\u2019est pas tout \u00e0 fait un hasard. Il faut avoir un bagage culturel, avoir beaucoup \u00e9tudi\u00e9 les auteurs et po\u00e8tes kabyles et d\u2019ailleurs, avoir une exp\u00e9rience de vie riche, m\u00eame en souffrances.<br>Faut marcher sur le brasier pieds nus sans bouger un sourcil, \u00eatre un homme de convictions comme l\u2019\u00e9tait Matoub Lounes, avoir une bonne connaissance musicale. Il faut beaucoup lire, ma\u00eetriser les techniques de versifications, avoir une bonne connaissance de la langue et aimer profond\u00e9ment ce qu\u2019on fait. L\u2019art c\u2019est avant tout l\u2019amour, donner sans rien attendre en retour\u2026<br><br><strong>Le th\u00e8me de l\u2019exil est assez pr\u00e9sent dans votre oeuvre, pouvez-vous nous dire un mot \u00e0 ce sujet ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><br><strong>B.S.<\/strong>&nbsp;: L\u2019exil est comme une mal\u00e9diction, mais ne dit-on pas aussi que les po\u00e8tes sont maudits ? Ou bien dit-on cela uniquement parce qu\u2019on ne les comprend pas ? Pour me comprendre il faut marcher dans mes pas, pourrait dire le po\u00e8te. La solitude profonde parce qu\u2019on n\u2019est pas compris, avoir sans cesse la sensation d\u2019\u00eatre d\u2019un autre temps, d\u2019une autre dimension\u2026 Recherchant et fuyant le monde, fuyant le vide tout en le recherchant comme pouss\u00e9 par une force invisible. L\u2019exil int\u00e9rieur, celui des po\u00e8tes, est de loin le plus d\u00e9vastateur car c\u2019est une temp\u00eate silencieuse que seul la plume peut dompter par moments. Et les instants de r\u00e9pit sont rares. S\u2019ajoute \u00e0 l\u2019exil tout court, l\u2019exil int\u00e9rieur du po\u00e8te\u2026 Si l\u2019image fait sourire, la r\u00e9alit\u00e9 est tout autre en v\u00e9rit\u00e9 mais, heureusement, la seule force salvatrice c\u2019est l\u2019Amour.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Vous sortez bient\u00f4t un nouvel album, quels en sont les th\u00e8mes majeurs ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>B.S.<\/strong>&nbsp;: Cela fait longtemps que je travaille sur ce nouvel album. Mais, sans doute \u00e0 cause d\u2019un souci de perfectionnisme, ce n\u2019est jamais assez bien. Il m\u2019arrive souvent de revenir sur des compositions anciennes pour les retravailler. Les po\u00e8mes doivent couler comme l\u2019eau d\u2019une source de l\u2019Akfadou, fra\u00eeche et claire pour qu\u2019on s\u2019y voie dedans. Il est \u00e9vident que l\u2019exil est omnipr\u00e9sent comme il est pr\u00e9sent en moi, install\u00e9 pour l\u2019\u00e9ternit\u00e9. Il y a le temps qui passe, qui d\u00e9truit jusqu\u2019\u00e0 l\u2019amour, et la d\u00e9tresse du po\u00e8te devant ce qu\u2019il ne peut changer. L\u2019art c\u2019est la puret\u00e9, la bont\u00e9, la beaut\u00e9, la v\u00e9rit\u00e9. Mais quand le Bien rencontre le Mal, il est d\u00e9sempar\u00e9 ! Dans tout l\u2019album il y a dualit\u00e9 entre le bien et le mal, le jour et la nuit. Il y a plusieurs chansons bilingues, en kabyle et fran\u00e7ais, car la langue kabyle et la langue fran\u00e7aise vivent en moi dans le coeur et l\u2019esprit.<br>Le titre de l\u2019album c\u2019est \u00ab qlilet lemhiba \u2013 taluft umeddah \u00bb (L\u2019amour se fait rare et la fable du troubadour), un titre que je pense \u00eatre \u00e9vocateur. Il y a aussi un regard sur l\u2019Alg\u00e9rie, pays natal qu\u2019on aime, qu\u2019on regarde avec espoir, en r\u00eavant d\u2019une v\u00e9ritable d\u00e9mocratie qu\u2019on esp\u00e8re proche pour le bien du peuple alg\u00e9rien, pour une justice sociale dans le respect de chacun et pour de meilleures relations entre les deux rives.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Interview r\u00e9alis\u00e9e par&nbsp;<strong>Youcef ZIREM<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p>Youssef Zirem<br>in&nbsp;<a href=\"http:\/\/lakoom-info.com\/magazines\/lakoom\/pdf\/lakoom28.pdf\">http:\/\/lakoom-info.com<\/a>&nbsp;de F\u00e9vrier 2010<\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">_________________________<\/h1>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\"><a href=\"http:\/\/brahimsaci.over-blog.com\/2015\/07\/l-ame-profonde-d-un-artiste.html\">L\u2019\u00c2ME PROFONDE D\u2019UN ARTISTE<\/a><\/h1>\n\n\n\n<p>Il est des artistes qui impressionnent par l\u2019originalit\u00e9 de leur parcours. Brahim Saci en fait partie. Universitaire, fonctionnaire dans une institution culturelle parisienne, il chante depuis pr\u00e8s de vingt ans. En kabyle et en fran\u00e7ais, il met en musique des textes qu\u2019il \u00e9crit lui-m\u00eame. Quand on se laisse emporter par ses douces et revendicatrices m\u00e9lodies, on croit entendre le grand Slimane Azem, mort et enterr\u00e9 loin des siens. Homme cultiv\u00e9 et engag\u00e9, Brahim Saci emporte souvent avec lui un ou plusieurs livres. Grand lecteur, il ram\u00e8ne toujours de ses vir\u00e9es en Alg\u00e9rie des ouvrages racontant l\u2019histoire et le v\u00e9cu du pays de ses anc\u00eatres.<br>Originaire des hauteurs majestueuses de l\u2019Akfadou, du c\u00f4t\u00e9 des Ait Aijer, Brahim Saci est l\u2019un des premiers chanteurs alg\u00e9riens \u00e0 avoir un site internet o\u00f9 il met en \u00e9coute libre pratiquement toute son \u0153uvre.<br>J\u2019ai eu la chance d\u2019assister \u00e0 un de ses r\u00e9citals, au conservatoire du 8e arrondissement de Paris. Ce fut un grand moment artistique. Dans une ambiance de f\u00eate, toute l\u2019assistance \u00e9tait captiv\u00e9e par l\u2019originalit\u00e9 des th\u00e8mes que Brahim Saci avait mis en musique.<\/p>\n\n\n\n<p>Le public europ\u00e9en n\u2019en revenait pas de ce voyage musical offert par un cr\u00e9ateur dou\u00e9 et simple. Le sourire toujours au coin des l\u00e8vres, Brahim Saci aime dire : \u00ab S\u00e2aben lechghal \u00bb (les choses ne sont pas ais\u00e9es). Lorsque l\u2019artiste se met \u00e0 chanter \u00ab Vas, mon \u00e2me \u00bb, \u00ab la Colombe \u00bb, ou encore \u00ab le D\u00e9clin des jours \u00bb, ses admirateurs se laissent bercer et plongent dans une nostalgie presque salvatrice.<br>Venu tr\u00e8s jeune en France, Brahim Saci a fait un remarquable cursus scolaire qui lui a permis \u00e9galement de conna\u00eetre et d\u2019appr\u00e9cier les qu\u00eates po\u00e9tiques de Rimbaud, Verlaine et Baudelaire. Ces grands po\u00e8tes fran\u00e7ais lui rappellent un certain troubadour alg\u00e9rien : Si Mohand ou Mhand, probable-<br>ment le plus grand po\u00e8te d\u2019Afrique du Nord. Si Mohand ou Mhand, venu \u00e0 la po\u00e9sie et \u00e0 l\u2019errance infinie apr\u00e8s que les colonialistes fran\u00e7ais eurent massacr\u00e9 sa famille, a \u00e9labor\u00e9 des textes magnifiques de profondeur, de sens et de sensibilit\u00e9 humaine.<\/p>\n\n\n\n<p>Avant de se lancer dans la chanson, Brahim Saci a \u00e9t\u00e9 animateur de radio sur la place parisienne. Il a trait\u00e9 dans ses chroniques sur les ondes de sujets culturels importants. Artiste complet, Brahim Saci avait \u00e9galement exerc\u00e9 l\u00e9 m\u00e9tier de portraitiste sur les places touristiques de la Ville Lumi\u00e8re.<br>Auteur de plusieurs albums r\u00e9ussis, Brahim Saci raconte l\u2019exil, l\u2019amour, les nostalgies du monde, la terre des anc\u00eatres, les valeurs qui s\u2019en vont, les spirales du temps qui s\u2019enfuit et qui demeure un myst\u00e8re ou encore le bonheur des choses simples et profondes.<br>Dans son coquet appartement du 20e arrondissement de Paris, Brahim Saci continue ses cr\u00e9ations musicales. C\u2019est clair : le meilleur reste certainement \u00e0 venir.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Youssef Zirem<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>ALG\u00c9RIE NEWS &#8211; Mercredi 24 d\u00e9cembre 2008<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Revue mensuelle Lakoom info, janvier 2009<\/strong><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><\/h3>\n\n\n\n<p>__________________________________________________________________<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\"><strong>&nbsp;Lucidit\u00e9 et clairvoyance d\u2019un grand artiste<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les grands artistes ont la possibilit\u00e9 d\u2019exprimer, non seulement leurs sentiments profonds mais ils peuvent aussi partager et sentir la douleur et la joie des autres, en gardant l\u2019\u0153il clairvoyant sur le pr\u00e9sent et l\u2019avenir. Brahim Saci, en fait partie.<\/p>\n\n\n\n<p>Saci est un artiste sinc\u00e8re qui s\u2019exprime en toute libert\u00e9. Il n\u2019est pas du tout de cette cat\u00e9gorie des pseudo-intellectuels, lesquels font tout pour chanter l\u2019ordre \u00e9tabli et faire l\u2019\u00e9loge des puissants du moment. Saci ne fait qu\u2019\u00e9couter son c\u0153ur si sensible et sa raison sereine est ing\u00e9nieuse.&nbsp;Il chante la vie avec ses couleurs multiples, l\u2019exil, la fraternit\u00e9, l\u2019humanisme et bien d\u2019autres th\u00e8mes. \u00ab&nbsp;L\u2019injustice et les p\u00e9ch\u00e9s -Ont bien fini par vous plaire&nbsp;-O\u00f9 est l\u2019espoir du pass\u00e9 -N\u2019aimez-vous pas la lumi\u00e8re? -M\u00eame les oiseaux migrateurs -Reviennent toujours vers leur nids -Que devient le voyageur&nbsp;-Qui reste loin de chez lui? -J\u2019ai vu bien des pays&nbsp; -Mais nul n\u2019\u00e9gale ta &nbsp;beaut\u00e9 -\u00d4 soleil de l\u2019Alg\u00e9rie! L\u00e8ves-toi \u00f4 libert\u00e9! -M\u00eame le soleil dans le ciel&nbsp; -Se couche quand arrive le soir -M\u00eame la pluie et la gr\u00eale -N\u2019effaceront pas la m\u00e9moire&nbsp; -J\u2019ai peur pour ceux qui oublient -Et se croient intouchables&nbsp; -Car le destin de la vie -Pour eux est impardonnable -J\u2019ai peur pour ceux qui oublient -Et veulent changer de visage -Si l\u2019argent change leurs vies -C\u2019est avec qu\u2019ils font naufrage\u00bb, chante le fils de la Kabylie. &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Saci partage les \u00e9motions de ses compatriotes en France et partout dans le monde, il fait de l\u2019humanisme une raison de vivre. Sans omettre de s\u2019accrocher \u00e0 ses racines, \u00e0 cette terre g\u00e9n\u00e9reuse qui l\u2019a vu na\u00eetre. Comme Slimane Azem, Brahim parle du substantiel des choses et ne se contente pas du superflu car il n\u2019a pas froid aux yeux. &nbsp;\u00abC\u2019est dans les rues de la vie -De l\u2019Alg\u00e9rie \u00e0 Paris -Qu\u2019il a sem\u00e9 l\u2019espoir -C\u2019est au son d\u2019une m\u00e9lodie -Berc\u00e9e dans la Kabylie -Qu\u2019il a grav\u00e9 la m\u00e9moire -M\u00eame s\u2019il fut trahi -Sans rancune et sans m\u00e9pris -Il nous a tant fait r\u00eaver -Ce fut l\u2019espoir de sa vie -C\u2019est l\u2019espoir d\u2019un pays -L\u2019espoir d\u2019une libert\u00e9 -Vagabond sur les chemins&nbsp; -Seul, sa guitare \u00e0 la main -Dans les ruelles de Paris -Il chantait quelques refrains -Pour l\u2019espoir d\u2019un lendemain -\u00d4 folklore de Kabylie -M\u00eame si l\u2019exil l\u2019a banni -Pour l\u2019amour de sa Patrie -Il a gard\u00e9 l\u2019espoir -Il disait soyez unis -Vous r\u00e9ussirez vos vies -Vous garderez la m\u00e9moire -C\u2019est sur les chemins de l\u2019art -Qu\u2019il a sem\u00e9 l\u2019espoir -Avec les couleurs des saisons&nbsp; -Comme cet oiseau rare -Qu\u2019on a trahi sans savoir -Qu\u2019on a trahi sans raison -O montagnes de Kabylie! -C\u2019est pour vous que j\u2019\u00e9cris -Avec une note d\u2019esp\u00e9rance -Si je meurs demeurent mes cris -Sous le vent ou la pluie -Ils effaceront vos souffrances&nbsp;\u00bb, peut-on \u00e9couter d\u2019une chanson d\u2019une rare beaut\u00e9, o\u00f9 Brahim nous rappelle d\u2019am\u00e8res souvenirs\u2026<\/p>\n\n\n\n<p><br>Brahim Saci est n\u00e9 en Alg\u00e9rie, dans un village de Kabylie, Tifrit Na\u00eft Oumalek, village c\u00e9l\u00e8bre sous la protection du tr\u00e8s v\u00e9n\u00e9r\u00e9 Saint Sidi M\u2019Hamed Oumalek. La tradition rapporte que ce dernier s\u2019y est \u00e9tabli dans cette belle r\u00e9gion, probablement vers la fin du XIVe si\u00e8cle. Brahim Saci est l\u2019un de ses descendants. Jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e2ge de 10 ans, il passa une enfance heureuse au village. Puis il&nbsp; partit rejoindre son p\u00e8re \u00e0 Paris. Il suit sa scolarit\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9cole primaire Eug\u00e8ne Varlin, au coll\u00e8ge Gustave Courbet \u00e0 Pierrefitte, puis au lyc\u00e9e Paul Eluard \u00e0 Saint-Denis. D\u00e9j\u00e0 po\u00e8te-adolescent, s\u2019inspirant de Baudelaire, de Rimbaud et de Nerval, il remporta des prix aux concours de po\u00e9sie organis\u00e9s par le lyc\u00e9e Paul Eluard. Une chose qui le motive \u00e9norm\u00e9ment. Tr\u00e8s t\u00f4t, il a baign\u00e9 dans les Arts, berc\u00e9 par les chants berb\u00e8res que fredonnaient sa grand-m\u00e8re et sa m\u00e8re. D\u00e9j\u00e0 enfant, il \u00e9tait fort dou\u00e9 en dessin, il devint des ann\u00e9es plus tard, dessinateur, caricaturiste (un m\u00e9tier qu\u2019il pratiqua durant ses voyages en Allemagne, en Suisse, en Autriche, qu\u2019il continue \u00e0 pratiquer \u00e0 Paris). Apr\u00e8s un Baccalaur\u00e9at litt\u00e9raire, philosophie, langues, il entame des \u00e9tudes universitaires \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Paris VIII, \u00e0 Saint-Denis. Apr\u00e8s une licence de langues \u00e9trang\u00e8res appliqu\u00e9es, affaires et commerce et une ma\u00eetrise en anglais, traduction scientifique et technique, il se passionne pour la musique et approfondit l\u2019\u00e9criture.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Il devient alors auteur, compositeur, interpr\u00e8te d\u2019expression franco-berb\u00e8re. Animateur \u00e0 Radio Beur en 1992, \u00e0 Radio France Maghreb en 1995, de 1993 \u00e0 1997 il pr\u00e9sente des rubriques litt\u00e9raires dans le domaine berb\u00e8re \u00e0 Bellovaque FM. A Beur FM de 1996 \u00e0 1997, \u00e0 France Maghreb FM de 1998 \u00e0 2000, il pr\u00e9sente des rubriques sur l\u2019Histoire antique des berb\u00e8res. En plus de ses multiples qu\u00eates intellectuelles, l\u2019auteur de Leghdar n watmatien (la trahison des fr\u00e8res) continue de chanter ses belles et originales compositions. Un grand artiste comme Brahim Saci m\u00e9rite un grand hommage et une reconnaissance singuli\u00e8re. Dans le monde d\u2019aujourd\u2019hui, les vraies valeurs sont supplant\u00e9es par un mat\u00e9rialisme farouche, lequel a marginalis\u00e9 les cr\u00e9ateurs. L\u2019Alg\u00e9rie d\u2019aujourd\u2019hui et celle de demain seront &nbsp;toujours fi\u00e8res d\u2019avoir un artiste aussi modeste.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Ali Remzi<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>25 Juillet 2010<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;_____________________________________________<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Brahim Saci r\u00e9pond au courrier d&rsquo;Alg\u00e9rie&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;<em>BRAHIM SACI, PO\u00c8TE, CHANTEUR<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00abSlimane Azem est une r\u00e9f\u00e9rence incontournable de la chanson alg\u00e9rienne\u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Brahim Saci est n\u00e9 en Alg\u00e9rie le 22 f\u00e9vrier 1965, dans un village de Kabylie, Tifrit Na\u00eft Oumalek. Jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 10 ans, il passa une enfance heur&#8230;euse au village. Puis, il partit rejoindre son p\u00e8re \u00e0 Paris. Brahim Saci suit sa scolarit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole primaire Eug\u00e8ne Varlin, au coll\u00e8ge Gustave Courbet \u00e0 Pierrefitte, ensuite au lyc\u00e9e Paul Eluard \u00e0 Saint- Denis. D\u00e9j\u00e0 po\u00e8te adolescent, s&rsquo;inspirant de Baudelaire (1821-1867), de Rimbaud (1854-1891) de Nerval (1808-1855), Si Mohand U Mhand ( 1845 1906 ) et Slimane Azem ( 1918 &#8211; 1983 ) il remporta des prix aux concours de po\u00e9sie organis\u00e9s par le lyc\u00e9e Paul Eluard.Tr\u00e8s t\u00f4t, il a baign\u00e9 dans les Arts, berc\u00e9 par les chants berb\u00e8res que fredonnaient sa grand-m\u00e8re et sa m\u00e8re. Enfant fort dou\u00e9 en dessin, il devint des ann\u00e9es plus tard, dessinateur, caricaturiste, m\u00e9tier qu&rsquo;il pratiqua durant ses voyages en Allemagne, en Suisse, en Autriche, qu&rsquo;il continue \u00e0 pratiquer \u00e0 Paris. Apr\u00e8s un Baccalaur\u00e9at litt\u00e9raire, philosophie, langues, il entame des \u00e9tudes universitaires \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 Paris VIII, \u00e0 Saint- Denis. Apr\u00e8s une licence, langues \u00e9trang\u00e8res appliqu\u00e9es, mention affaires, il se passionne pour la musique et approfondit l&rsquo;\u00e9criture Il devint alors Auteur, Compositeur, Interpr\u00e8te d&rsquo;expression franco-berb\u00e8re de Kabylie. Animateur chroniqueur, r\u00e9alisateur dans des radios franco-maghr\u00e9bines de 1992 \u00e0 2000. Il produit son premier album en 1992, rendant hommage au l\u00e9gendaire Slimane Azem (1918 &#8211; 1983) p\u00e8re de la chanson kabyle auquel il porte une admiration sans bornes. Le style musical de Brahim SACI pop cha\u00e2bi kabyle (musique populaire berb\u00e8re alg\u00e9rienne kabyle) et son timbre de voix nous rappelle Slimane Azem. Les th\u00e8mes dominants dans sa po\u00e9sie sont le temps qui passe, la solitude int\u00e9rieure du po\u00e8te et les tourments de l&rsquo;exil. Brahim SACI vit \u00e0 Paris. Il continue ses compositions et s\u00e8me dans les rues de Paris qui l&rsquo;inspirent tant des po\u00e8mes en kabyle et en fran\u00e7ais.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le Courrier d&rsquo;Alg\u00e9rie :&nbsp;<\/strong><em>Un mot sur Brahim Saci ?<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Brahim Saci :<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Difficile de r\u00e9pondre \u00e0 une telle question; il n&rsquo;est pas facile de parler de soi; disons que je suis un Alg\u00e9rien au parcours universitaire qui vit \u00e0 Paris, qui croit \u00e0 l&rsquo;art, \u00e0 l&rsquo;humanit\u00e9 et aux valeurs ; je fais de la po\u00e9sie et de la musique pour dire les malheurs de l&rsquo;exil, les incertitudes de la vie, ses chagrins et ses espoirs aussi. L&rsquo;art est pour moi une raison d&rsquo;\u00eatre.<\/p>\n\n\n\n<p>Vous avez quitt\u00e9 l&rsquo;Alg\u00e9rie \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 10 ans. Quel souvenir gardez- vous encore de votre enfance en Kabylie ?<\/p>\n\n\n\n<p>Mon enfance en Kabylie a \u00e9t\u00e9 heureuse; ce fut une \u00e9poque b\u00e9nie o\u00f9 le r\u00eave \u00e9tait encore possible malgr\u00e9 les difficult\u00e9s du quotidien. Mon entourage, ma famille et tous les villageois sur les hauteurs de l&rsquo;Akfadou me guidaient sur les chemins de la vie. C&rsquo;\u00e9tait le temps de la solidarit\u00e9 et du partage; le temps de la communion avec la nature et les \u00eatres.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Comment s&rsquo;est faite votre int\u00e9gration en France ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Mon arriv\u00e9e en France est d\u00e9j\u00e0 une coupure avec ma vie heureuse dans le village Tifrit Nait Oumalek en Kabylie; c&rsquo;est un d\u00e9racinement douloureux, l&rsquo;int\u00e9gration s&rsquo;est faite progressivement gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole, au coll\u00e8ge, au lyc\u00e9e puis encore l&rsquo;universit\u00e9. La famille de ma tante chez qui je suis rest\u00e9 quelques ann\u00e9es, dans la banlieue parisienne, m&rsquo;avait \u00e9galement \u00e9t\u00e9 d&rsquo;un secours certain. Les ann\u00e9es passant j&rsquo;ai d\u00e9couvert les chemins tortueux de l&rsquo;exil, o\u00f9 l&rsquo;\u00e9tranger est toujours suspect, peinant \u00e0 survivre sans arr\u00eat sous les regards mena\u00e7ants de la discrimination, du racisme. Nous vivons la discrimination au quotidien.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Combien d&rsquo;Albums avez-vous sur le march\u00e9 ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>J&rsquo;ai quatre albums de chansons ; je suis un peu perfectionniste, je n&rsquo;enregistre mes textes et chansons que quand je sens qu&rsquo;ils sont vraiment arriv\u00e9s \u00e0 maturit\u00e9. Toutes mes chansons sont en \u00e9coute libre sur mon site internet,&nbsp;<a href=\"http:\/\/www.brahimsaci.com\/\" rel=\"noreferrer noopener\" target=\"_blank\">http:\/\/www.brahimsaci.com\/<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Votre premier album remonte \u00e0 quelle ann\u00e9e ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Mon premier album remonte \u00e0 1992. Ce n&rsquo;\u00e9tait pas facile de le faire mais avec de la volont\u00e9 et de la passion, il a vu le jour et a plu \u00e0 de nombreux m\u00e9lomanes. Vous avez tenu \u00e0 rendre un hommage appuy\u00e9 dans votre premier album au l\u00e9gendaire Slimane Azem.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Pourquoi avoir choisi Slimane Azem ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Slimane Azem est une r\u00e9f\u00e9rence incontournable de la chanson alg\u00e9rienne que ce soit au niveau de la po\u00e9sie ou de la musique; c&rsquo;est un g\u00e9nie du verbe \u00e0 l&rsquo;\u00e9coute de son peuple. C&rsquo;est peut-\u00eatre, au d\u00e9part, sa fa\u00e7on profonde et incomparable de chanter l&rsquo;exil qui a fait que je choisisse Slimane Azem. Slimane Azem \u00e9tait une l\u00e9gende de son vivant comme l&rsquo;\u00e9tait le grand po\u00e8te kabyle du 19e si\u00e8cle Si Mohand Ou Mhand. Ils ont marqu\u00e9 tous les deux leur si\u00e8cle par la beaut\u00e9 de leur art. Slimane Azem comme Si Mohand Ou Mhand \u00e9taient des po\u00e8tes vrais, engag\u00e9s, d\u00e9non\u00e7ant l&rsquo;arbitraire, l&rsquo;injustice. Slimane Azem a toujours lutt\u00e9 pour une Alg\u00e9rie meilleure, il a chant\u00e9 l&rsquo;espoir de voir une d\u00e9mocratie o\u00f9 r\u00e9gnerait la justice sociale o\u00f9 chaque alg\u00e9rien trouverait sa place, dans la diversit\u00e9 culturelle et linguistique, o\u00f9 la langue berb\u00e8re \u00abtamazight\u00bb rayonnerait.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00cates-vous un admirateur de Slimane Azem ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Bien s\u00fbr que je suis un admirateur de ce grand humaniste, philosophe, po\u00e8te chanteur, de cet homme de principe que nul pouvoir n&rsquo;a r\u00e9ussi \u00e0 corrompre. Slimane Azem reste un mod\u00e8le que ce soit dans son art ou dans ses positions dans la vie. Slimane Azem est mort et enterr\u00e9 loin de chez lui car il ne voulait pas cautionner un syst\u00e8me alg\u00e9rien profond\u00e9ment injuste.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Essayez vous d&rsquo;imiter Slimane Azem ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Non je n&rsquo;essaie pas d&rsquo;imiter Slimane Azem m\u00eame si son grand r\u00e9pertoire m&rsquo;influence beaucoup, comme m&rsquo;a influenc\u00e9 la po\u00e9sie de Si Mohand Ou Mhand et la po\u00e9sie ancienne kabyle. Il se trouve juste que gr\u00e2ce \u00e0 la baraka, quand je chante, les gens me disent que je lui ressemble un peu; cela m&rsquo;honore beaucoup.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Quels sont les th\u00e8mes dominants dans vos po\u00e9sies ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Dans ma po\u00e9sie, j&rsquo;interroge la vie ; je raconte l&rsquo;exil, l&rsquo;amour, l&rsquo; amiti\u00e9, le temps qui passe ; j&rsquo; essaie de laisser mon empreinte \u00e0 travers les mots que mes d\u00e9boires parisiens me poussent \u00e0 \u00e9crire. Paris est aussi une ville de culture ; chaque coin de rue de cette cit\u00e9 de lumi\u00e8re peut \u00eatre une occasion \u00e0 une rencontre int\u00e9ressante qui annonce tout de suite un po\u00e8me.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Pouvez-vous nous parler aussi de Brahim Saci, animateur chroniqueur r\u00e9alisateur dans des radios franco maghr\u00e9bines ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Avant de faire de la radio, j&rsquo;ai \u00e9galement fait de la caricature; j&rsquo;ai dessin\u00e9 et fait le portrait de nombreux touristes de passage \u00e0 Paris ; ce fut une exp\u00e9rience humaine extraordinaire. La radio fut \u00e9galement une halte importante dans mon parcours ; ce fut l&rsquo;\u00e9poque o\u00f9 les radios foisonnaient, on voulait tout dire, tout raconter. Pour ma part, j&rsquo;ai fait de tout, j&rsquo;ai racont\u00e9 \u00e9galement l&rsquo;histoire des Berb\u00e8res pour que les gens venus d&rsquo;Afrique du nord ne perdent pas leurs racines.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Quels sont les chanteurs et les auteurs qui vous inspirent le plus ? Un mot sur la chanson kabyle actuelle ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>De nombreux chanteurs kabyles m&rsquo;inspirent, surtout ceux qui font du bon cha\u00e2bi. Ce genre musical est une grande \u00e9cole. Apr\u00e8s Slimane Azem, j&rsquo;ai toujours aim\u00e9 Youcef Abjaoui que j&rsquo;ai eu la chance de rencontrer \u00e0 Paris ; c&rsquo;\u00e9tait un grand Monsieur qui avait une ma\u00eetrise parfaite de son art. Quand \u00e0 la chanson kabyle je dirais qu&rsquo;elle se porte bien. Elle manque seulement de moyens pour que d&rsquo;autres styles puissent s&rsquo;imposer. Le statut de l&rsquo;artiste reste \u00e0 cr\u00e9er afin que les artistes puissent vivre dignement de leur art. Il appartient au minist\u00e8re de la culture de subventionner la cr\u00e9ation artistique comme cela se fait en France. Nos compatriotes qui ont de l&rsquo;argent pourraient aussi aider l&rsquo;art. Le m\u00e9c\u00e9nat existe partout sauf chez nous. Il faudrait aussi que les choses \u00e9voluent dans ce sens. En Alg\u00e9rie les cr\u00e9ateurs foisonnent il faut seulement leur donner les moyens pour pouvoir s&rsquo;exprimer.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00c0 quelle ann\u00e9e remonte votre derni\u00e8re visite en Alg\u00e9rie ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Je vais souvent en Alg\u00e9rie pour me ressourcer. Ma derni\u00e8re visite remonte \u00e0 l&rsquo;\u00e9t\u00e9 2010. L&rsquo;Alg\u00e9rie est un pays magnifique; c&rsquo;est le pays de nos anc\u00eatres. J&rsquo;esp\u00e8re qu&rsquo;il va vite se d\u00e9mocratiser pour que tous les Alg\u00e9riens trouvent enfin leur place dans leur propre pays. Est-ce que vous avez organis\u00e9 de grands concerts en France ? Oui, je l&rsquo;ai fait. Ce n&rsquo;est pas toujours facile. Le dernier qui a eu une grande r\u00e9ussite a eu lieu dans le conservatoire du 8e arrondissement de Paris. Dans ce quartier hupp\u00e9 de la capitale fran\u00e7aise, la musique kabyle a su conqu\u00e9rir un public qui ignorait jusque-l\u00e0 tout de ce genre musical.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00c0 quand un concert en Alg\u00e9rie ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Cela ne d\u00e9pend pas seulement de moi, mais je suis pr\u00eat \u00e0 r\u00e9pondre \u00e0 toutes les sollicitations s\u00e9rieuses pour montrer au public alg\u00e9rien mes nombreuses cr\u00e9ations.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Qu&rsquo;en est-il de vos projets ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>J&rsquo;ai de nombreux projets; il faudra les concr\u00e9tiser. J&rsquo;ai deux nouveaux albums qui sont pr\u00eats; ils ne vont pas sortir en m\u00eame temps. J&rsquo;esp\u00e8re que l&rsquo; un d&rsquo; eux va sortir \u00e0 la fin de cette ann\u00e9e ; je sais que de nombreux fans attendent sa sortie.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Un mot pour conclure ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le mot de la fin sera pour ce pays magnifique et splendide qu&rsquo;est l&rsquo;Alg\u00e9rie. Que la d\u00e9mocratie, la justice sociale et les libert\u00e9s arrivent enfin chez nous ! Cela va beaucoup nous aider \u00e0 progresser dans tous les domaines.<\/p>\n\n\n\n<p>Entretien r\u00e9alis\u00e9 par Hafit Zaouche Le Courrier d&rsquo;Alg\u00e9rie du 14 mars 2011 .<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;_________________________________________________<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Brahim Saci sur les traces de Slimane Azem,<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>de Md Ch\u00e9rif Zirem<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Sans fausse note R\u00e9dig\u00e9 sous forme d\u2019entretien, cet opuscule explore, par un questionnement cibl\u00e9, l\u2019univers cr\u00e9atif d\u2019un chanteur, Brahim Saci, pour mettre en exergue le genre qui le distingue et dont il se nourrit, \u00e0 savoir : le genre artistique de Slimane Azem.<br>Son itin\u00e9raire est long et abrupt. Ayant quitt\u00e9 son village natal pour Paris, \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 10 ans, il devait, pour apprivoiser la ville des lumi\u00e8res, apprendre \u00e0 vivre avec son d\u00e9chirement sans pour autant sombrer dans les affres de la nostalgie. A cet effet, les paroles de son ancien instituteur, au pays, sonnent \u00e0 ses oreilles comme une sentence : \u00ab \u2026 Je sais que ta famille te manque mais ouvre tes yeux, tu es dans le pays des Lumi\u00e8res \u00bb, lui \u00e9crivit-il dans une lettre que Brahim garde comme une relique.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; L\u2019\u00e9cole primaire lui ouvre les portes de la culture fran\u00e7aise, lui fait d\u00e9couvrir, puis aimer les grands esprits qui ont donn\u00e9 ses lettres de noblesse \u00e0 la litt\u00e9rature fran\u00e7aise. Avec sa sensibilit\u00e9 inn\u00e9e, l\u2019enfant affiche d\u2019embl\u00e9e sa propension envers les auteurs les plus marquants de la po\u00e9sie fran\u00e7aise. Plus tard, l\u2019universit\u00e9 parfairera sa formation intellectuelle par des connaissances et un savoir diversifi\u00e9s, qui l\u2019aideront \u00e0 comprendre et \u00e0 saisir la condition humaine dans toute sa dimension existentielle. Ce dont il tirera, d\u2019ailleurs, en tant qu\u2019artiste, l\u2019essentiel de son inspiration.<br>Imbue de cette philosophie ancestrale, incarn\u00e9e par l\u2019un des pionniers de la chanson kabyle, Slimane Azem, il abondera dans le m\u00eame sens pour exprimer les pr\u00e9occupations sociales, les travers de l\u2019homme, les affres de l\u2019immigration\u2026 Le tout, dans un verbe subtil o\u00f9 la parabole et l\u2019all\u00e9gorie tiennent souvent lieu de mode d\u2019expression, \u00e0 l\u2019image de son idole usant de fables, d\u2019adages ou de formules sentencieuses du terroir.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; L\u2019analogie ne s\u2019arr\u00eate pas d\u2019ailleurs \u00e0 ce seul aspect de la composition. D\u2019embl\u00e9e, on est frapp\u00e9 par la voix De Brahim, qui rappelle, dans ses moindres intonation celle du po\u00e8te l\u00e9gendaire.<br>Dans ce livre Brahim Saci ne manquera pas de brosser un portrait substantiel de celui qui demeure sa r\u00e9f\u00e9rence en termes artistiques. Il notera, avec r\u00e9volte, que l\u2019exil dramatique de Slimane Azem \u00e9tait une mort anticip\u00e9e pour l\u2019a\u00e8de : \u00ab puisque s\u00e9parer un artiste de son peuple, de sa terre, est pire que la mort. \u00bb Il conclura avec modestie : \u00ab Ma l\u00e9g\u00e8re ressemblance avec lui (Slimane Azem) est une b\u00e9n\u00e9diction. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Dans d\u2019autres passages de ce livre, notre chanteur s\u2019\u00e9talera sur ses exp\u00e9riences professionnelles, au sein de diff\u00e9rentes radios communautaires, en France. Ainsi \u00e9voquera-t-il, non sans amertume, ses passages dans les radio France-Maghreb, B\u00e9lovac fm, o\u00f9 il avait anim\u00e9, respectivement, des \u00e9missions sur l\u2019histoire des berb\u00e8res, puis sur la litt\u00e9rature. A Beur fm, il participait \u00e0 l\u2019animation de l\u2019\u00e9mission Culturum avec Moh Cherbi dont il fut aussi co-animateur \u00e0 radio B\u00e9lovac fm. Avec amertume, car, confie-t-il \u00ab ces radios, non seulement elles n\u2019offraient aucune perspective d\u2019\u00e9volution, mais encore, on nous oublie sans m\u00eame un \u00ab merci \u00bb de la part des responsables. \u00bb<br>En artiste parisien, m\u00eame s\u2019il chante en Kabyle, Brahim Saci s\u2019\u00e9talera sur les \u00e9difices culturels, les infrastructures artistiques et autres lieux de cr\u00e9ations et reproductions que renferme Paris. Ce Paris, cosmopolite, multiculturel ou les artistes kabyles, depuis maintenant plusieurs g\u00e9n\u00e9rations, ont eu et ont toujours leur place. Leur plus grand repr\u00e9sentant \u00e9tait, et restera, sans doute, pour longtemps encore, Slimane Azem.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Brahim s\u2019exprime sur aussi sur d\u2019autres sujets, tels : la place de la chanson kabyle en France, son \u00e9volution, sa m\u00e9diatisation ou ses perspectives d\u2019avenir\u2026 Quant \u00e0 ses projets ils font toujours partie du pr\u00e9sent. Fa\u00e7on de dire que la musique est sa raison d\u2019\u00eatre, et la po\u00e9sie sa raison de vivre.<br>La preuve ?<br>Sa conclusion : \u00ab \u2026 \u00e0 Paris l\u2019errance te la solitude nous accompagnent. Certes, cette ville froide et chaleureuse, aux mille ombres et lumi\u00e8res, fait partie de moi, et j\u2019\u00e9graine des vers dans ses rues, en Kabyle et en Fran\u00e7ais, que le vent emporte. \u00bb<br>Paroles d\u2019artiste !<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Ahc\u00e8ne B\u00e9larbi<\/strong>  <\/p>\n\n\n\n<p>Brahim Saci sur les traces de Slimane Azem,<br>de Md Ch\u00e9rif Zirem, \u00e9ditions Lumi\u00e8res Libres, 2010<\/p>\n\n\n\n<p>___________________________________________<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Rencontre fortuite avec l&rsquo;artiste Brahim SACI \u00e0 Bouzeguene<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><a href=\"http:\/\/img.over-blog-kiwi.com\/1\/72\/05\/02\/20150715\/ob_7b668d_aout2011-13-saci230.jpg\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/lh3.googleusercontent.com\/blogger_img_proxy\/ANbyha19hWIcq1_yF-Kc72H8uSSCu74nzyS-qqcbj5y_6-XIs6-1EloaIt2LkVNVnzeE6ZtzgMatySWxNbssy3mxosDCouVlI1TO8Flsk1DKjQtmITL04_m4791G-HIffFsHLLlGAWX8-75CFtN0J8QeAvYM20xbITMu=s0-d\" alt=\"Rencontre fortuite avec l'artiste Brahim Saci \u00e0 Bouzeguene\"\/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><a href=\"http:\/\/img.over-blog-kiwi.com\/1\/72\/05\/02\/20150715\/ob_c2c8d5_aout2011-13-saci740.jpg\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/lh3.googleusercontent.com\/blogger_img_proxy\/ANbyha35s_S_cVq94AZSqYGt_XD2ZaxPZn_DVJ--u7fjVhcQTSdDKEYuUxLfiFT4iR3GY84061qnIRQEZrvzOH1s5oH9BmElVvLQcXuUq3OsRULBtyyvwdxrs_vjzUf9KUoHlt6D4o5YAIJK4sJ2YkBQqlJa6U7j6RrH=s0-d\" alt=\"Rencontre fortuite avec l'artiste Brahim Saci \u00e0 Bouzeguene\"\/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<p>Il fait bon de circuler dans la fra\u00eecheur des nuits ramadanesques de Bouzeguene anim\u00e9es plus que partout ailleurs en Kabylie avec ces rues grouillantes de monde dont des familles qui s\u2019attablent dans les vastes terrasses improvis\u00e9es \u00e0 l\u2019occasion de ce mois sacr\u00e9. Une aubaine pour les femmes qui, apr\u00e8s une rude journ\u00e9e ponctu\u00e9e par un long stationnement derri\u00e8re les marmites, se d\u00e9lectent en d\u00e9gustant des glaces et des rafra\u00eechissements avec le mari et les enfants.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Dans la foul\u00e9e on fait la rencontre de gens qu\u2019on n\u2019a pas vus ou revus depuis belle lurette. C\u2019est le cas de l\u2019artiste \u00e9migr\u00e9 Brahim Saci de Tifrit bien connu pour ses chansons \u00e0 texte et son amour pour Slimane Azem dont il entend p\u00e9renniser l\u2019art. Au d\u00e9tour de sa rencontre impromptue avec l\u2019\u00e9quipe de Bouzeguene News au complet, Brahim Saci connu pour son \u00e9rudition et sa culture, a ouvert son c\u0153ur laissant couler un flot ininterrompu de cette douce nostalgie propre aux kabyles qui ont du mal \u00e0 se d\u00e9partir de ces douces senteurs et des souvenirs ind\u00e9l\u00e9biles du pays .<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Durant deux heures, avec notre ami qui \u00e9tait accompagn\u00e9 de M\u2019hamed Mouhoune ex directeur de Tifrit et \u00e9galement son ex instituteur ainsi qu\u2019un autre personne de ce village, la ville a r\u00e9sonn\u00e9 des discussions traitant non seulement de la musique , mais aussi des relations humaines, de la situation sociale et politique du pays mais aussi de l\u2019\u00e9cologie.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Salem Hammoum<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Bouzeguene News<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>13 ao\u00fbt 2011<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>_____________________________________<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>BRAHIM SACI l\u2019h\u00e9ritier de Da SLIMANE<\/p>\n\n\n\n<p><br>Brahim Saci se pr\u00e9sente ainsi dans sa biographie :\u00ab D\u00e9j\u00e0 po\u00e8te adolescent, s\u2019inspirant de Baudelaire (1821-1867), de Rimbaud (1854-1891) et de Nerval (1808-1855), Brahim a tr\u00e8s t\u00f4t baign\u00e9 dans les Arts. D\u00e9j\u00e0 enfant, il \u00e9tait fort dou\u00e9 en dessin, il devint des ann\u00e9es plus tard, dessinateur, caricaturiste. Apr\u00e8s une licence, langues \u00e9trang\u00e8res appliqu\u00e9es, affaire et commerce, et une ma\u00eetrise en anglais, traduction scientifique et technique, il se passionne pour la musique et approfondit l\u2019\u00e9criture. Il devint alors Auteur, Compositeur, Interpr\u00e8te d\u2019expression franco-berb\u00e8re de Kabylie. Animateur \u00e0 Radio Beur en 1992, \u00e0 Radio France Maghreb en 1995, de 1993 \u00e0 1997 il pr\u00e9sente des rubriques litt\u00e9raires dans le domaine berb\u00e8re \u00e0 Bellovaque FM. A Beur FM de 1996 \u00e0 1997, \u00e0 France Maghreb FM de 1998 \u00e0 2000, il pr\u00e9sente des rubriques sur l\u2019histoire antique des berb\u00e8res. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Parcours d\u2019artiste, multidisciplinaire, Brahim fais penser beaucoup plus \u00e0 ces savant du moyen \u00e2ge, \u00e0 l\u2019image de L\u00e9onard de Vinci, par exemple, qui surent \u00eatre en m\u00eame temps architectes, m\u00e9decins, peintres, philosophes\u2026.<br>Enfant de l\u2019exil le petit Kabyle \u00e9duqu\u00e9 en France, refuse de se renier\u2026dans certaines de ses interviews il se d\u00e9voilera ainsi : \u00bb j\u2019esp\u00e8re que mon cas servira d\u2019exemple. Il est vrai qu\u2019avec la scolarit\u00e9 nous perdons notre langue natale, mais pour ma part, je l\u2019ai en quelque sorte red\u00e9couverte, surtout avec quelques auteurs qui m\u2019ont beaucoup marqu\u00e9. Je veux parler de Mouloud Mammeri, de Mouloud Feraoun&#8230; quant \u00e0 Slimane Azem, ce po\u00e8te g\u00e9nial, il m\u2019a ouvert les portes de l\u2019art et m\u2019a appris \u00e0 aimer la langue Kabyle, pour laquelle il a sacrifi\u00e9 sa vie. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>De son idole Slimane AZEM il dira : \u00bb Je ne le fais pas expr\u00e8s, mais c&rsquo;est une grande fiert\u00e9 pour moi. Ma musique comme la sienne tire sa source du folklore kabyle et du cha\u00e2bi (musique populaire alg\u00e9rienne). Slimane Azem est le seul qui a su le mieux d\u00e9crire les sentiments collectifs de l\u2019\u00e9poque, il fut le porte-parole de tout un peuple pendant pr\u00e8s d\u2019un demi-si\u00e8cle. La beaut\u00e9 du verbe que j\u2019ai rencontr\u00e9 chez Baudelaire, je l\u2019ai retrouv\u00e9e chez Slimane Azem. Mais Slimane Azem avait quelque chose de plus car il \u00e9tait une l\u00e9gende de son vivant, il \u00e9tait un grand philosophe et un grand visionnaire. \u00bb<br>Brahim SACI, \u00e0 l\u2019image de Slimane, vit l\u2019exil. Cet exil douloureux et formateur d\u2019homme et de talent. Qui peut en parler mieux que lui. Ce sera d\u00e9j\u00e0 une bonne raison de l\u2019\u00e9couter.<br>Notre reporter l\u2019a rencontr\u00e9 \u00e0 Azazga, il se livrera plus amplement\u2026<br><strong>Ferhat TIZGUINE<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p>Rencontr\u00e9 \u00e0 Azazga en compagnie de Mr HADJMI Abdenour qui active dans l&rsquo;\u00e9ducation et le secteur associatif culturel qui nous promet bient\u00f4t un entretien, le c\u00e9l\u00e8bre chanteur kabyle Brahim Saci a bien voulu nous accorder un entretien.<\/p>\n\n\n\n<p>l&rsquo;entretien est r\u00e9alis\u00e9 par Rachid YAHOU, mon ami et coll\u00e8gue.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Rachid Yahou<\/strong>: Pr\u00e9sentes toi \u00e0 nos lecteurs s\u2019il te plait?<\/p>\n\n\n\n<p><br><strong>Brahim Saci<\/strong>: Je vis en France depuis 38 ans, je suis originaire du village Tifrith Nath Oumalek, un village qui rel\u00e8ve de la commune Idjeur dans la Daira de Bouzeguene, au pied de l&rsquo;Akfadou.<\/p>\n\n\n\n<p><br><strong>Rachid Yahou<\/strong>: As-tu un ou des projets en ce moment ?<\/p>\n\n\n\n<p><br><strong>Brahim Saci<\/strong>: Les projets foisonnent dans ma t\u00eate effectivement mais devant les difficult\u00e9s de l\u2019existence je me retrouve souvent bloqu\u00e9 malgr\u00e9 l\u2019\u00e9nergie de mes pens\u00e9es. Lorsqu\u2019une porte s\u2019ouvre, une autre se referme imm\u00e9diatement. Toutefois les capacit\u00e9s acquises jusque l\u00e0 ainsi que les bagages culturels et l\u2019exp\u00e9rience professionnelle m\u2019encouragent et laissent entrevoir une \u00e9claircie. J\u2019ai deux albums en pr\u00e9paration, de plusieurs ann\u00e9es de r\u00e9flexion. Ce long travail est m\u00fbrement r\u00e9fl\u00e9chi afin d&rsquo;atteindre la maturit\u00e9 attendue. Ces deux albums ne sortiront pas en m\u00eame temps. Le premier que je nomme \u00ab la fable du troubadour \u00bb (taluft umeddah) concerne la cr\u00e9ation artistique en g\u00e9n\u00e9rale et la place du po\u00e8te dans la soci\u00e9t\u00e9 en essayant de tirer une certaine morale. Quand au second, \u00ab l\u2019amour se fait rare \u00bb (qlilet lemhiba), il est une r\u00e9flexion sur le monde actuel, sur l&rsquo;humain en particulier, en tentant d\u2019approfondir la pens\u00e9e philosophique.<\/p>\n\n\n\n<p><br><strong>Rachid Yahou<\/strong>: Comment vis-tu l\u2019\u00e9migration par rapport \u00e0 ta culture Amazighe ?<\/p>\n\n\n\n<p><br><strong>Brahim Saci<\/strong>: Je vis mon \u00e9loignement du pays difficilement bien s\u00fbr. La solitude nous accompagne comme une ombre. Nous n\u2019avons pas vraiment l&rsquo;impression d\u2019exister. Notre culture n\u2019est pas m\u00e9diatiquement visible. Le racisme grandissant nous rend la vie p\u00e9nible m\u00eame si des associations culturelles Berb\u00e8res notamment la Coordination des Berb\u00e8re de France \u0153uvrent pour une visibilit\u00e9 de notre culture ancestrale, mais la formation d&rsquo;un v\u00e9ritable r\u00e9seau reste \u00e0 faire. Les r\u00e9ussites restent souvent individuelles et individualistes avec parfois un certain m\u00e9pris pour la culture d&rsquo;origine et cela de la part m\u00eame de ceux qui pr\u00e9tendent la d\u00e9fendre. Nous sommes h\u00e9las presque invisibles dans la soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise! Mais le combat de toutes ces associations berb\u00e8res cultive l\u2019espoir de voir la culture occuper la place qui lui revient de droit et qu\u2019elle m\u00e9rite en France. Un exemple et pas des moindres est la c\u00e9l\u00e9bration du nouvel an berb\u00e8re \u00ab yennayer \u00bb par la ville de Paris qui est en soi un grand acquis et une grande victoire. Les Berb\u00e8res de France s\u2019organisent enfin pour d\u00e9fendre leurs droits.<\/p>\n\n\n\n<p><br><strong>Rachid Yahou<\/strong>: Quelle est la place de la chanson Kabyle \u00e0 ton avis ?<\/p>\n\n\n\n<p><br><strong>Brahim Saci<\/strong>: La chanson kabyle a toujours eu une place de choix, que ce soit en Alg\u00e9rie ou en France. remplissant les salles les plus prestigieuses en Alg\u00e9rie et en France. La chanson \u00e0 textes s\u2019est grandement impos\u00e9e jusqu\u2019\u00e0 ces derni\u00e8res ann\u00e9es. Nous avons vu aussi un style festif r\u00e9pondant \u00e0 une certaine mode fabriqu\u00e9e par le march\u00e9 et soutenue par le pouvoir envahir les m\u00e9dias. Mais il serait na\u00eff de croire que la chanson kabyle r\u00e9gresse loin de l\u00e0 ! Bien au contraire elle a donn\u00e9 naissance \u00e0 beaucoup de cr\u00e9ateurs de qualit\u00e9 qui souffrent seulement d\u2019un manque de m\u00e9diatisation et d&rsquo;un manque de moyens, la chanson \u00e0 texte dont la chanson chaa\u00e2bi peine \u00e0 s&rsquo;imposer pour ses raisons. Il appartient au Minist\u00e8re de la Culture de subventionner cet art majeur pour qu\u2019\u00e9mergent les styles de qualit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><br><strong>Brahim Saci<\/strong>: Que penses-tu des autres chansons Berb\u00e8res ?<\/p>\n\n\n\n<p><br>Les autres chansons berb\u00e8res des autres r\u00e9gions d&rsquo;Alg\u00e9rie doivent elles aussi b\u00e9n\u00e9ficier de subventions \u00e9tatiques pour permettre \u00e0 ses nombreux talents de percer. La cr\u00e9ation de festivals de la chanson Berb\u00e8re ouverts \u00e0 tous les cr\u00e9ateurs montrera la richesse po\u00e9tique extraordinaire que rec\u00e8le notre beau et vaste pays. Il faudrait cr\u00e9er un grand festival dans chaque r\u00e9gion d&rsquo;Alg\u00e9rie pour permettre \u00e0 toutes les couleurs de toutes les r\u00e9gions de ce fabuleux pays de s&rsquo;exprimer. Aujourd&rsquo;hui h\u00e9las seuls les artistes qui courtisent le pouvoir ont acc\u00e8s aux festivals existants, nous voyons ainsi tourner toujours les m\u00eames artistes!<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Rachid Yahou<\/strong>: Comment vois-tu l\u2019avenir du pays justement ?<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Brahim Saci<\/strong>: Par rapport aux r\u00e9cents \u00e9v\u00e9nements du printemps arabe, l\u2019officialisation par le Maroc de la langue Berb\u00e8re est une grande avanc\u00e9e historique et un grand espoir. J\u2019ose de tout c\u0153ur esp\u00e9rer que l\u2019Alg\u00e9rie suivra cet exemple. La d\u00e9mocratie est in\u00e9vitable et s\u2019imposera d\u2019elle-m\u00eame t\u00f4t ou tard. Le peuple alg\u00e9rien a pay\u00e9 un lourd tribut pour acc\u00e9der \u00e0 cette d\u00e9mocratie. Des pays ont profit\u00e9 de l\u2019exp\u00e9rience alg\u00e9rienne et ont donc prit une certaine avance. J\u2019esp\u00e8re que les intelligences qui existent dans notre pays apporteront un changement radical du syst\u00e8me, des mentalit\u00e9s, vers une r\u00e9elle d\u00e9mocratisation. C\u2019est ainsi que nous pourrons inscrire notre nom dans l\u2019histoire. Aucune \u00e9volution n&rsquo;est possible sans une v\u00e9ritable d\u00e9mocratie, un syst\u00e8me juste et une justice sociale donnant les m\u00eames chances \u00e0 tous!<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Rachid Yahou<\/strong>: Ton souhait.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Brahim Saci<\/strong>: Faire le tour de l\u2019Alg\u00e9rie, visiter toutes les r\u00e9gions, me ressourcer et m\u2019impr\u00e9gner de tous les styles musicaux qui sont d\u2019une richesse extraordinaire car chaque r\u00e9gion a sa sp\u00e9cificit\u00e9 culturelle.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Rachid Yahou<\/strong>: Un bon souvenir ?<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Brahim Saci<\/strong>: Le printemps en Alg\u00e9rie avec ses merveilleuses couleurs.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Rachid Yahou<\/strong>: Un mauvais souvenir ?<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Brahim Saci<\/strong>: Le printemps noir berb\u00e8re d\u2019avril 2001 avec la r\u00e9pression sanglante et son lot effrayant de victimes. Plus jamais cela !<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Rachid Yahou<\/strong>: Le mot de la fin.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Brahim Saci<\/strong>: Je remercie beaucoup votre quotidien pour m\u2019avoir permis de m\u2019exprimer librement. Je dirais enfin que la d\u00e9mocratie est proche en Alg\u00e9rie et qu\u2019il appartient \u00e0 chaque alg\u00e9rien de l\u2019accueillir avec paix et s\u00e9r\u00e9nit\u00e9<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Ferhat Tizguine et Rachid Yahou<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>La Cit\u00e9&nbsp;<\/strong>du 17\/11\/2013<\/p>\n\n\n\n<p>___________________________________________________<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Brahim Saci<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\"><strong>\u00a0\u00bb Un arbre peut-il vivre sans racines ? \u00ab\u00a0<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Brahim Saci, auteur compositeur interpr\u00e8ted\u2019expression kabyle, apr\u00e8s avoir produit plusieurs albums \u00e0 Paris a sorti en Alg\u00e9rie deux albums aux \u00e9ditions \u00ab coup de c\u0153ur \u00bb sur les traces du ma\u00eetre incontest\u00e9 de la chanson kabyle, Slimane Azem (1918-1983). Brahim Saci vit en France depuis l\u2019\u00e2ge de 10ans. Apr\u00e8s des \u00e9tudes universitaires, il se passionne pour la musique traditionnelle et s&rsquo;engage dans l&rsquo;aventure de la chanson. Il nous parle dans cet entretien de son travail artistique et de sa vie en France.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Comment es-tu venu au monde de la musique et de la chanson?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e9j\u00e0 enfant, j\u2019\u00e9tais berc\u00e9 par les contes, les chants traditionnels que me chantait ma m\u00e8re, ainsi que par les nombreuses po\u00e9sies kabyles qu\u2019elle me r\u00e9citait. Jeune j\u2019\u00e9tais donc d\u00e9j\u00e0 pris par la passion et l\u2019\u00e9motion litt\u00e9raire. Cependant ce n\u2019est qu\u2019au lyc\u00e9e que les professeurs m\u2019ont appris \u00e0 appr\u00e9cier et \u00e0 comprendre les po\u00e8tes, Charles Baudelaire (1821-1867) par Les fleurs du mal en particulier, Alphonse de Lamartine (1790-1869) par Les m\u00e9ditations po\u00e9tiques, et tant d\u2019autres encore. J\u2019\u00e9tais partag\u00e9 entre les \u00e9tudes, le dessin, la po\u00e9sie et les voyages (Allemagne, Autriche, Hollande\u2026), tout cela a quelque peu d\u00e9velopp\u00e9 en moi une vie intellectuelle et artistique \u00e0 la fois. Ensuite j\u2019ai beaucoup travaill\u00e9 dans diff\u00e9rentes radios franco-maghrebines, ce qui m\u2019a permit d\u2019accentuer mon int\u00e9r\u00eat pour l\u2019Art, et de faire partager et faire d\u00e9couvrir ma culture aux autres.<br>Rilke (1875-1926), po\u00e8te et philosophe autrichien, \u00e9crivait \u00ab cr\u00e9er c\u2019est d\u2019abord se cr\u00e9er. Nous ne sommes nous-m\u00eame, avant de nous \u00eatre faits, qu\u2019\u00e9bauche, que possible, et la mati\u00e8re qui s\u2019offre au cr\u00e9ateur c\u2019est lui-m\u00eame. \u00bb Plong\u00e9 profond\u00e9ment \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de moi-m\u00eame, dans des moments de grande solitude, c\u2019est seulement l\u00e0 que je trouve des r\u00e9ponses aux questions qui assaillent mon existence. Bien que cela engendre une grande souffrance, c\u2019est une qu\u00eate n\u00e9cessaire. Personnellement je ne me sens vivre qu\u2019en cr\u00e9ant, c\u2019est un peu comme si je ne faisais qu\u2019un avec l\u2019art, pour moi c\u2019est un mode de vie. Vivant en France depuis 30ans, ne me comprennent que ceux qui ont march\u00e9 dans mes pas. Cependant le g\u00e9nie de la cr\u00e9ation ne doit pas faire oublier la grande solitude int\u00e9rieure, n\u00e9cessaire pour aller au plus profond de soi-m\u00eame et pouvoir en ressortir le meilleur. Il est bon d\u2019\u00eatre seul car la solitude est difficile \u00e0 vivre, et plus une chose est difficile, plus elle doit \u00eatre pour nous une raison de nous y attacher. C\u2019est de la peine que na\u00eet la cr\u00e9ation, comme une pluie fertilisante que la terre attend avec impatience, comme un acte de charit\u00e9, lien entre la po\u00e9sie et la mystique. Un perfectionnement personnel est recherch\u00e9 pour essayer de porter le regard au-del\u00e0 de la connaissance afin d\u2019approcher ce qui nous \u00e9chappe et accueillir avec s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 les \u00e9v\u00e9nements de notre vie et s\u2019interroger sur le m\u00e9canisme qui nous fait cr\u00e9er. Donner sans rien attendre en \u00e9change m\u00eame si les po\u00e8mes sont pay\u00e9s avec tant de souffrances. Il y a une n\u00e9cessit\u00e9 de dire pour ne pas sombrer. Aborder l\u2019art avec amour car seul ce sentiment profond permet de le saisir. Pour approcher les \u0153uvres d\u2019arts, rien n\u2019est pire que la critique, car souvent ceux qui critiquent n\u2019ont aucune connaissance artistique. Quant \u00e0 la musique, je dirais que toute po\u00e9sie lyrique est par d\u00e9finition musicale, pour moi les deux sont ins\u00e9parables.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;Comment est n\u00e9e ta passion pour Slimane Azem?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Je n\u2019ai r\u00e9ellement compris Slimane Azem qu\u2019apr\u00e8s des \u00e9tudes universitaires approfondies. Ces ann\u00e9es d\u2019\u00e9tudes m\u2019ont permis d\u2019aller plus loin dans l\u2019analyse afin d\u2019avoir une vision plus claire pour approcher<br>l\u2019\u0153uvre de ce grand humaniste et philosophe qu\u2019\u00e9tait Slimane Azem. C\u2019est un grand po\u00e8te qui d\u00e9crit<br>notamment le d\u00e9chirement de l\u2019exil. Bien plus que cela, il a su enflammer tous les c\u0153urs, et passionner<br>tous les Kabyles. Son \u0153uvre tr\u00e8s abondante et riche offre une grande diversit\u00e9 \u00e0 qui sait l\u2019\u00e9couter et la<br>comprendre. Dans ses compositions, Slimane Azem, guitariste d\u2019exception, attire par sa technique<br>percussive de la guitare, par sa riche invention de la m\u00e9lodie. Il a su transformer toute m\u00e9lodie en pure<br>beaut\u00e9. Ses chansons sont d\u2019une grande \u00e2pret\u00e9 rythmique, doubl\u00e9es d\u2019une inspiration m\u00e9lodique<br>in\u00e9puisable. Baign\u00e9 dans un fond culturel classique, les images, comparaisons, m\u00e9taphores et m\u00e9tonymies ont<br>\u00e9t\u00e9 des aliments essentiels \u00e0 sa cr\u00e9ation po\u00e9tique. Ses pr\u00e9ludes chant\u00e9s sont d\u2019une extr\u00eame justesse. Sa<br>voix est d\u2019un grand lyrisme, d\u2019une grande fluidit\u00e9, claire comme l\u2019eau d\u2019une source. Slimane Azem a su par<br>son g\u00e9nie nous transmettre les racines d\u2019une culture plus que jamais vivante, mais paradoxalement aussi, sa<br>douleur d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 forc\u00e9 de quitter sa terre natale si ch\u00e8re \u00e0 son c\u0153ur. Slimane Azem est un v\u00e9ritable<br>virtuose de la chanson kabyle, respect\u00e9 par tous, et qui ne pouvait que susciter mon admiration et ma<br>volont\u00e9 de suivre ses traces. Fran\u00e7ois Mauriac(1885-1970) disait : \u00ab une \u0153uvre vaut dans la<br>mesure o\u00f9 une destin\u00e9e s\u2019y refl\u00e8te. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Que penses-tu de la chanson kabyle de ces derni\u00e8res ann\u00e9es?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les choses terrifiantes qu\u2019a connu notre pays ont laiss\u00e9 peu de place \u00e0 l\u2019Art en g\u00e9n\u00e9ral et \u00e0 l\u2019expression artistique en particulier. Jusqu\u2019\u00e0 la mort de Matoub Loun\u00e8s, la chanson kabyle \u00e9tait en plein essor. Les ann\u00e9es 80 ont vu appara\u00eetre beaucoup de groupes de grande qualit\u00e9, constitu\u00e9s par une majorit\u00e9 d\u2019universitaires, malheureusement ces groupes ont disparu. Mais le succ\u00e8s de Matoub Loun\u00e8s a permit \u00e0 la chanson kabyle d\u2019occuper une place de choix. Il \u00e9tait une locomotive qui poussait \u00e0 la cr\u00e9ation de qualit\u00e9 aussi bien sur le plan de la po\u00e9sie que sur le plan musical. Car Matoub Loun\u00e8s excellait dans l\u2019art du \u00ab Ch\u00e2abi \u00bb qui est de surcro\u00eet une grande \u00e9cole musicale. Matoub cr\u00e9ait l\u2019\u00e9v\u00e9nement avec presque \u00e0 chaque fois deux albums, et \u00e9tait une source po\u00e9tique intarissable. Sa disparition tragique a plong\u00e9 la chanson kabyle dans un vide artistique quasi-total. On a vu alors une folklorisation accrue de la chanson kabyle o\u00f9 tout ce qui se fait l\u2019est pratiquement sur<br>un seul rythme. La cr\u00e9ation artistique s\u2019est appauvrie. On ne pense qu\u2019\u00e0 danser. Toutes les manifestations dites culturelles sont en fait des pistes de danse. On a ainsi petit \u00e0 petit habitu\u00e9 le public \u00e0 ne venir \u00e0 chaque fois dans les salles que d\u2019une fa\u00e7on quasi-m\u00e9canique. On vient consommer des pistes de danse. On a vu alors les ventes de disques chuter pour la quasi-totalit\u00e9 des cr\u00e9ateurs. Mais d\u2019autres raisons bien s\u00fbr viennent se greffer \u00e0 cela. La fracture avec la tradition orale, on voit les anciens dispara\u00eetre un par un, a aussi contribu\u00e9 \u00e0 l\u2019apparition d\u2019une po\u00e9sie m\u00e9diocre car il y a un manque au niveau de la ma\u00eetrise de la langue. C\u2019est l\u2019une des raisons pour laquelle il devient urgent que la langue tamazight soit officialis\u00e9e et entre dans toutes les \u00e9coles, car le transfert du patrimoine culturel par les anciens ne se fait plus. Ainsi, \u00e0 l\u2019\u00e9cole, les enfants red\u00e9couvriront la richesse de<br>leur langue, les contes, les po\u00e8tes, les romans, la litt\u00e9rature. Il est \u00e9vident que sans bagage culturel on ne peut cr\u00e9er de belles choses. Les anciens avaient tous leurs t\u00eates pleines, les po\u00e8mes d\u2019antan, les contes, et cela se refl\u00e9tait dans leur cr\u00e9ation artistique. D\u2019autres raisons viennent encore s\u2019ajouter au marasme des d\u00e9cennies noires qu\u2019a connu la chanson kabyle et la chanson alg\u00e9rienne en g\u00e9n\u00e9ral. La crise \u00e9conomique aidant, le manque de pouvoir d\u2019achat, la morosit\u00e9 de la chanson alg\u00e9rienne ont amen\u00e9 la chanson kabyle au bord du pr\u00e9cipice. Au lieu que les artistes vivent de leur art, nous assistons d\u00e9sarm\u00e9s \u00e0 une situation nouvelle et dramatique, qui n\u2019est pas propre \u00e0 la chanson kabyle, qu\u2019on voit dans d\u2019autres pays mais \u00e0 faible \u00e9chelle. Ce sont les artistes qui font vivre leur art. Dans ce d\u00e9nuement, les artistes s\u2019appauvrissent, il est difficile de travailler dans ces conditions. Les tentatives individuelles sont bonnes et \u00e0 encourager, mais c\u2019est l\u2019institution \u00e9tatique qui doit prot\u00e9ger son patrimoine culturel, l\u2019encourager et le financer. Malgr\u00e9 le regard assez pessimiste que je viens de porter, je reste optimiste et positif quant \u00e0 l\u2019avenir de la chanson kabyle, gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019apparition de jeunes<br>qui r\u00e9sistent contre vents et mar\u00e9es et qui font un travail de qualit\u00e9.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Pourquoi \u00e0 ton avis peu de chanteurs kabyles arrivent \u00e0 percer en France?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Il serait \u00e0 mon avis bon de se poser pour une fois la question, pourquoi la chanson kabyle devrait-elle percer en France? Sa raison d\u2019\u00eatre ne se trouverait-elle pas plut\u00f4t en Alg\u00e9rie? L\u2019exil nous poursuit comme une mal\u00e9diction, pourquoi devrions nous l\u2019accepter? Qu\u2019on le veuille ou non, on ne se d\u00e9salt\u00e8re qu\u2019\u00e0 la source. La chanson kabyle n\u2019existe qu\u2019en Kabylie, ailleurs elle ne fait que passer. Pourquoi devrions-nous porter ce fardeau existentiel qui nous ferait croire qu\u2019on ne peut exister qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9tranger, d\u00e9racin\u00e9s? Ne serai-ce pas plut\u00f4t la poursuite d\u2019une chim\u00e8re? Un arbre peut-il vivre et fleurir sans racine?<br>Le bon sens voudrait comme le dit Voltaire, \u00ab cultiver son jardin. \u00bb Quand bien m\u00eame certains chanteurs kabyles donnent l\u2019impression de percer en France, il n\u2019en est rien en v\u00e9rit\u00e9, car m\u00eame s\u2019ils remplissent une ou deux fois une grande salle, cela ne suffit pas pour pouvoir en vivre, la vente de disques ne suit pas. Ils n\u2019ont pas les moyens de promotions qu\u2019ont les Fran\u00e7ais (m\u00e9dias, t\u00e9l\u00e9visions, radios\u2026) les m\u00e9dias fran\u00e7ais n\u2019en parlent presque jamais, comme si c\u2019\u00e9tait un tabou, silence il ne faut pas que cela se sache. Quand un artiste fran\u00e7ais sort un album, il fait toutes les cha\u00eenes de t\u00e9l\u00e9vision, toutes les stations de radio, des centaines d\u2019\u00e9missions, plus une tourn\u00e9e promotionnelle. Quant \u00e0 l\u2019artiste kabyle, il fait une \u00e9mission ou deux \u00e0 BRTV (heureusement qu\u2019elle est l\u00e0), peut-\u00eatre un seul article dans la presse alg\u00e9rienne et c\u2019est tout. On voit bien l\u00e0 la diff\u00e9rence. Comment voulez-vous vendre des disques dans ces conditions? Si certains Fran\u00e7ais ach\u00e8tent nos disques, c\u2019est par curiosit\u00e9 et ils ne sont gu\u00e8re nombreux.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>On n\u2019existe v\u00e9ritablement que dans un public kabylophone. Il faut arr\u00eater de se voiler la face, m\u00eame si la r\u00e9alit\u00e9 est dure \u00e0 accepter. J\u2019entends dire par-ci par-l\u00e0 que la chanson kabyle est trop traditionnelle, trop de mandoles, trop de percussions\u2026, soyons un peu s\u00e9rieux ! Les raisons de son d\u00e9clin sont beaucoup plus profondes. La chanson kabyle doit d\u2019abord s\u2019imposer chez elle en Alg\u00e9rie et plus pr\u00e9cis\u00e9ment en Kabylie. Il faut arr\u00eater de m\u00e9priser son patrimoine culturel et son terroir, il faut au contraire le pr\u00e9server, le cultiver, l\u2019enrichir, mais pas le travestir en essayant \u00e0 tout prix de ressembler \u00e0 l\u2019occident, m\u00eame si la fascination pour l\u2019occident est dans l\u2019air du temps. Il faut absolument garder ses couleurs et surtout cr\u00e9er, investir et produire en Alg\u00e9rie. Beaucoup de grands compositeurs occidentaux se sont<br>int\u00e9ress\u00e9s \u00e0 la musique populaire et ont fait des variations dessus, nous pouvons citer Liszt (1811-1886), Beethoven (1770-1827) et surtout B\u00e9la Bartok (1881-1945) compositeur hongrois, lequel apr\u00e8s des recherches sur les traditions musicales populaires notera et enregistrera sur les rouleaux phonographiques plus de 10 000 m\u00e9lodies folkloriques. En 1928, Bartok \u00e9crira \u00ab chacune de nos m\u00e9lodies populaires est un mod\u00e8le de perfection artistique. \u00bb L\u2019exploration des chants et des danses de la Kabylie reste \u00e0 faire. A l\u2019aube du 21\u00e8me si\u00e8cle, il est plus que jamais temps d\u2019agir. Je pense qu\u2019il faut penser un peu au c\u00f4t\u00e9 culturel des choses, arr\u00eater avec les galas business o\u00f9 les gens ne viennent que pour danser et s\u2019amuser, opter pour des manifestations culturelles de qualit\u00e9, abordables pour tous. Il est vrai qu\u2019apr\u00e8s le vide immense qu\u2019a laiss\u00e9<br>le regrett\u00e9 Matoub Loun\u00e8s, la chanson kabyle souffre de rel\u00e8ve. Je me rappelle l\u2019avoir rencontr\u00e9 dans un<br>caf\u00e9 du 18\u00e8me arrondissement de Paris un mois avant sa mort tragique, il me disait \u00ab Si Brahim ma vie est au<br>village! \u00bb Ces paroles r\u00e9sonnent encore dans ma t\u00eate. A Paris on a beau remplir les plus grandes salles,<br>personne ne nous voit, nous sommes comme invisibles. La meilleure preuve que l\u2019on puisse apporter \u00e0 ce<br>ph\u00e9nom\u00e8ne est la c\u00e9l\u00e9bration des 100ans de l\u2019Olympia qui a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s m\u00e9diatis\u00e9e en France. Dans l\u2019historique<br>qu\u2019en ont fait les m\u00e9dias, \u00e0 aucun moment on ne fait allusion aux berb\u00e8res qui sont pass\u00e9s sur cette sc\u00e8ne<br>mythique, et ils sont pourtant nombreux, \u00e0 partir de 1976 Ait Menguellet, le groupe Djurdjura,<br>Slimane Azem, Matoub Loun\u00e8s, Idir, Takfarinas et bien d\u2019autres encore\u2026 L\u2019exemple de la famille Amrouche est des plus frappant. Qui se souvient d\u2019eux en France? Qui se souvient de Marguerite Taos Amrouche (1913-1976), de Jean El Mouhoub Amrouche (1906-1962), et de leur m\u00e8re Fadhma Ait Mansour Amrouche (1882-1967 en Bretagne). Bien qu\u2019ils aient \u00e9t\u00e9s chr\u00e9tiens et qu\u2019ils aient \u00e9crit en fran\u00e7ais leur souvenir demeure certes, mais uniquement dans l\u2019esprit des kabyles. Qui conna\u00eet Malek Ouary (1916-2001 \u00e0 Argel\u00e8s-Gazost), Mohamed Dib (1920-2003 \u00e0 la Celle saint Cloud) bien qu\u2019ils aient v\u00e9cu, \u00e9crit et soient morts en France?<br>Edith Piaf, diva et pilier de la chanson fran\u00e7aise, qui a elle-m\u00eame lanc\u00e9 plusieurs autres grands noms de la chanson fran\u00e7aise comme Yves Montand, Charles Aznavour ou Gilbert B\u00e9caud, la France est fi\u00e8re d\u2019elle, chaque ann\u00e9e on comm\u00e9more l\u2019anniversaire de sa mort, mais on se garde bien de parler de ses origines<br>kabyles par sa m\u00e8re qui \u00e9tait une chanteuse lyrique sous le nom de Line Marsa, et \u00e9lev\u00e9e par sa grand-m\u00e8re<br>A\u00efcha. D\u2019autres grands noms de la culture fran\u00e7aise sont d\u2019origine kabyle, Jacques Villeret (com\u00e9dien), Daniel Pr\u00e9vost (com\u00e9dien), Isabelle Adjani (com\u00e9dienne), Claude Zidi ( r\u00e9alisateur et sc\u00e9nariste), Alain Bashung (chanteur), Arnaud Montebourg (d\u00e9put\u00e9 de la Sa\u00f4ne et Loire), Dany Boon (humoriste), Isild le Besco (com\u00e9dienne, fille de l\u2019actrice Catherine Belkhodja). Qui sait en France que toutes ces personnalit\u00e9s sont d\u2019origine kabyle?<br>L\u2019Alg\u00e9rie se doit de d\u00e9velopper son patrimoine culturel dans sa diversit\u00e9 amazighe, de donner des bourses aux jeunes qui veulent se produire comme cela se fait en France o\u00f9 le minist\u00e8re de la culture donne des bourses \u00e0 des jeunes, qui leur permettent de financer l\u2019enregistrement de l\u2019album, et parfois m\u00eame la production et la distribution. Il n\u2019est pas \u00e9tonnant que ces aides privil\u00e9gient la production francophone. L\u2019Alg\u00e9rie se doit aussi de cr\u00e9er des festivals de musique et donner la chance aux jeunes qui ne sont pas connus de s\u2019y produire. Elle doit aussi permettre aux jeunes de produire la quantit\u00e9 d\u2019albums qu\u2019ils veulent, comme cela se fait en France,<br>car en France un jeune peut produire et d\u00e9clarer la quantit\u00e9 qu\u2019il veut, m\u00eame 50 albums. Imposer des quotas de production que ne peuvent tenir les plus faibles c\u2019est adh\u00e9rer au principe de mondialisation o\u00f9 les plus forts en sortent gagnants, et c\u2019est un coup fatal port\u00e9 \u00e0 la diversit\u00e9 culturelle. On tend \u00e0 nous faire croire que la mondialisation est un avenir propice, mais ne soyons pas dupes. Si \u00e9conomiquement cela peut avoir des points positifs, culturellement c\u2019est un drame.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Vouloir faire un monde d\u2019un seul moule, d\u2019une seule couleur, s\u2019effacer pour adopter la couleur du plus fort, c\u2019est comme une mort annonc\u00e9e. Heureusement \u00e7a et l\u00e0 se l\u00e8vent des voix de r\u00e9sistance pour lutter pour la sauvegarde de toutes les langues et cultures, ce qui a toujours fait la richesse du monde. La langue berb\u00e8re doit demeurer plus que jamais vivante, et elle l\u2019est en r\u00e9alit\u00e9 sur le terrain, car<br>ce peuple plusieurs fois mill\u00e9naire se situe parmi les grandes civilisations qui ont marqu\u00e9 l\u2019histoire de<br>l\u2019humanit\u00e9, comme les Egyptiens, les Grecs, les Romains, les Ph\u00e9niciens, les Perses et les Arabes.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Quels sont tes projets artistiques?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Des projets, il y en a plein dans la t\u00eate. Apr\u00e8s avoir produit en France, je reviens aux sources pour produire en Alg\u00e9rie. Je viens en effet de sortir deux albums avec des milliers de posters annon\u00e7ant en fait quatre albums,&nbsp; car apr\u00e8s ces deux albums suivront deux autres albums. Le premier album est un hommage \u00e0 Slimane Azem, \u00ab Exil \u00e9ternel \u00bb, je dis \u00ab \u00f4 Slimane Azem ! Si tu pouvais revenir parmi nous pour voir o\u00f9 les temps nous ont<br>amen\u00e9s. \u00bb Je parle beaucoup de son d\u00e9chirement int\u00e9rieur et de la souffrance de l\u2019exil. J\u2019ai souvent compar\u00e9 Slimane \u00e0 Baudelaire pour la vision philosophique qu\u2019ils avaient de la vie. Car Baudelaire a plong\u00e9 au plus profond de l\u2019\u00eatre pour nous parler du mal qui habite et ronge l\u2019homme. Mais Slimane Azem avait quelque chose de plus car il \u00e9tait une l\u00e9gende de son vivant, comme l\u2019\u00e9tait avant lui Si Mohand u M\u2019Hand (1845-1906). Il y a sur ce premier album 8 chansons. Le deuxi\u00e8me album s\u2019intitule \u00ab Cr\u00e2a \u00bb, c\u2019est un regard sur la soci\u00e9t\u00e9 alg\u00e9rienne et en particulier la soci\u00e9t\u00e9 kabyle. Il y a 7 chansons et un sketch, o\u00f9 je raconte une histoire vraie, j\u2019ai g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 pour ensuite en tirer une morale. En fait, j\u2019y d\u00e9nonce la d\u00e9t\u00e9rioration des relations fraternelles o\u00f9 seul l\u2019argent fait la loi. Malheureusement \u00e0 notre \u00e9poque l\u2019honneur et la dignit\u00e9 sont onnayables. Ces deux albums ont re\u00e7u un accueil favorable et chaleureux par le public, que je remercie du fond du c\u0153ur car je n\u2019existe que par lui. J\u2019ai aussi cr\u00e9e un site internet afin de mieux communiquer avec mon public. On m\u2019\u00e9crit<br>beaucoup et je r\u00e9ponds autant que je peux. Mon site www.brahimsaci.com a d\u00e9pass\u00e9 les 100 000 visites. Pour 2006\/2007, je pr\u00e9pare un hommage au regrett\u00e9 Matoub Loun\u00e8s. Les albums qui suivront plus tard seront plus une plong\u00e9e \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de l\u2019\u00eatre \u00e0 travers les affres de l\u2019exil. Sinon \u00e0 Paris on s\u2019\u00e9puise chaque jour un peu plus. La solitude de l\u2019exil nous \u00e9touffe. Je s\u00e8me des po\u00e8mes en essayant d\u2019imaginer des jeunes pousses. Mais dans le froid glacial de Paris, rien ne germe. M\u00eame si mes po\u00e8mes naissent \u00e0 Paris, ils ne se sentent chez eux qu\u2019en Kabylie.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"http:\/\/youcefzirem.over-blog.com\/2015\/09\/brahim-saci-un-arbre-peut-il-vivre-sans-racines.html\">Lien vers l&rsquo;article de Youcef Zirem<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Le 26 sptembre 2015<\/p>\n\n\n\n<p>_____________________________________________<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Brahim Saci, l&rsquo;artiste au grand c\u0153ur<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>10 Juillet 2015, par Youcef Zirem<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Brahim Saci, les qu\u00eates humanistes d&rsquo;un po\u00e8te<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Peu d&rsquo;artistes ont sa sinc\u00e9rit\u00e9, peu d&rsquo;artistes ont eu son parcours dans la vie. Brahim Saci est mon ami depuis de longues ann\u00e9es mais ce n&rsquo;est pas pour cela que j&rsquo;\u00e9cris ces quelques mots. Je pense que c&rsquo;est toujours bon de saluer ceux qui ont vou\u00e9 leur existence \u00e0 la culture kabyle, sous toutes ses formes. Arriv\u00e9 \u00e0 Paris \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 10 ans, Brahim Saci s&rsquo;est accapar\u00e9 de la culture fran\u00e7aise mais sans jamais perdre la culture kabyle. Universitaire, travaillant dans les services culturels de la ville de Paris, Brahim Saci est un grand lecteur : sa biblioth\u00e8que dans le 20 e arrondissement regorge de titres rares, de livres dans tous les genres litt\u00e9raires. Quand il part en vacances en Kabylie, il revient toujours avec une centaine de livres publi\u00e9s en Alg\u00e9rie. Tout ce qui a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 sur la Kabylie, depuis de longues ann\u00e9es, on le trouve chez Brahim Saci, une belle prouesse&#8230;Lorsqu&rsquo;il d\u00e9couvre l\u2019\u0153uvre de Slimane Azem, gr\u00e2ce \u00e0 son p\u00e8re, un valeureux militant de la f\u00e9d\u00e9ration de France du FLN, un admirateur passionn\u00e9 du po\u00e8te Si Mohand Ou Mhand, Brahim Saci est tout de suite happ\u00e9 par ce chanteur-po\u00e8te extraordinaire, un homme aux grands principes, un nationaliste libre, plut\u00f4t \u00ab messaliste \u00bb.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>V\u00e9ritable gentleman, en solitaire, Brahim Saci fait des portraits dans les plus belles places de Paris. Cela ne l&#8217;emp\u00eache pas d&rsquo;enregistrer son premier album, avec un bel hommage justement \u00e0 Slimane Azem. Baraka aidant, la voix de Brahim Saci ressemble \u00e9trangement \u00e0 celle de Slimane Azem. C&rsquo;est donc bon signe. A ce moment-l\u00e0, Slimane Azem est encore marginalis\u00e9, ici et l\u00e0 ; des artistes kabyles ont m\u00eame peur de parler de lui. Ayant \u00e9crit des centaines de po\u00e8mes en langue kabyle et en langue fran\u00e7aise, Brahim Saci va encore sortir trois autres albums, tous impr\u00e9gn\u00e9s d&rsquo;une th\u00e9matique philosophique qui plonge ses racines dans la culture kabyle originelle. Homme au grand c\u0153ur, Brahim Saci a toujours \u00e9vit\u00e9 les querelles inutiles ; au contraire, il est toujours l\u00e0 pour encourager la solidarit\u00e9, l&rsquo;amiti\u00e9, l&rsquo;humanisme, les qu\u00eates d\u00e9mocratiques. C&rsquo;est cela Taqvaylit, ces valeurs ancestrales qui ont soud\u00e9 et sauvegard\u00e9 notre soci\u00e9t\u00e9. Brahim Saci est un exemple \u00e0 prendre, parmi tant d&rsquo;autres. Bravo l&rsquo;artiste !<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><a href=\"http:\/\/img.over-blog-kiwi.com\/1\/72\/05\/02\/20150715\/ob_6f010c_ob-18d9df-avec-brahim-jpg.jpg\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/lh3.googleusercontent.com\/blogger_img_proxy\/ANbyha3iHUxPAj7hplGFZt7stwjKV5xC_QfyNuA8OBFYb2CfSzlTxzW589-usg4csLe8bC3wPFWacn3rTS8BT1rl7qOCnbvIFStuDdi60RV78GvO0xrGe-9piS-Q40gq7qASjvUQp8Cd_vVxN_oZ-ua_dqRLwLCkPPZPrMbVspc=s0-d\" alt=\"Avec l'immense \u00e9crivain Youcef ZIREM\"\/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><a href=\"http:\/\/img.over-blog-kiwi.com\/1\/72\/05\/02\/20150716\/ob_71e0e3_10418246-945957305448512-1898262475407.jpg\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/lh3.googleusercontent.com\/blogger_img_proxy\/ANbyha2K0JPiQeScHwvrh4tdTk6vLxfqdYsdY6BYb_PHTOWg0TTYDsIj92qKHWTCRBCSZznGmtktOKxorjec44H4vaAWu0qgcA97bfnDyMHuo_K9YAdivw1eThbIdyL9oIGHmA2_JJUYXzIn68Pvo8J0oxWemWqGciWDcP22H_eZBFkXUV6FOOE2Lc4v=s0-d\" alt=\"Avec l'immense \u00e9crivain Youcef ZIREM\"\/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><a href=\"http:\/\/img.over-blog-kiwi.com\/1\/72\/05\/02\/20150716\/ob_d423ba_10479934-842274329150144-4150929319070.jpg\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/lh3.googleusercontent.com\/blogger_img_proxy\/ANbyha0o6dN6aLVTHqdf6cTlVREAiPU_gqlvikasgvko66p8ef99rmuSUe-arMD4bRE9e8OxdteIg5B0Scuh4Mr5Kw-OKgiwEc13-SRtSKwXPa2q_tmFSps8gmre4gHa4-3MA8axygsUNkxBftPeBG1sdDmyz6Qg3ldcBK9mhvJzLHTGSJQlC23G26Z_-A=s0-d\" alt=\"Avec l'immense \u00e9crivain Youcef ZIREM\"\/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><a href=\"http:\/\/img.over-blog-kiwi.com\/1\/72\/05\/02\/20150716\/ob_8ee727_10648245-842273815816862-4777710598741.jpg\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/lh3.googleusercontent.com\/blogger_img_proxy\/ANbyha0fEsB9r21-AtpCUVJzfW3Fde-kEgr7i_T3Cg8jFZTSTdV6NyLYdWgpHJiyMKeWEiRm72yNR0AW-adPCTDusyO-5yIxUXa_t4vNzEDN2eMPIV8Y0G7WtCPQjTZmGwmRJdezYLcVf8T6uu34PyIFcVUZUwEM0S22t6IzBt4MVbuZZL5Bb6A-i6yb=s0-d\" alt=\"Avec l'immense \u00e9crivain Youcef ZIREM\"\/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><a href=\"http:\/\/img.over-blog-kiwi.com\/1\/72\/05\/02\/20150716\/ob_c3a4b7_10676320-1027618827282359-572254597214.jpg\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/lh3.googleusercontent.com\/blogger_img_proxy\/ANbyha2ppdXSP4hJ2Z5e6jFXJx6uxPJZSO0oMJwtuQTfmhPSzOiMlqGiVEZxA99rNZtl902rbD4PNmP0XtDj3lDzAzZOXZvasrNQMdijwSETYX9bZWk2J7p48D-OuL4DSIcnQpgFF4SBlBKYtlr__pTvyBbwLxdGiJNRYgNI8Vp-QwV_kdFnyhAKfUTY=s0-d\" alt=\"Avec l'immense \u00e9crivain Youcef ZIREM\"\/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><a href=\"http:\/\/img.over-blog-kiwi.com\/1\/72\/05\/02\/20150716\/ob_385f7d_10917108-945957472115162-7592301374353.jpg\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/lh3.googleusercontent.com\/blogger_img_proxy\/ANbyha3YUU4tW7iLjGVOfEi17UJ-jHpouvgfnYnDL1jAXCzTgObuC3jj8El0eLhucR5Und7KfCbVOEoWphIwwWBWCnEWjsx5K5i18FLaUqdhZIzqyWULk-yZuo6WgbWEAdV1XCcFCDQ-ymC5sHfdygxz_FKmcfTSARQmHquyidievZLokimu0Q38RtVb=s0-d\" alt=\"Avec l'immense \u00e9crivain Youcef ZIREM\"\/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<p>Avec l&rsquo;immense \u00e9crivain Youcef ZIREM<\/p>\n\n\n\n<p>____________________________________________<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\"><a href=\"http:\/\/fr.afrikinfos.com\/2013\/07\/23\/le-chanteur-brahim-saci-a-mon-journal-lintellectuel-algerien-en-france-peine-a-survivre\/\">Le chanteur Brahim Saci \u00e0 Mon Journal : \u00ab L\u2019intellectuel alg\u00e9rien en France peine \u00e0 survivre \u00bb<\/a><\/h4>\n\n\n\n<p><strong>Brahim Saci est l\u2019un des plus grands chanteurs kabyles. Auteur, compositeur et interpr\u00e8te de ses chansons, il ne cesse de se distinguer. Sa ressemblance avec l\u2019immense Slimane Azem fait de lui une l\u00e9gende vivante. Vivant en France depuis plusieurs d\u00e9cennies, mais toujours attach\u00e9 \u00e0 sa patrie. Dans cet entretien exclusif, celui que la presse surnomme \u00ab L\u2019incarnation de Slimane Azem \u00bb nous raconte ses multiples qu\u00eates artistiques. Il nous r\u00e9v\u00e8le, en outre, des v\u00e9rit\u00e9s occult\u00e9es sur l\u2019\u00e9migration alg\u00e9rienne et sur l\u2019intellectuel alg\u00e9rien, souvent marginalis\u00e9, loin de sa terre natale.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Mon Journal<\/strong>&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Vous \u00eates \u00e9tabli en France depuis l\u2019\u00e2ge de 10 ans. Pouvez-vous nous raconter votre parcours ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Brahim Saci<\/strong>&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>Cela va faire bient\u00f4t 40 ans que je vis en France, les cinq premi\u00e8res ann\u00e9es \u00e0 Pierrefitte-sur-Seine, le restant, c\u2019est-\u00e0-dire pr\u00e8s de 35 ans, \u00e0 Paris. Mon d\u00e9part d\u2019Alg\u00e9rie, de Kabylie, depuis Tifrit Na\u00eft Oumalek dans la commune d\u2019Idjeur, beau village situ\u00e9 au pied de l\u2019Akfadou, fut un d\u00e9chirement, une s\u00e9paration douloureuse. L\u2019enfance pass\u00e9e au village \u00e9tait magique. A cette \u00e9poque, les valeurs humaines d\u2019entraide ancestrale kabyle \u00e9taient encore tr\u00e8s vivaces. Le village n\u2019avait pas d\u2019\u00e9lectricit\u00e9, les soir\u00e9es au coin du feu, \u00e9clair\u00e9es juste par une petite lampe \u00e0 gaz, \u00e9coutant \u00e9merveill\u00e9s les contes kabyles racont\u00e9s par ma grand-m\u00e8re Samah Zahra et ma m\u00e8re Yahiaoui Cherifa dite Tassadite, restent grav\u00e9es dans mon c\u0153ur pour l\u2019\u00e9ternit\u00e9. Ce fut un monde enchant\u00e9 loin du mat\u00e9rialisme occidental.<\/p>\n\n\n\n<p>La s\u00e9paration avec cet univers merveilleux est une blessure encore vive en moi. Arriv\u00e9 \u00e0 Paris fin 1975, mon p\u00e8re Si Mohand Tahar, ne pouvant me garder, car vivant seul comme la plupart des immigr\u00e9s dans un h\u00f4tel meubl\u00e9 du XX\u00e8me arrondissement, me confia \u00e0 sa s\u0153ur, ma tante Taklite, \u00e9pouse Ladaoui Mohand, originaire du village d\u2019Ahmil \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de Yakouren, qui habitait Pierrefitte-sur-Seine o\u00f9 je fus donc scolaris\u00e9 en CM2 \u00e0 l\u2019\u00e9cole primaire Eug\u00e8ne Varlin. Je fis mes premiers pas en France \u00e0 la fois \u00e9perdu et \u00e9merveill\u00e9. La famille Ladaoui a fait de son mieux pour m\u2019int\u00e9grer dans l\u2019environnement familial, mais je me sentais si seul, et mes pens\u00e9es \u00e9taient ailleurs, en Kabylie aupr\u00e8s de ma m\u00e8re, mon fr\u00e8re et ma s\u0153ur et les sentiers du village o\u00f9 j\u2019ai tant gambad\u00e9. La po\u00e9sie\u2019 heureusement\u2019 est salvatrice, je m\u2019y r\u00e9fugiais dans mes moments difficiles, comme pour fuir cet exil amer qui m\u2019\u00e9tait impos\u00e9 et que mon c\u0153ur d\u2019enfant ne pouvait comprendre. La scolarit\u00e9 fut difficile, car ne connaissant pas bien la langue fran\u00e7aise, je peinais \u00e0 suivre. Mais heureusement que les deux ann\u00e9es de fran\u00e7ais comme langue \u00e9trang\u00e8re suivies au village \u00e9taient \u00e0 la hauteur, j\u2019ai eu la chance d\u2019avoir un instituteur extraordinaire, M. Mouhoune M\u2019hamed.<\/p>\n\n\n\n<p>On peut dire que c\u2019est gr\u00e2ce \u00e0 son enseignement de qualit\u00e9 que j\u2019ai pu suivre une scolarit\u00e9 normale en France. A l\u2019\u00e9cole Eug\u00e8ne Varlin, j\u2019ai eu aussi la chance d\u2019avoir un directeur hors du commun, M. Jean Dalarun, un grand homme dont l\u2019enseignement \u00e9tait une vocation. Ce gentil monsieur, si pr\u00e9venant, qui m\u2019a fait aimer l\u2019\u00e9cole, ainsi que l\u2019institutrice, Madame Chariot, qui m\u2019a aussi beaucoup marqu\u00e9 par son attention, sa gentillesse, sa disponibilit\u00e9, souriaient quand je les tutoyais. Gr\u00e2ce \u00e0 eux, j\u2019aimais l\u2019\u00e9cole, j\u2019y \u00e9tais heureux ! Ces gens d\u2019exception se font rares aujourd\u2019hui. Par la suite, la scolarit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 un parcours du combattant jusqu\u2019\u00e0 l\u2019universit\u00e9. Au coll\u00e8ge Gustave Courbet, je me suis li\u00e9 d\u2019amiti\u00e9 avec un surveillant, Patrick Gervaise, qui pr\u00e9parait une th\u00e8se d\u2019histoire, qui m\u2019a beaucoup soutenu moralement et scolairement jusqu\u2019au bac.<\/p>\n\n\n\n<p>La po\u00e9sie heureusement \u00e9tait encore l\u00e0, m\u2019aidant \u00e0 voir dans la nuit, \u00e0 supporter le regard des autres, de ces regards qui vous accusent d\u2019\u00eatre l\u00e0, qui vous font sentir que vous \u00eates d\u2019ailleurs. Mais il y a, gr\u00e2ce \u00e0 Dieu, des rencontres d\u2019exception qui aident \u00e0 aller de l\u2019avant. Le racisme, h\u00e9las, nous suit partout comme une ombre, o\u00f9 que l\u2019on aille. M\u00eame apr\u00e8s des \u00e9tudes pouss\u00e9es, le march\u00e9 du travail nous ouvre difficilement ses portes. Il nous est difficile d\u2019y acc\u00e9der m\u00eame \u00e0 des emplois qui ne n\u00e9cessitent pas de qualification. Les ann\u00e9es passent et l\u2019exil se fait pesant de jour en jour. Dans une Alg\u00e9rie qui peine \u00e0 se d\u00e9mocratiser, le r\u00eave du retour s\u2019\u00e9vanouit peu \u00e0 peu, nous laissant entrevoir un avenir sans lueur, empli de cauchemars et de regrets. Apr\u00e8s les ann\u00e9es de jeunesse qui font le c\u0153ur l\u00e9ger, l\u2019exil devient l\u2019ennemi ravageur : point d\u2019amour, point d\u2019amiti\u00e9 dans une solitude sans fin.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Vous avez \u00e9t\u00e9 dessinateur \u00e0 Paris, une opportunit\u00e9 qui vous a, s\u00fbrement, ouvert une fen\u00eatre sur le monde, n\u2019est-ce-pas ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019ai effectivement dessin\u00e9 sur les places touristiques parisiennes de 1983 \u00e0 1996, en tant que portraitiste-caricaturiste, mais on peut dire que j\u2019\u00e9tais surtout caricaturiste. Ces ann\u00e9es m\u2019ont paru heureuses car j\u2019ai baign\u00e9 litt\u00e9ralement dans les arts. J\u2019ai beaucoup dessin\u00e9 la nuit, ce qui m\u2019a permis de rencontrer le monde de la nuit. Les gens de la nuit sont diff\u00e9rents de ceux du jour, ils sont moins stress\u00e9s, plus disponibles, plus ouverts. La vie est faite de rencontres et j\u2019ai c\u00f4toy\u00e9 des gens de diff\u00e9rentes cultures, d\u2019Europe, d\u2019Am\u00e9rique, d\u2019Asie, d\u2019Afrique. Ce m\u00e9tier m\u2019a aussi permis de voyager, en Suisse, en Allemagne, en Autriche, aux Pays-Bas.<\/p>\n\n\n\n<p>La caricature m\u2019a permis de prendre du recul par rapport \u00e0 une vie difficile o\u00f9 le racisme nous suit comme une ombre. L\u2019Art n\u2019a pas de fronti\u00e8res. La caricature m\u2019a permis de tourner en d\u00e9rision des situations \u00e9touffantes. L\u2019humour, le rire sont des cl\u00e9s pour d\u00e9passer les bassesses humaines, et permettent d\u2019\u00eatre moins r\u00e9ceptifs aux blessures int\u00e9rieures, celles qui ne sont pas palpables, mais sont d\u00e9vastatrices. Malgr\u00e9 beaucoup de rencontres, je n\u2019ai pas pu int\u00e9grer un organe de presse en tant que caricaturiste, ce qui m\u2019aurait permis de mieux vivre. J\u2019ai pourtant rencontr\u00e9 beaucoup de caricaturistes qui dessinaient pour la presse mais il \u00e9tait impossible de p\u00e9n\u00e9trer cet \u00e9troit r\u00e9seau, je dirais m\u00eame qu\u2019il est quasiment impossible de s\u2019en approcher. J\u2019ai aussi anim\u00e9 beaucoup de soir\u00e9es en tant que caricaturiste o\u00f9 j\u2019ai rencontr\u00e9 de nombreux artistes, acteurs culturels fran\u00e7ais, de la t\u00e9l\u00e9vision et de la presse \u00e9crite. Mais impossible de se faire une place parmi eux. Le piston, le copinage y font loi. Je suis aussi pass\u00e9 \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d\u2019occasions de devenir riche (sourire), de riches Am\u00e9ricains \u00e9blouis par mon talent artistique m\u2019ont propos\u00e9 de venir dessiner aux USA, me promettant un enrichissement personnel en quelques ann\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Des offres que j\u2019ai d\u00e9clin\u00e9es, car je n\u2019ai pas pu quitter Paris, cette ville Lumi\u00e8re que les Kabyles, de la fin du XIX\u00e8me si\u00e8cle \u00e0 ce jour ont contribu\u00e9 \u00e0 b\u00e2tir, (mon grand-p\u00e8re m\u00eame, Ali, a foul\u00e9 le sol de la France d\u00e8s 1908). Vous voyez que les Kabyles font partie de l\u2019Histoire de cette ville ! M\u00eame si cette ville sait \u00eatre aussi bien froide que chaleureuse, j\u2019y suis profond\u00e9ment attach\u00e9, bien qu\u2019il devienne de plus en plus difficile d\u2019y vivre. Je fus contraint de quitter ce m\u00e9tier de caricaturiste car les libert\u00e9s \u00e0 Paris r\u00e9tr\u00e9cissent comme une peau de chagrin. En effet, les artistes sont de moins en moins tol\u00e9r\u00e9s dans les places publiques touristiques parisiennes. Je suis alors pass\u00e9 d\u2019un art \u00e0 un autre, celui de la chanson kabyle. Mais cela est une autre histoire, tout aussi passionnante.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Peut-on dire que l\u2019exil est votre premi\u00e8re source d\u2019inspiration pour vos chansons ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Mes premiers po\u00e8mes, bien avant de mettre une couleur musicale dessus, abordent les th\u00e8mes de l\u2019amour, le mal-\u00eatre, l\u2019exil int\u00e9rieur du po\u00e8te le mal-aim\u00e9 l\u2019incompris, le sentiment d\u2019\u00eatre de nulle part. D\u00e9racin\u00e9, vivant \u00e0 Paris, l\u2019exil nous fait sentir son poids de jour en jour, d\u2019ann\u00e9e en ann\u00e9e. Plus les ann\u00e9es passent mieux on comprend ce qu\u2019est l\u2019exil. Plus on saisit son sens, plus les orages grondent. La derni\u00e8re fois je discutais avec une Normande qui me disait souffrir, car elle se sent loin de sa Normandie natale. Je crois que rien ne peut remplacer la terre natale. En fait, nous recherchons tous notre enfance, des senteurs, des sensations qu\u2019on retrouve l\u00e0 o\u00f9 l\u2019on est n\u00e9. L\u2019Alg\u00e9rie me manque, la Kabylie, le village, me manquent encore plus. Si le th\u00e8me de l\u2019exil est r\u00e9current dans ma po\u00e9sie et mes chansons, c\u2019est que le c\u0153ur et l\u2019esprit y sont encha\u00een\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Si la rouille est rampante sur ces cha\u00eenes, on pourrait croire que c\u2019est pour les faire c\u00e9der, mais il n\u2019en est rien. La rouille est un mal de plus, sans rem\u00e8de, gain des ann\u00e9es d\u2019errance et de solitude. Je me suis beaucoup inspir\u00e9 de Slimane Azem car j\u2019ai compris avec les ann\u00e9es ce qu\u2019il pouvait ressentir loin de sa terre natale. Lui a \u00e9t\u00e9 contraint \u00e0 un exil forc\u00e9, et l\u2019arbitraire a spoli\u00e9 sa maison familiale et ses terres ancestrales. Si Mohand Ou M\u2019hand, le grand po\u00e8te du XIX\u00e8me si\u00e8cle, qui m\u2019a beaucoup inspir\u00e9, a \u00e9t\u00e9, quant \u00e0 lui, pouss\u00e9 \u00e0 l\u2019errance sur les routes apr\u00e8s la destruction de son village et la spoliation de ses terres par l\u2019arm\u00e9e coloniale. Ces deux g\u00e9ants ont sem\u00e9 une po\u00e9sie g\u00e9niale n\u00e9e sur le brasier de la souffrance, de l\u2019injustice, et les affres de l\u2019exil forc\u00e9. Bien que l\u2019exil devienne avec le temps un th\u00e8me dominant dans ma po\u00e9sie, il n\u2019y a cependant aucune comparaison avec l\u2019exil qu\u2019on v\u00e9cu ces deux po\u00e8tes l\u00e9gendaires. La situation \u00e9touffante d\u2019une Alg\u00e9rie qui peine \u00e0 se d\u00e9mocratiser, o\u00f9 l\u2019injustice sociale est criarde, nous condamne \u00e0 un double exil. Lorsqu\u2019on quitte la France pour aller respirer et se ressourcer dans le pays des anc\u00eatres, on se rend vite compte que l\u2019air devient rare et l\u2019on se sent vite \u00e9tranger chez soi.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Que peut-on dire de Paris d\u2019hier et celui d\u2019aujourd\u2019hui ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019ai connu le Paris de la fin des ann\u00e9es 1970, le Paris des ann\u00e9es 1980 jusqu\u2019\u00e0 aujourd\u2019hui. Paris est une ville merveilleuse, ville culturelle par excellence, une ville qui ne dort jamais o\u00f9 tous les arts se c\u00f4toient. On dit que Paris est la plus belle ville du monde, je le pense aussi. Paris est aussi une ville kabyle, la premi\u00e8re langue \u00e9trang\u00e8re qui y est parl\u00e9e est le kabyle. Les Kabyles ont foul\u00e9 les rues de cette ville d\u00e8s la fin du XVIII\u00e8me si\u00e8cle. Les id\u00e9es ind\u00e9pendantistes alg\u00e9riennes sont n\u00e9es \u00e0 Paris, le Paris des id\u00e9es, de la libert\u00e9, des arts, et des cultures. Mais Paris devient, h\u00e9las, une ville bourgeoise. La ville populaire de mon enfance tend \u00e0 dispara\u00eetre.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019en est fini de Paris o\u00f9 les caf\u00e9s, les bistrots faisaient la joie de vivre des quartiers, o\u00f9 chaque quartier formait un village, o\u00f9 les gens se connaissent et se retrouvent au bistrot. La plupart des caf\u00e9s appartenaient \u00e0 des Kabyles.<\/p>\n\n\n\n<p>De surcro\u00eet, la culture kabyle \u00e9tait florissante \u00e0 Paris. Dans tous les arrondissements et quartiers de Paris, \u00e0 la nuit tombante, on pouvait entendre de la musique kabyle. Ce fut une r\u00e9alit\u00e9 pendant pr\u00e8s d\u2019un si\u00e8cle. La culture kabyle \u00e9tait pr\u00e9sente dans les rues de Paris m\u00eame si elle n\u2019\u00e9tait pas visible dans les m\u00e9dias fran\u00e7ais, toujours en d\u00e9calage avec la r\u00e9alit\u00e9 sociale. J\u2019ai connu le Paris populaire o\u00f9 il faisait bon vivre, o\u00f9 il \u00e9tait facile de se loger \u00e0 moindre prix. Les h\u00f4tels meubl\u00e9s fleurissaient partout, on pouvait y louer une chambre facilement, en ne donnant juste que son pr\u00e9nom. H\u00e9las, une politique d\u2019urbanisation a fait dispara\u00eetre la majorit\u00e9 des h\u00f4tels meubl\u00e9s, certains m\u00eames expropri\u00e9s pour une bouch\u00e9e de pain. Une politique qui consistait \u00e0 pousser les plus pauvres vers la p\u00e9riph\u00e9rie de Paris.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces h\u00f4tels meubl\u00e9s, qui appartenaient \u00e0 des Kabyles pour la majorit\u00e9 d\u2019entre eux, n\u2019ont pas su se regrouper et s\u2019organiser pour constituer une force afin de r\u00e9sister \u00e0 la vente et aux expropriations. Je me souviens des ann\u00e9es 1990 o\u00f9 des centaines d\u2019h\u00f4tels meubl\u00e9s appartenant \u00e0 des Kabyles ont \u00e9t\u00e9 expropri\u00e9s ou vendus par contrainte \u00e0 la Mairie de Paris, livrant les occupants et locataires \u00e0 l\u2019expulsion. Tant de Kabyles ont \u00e9t\u00e9 jet\u00e9s \u00e0 la rue, souvent dans un silence m\u00e9diatique. J\u2019ai connu l\u2019association Droit au Logement (DAL) et leur avocat Maitre Fran\u00e7ois Breteau, je me souviens de leur combat devant les tribunaux pour que des centaines de Kabyles expuls\u00e9s de leur chambre d\u2019h\u00f4tel soient relog\u00e9s dignement. Je rends hommage ici \u00e0 cette association, \u00e0 Ma\u00eetre Fran\u00e7ois Breteau, \u00e0 l\u2019abb\u00e9 Pierre, qui ont tant \u0153uvr\u00e9 pour un logement pour tous. C\u2019est le Paris des ombres et des lumi\u00e8res !<\/p>\n\n\n\n<p>A Paris les communaut\u00e9s qui ne se constituent pas en r\u00e9seau ne peuvent peser dans la soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise. On dit que Paris est la ville des po\u00e8tes et des \u00e9crivains, mais en tant qu\u2019\u00e9tranger vous ne pouvez jamais publier si vous ne faites pas partie d\u2019un r\u00e9seau influent d\u2019amis. Je vis et cr\u00e9e \u00e0 Paris depuis presque 40 ans, mes cr\u00e9ations naissent \u00e0 Paris et pourtant aucun journal fran\u00e7ais n\u2019a parl\u00e9 de moi. J\u2019ai pourtant fait un r\u00e9cital au conservatoire du VIII\u00e8me arrondissement, \u00e0 deux pas de l\u2019Elys\u00e9e, en 2006. Il y avait des gens de la presse fran\u00e7aise dans la salle, mais aucun \u00e9cho. Heureusement, le journaliste \u00e9crivain Youcef Zirem s\u2019y trouvait.<\/p>\n\n\n\n<p>Il a \u00e9crit plusieurs articles dans la presse alg\u00e9rienne. Ce qui est paradoxal, c\u2019est que la France est le pays des libert\u00e9s, et que l\u2019Alg\u00e9rie peine \u00e0 se d\u00e9mocratiser. M\u00eame s\u2019il y a l\u2019ouverture culturelle \u00e0 Paris, il est presque impossible d\u2019avoir un passage \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision, sauf peut-\u00eatre si vous faites du folklore et que vous avez un ami travaillant \u00e0 France T\u00e9l\u00e9visions. Pourtant Paris est un brassage culturel des plus color\u00e9 qui fait la beaut\u00e9 de cette ville. Le Paris d\u2019antan o\u00f9 l\u2019on pouvait vivre et se loger avec de petits moyens est fini. Paris s\u2019embourgeoise de plus en plus. La seule chance pour un faible salaire de se loger est un logement social. Mais quand vous faites une demande, on vous propose syst\u00e9matiquement la banlieue, m\u00eame si vous \u00eates Parisien depuis 30 ou 40 ans, comme s\u2019il fallait vider Paris de ses habitants pauvres. Le Paris populaire de mon enfance vit dans mes souvenirs.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le Fran\u00e7ais est-il raciste ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Il est difficile de r\u00e9pondre \u00e0 cette question. En effet, le discours du raciste se base sur la g\u00e9n\u00e9ralisation. Je dirais que le Fran\u00e7ais n\u2019est pas raciste, m\u00eame s\u2019il y a des racistes. Le Fran\u00e7ais est tr\u00e8s ouvert sur l\u2019autre, n\u2019oublions pas que la France est une terre d\u2019accueil, terre d\u2019asile, m\u00eame si ces derni\u00e8res ann\u00e9es on a tendance \u00e0 s\u2019en \u00e9loigner. Mais tout n\u2019est pas simple.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans les crises \u00e9conomiques naissantes, souvent pr\u00e9fabriqu\u00e9es par les syst\u00e8mes bancaires, les peuples d\u2019Europe se recroquevillent et se tournent vers les discours racistes de partis d\u2019extr\u00eame droite qui cr\u00e9ent des boucs \u00e9missaires responsables de tous les maux de la soci\u00e9t\u00e9. Des soci\u00e9t\u00e9s ruin\u00e9es souvent par les syst\u00e8mes bancaires et la sp\u00e9culation boursi\u00e8re, au lieu de s\u2019attaquer aux v\u00e9ritables responsables pour leur demander des comptes, pr\u00e9f\u00e8rent se tourner vers les plus faibles, en particulier les \u00e9trangers pour les accuser et instaurer ainsi la peur et dresser les communaut\u00e9s entre elles. Ce qui est dommage en France, c\u2019est qu\u2019on ait banalis\u00e9 l\u2019extr\u00eame droite.<\/p>\n\n\n\n<p>Du coup, les gens votant pour ce parti ne se cachent plus et pensent que leurs id\u00e9es extr\u00eames et racistes sont normales. On a affaibli le parti communiste ouvrier pour raffermir l\u2019extr\u00eame droite. Je pense que c\u2019est un jeu dangereux et les m\u00e9dias sont en partie responsables de ce chaos. Il y aura toujours des gens merveilleux, mais le racisme est un fl\u00e9au qui avance et s\u2019installe dans les familles. La haine se nourrit de la haine. Seul l\u2019amour est salvateur. Mais il faut arr\u00eater de stigmatiser les communaut\u00e9s pour faire de l\u2019information spectacle, semer la peur dans les foyers, afin d\u2019\u00e9viter de pointer du doigt les v\u00e9ritables responsables des crises \u00e9conomiques et sociales qui sont des lobbies financiers quasi intouchables. Le Fran\u00e7ais n\u2019est pas raciste, mais il a tendance \u00e0 s\u2019enfermer sur lui-m\u00eame en p\u00e9riode de crise. Seule l\u2019\u00e9ducation, l\u2019\u00e9cole peuvent faire \u00e9voluer les mentalit\u00e9s pour un lendemain meilleur.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Les enfants des \u00e9migr\u00e9s arrivent-ils \u00e0 s\u2019int\u00e9grer dans la soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Certains y arrivent par de brillants parcours, mais cela est rare malheureusement. Comment pouvez-vous dire \u00e0 des enfants n\u00e9s en France \u00ab Int\u00e9grez-vous ! \u00bb Cela est d\u00e9j\u00e0 de la discrimination. Le parcours scolaire tel que je l\u2019ai v\u00e9cu est un parcours du combattant, et c\u2019est encore pire aujourd\u2019hui. Depuis la Premi\u00e8re Guerre du Golfe, du 11 septembre 2001 \u00e0 aujourd\u2019hui les mentalit\u00e9s ont beaucoup chang\u00e9. L\u2019\u00e9tranger devient suspect, et les portes se referment devant lui, partout il est pouss\u00e9 \u00e0 la pr\u00e9carit\u00e9, au ch\u00f4mage longue dur\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Au lieu de s\u2019attaquer \u00e0 l\u2019\u00e9chec scolaire, on tend \u00e0 culpabiliser les familles immigr\u00e9es et leurs enfants en leur rappelant leurs origines ethniques et leur manque d\u2019int\u00e9gration, ce qui est ressenti comme un d\u00e9shonneur et une humiliation pour ces familles. Quand on blesse une famille, un enfant, quel en sera l\u2019avenir ? A l\u2019\u00e9cole, il y a des enseignants qui osent dire \u00e0 des enfants en difficult\u00e9 ou simplement \u00e9trangers que l\u2019\u00e9cole ne sert \u00e0 rien. N\u2019est-ce pas terrible ? Je me souviens qu\u2019une fois \u00e0 l\u2019universit\u00e9 un professeur a dit, s\u2019adressant majoritairement \u00e0 des \u00e9tudiants d\u2019origine modeste et \u00e9trang\u00e8re : \u00abLes \u00e9tudes universitaires ne m\u00e8nent \u00e0 rien \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Je lui ai dit \u00e0 la fin du cours : \u00ab De quel droit pouvez-vous dire cela ? Les \u00e9tudes universitaires vous ont permis de devenir professeur, pourquoi voulez-vous briser nos r\u00eaves ? \u00bb. Il est demeur\u00e9 muet. La France est une soci\u00e9t\u00e9 de droits, il suffit d\u2019appliquer la loi pour donner les m\u00eames chances \u00e0 tous. Il reste encore du chemin. Pour le moment, les obstacles sont nombreux, le racisme et les habitudes aidant. Certaines communaut\u00e9s constitu\u00e9es s\u2019en sortent mieux, comme elles influent sur la politique, elles arrivent \u00e0 ouvrir des portes pour leurs enfants. Les Berb\u00e8res Kabyles de France commencent eux aussi \u00e0 s\u2019organiser, \u00e0 cr\u00e9er leurs m\u00e9dias pour avoir une visibilit\u00e9 qu\u2019ils n\u2019ont pas dans les m\u00e9dias fran\u00e7ais. Mais il reste encore \u00e0 faire.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Les \u00e9migr\u00e9s alg\u00e9riens se retrouvent-ils assez souvent dans des associations ou autres clubs ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Il reste encore, heureusement, des caf\u00e9s alg\u00e9riens, kabyles pour la plupart, \u00e0 Paris. Ce sont v\u00e9ritablement les seuls lieux de rencontre. Il y a un grand nombre d\u2019associations mais elles n\u2019ont pas r\u00e9ussi \u00e0 cr\u00e9er des lieux de rencontre, de partage. Ces associations manquent souvent d\u2019ouverture, elles fonctionnent en petits comit\u00e9s restreints. Il y a Berb\u00e8re T\u00e9l\u00e9vision mais cette cha\u00eene n\u2019a pas r\u00e9ussi \u00e0 cr\u00e9er v\u00e9ritablement un lieu de rencontres.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle cr\u00e9e des rencontres sporadiques, mais il faut saluer ses efforts. Nous souffrons donc du manque de lieux de rencontres. M\u00eame les caf\u00e9s ne le sont plus vraiment, il faut consommer beaucoup pour ne pas para\u00eetre suspect. Le mat\u00e9rialisme occidental est dans les esprits. La mentalit\u00e9 des caf\u00e9s bistrots populaires a disparu. Maintenant le client ne vaut que par ce qu\u2019il consomme. Il y a encore beaucoup \u00e0 faire dans ce sens. Les nombreuses associations pourraient offrir des lieux de rencontres conviviales. Des bars ou des clubs culturels pourraient aussi se cr\u00e9er.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Quelle est la place des intellectuels alg\u00e9riens en France ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019intellectuel alg\u00e9rien en France peine \u00e0 survivre, invisible aux passants. La soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise ne reconna\u00eet pas ses acquis. Il est pouss\u00e9 pour survivre vers des petits boulots, les plus basses besognes, il n\u2019a d\u2019existence que par le petit boulot qui l\u2019use et l\u2019humilie, comme s\u2019il fallait l\u2019emp\u00eacher de cr\u00e9er, d\u2019\u00e9crire, en l\u2019affamant, en lui offrant parfois le RSA (Revenu de solidarit\u00e9 active), l\u2019aum\u00f4ne de l\u2019Etat. Il est presque impossible pour un intellectuel alg\u00e9rien d\u2019\u00e9crire dans la presse fran\u00e7aise surtout s\u2019il a une plume libre portant des critiques sur le syst\u00e8me alg\u00e9rien. Il appara\u00eet que ce qui int\u00e9resse le plus la France, ce sont plus les Affaires que les Droits de l\u2019Homme en Alg\u00e9rie.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019intellectuel est accul\u00e9, esseul\u00e9, dos au mur, dans une soci\u00e9t\u00e9 qui ne le reconna\u00eet pas et qui veut lui retirer son \u00e2me en le poussant vers la survie. L\u2019intellectuel alg\u00e9rien voit devant lui toutes les portes se fermer. J\u2019en connais qui avaient une tr\u00e8s belle plume et qui ont fini, abattues, ouvriers en b\u00e2timent. Ceux qui arrivent \u00e0 vendre leur \u00e2me, faisant fi de l\u2019esprit critique, peuvent se voir gratifi\u00e9s d\u2019un poste de surveillant d\u2019un coll\u00e8ge.<\/p>\n\n\n\n<p>Certains sont humili\u00e9s par les aum\u00f4nes de l\u2019Etat et les soupes populaires, c\u00f4toyant les d\u00e9sh\u00e9rit\u00e9s et les clochards. Pour que l\u2019intellectuel alg\u00e9rien ait une visibilit\u00e9 en France, il faut cr\u00e9er nos propres m\u00e9dias et nos propres r\u00e9seaux d\u2019influence.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Ces derniers temps, beaucoup d\u2019\u00e9migr\u00e9s alg\u00e9riens quittent la France pour s\u2019installer au Canada ou ailleurs. Pourquoi ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Parce qu\u2019ailleurs on leur offre un avenir meilleur, un avenir o\u00f9 ils souffriraient moins du racisme, o\u00f9 ils auraient plus de droits. La France a malheureusement tendance \u00e0 se refermer sur elle-m\u00eame ces derni\u00e8res ann\u00e9es, voyant dans les migrants un danger, au lieu d\u2019un atout \u00e9conomique. Le Canada offre beaucoup plus d\u2019opportunit\u00e9s, les chances sont plus grandes. De plus les Alg\u00e9riens du Canada et des USA s\u2019organisent mieux, peut-\u00eatre \u00e0 cause de la distance.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019autres pays comme les Etats-Unis et les pays nordiques offrent une meilleure vie, et une meilleure r\u00e9ussite sociale. En France, les portes se ferment de plus en plus. La plupart d\u2019entre nous sont dans la survie, sans aucune perspective d\u2019\u00e9volution. Sans le frein de la distance, de la duret\u00e9 du climat, beaucoup plus d\u2019Alg\u00e9riens \u00e9migreraient vers le Canada, les Etats-Unis et les pays nordiques o\u00f9 il y a v\u00e9ritablement les chances d\u2019une vie meilleure. En France, l\u2019\u00e9tranger para\u00eet toujours suspect, m\u00eame quand il veut acheter un bien, on lui met des obstacles \u00e0 l\u2019achat. En Am\u00e9rique, vous achetez ce que vous voulez avec votre argent, la couleur et l\u2019origine ethnique n\u2019entrent pas en jeu. La mentalit\u00e9 et l\u2019esprit outre Atlantique sont beaucoup plus \u00e9volu\u00e9s, et beaucoup plus ouverts qu\u2019en Europe.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Quel est-il de l\u2019avenir de l\u2019\u00e9migration alg\u00e9rienne en France ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les Alg\u00e9riens aiment la France. La France aime l\u2019Alg\u00e9rie. Ceci pour des raisons historiques. Il est rare de trouver une famille alg\u00e9rienne qui n\u2019ait pas un membre de la famille en France. Je dirais que nos destins sont li\u00e9s. Les Alg\u00e9riens aiment la langue fran\u00e7aise, la culture fran\u00e7aise, \u00e0 voir le nombre croissant de journaux alg\u00e9riens francophones, il y aura toujours des \u00e9changes entre les deux pays, et personne ne pourra arr\u00eater le flux migratoire vers la France. L\u2019instauration du visa est une profonde injustice, vu les liens \u00e9troits qu\u2019entretiennent les deux pays.<\/p>\n\n\n\n<p>Il faudrait esp\u00e9rer qu\u2019on retire ces visas de la honte qui s\u00e9parent des familles, pour que revienne la libre circulation entre les deux rives, pour que prennent fin les trafics de visas en tous genres. On voit des visas se monnayer des centaines de milliers de dinars.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais cette libre circulation ne reviendra peut-\u00eatre qu\u2019avec la v\u00e9ritable d\u00e9mocratisation de l\u2019Alg\u00e9rie. Les peuples ne d\u00e9sirent que cela. Seuls les politiques freinent pour l\u2019int\u00e9r\u00eat des uns et des autres. J\u2019ai l\u2019espoir qu\u2019il y aura de meilleures relations entre les deux rives dans un avenir proche.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Entretien r\u00e9alis\u00e9 par Mohand Cherif Zirem<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Mon journal<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>23 juillet 21013<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><a href=\"http:\/\/img.over-blog-kiwi.com\/1\/72\/05\/02\/20150715\/ob_32fd68_1069313-536680399713545-1593606633-n.jpg\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/lh3.googleusercontent.com\/blogger_img_proxy\/ANbyha0PmCnS5mCxh0PaPbhyIUkscD5-XJgO6c_AIunjgaUR0mIKdQihKPildDznOOqh9LD9y4oltxJ6x551ISrcbBut1gOpuvj3vEYwxs5XSeJ5BwI8PhrxxH8ZDnJPDlUARo9B_i_JTFtErziaYa6Q-G9nd0i_zYQ3tvb2vnI_P6VL9ntKEGmDb3s=s0-d\" alt=\"Le chanteur Brahim Saci \u00e0 Mon Journal : \u00ab L\u2019intellectuel alg\u00e9rien en France peine \u00e0 survivre \u00bb\"\/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><a href=\"http:\/\/img.over-blog-kiwi.com\/1\/72\/05\/02\/20150715\/ob_6ad1cd_557318-536678996380352-1631862253-n.jpg\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/lh3.googleusercontent.com\/blogger_img_proxy\/ANbyha17gyIaVkG1kaPi3ra-5mJIKoPmUfSaT1IjV_9-esxYekYZya5xCoFD7cl4vhXWujvzPvuuQ9ldmvSWjOoDEHqry72VdFp18_Y6hvNOFSu7SLdnH28p4JqAIiZtpB7RpWRoQpNX86Y3W3ZywSWQ-LH9mrw6qVbbMV832WvnpyPYfnzcUIWxEA=s0-d\" alt=\"Le chanteur Brahim Saci \u00e0 Mon Journal : \u00ab L\u2019intellectuel alg\u00e9rien en France peine \u00e0 survivre \u00bb\"\/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>________________________________________________<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><a href=\"http:\/\/brahimsaci.com\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/10176185_661054143942836_1334588751994036320_n.jpg\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/lh3.googleusercontent.com\/blogger_img_proxy\/ANbyha299YXBphZPfzBh5ktPJQ8lqTU7zCSNZ7W90pJBa6znYq2FIlI4e7Rsv1qfPbDFondLstRYB-Fa6sTYwgBB5ESA9CUN3KZQJkqA4Z_7n0a1MixjM8hG8E2BC5KJH6hOPOI8HlQyZ1heBxJ9_qJpQtkUBOfyJ4a06b_7a5McDn_-fRQtjGDCQBVZ0xoMm82C=s0-d\" alt=\"10176185_661054143942836_1334588751994036320_n\" class=\"wp-image-8427\"\/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>Brahim SACI sur les traces de Slimane AZEM<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Deux hommes sur les chemins d&rsquo;une m\u00eame gloire<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/lh3.googleusercontent.com\/blogger_img_proxy\/ANbyha30GkVhGUV1YyQ52n0iyP1jmKp2mjOv2CAqy1xDa0Wr_n9tx9y5QOOe_DY2l23My2BiCPth_Whzd9-1sU0vmay7zwvL04dfPc1PS5gNNuA03FGV4ySwbNrJO4j3jl38KU1j5uTbssQHYyjAw4Eod0eSFmGVeCxTbysSDjAgFylcTeFxDUiI=s0-d\" alt=\"\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s \u00a0\u00bb les nuits de l&rsquo;absence\u00a0\u00bb, \u00a0\u00bb l&rsquo;amour ne meurt pas\u00a0\u00bb, l\u2019\u00e9crivain et journaliste Mohand Cherif Zirem signe un livre tr\u00e8s singulier. Un hommage \u00e0 deux artistes tr\u00e8s singuliers: Brahim Saci et Slimane Azem.<\/p>\n\n\n\n<p>Les grands artistes ont la possibilit\u00e9 d&rsquo;exprimer non seulement leurs sentiments profonds et leurs sensations les plus complexes, mais ils peuvent aussi sentir la douleur et la joie des autres, en gardant l\u2019\u0153il clairvoyant sur le pr\u00e9sent et l&rsquo;avenir. Brahim Saci, ce grand artiste fait partie de ces g\u00e9nies. Saci est un artiste sinc\u00e8re qui s&rsquo;exprime en toute libert\u00e9. Saci ne fait qu&rsquo;\u00e9couter son coeur si sensible et sa raison sereine et ing\u00e9nieuse. Brahim chante la vie avec ses couleurs multiples, l&rsquo;exil la fraternit\u00e9 l&rsquo;humanisme et bien d&rsquo;autres th\u00e8mes. Sur les traces de Slimane Azem, il continue de produire des ouvres merveilleuses. Ce talentueux chanteur pr\u00e9f\u00e8re s&rsquo;exprimer artistiquement au lieu de \u00ab\u00a0se montrer\u00a0\u00bb dans la presse, mais il a accept\u00e9 d&rsquo;accorder \u00e0 son ami Zirem cet entretien en exclusivit\u00e9. Brahim nous parle du monde fabuleux de la cr\u00e9ation et nous raconte son parcours mouvement\u00e9. Il nous r\u00e9v\u00e8le aussi des v\u00e9rit\u00e9s longtemps occult\u00e9es sur Slimane Azem. \u00ab\u00a0De 1999 \u00e0 2002 \u00e0 Radio France Maghreb,&nbsp; j&rsquo;ai collabor\u00e9 avec Said Kejat&nbsp; dans son \u00e9mission culturelle hebdomadaire o\u00f9 je pr\u00e9sentais des pages sur l&rsquo;histoire antique des berb\u00e8res \u00e0 partir de l&rsquo;installation des ph\u00e9niciens au 9\u00e8me si\u00e8cle avant J\u00e9sus-Christ sur les c\u00f4tes berb\u00e8res. Voil\u00e0 un long parcours radiophonique. Je ne me suis rendu compte que tard, candide que j&rsquo;\u00e9tais, qu&rsquo;il n&rsquo;y a aucune perspective d&rsquo;\u00e9volution dans le domaine maghr\u00e9bin en France, apr\u00e8s toutes ces ann\u00e9es d&rsquo;exp\u00e9rience radio, triste constat. Non seulement ce milieu n&rsquo;offre aucune perspective mais on vous oublie sans m\u00eame un merci de la part des responsables des radios. J&rsquo;aimais l&rsquo;animation radio surtout de minuit \u00e0 6h, car le monde de la nuit est fascinant, si c&rsquo;\u00e9tait \u00e0 refaire j&rsquo;aurais essay\u00e9 de travailler \u00e0 Radio France. Une fois gr\u00e2ce \u00e0 une relation une occasion s&rsquo;est pr\u00e9sent\u00e9e, pour une place de journaliste, avoir une licence et moins de 30 ans, la premi\u00e8re condition \u00e9tait remplie mais j&rsquo;avais plus de 30 ans, le destin en a voulu autrement\u00a0\u00bb, raconte Brahim Saci sur son itin\u00e9raire riche et mouvement\u00e9. Il parle aussi de Slimane Azem, un artiste qu&rsquo;il admire profond\u00e9ment.<\/p>\n\n\n\n<p>Il s&rsquo;inspire tout aussi bien de lui, mais tout en restant lui m\u00eame avec une originalit\u00e9 incontestable. \u00ab\u00a0Slimane Azem est un grand humaniste, grand po\u00e8te philosophe visionnaire. Il fut une l\u00e9gende de son vivant, comme l&rsquo;\u00e9tait avant lui le barde kabyle du 19\u00e8me si\u00e8cle Si Mohand U-Mhand, les deux ont eu un destin tragique. Si Mohand U-Mhand a \u00e9t\u00e9 pouss\u00e9 sur les routes de l&rsquo;errance pour sauvegarder son statut de kabyle libre, refusant toute autorit\u00e9 coloniale, apr\u00e8s la destruction de son village, la confiscation de ses terres, le massacre et la dispersion des siens par l&rsquo;arm\u00e9e coloniale. Po\u00e8te errant composant sur les routes d\u00e9non\u00e7ant le nouvel ordre dict\u00e9 par l&rsquo;occupant.<\/p>\n\n\n\n<p>Slimane Azem fut aussi le verbe libre et vrai, admir\u00e9 par les millions de kabyles qui voyaient en lui l&rsquo;h\u00e9ritier de Si Mohand U-Mhand. Slimane Azem a d\u00e9nonc\u00e9 le colonialisme, a chant\u00e9 la joie de l&rsquo;ind\u00e9pendance et les d\u00e9sillusions du parti unique, d&rsquo;un autoritarisme qui allait s&rsquo;attaquer aux libert\u00e9s d\u00e9mocratiques et tenter de balayer la langue berb\u00e8re plusieurs fois mill\u00e9naire. Po\u00e8te engag\u00e9, il disait haut ce que le peuple pensait tout bas, il \u00e9tait le porte parole du peuple kabyle pendant plus de 50 ans. En 1967 il fut officieusement, selon les dires de certains, interdit d&rsquo;antennes des radios alg\u00e9riennes et consid\u00e9r\u00e9 comme personne non grata par la presse. La loi du silence \u00e9tait tomb\u00e9e, les uns ayant peur pour leur place, pour d\u00e9fendre leur maigre salaire, d&rsquo;autres par z\u00e8le pour esp\u00e9rer s&rsquo;attirer les faveurs du pouvoir ont sem\u00e9 la rumeur d&rsquo;une interdiction officielle qui n&rsquo;en \u00e9tait pas, toujours d&rsquo;apr\u00e8s ces m\u00eame dires, mais vu la facilit\u00e9 avec laquelle la rumeur s&rsquo;imposait partout cela arrangeait le pouvoir qui n&rsquo;attendait que l&rsquo;occasion pour museler cet artiste l\u00e9gendaire au talent in\u00e9galable. Mais on peut mettre un oiseau en cage mais on ne peut pas l&#8217;emp\u00eacher de chanter\u00a0\u00bb, estime Saci. En somme, \u00ab\u00a0Brahim Saci sur les traces de Slimane Azem\u00a0\u00bb est un tr\u00e8s bon livre qui nous fait d\u00e9couvrir d&rsquo;avantage le g\u00e9nie de Saci et nous rappelle l&rsquo;immense Azem. Ce livre est une passerelle entre un pass\u00e9 glorieux, un pr\u00e9sent incertain et un avenir \u00e0 r\u00e9inventer sur les sentiers de l&rsquo;\u00e9ternit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Hafit Zaouche<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le Courrier d&rsquo;Alg\u00e9rie du 01 d\u00e9cembre 2010<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>_________________________________________________<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00ab L\u2019Alg\u00e9rie habite mon c\u0153ur et mon esprit \u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Auteur, compositeur et interpr\u00e8te de ses chansons, Brahim Saci est un c\u00e9l\u00e8bre chanteur kabyle, connu en Alg\u00e9rie, mais surtout en France o\u00f9 il vit depuis l\u2019\u00e2ge de 11 ans.<\/p>\n\n\n\n<p>La presse alg\u00e9rienne le surnomme L\u2019incarnation de Slimane Azem, tellement sa mani\u00e8re de chanter ressemble \u00e0 ce monument de la chanson nord-africaine.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces deux artistes chantent \u00e9norm\u00e9ment sur l\u2019exil et la nostalgie du pays natale.<\/p>\n\n\n\n<p>Saci est aussi un grand po\u00e8te, un dessinateur et un ancien journaliste qui a fait ses preuves dans nombre de radios.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans cet entretien exclusif, ce talentueux artiste nous livre des secrets sur ses \u0153uvres magiques, mais aussi sur la chanson alg\u00e9rienne et bien d\u2019autres questions artistiques et actuelles.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Vous \u00eates auteur compositeur et interpr\u00e8te de vos chansons.<\/strong><br><strong>Peut-on conna\u00eetre le secret de cette polyvalence ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est certainement la passion, je suis un homme passionn\u00e9 qu\u2019un rien \u00e9merveille; o\u00f9 que je sois l\u2019inspiration peut souffler comme un vent bienfaiteur.<\/p>\n\n\n\n<p>La po\u00e9sie fait partie de ma vie depuis l\u2019enfance, l\u2019art de la rime, ce don de Dieu peut me visiter dans la rue, dans un bus, dans le m\u00e9tro ; je peux \u00e9crire m\u00eame dans la foule car j\u2019arrive \u00e0 me d\u00e9tacher d\u2019une certaine r\u00e9alit\u00e9 comme pour rentrer dans une autre r\u00e9alit\u00e9 parall\u00e8le o\u00f9 tout n\u2019est que Art et volupt\u00e9\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>La musique cha\u00e2bi, quant \u00e0 elle, habite en moi dans l\u2019\u00e2me, le c\u0153ur et l\u2019esprit: mon p\u00e8re m\u2019a permis de d\u00e9couvrir Slimane Azem, ce cr\u00e9ateur g\u00e9nial, po\u00e8te, chanteur, fabuliste, dramaturge qui a berc\u00e9 des g\u00e9n\u00e9rations et des g\u00e9n\u00e9rations d\u2019\u00e9migr\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s il y a \u00e9videmment le travail; sans le travail le talent ne peut pas suffire, car il ne pourra s\u2019exprimer enti\u00e8rement. Il faut dans bien des cas se fatiguer, aller au plus profond de soi-m\u00eame pour en tirer le meilleur, \u00eatre un peu perfectionniste pour aboutir \u00e0 des choses abouties.<\/p>\n\n\n\n<p>Toute mon enfance fut berc\u00e9e par les chants et la po\u00e9sie de Slimane Azem, \u00e9merveill\u00e9 par la richesse m\u00e9lodique et la force du verbe de celui-ci, je ne cesse de m\u2019y r\u00e9f\u00e9rer comme \u00e0 une source salutaire. Slimane Azem est pour moi un ma\u00eetre et un p\u00e8re spirituel. Plus tard, la d\u00e9couverte de Dahmane El Harrachi a renforc\u00e9 mon amour pour la musique cha\u00e2bi.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019autres artistes m\u2019ont influenc\u00e9 et continuent de m\u2019influencer aussi bien dans l\u2019\u00e2me po\u00e9tique que dans la cr\u00e9ation musicale : Youcef Abdjaoui, Allaoua Zerrouki, Cheikh Arab, Ahcene Mezani, Matoub Loun\u00e8s, El Hasnaoui, El Anka, Kamel Messaoudi, pour la chanson alg\u00e9rienne, Brel et Brassens pour la chanson fran\u00e7aise. Un bagage culturel riche et vari\u00e9 est n\u00e9cessaire au cr\u00e9ateur.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Que repr\u00e9sente justement la po\u00e9sie pour vous ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>En kabyle, le po\u00e8te c\u2019est celui qui \u00e9claire.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la Gr\u00e8ce antique toute expression litt\u00e9raire \u00e9tait qualifi\u00e9e de po\u00e9tique comme c\u2019est \u00e9galement le cas dans la culture Kabyle, o\u00f9 le po\u00e8te est celui qui manie le verbe ou qui a l\u2019art de manier le verbe.<\/p>\n\n\n\n<p>La langue kabyle est elle-m\u00eame empreinte de po\u00e9sie. La po\u00e9sie est la premi\u00e8re expression artistique et le genre litt\u00e9raire le plus ancien de l\u2019humanit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>La po\u00e9sie reste un myst\u00e8re; la po\u00e9sie est l\u2019\u00e2me des choses, l\u2019\u00e2me profonde des choses. Sans la po\u00e9sie, la saveur de la vie elle-m\u00eame n\u2019est plus pareille. La po\u00e9sie nous aide \u00e0 supporter les difficult\u00e9s de la vie, \u00e0 relativiser leur importance.<\/p>\n\n\n\n<p>La po\u00e9sie nous aide \u00e0 avancer, elle nous permet d\u2019aimer les autres, ce qui est magnifique. Elle nous permet aussi de voir la beaut\u00e9 du monde quand on sait l\u2019approcher avec amour.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>M\u00eame si vous avez une originalit\u00e9, vous ressemblez \u00e0 Slimane Azem dans vos \u0153uvres. D\u2019o\u00f9 vient cette similitude ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Je ne saurais le dire exactement; ma l\u00e9g\u00e8re ressemblance avec Slimane Azem est peut-\u00eatre un miracle, mais pour esp\u00e9rer approcher la po\u00e9sie de Slimane Azem il faut soi-m\u00eame ciseler le verbe et l\u2019\u00e9lever au-del\u00e0 des cimes.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais Slimane Azem est un monument de la musique alg\u00e9rienne et de la musique mondiale que personne ne peut r\u00e9ellement imiter ou \u00e9galer.<\/p>\n\n\n\n<p>Mon admiration sans bornes pour Slimane Azem, mon int\u00e9r\u00eat pour tout ce qu\u2019il a fait, m\u2019ont permis d\u2019aller un peu sur ses traces et je suis \u00e9mu quand on me dit que je ressemble \u00e0 Slimane Azem. C\u2019est un grand honneur pour moi.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>A ce jour, Slimane Azem n\u2019est pas reconnu \u00e0 sa juste valeur dans son pays. Pourquoi ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Slimane Azem est incontournable dans le domaine de la chanson nord-africaine.<\/p>\n\n\n\n<p>Personne ne peut l\u2019occulter. M\u00eame banni des m\u00e9dias de son pays durant des ann\u00e9es, il n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 oubli\u00e9 par ceux qui l\u2019adorent, et il n\u2019a jamais cess\u00e9 de chanter, d\u2019aimer l\u2019Alg\u00e9rie. Dans un de ses plus beaux po\u00e8mes compos\u00e9s vers la fin de sa vie, il disait :<\/p>\n\n\n\n<p>Je me rappelle cette nuit d&rsquo;orage<br>Entour\u00e9 de mon p\u00e8re et de ma m\u00e8re<br>En exil d\u00e8s mon jeune \u00e2ge<br>J&rsquo;ai pr\u00e9par\u00e9 mes affaires<br>Pour mon premier voyage<br>M&rsquo;exiler au-del\u00e0 des mers<\/p>\n\n\n\n<p>Je revois d&rsquo;ici mon village<br>Et tous ceux qui me sont tr\u00e8s chers<br>Pour moi ce paysage<br>Est le pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 de la Terre<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;Alg\u00e9rie, mon beau pays<br>Je t&rsquo;aimerais jusqu&rsquo;\u00e0 la mort<br>Loin de toi, moi je vieillis<br>Rien emp\u00eache que je t&rsquo;adore<\/p>\n\n\n\n<p>Avec tes sites ensoleill\u00e9s<br>Tes montagnes et tes d\u00e9cors<br>Jamais je ne t&rsquo;oublierais<br>Quelque soit mon triste sort<\/p>\n\n\n\n<p>Seul, je me parle \u00e0 moi-m\u00eame<br>J&rsquo;ai failli \u00e0 mon devoir<br>J&rsquo;ai men\u00e9 une vie de boh\u00e8me<br>Et v\u00e9cu dans le cauchemar<br>Quand je chante ce po\u00e8me<br>Je retrouve tout mon espoir<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;Alg\u00e9rie, mon beau pays<br>Je t&rsquo;aimerais jusqu&rsquo;\u00e0 la mort<br>Loin de toi, moi je vieillis<br>Rien n\u2019emp\u00eache que je t&rsquo;adore<br>Avec tes sites ensoleill\u00e9s<br>Tes montagnes et tes d\u00e9cors<br>Jamais je ne t&rsquo;oublierais<br>Quelque soit mon triste sort.<\/p>\n\n\n\n<p>Un po\u00e8me d\u2019une force et d\u2019une profondeur inou\u00efe qui en dit long sur l\u2019exil amer et la souffrance de l\u2019\u00e9loignement du pays natal.<\/p>\n\n\n\n<p>Slimane Azem est un grand artiste mais c\u2019est aussi un esprit libre qui dit l\u2019essentiel, qui parle aussi de la n\u00e9cessit\u00e9 de la libert\u00e9, de la justice sociale, de la d\u00e9mocratie, o\u00f9 chaque Alg\u00e9rien aura sa place dans la diversit\u00e9 culturelle et linguistique.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces id\u00e9es continuent \u00e0 g\u00eaner certains mais le jour viendra bient\u00f4t o\u00f9 ces belles valeurs viendront naturellement et s\u2019imposeront.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Vous vivez en France, mais vous-\u00eates toujours attach\u00e9 \u00e0 votre pays. Parlez-nous de cette passion de la terre natale ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Je vis en France depuis pr\u00e8s de 40 ans mais je n\u2019ai jamais coup\u00e9 les ponts avec mon pays natal. Chaque ann\u00e9e je viens une ou plusieurs fois en Alg\u00e9rie pour me ressourcer.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce pays, ma Kabylie natale, sont mon oxyg\u00e8ne. L\u2019Alg\u00e9rie, c\u2019est le pays de mon enfance et l\u2019enfance ne s\u2019oublie jamais.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019Alg\u00e9rie habite mon c\u0153ur et mon esprit. Loin d\u2019elle nous sommes emprunts de nostalgie quand ces ann\u00e9es magiques de l\u2019enfance reviennent pour nous apporter les senteurs de jeunesse o\u00f9 tout n\u2019\u00e9tait que paix et s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 aupr\u00e8s de ses parents dans la chaleur du foyer.<\/p>\n\n\n\n<p>Loin d\u2019elle, ces images reviennent et tournoient comme un tourbillon dans la t\u00eate et nous plongent dans un spleen baudelairien qui engendre une douleur de l\u2019\u00e2me.<\/p>\n\n\n\n<p>Paradoxalement, cette nostalgie et ce spleen sont un aliment pour l\u2019expression artistique.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019exil est le th\u00e8me qui revient souvent dans vos po\u00e8mes. Est-ce une souffrance ingu\u00e9rissable ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019exil est toujours amer. Avec le temps on fait semblant de le supporter mais c\u2019est toujours une blessure dont on ne gu\u00e9rit jamais. Mais l\u2019exil est \u00e9galement un chemin vers la sagesse, vers le recul, vers le questionnement profond.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019exil\u00e9 est comme un arbre qu\u2019on d\u00e9racine et qu\u2019on tenterait de replanter ailleurs, m\u00eame s\u2019il reprend vie, il aura toujours le mal du pays.<\/p>\n\n\n\n<p>Le drame est qu\u2019\u00e0 l\u2019exil apparent s\u2019ajoute l\u2019exil int\u00e9rieur du po\u00e8te, l\u2019incompris, l\u2019esseul\u00e9. On peut dire que ma souffrance est double. Si l\u2019exil nous \u00e9touffe peu \u00e0 peu en France, o\u00f9 l\u2019\u00e9tranger est un bouc-\u00e9missaire qu\u2019on montre du doigt \u00e0 chaque crise sociale ou probl\u00e8me de soci\u00e9t\u00e9, de retour au pays natal nous sommes confront\u00e9s \u00e0 un \u00e9touffement d\u2019un autre ordre encore plus d\u00e9vastateur.<\/p>\n\n\n\n<p>On se rend vite compte que l\u2019oxyg\u00e8ne qu\u2019on est venu chercher se rar\u00e9fie inexorablement dans ce pays natal qui peine \u00e0 se d\u00e9mocratiser, on ressent donc vite le d\u00e9sir de repartir. Un pays qui m\u00e9rite tellement mieux et qui pourrait mieux faire.<\/p>\n\n\n\n<p>Il suffirait d\u2019un soubresaut des intelligences alg\u00e9riennes, je sais qu\u2019il y en a, pour construire un avenir meilleur. Je me sens comme un \u00e9corch\u00e9 vif qui a l\u2019impression de n\u2019\u00eatre nulle part chez lui.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Pourquoi la plupart des intellectuels alg\u00e9riens \u00e9tablis en France peinent \u00e0 s\u2019imposer ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Il est difficile en France d\u2019\u00eatre reconnu en tant qu\u2019intellectuel si on n\u2019est pas dans le politiquement correct. Les intellectuels alg\u00e9riens dont on parle en France sont souvent ceux qui \u00e9pousent les id\u00e9es dominantes.<\/p>\n\n\n\n<p>Si l\u2019intellectuel alg\u00e9rien n\u2019a pas v\u00e9ritablement sa place en France c\u2019est aussi parce qu\u2019il n\u2019a pas su s\u2019organiser et se constituer en r\u00e9seaux comme le font d\u2019autres communaut\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Sans cela il ne peut avoir une visibilit\u00e9 m\u00e9diatique et peser sur la sc\u00e8ne politique. Dans la lutte pour la survie, au lieu de s\u2019unir pour constituer une force pour s\u2019entraider, ces intellectuels restent dispers\u00e9s et les rares r\u00e9ussites restent individuelles.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Que peut-on dire de la chanson alg\u00e9rienne actuelle ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La chanson alg\u00e9rienne est tr\u00e8s riche et vari\u00e9e. Elle se d\u00e9cline en plusieurs langues et en plusieurs styles. Peut-\u00eatre que les meilleurs chanteurs alg\u00e9riens ne sont pas toujours les mieux m\u00e9diatis\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Chaque r\u00e9gion de ce beau pays a son style musical, mais ces styles musicaux ne sont pas assez visibles malheureusement. Il faudrait seulement plus de moyens pour permettre aux nombreux cr\u00e9ateurs de chaque r\u00e9gion d\u2019Alg\u00e9rie de s\u2019exprimer et vivre de leur Art.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous voyons quelques artistes qui courtisent le pouvoir monopoliser la sc\u00e8ne artistique, je pense qu\u2019il devient urgent d\u2019arr\u00eater ces pratiques et d\u2019ouvrir la sc\u00e8ne aux nombreux cr\u00e9ateurs alg\u00e9riens. Les temps de la pens\u00e9e unique sont r\u00e9volus, le 21\u00e8me si\u00e8cle est un si\u00e8cle d\u2019ouverture et de libert\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Quelle est la place de la culture en Alg\u00e9rie ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La culture Alg\u00e9rienne est d\u2019une richesse et d\u2019une diversit\u00e9 extraordinaire. Il suffit de parcourir le pays pour se rendre compte de cette diversit\u00e9, de cette richesse, des couleurs, o\u00f9 chaque r\u00e9gion de ce vaste et beau pays a sa couleur et sa particularit\u00e9 culturelle.<\/p>\n\n\n\n<p>La culture n\u2019a h\u00e9las jamais \u00e9t\u00e9 la priorit\u00e9 de ceux qui dirigent l\u2019Alg\u00e9rie et pourtant c\u2019est la culture qui va sauver ce pays !<\/p>\n\n\n\n<p>Quand je suis en Alg\u00e9rie je me rends vite compte du d\u00e9sert culturel, le constat est facile \u00e0 faire, il n\u2019y a quasiment plus de cin\u00e9mas et les th\u00e9\u00e2tres sont rares.<\/p>\n\n\n\n<p>Il y a tant \u00e0 faire dans la production th\u00e9\u00e2trale et cin\u00e9matographique, et il faudrait aussi cr\u00e9er une agence nationale pour les artistes pour leur permettre comme en France d\u2019\u00eatre r\u00e9mun\u00e9r\u00e9s lorsqu\u2019ils ne travaillent pas et revaloriser le statut de l\u2019artiste.<\/p>\n\n\n\n<p>Il faudrait cr\u00e9er des conservatoires de musiques et des centres de loisirs et d\u2019animation pour enfants et adultes dans chaque commune pour permettre aux \u00e9coliers d\u2019avoir des activit\u00e9s extrascolaires et aux adules d\u2019avoir une pratique artistique Quand un enfant sort de l\u2019\u00e9cole, il va au conservatoire ou au centre d\u2019animation et de loisirs. Comme cela se fait en France.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Quel est le dernier livre que vous avez lu ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>En fait j\u2019en ai lu deux : Le dernier roman de Youcef Zirem \u00ab L\u2019homme qui n\u2019avait rien compris \u00ab publi\u00e9 aux \u00e9ditions Michalon. Un beau roman dont l\u2019histoire se d\u00e9roule entre Alger et Paris, dont je suis l\u2019un des personnages.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00abHistoire de Kabylie\u00bb de Youcef Zirem aux \u00e9ditions Yoran Embanner.<\/p>\n\n\n\n<p>De l\u2019antiquit\u00e9 \u00e0 nos jours. J\u2019ai eu la chance de m\u2019exprimer dans ce fabuleux livre.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Quels sont vos projets artistiques ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les projets foisonnent dans ma t\u00eate. Mais les obstacles de la vie et ses tourments retardent leur publication.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019\u00e9cris pourtant et compose beaucoup. Tant bien que mal j\u2019essaie de mener \u00e0 bien ces projets.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019ai en fait deux albums de 16 chansons qui sont presque pr\u00eats, mais dans un souci de perfection ils sont encore dans mes tiroirs.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais je pense qu\u2019ils arriveront bient\u00f4t \u00e0 maturit\u00e9 pour le bonheur de mon public!<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Entretien r\u00e9alis\u00e9 par Mohand-Cherif Zirem<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>L&rsquo;Echo d&rsquo;Alg\u00e9rie, du 19 d\u00e9cembre 2013.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;_____________________________________________<\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;Un Talent qui attend la reconnaissance dans son pays<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Dans la nouvelle g\u00e9n\u00e9ration de chanteurs alg\u00e9riens, on a rarement vu quelqu&rsquo;un d&rsquo;aussi pr\u00e9occup\u00e9 par le th\u00e8me de l&rsquo;exil. Malgr\u00e9 \u00a0\u00bb une bonne assise \u00a0\u00bb en France, Brahim Saci ne rate jamais une occasion de chanter ce mal qui a rong\u00e9 bien des g\u00e9n\u00e9rations avant lui.<\/p>\n\n\n\n<p>S&rsquo;il chante l&rsquo;\u00e9migration et l&rsquo;identit\u00e9, ce natif du village de Tifrit Na\u00eet-Oumalek, dans le massif d&rsquo;Akfadou, c&rsquo;est que ce troubadour des temps modernes a une r\u00e9f\u00e9rence: le grand Slimane Azem. C&rsquo;est ce dernier qui, sans l&rsquo;avoir vraiment connu puisqu&rsquo;il avait disparu lorsque Brahim Saci \u00e9tait encore adolescent, lui a fait aimer le go\u00fbt de la chanson engag\u00e9e. Sauf que, contrairement \u00e0 ses a\u00een\u00e9s, Brahim Saci n&rsquo;est pas un exil\u00e9. Il a quitt\u00e9 son village natal presque consentant. Il avait 10 ans lorsqu&rsquo;il rejoint son p\u00e8re, travailleur en France. Mais les dix ann\u00e9es pass\u00e9es au village sont suffisantes, pour lui, afin de cr\u00e9er un lien avec sa terre natale. Ce sont les chants des oiseaux suspendus aux oliviers et aux ch\u00eanes de sa r\u00e9gion qui fredonnent en lui. La vocation est donc inn\u00e9e chez Brahim Saci. Elle est tellement naturelle que malgr\u00e9 un cursus universitaire honorable (licenci\u00e9 en lettres), il n&rsquo;a pas mis fin \u00e0 sa passion, la musique. Pour bien montrer son int\u00e9gration, le chanteur chante d\u00e9sormais en bilingue. Dans certaines de ses compositions, il alterne le kabyle et le fran\u00e7ais. C&rsquo;est le cas de la chanson \u00ab\u00a0Ledzayer\u00a0\u00bb ( Alg\u00e9rie) ou \u00a0\u00bb Leghdar n&rsquo;watmaten\u00a0\u00bb ( la trahison des fr\u00e8res).<\/p>\n\n\n\n<p>Malgr\u00e9 une pr\u00e9sence m\u00e9diatique plut\u00f4t honorable, Brahim Saci n&rsquo;a pas la reconnaissance qu&rsquo;il m\u00e9rite dans son pays d&rsquo;origine. Il ne s&rsquo;y est jamais produit, d&rsquo;ailleurs. Il ne perd pas, cependant espoir pour autant. Il souhaite recevoir une invitation.<\/p>\n\n\n\n<p>En attendant, Dziri l&rsquo;a fait parler pour vous dans cet entretien passionnant.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Dziri : Vous \u00eates un chanteur \u00e9migr\u00e9. Vous vous identifiez \u00e0 un monstre sacr\u00e9 de la chanson alg\u00e9rienne, Slimane Azem. Le parall\u00e8le a-il raison d&rsquo;\u00eatre 30 ans apr\u00e8s la disparition de ce dernier?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Brahim Saci<\/strong>&nbsp;: Pr\u00e8s de trente ans apr\u00e8s la disparition de ce monument qu&rsquo;est Slimane Azem, nous n&rsquo;avons pas encore rendu v\u00e9ritablement hommage \u00e0 cet homme d&rsquo;exception. Y a-t-il une rue, un lyc\u00e9e, une universit\u00e9 qui porte le nom de Slimane Azem en Alg\u00e9rie? Est-ce que les jeunes&nbsp; connaissent aujourd&rsquo;hui l\u2019\u0153uvre de Slimane Azem? Slimane Azem est un grand po\u00e8te, un grand visionnaire, un grand chanteur, musicien d&rsquo;exception, mais c&rsquo;est aussi un homme de principe que nul pouvoir n&rsquo;a pu corrompre.<\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est pour cela que Slimane Azem sera toujours une r\u00e9f\u00e9rence importante pour moi, et pour de nombreux puristes de l&rsquo;Art et des principes, aujourd&rsquo;hui et demain. L\u2019\u0153uvre de Slimane Azem est \u00e9ternelle.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Dziri : Dans vos chansons, l&rsquo;exil prend une bonne place. Sentons la m\u00eame d\u00e9chirure, la m\u00eame sensation que les \u00e9migr\u00e9s du si\u00e8cle dernier? Voit-on cela d&rsquo;un m\u00eame \u0153il que l&rsquo;on soit natif d&rsquo;Alg\u00e9rie ou de France?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Brahim Saci<\/strong>&nbsp;: L&rsquo;exil est toujours douloureux, c&rsquo;est une \u00e9norme blessure \u00e0 chaque \u00e9poque. Il ne faut pas croire que les \u00e9migr\u00e9s d&rsquo;aujourd&rsquo;hui ne souffrent pas, m\u00eame s&rsquo;ils souffrent peut-\u00eatre moins que nos parents qui avaient d&rsquo;autres inconv\u00e9nients, comme celui de ne pas savoir lire et \u00e9crire, ce qui les rendaient beaucoup plus fragiles, car beaucoup m\u00e9connaissaient leurs droits. Ils \u00e9taient des proies faciles pour l&rsquo;arbitraire et la discrimination. O\u00f9 que l&rsquo;ont soit, l&rsquo;exil est toujours une d\u00e9chirure. Comme je l&rsquo;ai dit dans la chanson, Le d\u00e9clin des jours \u00ab\u00a0loin de chez-soi rien n&rsquo;est facile-s&rsquo;\u00e9gare l&rsquo;existence fragile\u00a0\u00bb. Mais l&rsquo;exil peut \u00eatre aussi \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de l&rsquo;\u00e2me; on peut vivre dans son propre pays et se sentir exil\u00e9. Le po\u00e8te n&rsquo;a pas d&rsquo;\u00e9poque et est toujours en proie \u00e0 un exil int\u00e9rieur, puisque proche de la v\u00e9rit\u00e9, il reste l&rsquo;\u00e9ternel incompris, un libre penseur qui d\u00e9range. Baudelaire disait: \u00ab\u00a0Le po\u00e8te est semblable au prince des nu\u00e9es &#8211; Qui hante la temp\u00eate et se rit de l&rsquo;archer &#8211; Exil\u00e9 sur le sol au milieu des hu\u00e9es &#8211; Ses ailes de g\u00e9ant l&#8217;emp\u00eachent de marcher.\u00a0\u00bb Aujourd&rsquo;hui l&rsquo;Europe en g\u00e9n\u00e9ral se ferme de plus en plus; et l&rsquo;exil se fait encore plus terrible, mais l&rsquo;Art et la m\u00e9ditation nous aident \u00e0 d\u00e9passer les affres de l&rsquo;exil. Souvent c&rsquo;est l&rsquo;Art qui me rend \u00e0 moi m\u00eame, un retour vers soi salvateur, qui me donne la force de continuer le chemin.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Dziri : Malgr\u00e9 les sorties m\u00e9diatiques, vous \u00eates plus connu dans les milieux de l&rsquo;\u00e9migration qu&rsquo;aupr\u00e8s de la jeunesse alg\u00e9rienne. Comment expliquez-vous cela ? L&rsquo;introduction de chansons fran\u00e7ais joue-t-elle un r\u00f4le?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Brahim Saci<\/strong>&nbsp;: Je ne sais pas. Mais je crois qu&rsquo;avec les nouveaux outils de communication, surtout les r\u00e9seaux sociaux et internet, la jeunesse alg\u00e9rienne me connait aussi. Je suis l&rsquo;un des premiers chanteurs alg\u00e9riens \u00e0 avoir un site internet \u00e9norm\u00e9ment visit\u00e9 depuis des ann\u00e9es. M\u00eame si les m\u00e9dias fran\u00e7ais ne me sont pas vraiment accessibles, la communaut\u00e9 alg\u00e9rienne me connait \u00e0 travers ma pr\u00e9sence artistique et sociale. M\u00eame si je suis venu enfant en France, je n&rsquo;ai jamais perdu le lien qui me relie \u00e0 ma communaut\u00e9 d&rsquo;origine. Et puis la langue kabyle, ce v\u00e9hicule extraordinaire de valeurs humaines, m&rsquo;a permis de saisir la place de notre culture dans le grand gotha des cultures universelles. J&rsquo;aime aussi la langue fran\u00e7aise que j&rsquo;ai apprise au d\u00e9part gr\u00e2ce aux grands po\u00e8tes fran\u00e7ais tels Baudelaire, Rimbaud, Pr\u00e9vert ou encore Paul Eluard. Dans mes chansons, il ya des passages en fran\u00e7ais, car j&rsquo;\u00e9cris aussi en fran\u00e7ais, c&rsquo;est un bon mariage avec la sensibilit\u00e9 kabyle.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Dziri : Il n&rsquo;est pas \u00e9vident de vivre aujourd&rsquo;hui de son art. La chanson est-elle pour vous, un m\u00e9tier, ou une passion?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Brahim Saci<\/strong>&nbsp;: Mon but n&rsquo;est pas de vivre de mon art. Heureusement que mon travail dans le champ culturel parisien me met \u00e0 l&rsquo;abri du besoin. La chanson, la po\u00e9sie, les qu\u00eates artistiques sont pour moi des passions qui me donnent du bonheur. Un bonheur que je partage avec ceux qui aiment ma musique et ma po\u00e9sie. Cela fait des ann\u00e9es que je chante, j&rsquo;\u00e9cris beaucoup mais je ne fais pas sortir beaucoup d&rsquo;albums; je laisse le temps faire les choses.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Dziri : Une question in\u00e9vitable: Avez-vous un chantier en cours? Y a-t-il une intention ou, tout au moins, un projet de spectacle en Alg\u00e9rie?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;Brahim Saci<\/strong>&nbsp;: J&rsquo;ai plusieurs chantiers en cours. Au moins deux albums qui sortiront en temps opportun. Pour les spectacles en Alg\u00e9rie, ce n&rsquo;est pas de ma faute si je ne m&rsquo;y produis pas. J&rsquo;ai l&rsquo;impression que les demandes se font toujours pour les m\u00eames. Mais ce n&rsquo;est pas grave; un jour l&rsquo;Alg\u00e9rie se d\u00e9mocratisera, c&rsquo;est in\u00e9vitable, et les choses changeront.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Ali Boukhlef<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Dziri, de novembre-d\u00e9cembre 2012<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Magazine Dziri<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>______________________________________________________<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\"><strong>Entretien exclusif avec le po\u00e8te et chanteur Brahim Saci<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00ab Le po\u00e8te mieux que personne sait combien le temps est pr\u00e9cieux et notre vie si br\u00e8ve\u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Brahim Saci est intellectuel, po\u00e8te et chanteur alg\u00e9rien. Il vit \u00e0 Paris depuis plusieurs ann\u00e9es. Dans cet entretien exclusif. Le talentueux artiste revient sur ses qu\u00eates artistiques et nous donne sa vision de la condition des artistes alg\u00e9riens des eux rives de la M\u00e9diterran\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p><br><strong>Vous-\u00eates auteur, compositeur et interpr\u00e8te de vos chansons. Quel est le secret de cette polyvalence ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><br>C&rsquo;est peut-\u00eatre l&rsquo;amour de l&rsquo;Art, la passion de la cr\u00e9ation. Quand on se lance dans la po\u00e9sie et la chanson, on a soif de dire beaucoup choses. Parfois l\u2019on voudrait m\u00eame tout dire.<br>Avec le temps, on s&rsquo;int\u00e9resse \u00e0 toutes les facettes de la chanson; on compose la musique qui habille nos mots et on s&rsquo;engage naturellement sur les chemins de l&rsquo;interpr\u00e9tation. Je suis tent\u00e9 de dire que tout cela vient tout seul tellement on est pris dans le vertige de la cr\u00e9ation. Mais il faut aussi \u00eatre attentif \u00e0 ce qui se fait dans le domaine musical et de la chanson en g\u00e9n\u00e9ral, afin d\u2019approfondir son bagage culturel, mais aussi savoir \u00e9couter tout simplement la vie&#8230;<br>Le secret c\u2019est aussi le travail, toujours apprendre, ne jamais se dire qu\u2019on sait. Mais la po\u00e9sie m\u2019habite comme j\u2019habite en elle. La Muse est une amie \u00e9ternelle.<strong>Qu&rsquo;est ce qui vous inspire ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est d&rsquo;abord l&rsquo;amour de la vie qui m&rsquo;inspire. La vie est fabuleuse pour ceux qui savent regarder avec l\u2019\u0153il du c\u0153ur, ceux qui savent qu\u2019elle ne dure pas. Puis il y a l\u2019Exil, cet exil dont on peine \u00e0 trouver le rem\u00e8de, qu\u2019on ne trouvera sans doute jamais car il n\u2019existe peut-\u00eatre pas, et il est vain de le chercher. Puis il y a les nombreuses exp\u00e9riences souvent douloureuses qui accompagnent notre vie, mais qui sont aussi un aliment indispensable \u00e0 la cr\u00e9ation. Le regard du po\u00e8te ne cesse de regarder vers l&rsquo;essentiel afin d\u2019essayer d\u2019en saisir le sens et les couleurs: il tente \u00e9galement de faire partager sa vision du monde, il essaie de donner un peu de bonheur \u00e0 ceux qui l&rsquo;\u00e9coutent. Je lis beaucoup et la po\u00e9sie m\u2019inspire en g\u00e9n\u00e9ral. Slimane Azem, Si Mohand Ou M\u2019hand, El Hasnaoui, Youcef Abdjaoui, Dahmane El Harrachi, Renaud, Brel, Brassens, Piaf, Baudelaire, Rimbaud, Hugo, Mallarm\u00e9, Pr\u00e9vert, Verlaine, Ronsard, La Fontaine, Youcef Zirem et Mohand Cherif Zirem, Taos, Jean, et Fadhma At Mansour Amrouche sont mes lectures favorites.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Malgr\u00e9 votre originalit\u00e9, on vous compare, souvent, \u00e0 l\u2019immense Slimane Azem. D\u2019o\u00f9 vient cette ressemblance artistique ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Je suis touch\u00e9 quand on me compare au grand Slimane Azem : il est vrai que le timbre de ma voix ressemble un peu \u00e0 ce g\u00e9ant de la chanson alg\u00e9rienne. C&rsquo;est un miracle, je ne sais pas d&rsquo;o\u00f9 je tiens ceci. J\u2019avoue qu\u2019il y a un grand myst\u00e8re quant \u00e0 cette ressemblance. Mais je peux vous dire qu\u2019\u00e0 mes d\u00e9buts, j\u2019ai un jour r\u00eav\u00e9 de lui et je pense souvent \u00e0 ce r\u00eave tant il para\u00eet r\u00e9el. J\u2019ai en quelque sorte racont\u00e9 ce r\u00eave dans le pr\u00e9lude de ma chanson \u00ab Leghdar n watmaten \u00bb qu\u2019on peut \u00e9couter sur le net, sur \u00ab youtube \u00bb ou sur mon site&nbsp;<a href=\"http:\/\/l.facebook.com\/l.php?u=http%3A%2F%2Fwww.brahimsaci.com%2F&amp;h=qAQGmqeUu&amp;enc=AZPFhZeuhABvOcgtP8un0UC_Ya-zdJb3gObhGsuxHe95okNZTzLKRXFvLypSAkoERkjqKaamJU45vHP720kd6iBtT7lIUdLQet-46oiIJDptNAjJ74WJniVn4kZ0ozs0YYvbxVyENFZRiDjXWg1KFRZ9&amp;s=1\" rel=\"noreferrer noopener\" target=\"_blank\">www.brahimsaci.com.<\/a>&nbsp;Emerveill\u00e9 par sa rencontre, celui-ci m\u2019ouvre ses bras me tendant son \u0153uvre, me disant par ces mots \u00ab Akh a mmi ! \u00bb. A mon r\u00e9veil je fus tr\u00e8s troubl\u00e9 et heureux de cette rencontre myst\u00e9rieuse dans un r\u00eave. On peut comparer ma mani\u00e8re de composer la musique \u00e0 celle de Slimane Azem, en privil\u00e9giant la m\u00e9lodie, en allant vers le plus simple afin d\u2019atteindre la clart\u00e9 d\u2019une source de l\u2019Akfadou ou du Djurdjura. et mon attachement aux po\u00e8tes kabyles anciens, particuli\u00e8rement au l\u00e9gendaire Si Mohand Ou M\u2019hand, en affectionnant les neuvains, donnant une pr\u00e9f\u00e9rence aux tercets. Sans oublier les quatrains et les sixains \u00e9videmment, avec l\u2019utilisation d\u2019une langue kabyle recherch\u00e9e et profonde.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Vous \u00eates tr\u00e8s nostalgique dans vos po\u00e8mes. L\u2019Alg\u00e9rie vous inspire toujours ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Tout po\u00e8te est nostalgique car le temps s&rsquo;enfuit et on n&rsquo;y peut rien. Nous sommes d\u00e9sarm\u00e9s devant le temps qui passe. Le po\u00e8te mieux que personne sait combien le temps est pr\u00e9cieux et notre vie si br\u00e8ve, c\u2019est pour cela qu\u2019il ne cesse de crier par ses vers afin d\u2019essayer d\u2019en percer le myst\u00e8re et peut-\u00eatre esp\u00e9rer cr\u00e9er une illusion d\u2019\u00e9ternit\u00e9. Moi je suis nostalgique d&rsquo;un pays que j&rsquo;ai quitt\u00e9 et qui me parait, parfois, comme un paradis. C&rsquo;\u00e9tait une autre \u00e9poque, une autre Kabylie, une autre Alg\u00e9rie&#8230; Oui, l&rsquo;Alg\u00e9rie m&rsquo;inspire, j&rsquo;ai tellement envie de la voir meilleure, \u00e9panouie, d\u00e9mocratique o\u00f9 la justice sociale r\u00e9gnerait. L&rsquo;Alg\u00e9rie a les moyens de faire mieux. Il y a tellement de beaut\u00e9 dans ce pays !<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Quel est la place de l\u2019intellectuel alg\u00e9rien vivant \u00e0 Paris ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;intellectuel alg\u00e9rien n\u2019a pas vraiment de place \u00e0 Paris, il n&rsquo;est pas vraiment visible, il peine \u00e0 survivre seul dans une ville qui ne veut pas de lui car ici ce sont les r\u00e9seaux qui font voir les uns et les autres et les Alg\u00e9riens ne savent pas \u00e9tablir de r\u00e9seaux entre eux. Seul, il est en proie \u00e0 la discrimination quotidienne, se perdant dans de petits boulots, jusqu\u2019\u00e0 perdre son \u00e2me. Cette ville sait \u00eatre si chaleureuse et si froide \u00e0 la fois. Individuellement, les Alg\u00e9riens sont capables de r\u00e9ussite mais ils ne savent pas construire collectivement. Comme si une mal\u00e9diction les poursuivait m\u00eame \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Que pensez-vous de la chanson alg\u00e9rienne actuelle ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La chanson alg\u00e9rienne poursuit son aventure. Elle continue, parfois, \u00e0 donner de belles choses mais au m\u00eame moment, il y a comme une tendance \u00e0 la facilit\u00e9, comme un plongeon vers la m\u00e9diocrit\u00e9. Ainsi va la vie. Ce qui est \u00e0 signaler c&rsquo;est que les vrais cr\u00e9ateurs de cette chanson sont souvent ignor\u00e9s et marginalis\u00e9s. Une v\u00e9ritable d\u00e9mocratisation donnerait sa place \u00e0 chaque cr\u00e9ateur. On verrait ainsi apparaitre et s\u2019\u00e9panouir la diversit\u00e9 des genres musicaux.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Malgr\u00e9 la grandeur de votre \u0153uvre, on ne vous invite pas \u00e0 chanter en Alg\u00e9rie. Comme si juste quelques artistes ont le droit de se produire chez eux, toujours les m\u00eames. Pourquoi?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Oui, je ne suis pas invit\u00e9 \u00e0 me produire en Alg\u00e9rie, je ne saurais vous dire pourquoi. En revanche, il y a des chanteurs qui sont toujours invit\u00e9s. Mais ma ressemblance avec Slimane AZEM doit aussi g\u00eaner certains nostalgiques du parti unique de l\u2019\u00e9poque o\u00f9 Slimane AZEM \u00e9tait interdit en Alg\u00e9rie.Mais aussi, ayant quitt\u00e9 l\u2019Alg\u00e9rie \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 10 ans, peut-\u00eatre que certains me voient plus comme un artiste de France, m\u00eame si ma musique et ma po\u00e9sie s\u2019abreuvent en premier lieu aux sources de la Kabylie, du Djurdjura et de l\u2019Akfadou. Mais ce n&rsquo;est pas grave, pour moi l&rsquo;essentiel ce sont mes cr\u00e9ations, mes po\u00e9sies&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Quels sont vos projets artistiques ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Un artiste a toujours des projets m\u00eame s&rsquo;ils sont difficiles \u00e0 mettre en route. Apr\u00e8s avoir \u00e9crit et compos\u00e9 de nombreuses nouvelles chansons, j&rsquo;attends juste le moment ad\u00e9quat pour les donner \u00e0 \u00e9couter \u00e0 mes admirateurs. C&rsquo;est juste une question de temps&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Entretien r\u00e9alis\u00e9 par Mohand Cherif Zirem<\/strong><br><strong>Reporters, du 16 f\u00e9vrier 2013.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>_______________________________________________<\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\" id=\"email_to_afriend\">Entretien avec Mohand Cherif Zirem :<\/h1>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">\u00abLe secret de la vie est de savoir r\u00e9inventer le bonheur\u00bb<\/h1>\n\n\n\n<p>Mohand Cherif Zirem est psychologue clinicien et journaliste. Apr\u00e8s son premier recueil de po\u00e8mes intitul\u00e9 Les Nuits de l\u2019absence, \u00e9dit\u00e9 en 2006, il vient de publier deux opus en m\u00eame temps : L\u2019amour ne meurt pas et Brahim Saci sur les traces de Slimane Azem. Dans cet entretien, notre confr\u00e8re nous parle de ses nouveau-n\u00e9s et nous livre sa vision de la litt\u00e9rature et de la vie avec une lucidit\u00e9 singuli\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>La D\u00e9peche de Kabylie: Vous venez de publier deux livres en m\u00eame temps. Pouvez-vous nous les pr\u00e9senter ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Mohand Cherif Zirem :<\/strong>&nbsp;Le premier livre est un recueil de po\u00e9sie, intitul\u00e9 \u00abL\u2019Amour ne meurt pas\u00bb. Cet ouvrage se compose, essentiellement, de trois longs po\u00e8mes : Le premier est un po\u00e8me d\u2019amour o\u00f9 j\u2019ai \u00e9voqu\u00e9 ce noble sentiment humain, non seulement avec ma sensibilit\u00e9 de po\u00e8te mais aussi avec ma propre lecture psychologique. Le second po\u00e8me est d\u00e9di\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9criture litt\u00e9raire, surtout \u00e0 la po\u00e9sie. Le troisi\u00e8me est consacr\u00e9 \u00e0 B\u00e9ja\u00efa, une partie enchanteresse et exquise de notre vaste et beau pays, l\u2019Alg\u00e9rie. J\u2019ai voulu marquer une halte po\u00e9tique pour d\u00e9crire la beaut\u00e9 de cette r\u00e9gion, retracer son histoire et alerter les gens sur les d\u00e9gradations multiples que connait Bgayet, surtout sur le plan architectural. La perle du Maghreb a tendance \u00e0 devenir une princesse en haillons. J\u2019ai profit\u00e9 aussi de cette tribune po\u00e9tique pour crier mon ras-le-bol contre le marasme social et les injustices qui emprisonnent notre pays. Dans mon recueil de po\u00e9sie, il y a aussi de courts po\u00e8mes sur la vie, la beaut\u00e9, les tourments, la libert\u00e9, l\u2019humanisme\u2026 Quant \u00e0 mon deuxi\u00e8me livre \u00abBrahim Saci sur les traces de Slimane Azem\u00bb, c\u2019est un entretien exclusif que m\u2019a accord\u00e9 mon ami Brahim Saci, un talentueux po\u00e8te et un grand chanteur. Brahim m\u2019a parl\u00e9 sur son parcours artistique riche et mouvement\u00e9. Il m\u2019a parl\u00e9 de Paris, de ses lumi\u00e8res et de ses ombres, de la Kabylie, de sa beaut\u00e9 et sa laideur. En outre, Brahim m\u2019a confi\u00e9 des v\u00e9rit\u00e9s longtemps occult\u00e9s sur Slimane Azem, entre autres, la censure qu\u2019on lui a impos\u00e9e dans les m\u00e9dias alg\u00e9riens, des ann\u00e9es durant. En somme, beaucoup de non-dits \u00e0 d\u00e9couvrir et \u00e0 m\u00e9diter.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Vous \u00eates persuad\u00e9 que l\u2019amour ne meurt pas ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><br>Oui, absolument (rires). L\u2019amour peut nous faire souffrir, ou carr\u00e9ment nous \u00e9loigner de son \u00e9den, mais il ne meurt jamais. Parfois, quand on fait plus attention \u00e0 la personne aim\u00e9e, quand on se focalise sur soi-m\u00eame, en ignorant notre partenaire, les choses peuvent tourner mal. Parfois encore l\u2019absurde nous impose ses lois. Cependant, l\u2019amour comme sentiment sublime ne s\u2019efface jamais. On peut tourner la page, ou tenter de refaire sa vie, mais cet amour restera \u00e0 jamais grav\u00e9 en nous. D\u2019abord, la persistance de ce pass\u00e9 pr\u00e9sent est remarquable dans la vie quotidienne. Et puis, d\u2019un point de vue psychologique, c\u2019est une certitude car tout notre v\u00e9cu reste omnipr\u00e9sent dans notre subconscient et notre inconscient. Ces exp\u00e9riences sentimentales peuvent \u00eatre latentes mais elles se manifestent d\u00e8s qu\u2019une occasion se pr\u00e9sente. La personne humaine est un v\u00e9ritable labyrinthe o\u00f9 le pass\u00e9, le pr\u00e9sent et le futur se m\u00e9langent, se marient et se conjuguent \u00e0 tous les temps et avec un rythme disproportionn\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Que repr\u00e9sentent pour vous Slimane Azem et Brahim Saci ?&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><br>Da Slimane Azem est l\u2019un des plus grands chanteurs kabyles de tous les temps. Ses m\u00e9lodies harmonieuses et sa po\u00e9sie profonde font de lui un immense artiste in\u00e9galable. C\u2019est un grand homme qui a chant\u00e9 l\u2019exil, la libert\u00e9 et les multiples entraves de la vie. Plusieurs ann\u00e9es apr\u00e8s sa mort, son \u0153uvre demeure d\u2019actualit\u00e9 et continue d\u2019inspirer la nouvelle g\u00e9n\u00e9ration, comme elle a d\u00e9j\u00e0 inspir\u00e9 Matoub Lounes et tant d\u2019autres g\u00e9nies. Par le truchement de ce livre, je veux aussi rendre hommage \u00e0 un humaniste singulier qui a \u00e9t\u00e9 longtemps marginalis\u00e9 et diabolis\u00e9 dans la terre m\u00eame qui l\u2019a vu na\u00eetre, alors qu\u2019il a toujours aim\u00e9 son pays, son beau pays. Quant \u00e0 Brahim Saci, c\u2019est aussi un grand artiste, qui est sur la voie de Da Slimane. Certes, il y a une grande ressemblance entre ces deux artistes, mais Brahim a sa propre originalit\u00e9 dans la forme comme dans le fond. Il suffit de lire sa po\u00e9sie ou d\u2019\u00e9couter ses chansons en Fran\u00e7ais ou en Kabyle pour palper la touche d\u2019un ma\u00eetre qui tarde \u00e0 \u00eatre reconnu \u00e0 sa juste valeur. L\u2019Alg\u00e9rie d\u2019aujourd\u2019hui fait la promotion de beaucoup d\u2019artistes, lesquels sont sur les limites du bricolage, alors qu\u2019on se contente de donner la parole \u00e0 des noms connus tout en marginalisant les cr\u00e9ateurs singuliers, les jeunes talents. C\u2019est inadmissible.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>On dit souvent que vous \u00eates pessimiste dans vos \u00e9crits\u2026<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><br>Ce n\u2019est pas vrai. Je suis un grand optimiste dans mes \u00e9crits comme dans ma vie. Toutefois, il faut aussi \u00eatre r\u00e9aliste pour voir les choses comme elles sont. J\u2019ai \u00e9crit sur les violences et les tueries commises en Alg\u00e9rie ou ailleurs. J\u2019ai \u00e9crit sur les souffrances que subissent des millions de personnes \u00e0 travers le monde. Comme j\u2019ai \u00e9crit sur la rude condition humaine et l\u2019\u00e9ternel retour de la guerre entre le bien et le mal. Mais \u00e7a ne veut pas dire que je suis pessimiste. Dans ma propre philosophie : Il faut toujours simplifier les choses de la vie. Dans notre existence courte et furtive, il y a des moments difficiles qu\u2019il faut, non seulement d\u00e9passer avec bravoure, mais qu\u2019il faut tenter d\u2019\u00e9viter dans la mesure du possible. Il y a, en outre, des moments de bonheur dont il faut se r\u00e9jouir pleinement, tout en tentant de les r\u00e9inventer sans cesse. Le secret de la vie est de savoir r\u00e9inventer le bonheur, m\u00eame durant les p\u00e9riodes difficiles.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Quels sont vos projets d\u2019\u00e9criture ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><br>J\u2019ai d\u00e9j\u00e0 plusieurs ouvrages achev\u00e9s dans trois langues : en Tamazight, en Fran\u00e7ais et en Arabe (romans, po\u00e9sies\u2026). J\u2019esp\u00e8re les publier \u00e0 l\u2019avenir. Comme j\u2019ai des livres en chantiers et des livres que j\u2019\u00e9crirai plus tard. Il y a aussi des livres que je ne vais ni \u00e9crire ni publier (rires), tout simplement parce que je ne les ai pas r\u00e9dig\u00e9s. La litt\u00e9rature, ce n\u2019est pas seulement ces livres qu\u2019on \u00e9dite mais aussi ces belles paroles et ces pens\u00e9es profondes qu\u2019on prononce sinc\u00e8rement, \u00e0 l\u2019occasion. Ou bien ces pens\u00e9es in\u00e9dites rest\u00e9es caverneuses dans notre t\u00eate, sans qu\u2019on les partage avec les autres pour une raison ou une autre. Ce n\u2019est pas forc\u00e9ment par manque de g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 mais juste comme \u00e7a, car tout doit avoir une raison d\u2019exister, m\u00eame l\u2019absurde.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Entretien r\u00e9alis\u00e9 par Tarik Djerroud<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>La D\u00e9p\u00eache de Kabylie du&nbsp; 27 Novembre 2010<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>________________________________________________<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;Brahim Saci et Idir ont assist\u00e9 \u00e0 l&rsquo;inauguration de la place Slimane Azem dans le XIVe arrondissement de Paris<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Slimane Azem dans la D\u00e9p\u00eache<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><a href=\"http:\/\/p8.storage.canalblog.com\/81\/98\/1182834\/99971080_o.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/lh3.googleusercontent.com\/blogger_img_proxy\/ANbyha18KIGGqk0lv09vPex-ay03q0jnoSj-ilFDbaJI-xvySCoDinWiP6gbLfmjrNzAiJpOMPxyMAub-rMBKeGxUxByWFI2Zf6q9O982zgcU-nKEDZoEXf3z14Jc-5r65w=s0-d\" alt=\"slimane\"\/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">&nbsp;<\/h1>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Slimane Azem : le po\u00e8te kabyle de Moissac a d\u00e9sormais sa place \u00e0 Paris<\/h3>\n\n\n\n<p>Publi\u00e9 le 02\/11\/2014, www.ladepeche.fr<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">La mairie du XIVe arrondissement lui a rendu un vibrant hommage<\/h4>\n\n\n\n<p>Un bon millier de personnes parmi lesquels les chanteurs Brahim Saci et Idir ont assist\u00e9 \u00e0 l&rsquo;inauguration de la placette Slimane Azem dans le XIVe arrondissement de Paris.<\/p>\n\n\n\n<p>Quarante-quatre ans apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 fait disque d&rsquo;or et triomph\u00e9 \u00e0 l&rsquo;Olympia avec son titre \u00abAwin ilan d-lfahem\u00bb (\u00d4 toi l&rsquo;homme sage), le po\u00e8te, auteur &#8211; compositeur et chanteur amazigr Slimane Azem a eu en quelque sorte son entr\u00e9e au Panth\u00e9on avec l&rsquo;inauguration au c\u0153ur de la capitale francilienne d&rsquo;une placette portant son nom. La manifestation qui s&rsquo;est tenue dans le XIVe arrondissement de Paris en pr\u00e9sence d&rsquo;un millier de personnes parmi lesquelles de nombreux repr\u00e9sentants de la communaut\u00e9 berb\u00e8re de France au premier rang desquels les chanteurs Brahim Saci et Idir n&rsquo;ont pas manqu\u00e9 d&rsquo;\u00e9mouvoir la famille du \u00abBrassens berb\u00e8re\u00bb de Moissac. Dans l&rsquo;engouement, les jeunes militants associatifs d&rsquo;Ameslay qui sont \u00e0 l&rsquo;origine de cette inauguration en auraient presque oubli\u00e9, en effet, que six ans auparavant, \u00e0 Moissac, la cit\u00e9 uvale avait la premi\u00e8re honor\u00e9 le \u00abp\u00e8re de la chanson berb\u00e8re engag\u00e9e\u00bb en lui d\u00e9diant le square derri\u00e8re l&rsquo;abbaye Saint-Pierre (<em>notre \u00e9dition du 3 novembre 2008<\/em>). C&rsquo;est en effet, un peu par hasard devant l&rsquo;important cort\u00e8ge de fans qui viennent chaque ann\u00e9e d\u00e9poser des fleurs sur la tombe du po\u00e8te kabyle inhum\u00e9 depuis 1983 \u00e0 Moissac que la municipalit\u00e9 de l&rsquo;\u00e9poque et plus pr\u00e9cis\u00e9ment l&rsquo;ex conseiller municipal Kader Selam, ont red\u00e9couvert que ce monument de la chanson populaire berb\u00e9rophone avait pos\u00e9 vingt-cinq ans plus t\u00f4t ses valises d&rsquo;exil\u00e9 dans une ferme des coteaux de Moissac. Vivant six mois de l&rsquo;ann\u00e9e \u00e0 Moissac avec son \u00e9pouse Lucienne (\u00abtata Malika\u00bb), une Auvergnate, c&rsquo;est dans son jardin arbor\u00e9 des figuiers et d&rsquo;oliviers qu&rsquo;il avait plant\u00e9 dans sa propri\u00e9t\u00e9, sa guitare \u00e0 la main, qu&rsquo;il composait et \u00e9crivait ses chansons contant l&rsquo;exil des immigr\u00e9s d&rsquo;Alg\u00e9rie.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Interdit de tout retour en Alg\u00e9rie pour avoir critiqu\u00e9 les leaders du FLN<\/h4>\n\n\n\n<p>Mais pas seulement. Chanteur engag\u00e9, Slimane Azem avec des m\u00e9taphores ch\u00e8res \u00e0 ses origines rurales, n&rsquo;h\u00e9sita pas lors de l&rsquo;Ind\u00e9pendance de l&rsquo;Alg\u00e9rie, en 1962, \u00e0 \u00e9gratigner les leaders du FLN et leurs querelles intestines pour s&rsquo;accaparer le pouvoir \u00e0 Alger. Des chansons qualifiant Ben Bella de grenouille et Boumedienne de b\u0153uf qui \u00e9taient vendues sous le manteau en Alg\u00e9rie, qui lui interdirent jusqu&rsquo;\u00e0 sa mort tout retour dans son pays natal. Fut-il influenc\u00e9 par son grand fr\u00e8re le politicien Ouali Azem, un farouche partisan de l&rsquo;Alg\u00e9rie fran\u00e7aise (<em>notre encadr\u00e9<\/em>) ? Sans doute\u2026 mais r\u00e9duire l&rsquo;\u0153uvre de Slimane Azem, riche de 173 chansons (catalogue recens\u00e9 de la SACEM), serait une vraie gageure. Les paroles de ce grand connaisseur de la culture orale amazigh, sont, en effet bien plus riches et en disent plus long sur la souffrance des sans voix de l&rsquo;\u00e9poque, celles des exil\u00e9s d&rsquo;Alg\u00e9rie que ce soit celles des rapatri\u00e9s, des r\u00e9fugi\u00e9s politiques ou immigr\u00e9s \u00e9conomiques, et sur cette soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise de l&rsquo;apr\u00e8s-guerre et de la d\u00e9colonisation. Boycott\u00e9es par le pouvoir alg\u00e9rien, les chansons de Slimane Azem qui n&rsquo;ont jamais \u00e9t\u00e9 oubli\u00e9es par les Alg\u00e9riens des deux c\u00f4t\u00e9s de la M\u00e9diterran\u00e9e, ont d&rsquo;ailleurs retrouv\u00e9 une seconde jeunesse avec internet o\u00f9 sur YouTube o\u00f9 sa chanson embl\u00e9matique \u00abAlg\u00e9rie mon beau pays\u00bb cumule pr\u00e8s d&rsquo;un million de vues.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Ouali Azem : le grand fr\u00e8re d\u00e9put\u00e9 exil\u00e9 \u00e0 Montaigu-de-Quercy<\/h4>\n\n\n\n<p>Partisan de l&rsquo;Alg\u00e9rie fran\u00e7aise, le grand fr\u00e8re de Slimane Azem, Ouali fut tour \u00e0 tour pr\u00e9sident de la f\u00e9d\u00e9ration des maires de Kabylie (1958), vice-pr\u00e9sident du comit\u00e9 de salut public de l&rsquo;Alg\u00e9rie au c\u00f4t\u00e9 du g\u00e9n\u00e9ral Massu et enfin d\u00e9put\u00e9 fran\u00e7ais de Tizi-Ouzou jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;Ind\u00e9pendance. Date \u00e0 laquelle, contraint de quitter l&rsquo;Alg\u00e9rie devenue ind\u00e9pendante, il d\u00e9cide de s&rsquo;installer avec ses trois fr\u00e8res comme agriculteur en Tarn-et-Garonne. \u00abC&rsquo;est aupr\u00e8s d&rsquo;un libraire de Montaigu-de-Quercy, M.Beldio, se souvient son fils Bruno, que mon p\u00e8re a trouv\u00e9 le petit ch\u00e2teau de La Marugue-basse qu&rsquo;il a achet\u00e9.\u00bb Durant des mois toute la famille Azem &#8211; les oncles, tantes et neveux &#8211; y est r\u00e9unie. En 1963, sur les conseils de son grand fr\u00e8re, Slimane qui cherche du calme pour continuer \u00e0 \u00e9crire ses chansons, ach\u00e8te sa ferme dans la cote Saint-Laurent, \u00e0 Moissac. Dans les ann\u00e9es soixante-dix, Ouali Azem vend sa propri\u00e9t\u00e9 de Montaigu-de-Quercy et se replie \u00e0 Montauban o\u00f9 il d\u00e9c\u00e8de, en 2002, \u00e0 89 ans non sans avoir fond\u00e9 un comit\u00e9 de d\u00e9fense des agriculteurs rapatri\u00e9s et prit la pr\u00e9sidence du cercle alg\u00e9rianiste de Montauban.<\/p>\n\n\n\n<p>Visible sur les sites en ligne de vid\u00e9os et jadis sur les \u00e9crans des juke-box, le clip ou le scopitone, comme l&rsquo;on disait \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque, \u00abMadame, encore \u00e0 boire\u00bb sign\u00e9 S. Azem, a \u00e9t\u00e9 tourn\u00e9 dans un caf\u00e9 de Moissac. C&rsquo;est, en effet, au Lutosa, place des R\u00e9collets, que le chanteur kabyle a r\u00e9alis\u00e9 ce film o\u00f9 l&rsquo;on aper\u00e7oit, chose rare, son \u00e9pouse Lucienne qui joue le r\u00f4le d&rsquo;une serveuse. Dans ce court-m\u00e9trage de pr\u00e8s de quatre minutes o\u00f9 S. Azem joue un client passablement \u00e9m\u00e9ch\u00e9 qui r\u00e9clame un autre verre \u00e0 la serveuse, l&rsquo;artiste se fait le h\u00e9raut de la mis\u00e8re sociale et affective de ses compatriotes. Des immigr\u00e9s qui vivent seuls loin de leur famille et de leur pays, et qui s&rsquo;adonnent \u00e0 la boisson pour oublier leur sort. Une exp\u00e9rience que connu Slimane lorsqu&rsquo;avec son fr\u00e8re, il travailla, \u00e0 19 ans, \u00e0 Longwy dans les usines sid\u00e9rurgiques.<\/p>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\">Un \u00abclip\u00bb vid\u00e9o tourn\u00e9 au Lutosa in memoria<\/h4>\n\n\n\n<p>Le 28 janvier prochain, la famille et les fans du po\u00e8te c\u00e9l\u00e9breront le 31e anniversaire de sa disparition. Son neveu Bruno Azem qui vient de r\u00e9aliser une expo sur son oncle et qui vient de s&rsquo;achever \u00e0 Paris, ne d\u00e9sesp\u00e8re pas qu&rsquo;\u00e0 cette occasion celle-ci trouve \u00e9galement sa place \u00e0 Moissac. \u00abAu vu de la c\u00e9l\u00e9brit\u00e9 toujours vivante de Slimane dont la tombe est la plus visit\u00e9e du cimeti\u00e8re de Moissac, nous souhaiterions que la ville nous accompagne dans ce projet et pourquoi pas lui d\u00e9dier un espace permanent&#8230;\u00bb Une requ\u00eate \u00e0 laquelle Jean-Michel Henryot ne serait pas insensible, lui qui fut son m\u00e9decin jusqu&rsquo;\u00e0 son d\u00e9c\u00e8s en 1983.<\/p>\n\n\n\n<p>Max Lagarrigue.<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"http:\/\/img.over-blog-kiwi.com\/1\/72\/05\/02\/20150715\/ob_446693_201411021238-full.jpg\"><\/a><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><a href=\"http:\/\/img.over-blog-kiwi.com\/1\/72\/05\/02\/20150715\/ob_1a227f_10362376-763028500434865-2861183369414.jpg\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/lh3.googleusercontent.com\/blogger_img_proxy\/ANbyha0lFxgMjNRgtZN1Ygmnwo5bfXSA1aJXRo-B_Q3f0YgENs7qKnh6l5xcd5_I5i7YKoIJibmRTXhkWzO4WvznWdW3vFuCKOuttb5GUDTMSlT4uEb8dM5JVbWrlWaPDCyItefJ7403GepJmO4VD9FHKMIuVymT6j5JSiT-8haRAyIEBXUAn_3eQfpvvA=s0-d\" alt=\"Un bon millier de personnes parmi lesquels les chanteurs Brahim Saci et Idir ont assist\u00e9 \u00e0 l'inauguration de la placette Slimane Azem dans le XIVe arrondissement de Paris.\/ Photo DDM pour la photo de couverture. Discours de Brahim SACI. Inauguration de la place Slimane AZEM dans le 14\u00e8me arrondissement de Paris. Le 11 octobre 2014. ( Berb\u00e8re t\u00e9l\u00e9vision, BRTV )\"\/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><a href=\"http:\/\/img.over-blog-kiwi.com\/1\/72\/05\/02\/20150715\/ob_114db1_10711006-756477557756626-2161421723457.jpg\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/lh3.googleusercontent.com\/blogger_img_proxy\/ANbyha0ZimRy9Jzbbz3rA8cXVv2atFUGLlNmDU9W-raKlvd9exVb1PH6e4v_ud54djc9tk0E2KSu_GO3Mg9nXH-vbVhqASzUYi7aShBJNO3bYmN47Mz5RB1TfCLTJBE1RKgF6JA61CBDaVzzij6fS3c7h322VinUoujl5xdf7wqeTCDjKkcQEEBQYINFYg=s0-d\" alt=\"Un bon millier de personnes parmi lesquels les chanteurs Brahim Saci et Idir ont assist\u00e9 \u00e0 l'inauguration de la placette Slimane Azem dans le XIVe arrondissement de Paris.\/ Photo DDM pour la photo de couverture. Discours de Brahim SACI. Inauguration de la place Slimane AZEM dans le 14\u00e8me arrondissement de Paris. Le 11 octobre 2014. ( Berb\u00e8re t\u00e9l\u00e9vision, BRTV )\"\/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><a href=\"http:\/\/img.over-blog-kiwi.com\/1\/72\/05\/02\/20150715\/ob_446693_201411021238-full.jpg\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/lh3.googleusercontent.com\/blogger_img_proxy\/ANbyha0JIQoT9yNpS1Xiodtdokga6HLNWxbK5nOcccXt2makeeQH9k6fKF9i60cKBAjNfpO8tuZ4f1mbOUaahE4fG06WEx33v9ALIHQh2rQy7E0XEXmw-mLM8al46ifOdeXE8TfLeYmJJHsPR8W4VY0Q7Y_izPZaSA=s0-d\" alt=\"Un bon millier de personnes parmi lesquels les chanteurs Brahim Saci et Idir ont assist\u00e9 \u00e0 l'inauguration de la placette Slimane Azem dans le XIVe arrondissement de Paris.\/ Photo DDM pour la photo de couverture. Discours de Brahim SACI. Inauguration de la place Slimane AZEM dans le 14\u00e8me arrondissement de Paris. Le 11 octobre 2014. ( Berb\u00e8re t\u00e9l\u00e9vision, BRTV )\"\/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><a href=\"http:\/\/img.over-blog-kiwi.com\/1\/72\/05\/02\/20150715\/ob_37f70d_1012949-728115797236670-38864976041455.jpg\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/lh3.googleusercontent.com\/blogger_img_proxy\/ANbyha0w6btSvLdYjnw1gIJgyRijXJ9yZS9cK6_wXUpu_j4RhNsdpFld-pG-lEXbiLJQi7BZSeeqKtQSlI0sVlGrSxFiZvW5Z68IcB1S3YesXEQx9c6MIabXMCdVwTZFp40MA17l2QSWWTiCH-q9njSslcKAK3mirAQi5m6kYwnEWs0bp7WNpkHsDD_pBQ=s0-d\" alt=\"Un bon millier de personnes parmi lesquels les chanteurs Brahim Saci et Idir ont assist\u00e9 \u00e0 l'inauguration de la placette Slimane Azem dans le XIVe arrondissement de Paris.\/ Photo DDM pour la photo de couverture. Discours de Brahim SACI. Inauguration de la place Slimane AZEM dans le 14\u00e8me arrondissement de Paris. Le 11 octobre 2014. ( Berb\u00e8re t\u00e9l\u00e9vision, BRTV )\"\/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><a href=\"http:\/\/img.over-blog-kiwi.com\/1\/72\/05\/02\/20150715\/ob_a21fb2_1901418-751886378215744-80732028617882.jpg\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/lh3.googleusercontent.com\/blogger_img_proxy\/ANbyha2r5QOaQloXnUGnVF6LsGcuCMbRHKlXJMlkLKQcTmjOXciRzbIbEFckb-e98PYx_MQn1RVhR9XoRP2SwY1DJHOgBhM-5QTlvpJtLlGsVaq-5ZW4QA9eyo5QR6oSynxnbpJSiE9PHmYS89EiKG-KnxdVz9yZu1wEaQswt4Q_kjor_nFfSFq49zjkNQ=s0-d\" alt=\"Un bon millier de personnes parmi lesquels les chanteurs Brahim Saci et Idir ont assist\u00e9 \u00e0 l'inauguration de la placette Slimane Azem dans le XIVe arrondissement de Paris.\/ Photo DDM pour la photo de couverture. Discours de Brahim SACI. Inauguration de la place Slimane AZEM dans le 14\u00e8me arrondissement de Paris. Le 11 octobre 2014. ( Berb\u00e8re t\u00e9l\u00e9vision, BRTV )\"\/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><a href=\"http:\/\/img.over-blog-kiwi.com\/1\/72\/05\/02\/20150715\/ob_1a227f_10362376-763028500434865-2861183369414.jpg\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/lh3.googleusercontent.com\/blogger_img_proxy\/ANbyha0lFxgMjNRgtZN1Ygmnwo5bfXSA1aJXRo-B_Q3f0YgENs7qKnh6l5xcd5_I5i7YKoIJibmRTXhkWzO4WvznWdW3vFuCKOuttb5GUDTMSlT4uEb8dM5JVbWrlWaPDCyItefJ7403GepJmO4VD9FHKMIuVymT6j5JSiT-8haRAyIEBXUAn_3eQfpvvA=s0-d\" alt=\"Un bon millier de personnes parmi lesquels les chanteurs Brahim Saci et Idir ont assist\u00e9 \u00e0 l'inauguration de la placette Slimane Azem dans le XIVe arrondissement de Paris.\/ Photo DDM pour la photo de couverture. Discours de Brahim SACI. Inauguration de la place Slimane AZEM dans le 14\u00e8me arrondissement de Paris. Le 11 octobre 2014. ( Berb\u00e8re t\u00e9l\u00e9vision, BRTV )\"\/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><a href=\"http:\/\/img.over-blog-kiwi.com\/1\/72\/05\/02\/20150715\/ob_114db1_10711006-756477557756626-2161421723457.jpg\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/lh3.googleusercontent.com\/blogger_img_proxy\/ANbyha0ZimRy9Jzbbz3rA8cXVv2atFUGLlNmDU9W-raKlvd9exVb1PH6e4v_ud54djc9tk0E2KSu_GO3Mg9nXH-vbVhqASzUYi7aShBJNO3bYmN47Mz5RB1TfCLTJBE1RKgF6JA61CBDaVzzij6fS3c7h322VinUoujl5xdf7wqeTCDjKkcQEEBQYINFYg=s0-d\" alt=\"Un bon millier de personnes parmi lesquels les chanteurs Brahim Saci et Idir ont assist\u00e9 \u00e0 l'inauguration de la placette Slimane Azem dans le XIVe arrondissement de Paris.\/ Photo DDM pour la photo de couverture. Discours de Brahim SACI. Inauguration de la place Slimane AZEM dans le 14\u00e8me arrondissement de Paris. Le 11 octobre 2014. ( Berb\u00e8re t\u00e9l\u00e9vision, BRTV )\"\/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;____________________________________________<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le malaise incommensurable des plus d\u00e9munis<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>la ville a du mal \u00e0 respirer en ce moment. C\u2019est le mois de juillet mais le soleil est presque absent \u00e0 Paris. La venue de nombreux dirigeants politiques du monde pour le sommet de l\u2019Union Pour la M\u00e9diterran\u00e9e fait chambouler les plans de circulation dans cette merveilleuse cit\u00e9, capitale mondiale de la culture.<\/p>\n\n\n\n<p>S\u00e9curit\u00e9 oblige, le parcours de nombreux bus est d\u00e9vi\u00e9. Mais Paris ne vit pas uniquement pour cette rencontre politique dont on sait d\u2019avance l\u2019incertitude de ses r\u00e9sultats. Paris est plut\u00f4t une halte incontournable pour les artistes et les r\u00eaveurs. Brahim Saci en fait partie. Avec sa guitare en bandouli\u00e8re, il ne cesse de parcourir les nombreux bistrots alg\u00e9riens, apr\u00e8s son travail au service culturel de la mairie de Paris. Universitaire, Brahim Saci a fait l\u2019ensemble de sa scolarit\u00e9 \u00e0 Paris mais il est rest\u00e9 toujours \u00e0 l\u2019\u00e9coute de ce qui se passe en Alg\u00e9rie, son pays natal. C\u2019est au d\u00e9but des ann\u00e9es 90, qu\u2019il enregistra son premier album de musique cha\u00e2bie. Sur les traces de son idole de toujours, Slimane Azem, il s\u00e9duit de nombreux m\u00e9lomanes, de cr\u00e9ation en cr\u00e9ation. Quand on \u00e9coute Brahim Saci chanter, on a l\u2019impression d\u2019entendre Slimane Azem, excommuni\u00e9 des m\u00e9dias alg\u00e9riens durant de longues ann\u00e9es. La po\u00e9sie de Brahim Saci, \u00e9crite en kabyle et en fran\u00e7ais, est limpide et profonde ; elle raconte la r\u00e9alit\u00e9 de l\u2019immigration et de l\u2019Alg\u00e9rie sans aucune tricherie. Elle est \u00e0 l\u2019image de l\u2019homme qu\u2019il est : un \u00eatre sensible et g\u00e9n\u00e9reux, essayant tout le temps d\u2019aider les uns et les autres. Brahim Saci est aussi un grand lecteur : son appartement dans le 20eme arrondissement de Paris est plein de livres. Tout ce qui s\u2019\u00e9crit sur l\u2019Alg\u00e9rie, on peut le trouver chez lui. Brahim Saci est conscient des malheurs de l\u2019exil. Loin des siens, la solitude est souvent am\u00e8re. \u00abNe me comprennent que ceux qui ont march\u00e9 sur mes pas&#8230; Il y a une n\u00e9cessit\u00e9 de dire pour ne pas sombrer. Aborder l\u2019art avec amour car seul ce sentiment&nbsp; permet de le saisir\u00bb, me dit-il. Brahim Saci revient p\u00e9riodiquement en Alg\u00e9rie. Mais il est parfois triste de constater la perte de certaines valeurs dans le pays de ses anc\u00eatres : comme le manque de solidarit\u00e9, la course effr\u00e9n\u00e9e vers l\u2019argent facile ou encore le malaise incommensurable des plus d\u00e9munis. Le plus grand souhait de Brahim Saci, c\u2019est de voir une soci\u00e9t\u00e9 civile autonome s\u2019attaquer aux vrais probl\u00e8mes. Ce souhait de l\u2019artiste est certainement partag\u00e9 par une foule d\u2019individus.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Youcef Zirem&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Alg\u00e9rienews du 14 juillet 2008<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>______________________________________________________________________<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Exil \u00e9ternel de Brahim Saci<\/p>\n\n\n\n<p>De l&rsquo;exil \u00e0 la soif identitaire&#8230;..<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;universitaire-chanteur Brahim Saci -dont le site : brahimsaci.com a atteint son pic de consultations suite au radar du journal Libert\u00e9 vient de sortir un double album : Exil \u00e9ternel, un hommage \u00e0 Da Slimane Azem et Cr\u00e2a traitant de la fracture sociale en Alg\u00e9rie et son impact sur les ressortissants. C&rsquo;est la premi\u00e8re fois qu&rsquo;il produit en Alg\u00e9rie, une mani\u00e8re \u00e0 lui de se sentir proche d&rsquo;un public artisan des \u00e9v\u00e9nements du printemps noir. Cet artiste, appr\u00e9ci\u00e9 dans les milieux intellectuels en France, milite sans cesse pour un rapprochement culturel entre les acteurs de la sc\u00e8ne artistique, alg\u00e9riens et fran\u00e7ais. M\u00eame si l&rsquo;auteur compositeur Brahim Saci a grandi au sein de l&rsquo;immigration, il ne cesse d&rsquo;immortaliser le charisme et le message des grands auteurs, tels Slimane<br>Azem, Si Muhand u Mhend, Mammeri, El-Anka et Matoub.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Par HOCINE Nait Aissa<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Libert\u00e9 2003<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>________________________________________________________________________<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Quand Saci revisite Azem<br><strong>CHANSON KABYLE EN FRANCE<\/strong><br>Auteur-compositeur et chanteur d\u2019expression franco-berb\u00e8re, Brahim Saci a su donner une dimension universelle \u00e0 l&rsquo;h\u00e9ritage po\u00e9tique et musical de l\u2019un des piliers de la chanson kabyle, Slimane Azem, qu\u2019il compare \u00e0 Baudelaire.<br>Refusant d\u2019\u00eatre qualifi\u00e9 d\u2019artiste beur, Saci s\u2019est distingu\u00e9 sur le champ de la po\u00e9sie en remportant plusieurs prix. Son admiration pour Slimane Azem n\u2019est pas fortuite : il puise dans les po\u00e8mes chant\u00e9s par le chanteur d\u2019Agouni Gueghrane de pr\u00e9cieuses r\u00e9f\u00e9rences et valeurs qui fondent la culture amazigh ainsi que des traits de g\u00e9nie authentique. Actuellement, Saci travaille dans un conservatoire parisien et continue \u00e0 produire. Il est possible de conna\u00eetre davantage ce prodige en consultant son site (<a href=\"http:\/\/www.brahimsaci.com\/index.html\">www.brahimsaci.com<\/a>) et en t\u00e9l\u00e9chargeant gratuitement ses chansons en MP3.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Farid Belgacem<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Libert\u00e9 10 Avril 2003<\/p>\n\n\n\n<p>_______________________________________________<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Revue SALAMA&nbsp; Mai Juin 2002<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>BRAHIM SACI<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Sa voix est grave et tumultueuse, avec un brin de sensualit\u00e9 berc\u00e9e par sa langue maternelle aux couleurs de la Kabylie. une musique revendicatrice par laquelle Brahim Saci rapelle quelques principes de notre pass\u00e9 culturel et traditionnel dans son nouvel album L&rsquo;aire du temps.<\/p>\n\n\n\n<p>Sortie en mai chez SB Production. Distribution M\u00e9diterran\u00e9e Presse.<\/p>\n\n\n\n<p>Revue SALAMA Mai Juin 2002<\/p>\n\n\n\n<p>Karim ILEN&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong><a href=\"mailto:Karimmassina@hotmail.com\"><\/a><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>_________________________<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Entretien avec Brahim SACI<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>V. Thibert:&nbsp;Brahim Saci, pouvez-vous nous parler un peu de vous? Comment se fait-il qu\u2019un jeune arriv\u00e9 en France \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 11 ans s\u2019int\u00e9resse \u00e0 ce qui se passe en Alg\u00e9rie? Nous voyons beaucoup de jeunes qui sont n\u00e9s ou vivent en France depuis l\u2019enfance qui ne ma\u00eetrisent pas tr\u00e8s bien ou pas du tout le Kabyle, comment faites-vous?<\/p>\n\n\n\n<p>B. Saci :&nbsp;Eh bien&#8230; j\u2019esp\u00e8re que mon cas servira d\u2019exemple. Il est vrai qu\u2019avec la scolarit\u00e9 nous perdons notre langue natale, mais pour ma part, je l\u2019ai en quelque sorte red\u00e9couverte, surtout avec quelques auteurs qui m\u2019ont beaucoup marqu\u00e9. Je veux parler de Mouloud Mammeri, de Mouloud Feraoun&#8230; quant \u00e0 Slimane Azem, ce po\u00e8te g\u00e9nial, il m\u2019a ouvert les portes de l\u2019art et m\u2019a appris \u00e0 aimer la langue Kabyle, pour laquelle il a sacrifi\u00e9 sa vie.<\/p>\n\n\n\n<p>V. Thibert :&nbsp;Oui&#8230; mais il est tout de m\u00eame \u00e9tonnant qu\u2019un jeune de la deuxi\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration hors de la g\u00e9n\u00e9ration de Slimane Azem suive le chemin des anciens. Je veux dire par l\u00e0 que la plupart des jeunes s\u2019int\u00e9ressent plus au rythme, \u00e0 la musique et \u00e0 la danse, mais vous, vous vous int\u00e9ressez plus \u00e0 la m\u00e9lodie en donnant une tr\u00e8s grande place au texte.<\/p>\n\n\n\n<p>B. Saci :&nbsp;Je trouve qu\u2019il est assez normal que les jeunes s\u2019int\u00e9ressent \u00e0 la musique et \u00e0 la danse car c\u2019est une p\u00e9riode de la vie tr\u00e8s importante, ils auront tout le temps pour s\u2019int\u00e9resser \u00e0 autre chose. Il ne faut pas les bl\u00e2mer, \u00e0 chaque \u00e2ge sa sensibilit\u00e9. Dans mon cas c\u2019est surtout les \u00e9tudes qui m\u2019ont pouss\u00e9 \u00e0 \u00e9crire et \u00e0 approfondir un peu plus ce que j\u2019\u00e9cris. Vous savez la langue berb\u00e8re est une langue tr\u00e8s riche et elle m\u00e9rite qu\u2019on s\u2019y int\u00e9resse de tr\u00e8s pr\u00e8s. D\u2019ailleurs j\u2019ai suivi quelques cours de berb\u00e8re \u00e0 l\u2019universit\u00e9 Paris VIII, pour pouvoir la transcrire.<\/p>\n\n\n\n<p>V. Thibert :&nbsp;Oui, mais tous les universitaires ne deviennent pas auteurs compositeurs interpr\u00e8tes. Qu\u2019est-ce qui vous a vraiment pouss\u00e9 \u00e0 embrasser la voie de l\u2019\u00e9criture et de la cr\u00e9ation?<\/p>\n\n\n\n<p>B. Saci :&nbsp;L\u2019Universit\u00e9 ne fabrique pas seulement des enseignants ou des fonctionnaires, mais aussi heureusement des po\u00e8tes et des \u00e9crivains. Quoi que po\u00e8te c\u2019est plus un \u00e9tat d\u2019\u00eatre, les \u00e9tudes peuvent seulement aider \u00e0 sa prise de conscience. La d\u00e9couverte du po\u00e8te allemand Rilke (1875-1926) dans son livre Lettre \u00e0 un jeune po\u00e8te, m\u2019a d\u00e9finitivement renforc\u00e9 dans mon envie d\u2019\u00e9crire, cette envie qui s\u2019imposait chaque jour un peu plus. Rilke \u00e9crivait, \u00a0\u00bb Personne ne peut vous apporter conseil ou aide, personne. Il n\u2019est qu\u2019un seul chemin. Entrez en vous-m\u00eame, cherchez le besoin qui vous fait \u00e9crire : examinez s\u2019il pousse ses racines au plus profond de votre coeur&#8230; Votre vie jusque dans son heure la plus indiff\u00e9rente, la plus vide doit devenir signe et t\u00e9moin d\u2019une telle pouss\u00e9e&#8230; Le cr\u00e9ateur doit \u00eatre tout un univers pour lui-m\u00eame, tout trouver en lui-m\u00eame et dans cette part de Nature \u00e0 laquelle il s\u2019est joint. \u00a0\u00bb Dans Paris o\u00f9 que je sois, dans les quartiers, sur les quais de la Seine, les ombres de Si Mohand ou Mhand, d\u2019Apollinaire, de Baudelaire et de Slimane Azem, ne me quittent jamais et m\u2019accompagnent comme des amies \u00e9ternelles. On me pose souvent la question, pourquoi j\u2019\u00e9cris des chansons bilingues, la r\u00e9ponse est simple en v\u00e9rit\u00e9: ma\u00eetrisant parfaitement les deux langues (le kabyle et le fran\u00e7ais), j\u2019\u00e9cris dans les deux langues. C\u2019est une grande chance mais je vous avouerais que souvent, lorsque j\u2019\u00e9cris en kabyle je pense en fran\u00e7ais, mais quand j\u2019\u00e9cris en fran\u00e7ais je pense des fois en fran\u00e7ais mais souvent en kabyle. Ce n\u2019est qu\u2019une richesse de plus, j\u2019ai quelques textes en anglais aussi mais cela est une autre histoire. En fait je n\u2019ai pas beaucoup de sympathie pour la traduction m\u00eame si j\u2019ai une formation de traducteur, comme disait Marguerite Yourcenar (1903-1987), \u00a0\u00bb Les po\u00e8mes traduits ne sont que des colombes auxquelles on a coup\u00e9 les ailes, des sir\u00e8nes arrach\u00e9es \u00e0 leurs \u00e9l\u00e9ments natals, des exil\u00e9s sur la rive \u00e9trang\u00e8re qui ne peuvent que g\u00e9mir qu\u2019ils \u00e9taient mieux ailleurs.\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>V. Thibert :&nbsp;Slimane Azem vous a beaucoup influenc\u00e9, vous lui ressemblez beaucoup.<\/p>\n\n\n\n<p>B. Saci :&nbsp;Je ne le fais pas expr\u00e8s, mais c&rsquo;est une grande fiert\u00e9 pour moi. Ma musique comme la sienne tire sa source du folklore kabyle et du chaabi (musique populaire alg\u00e9rienne). Slimane Azem est le seul qui a su le mieux d\u00e9crire les sentiments collectifs de l\u2019\u00e9poque, il fut le porte-parole de tout un peuple pendant pr\u00e8s d\u2019un demi-si\u00e8cle. La beaut\u00e9 du verbe que j\u2019ai rencontr\u00e9 chez Baudelaire, je l\u2019ai retrouv\u00e9e chez Slimane Azem. Mais Slimane Azem avait quelque chose de plus car il \u00e9tait une l\u00e9gende de son vivant, il \u00e9tait un grand philosophe et un grand visionnaire.<\/p>\n\n\n\n<p>V. Thibert:&nbsp;L\u2019avez-vous d\u00e9couvert par ses chansons ou bien l\u2019avez-vous approch\u00e9 et c\u00f4toy\u00e9?<\/p>\n\n\n\n<p>B. Saci :&nbsp;Je n\u2019ai pas eu cette chance et je le regrette beaucoup. J\u2019avais 18 ans quand il est mort.<\/p>\n\n\n\n<p>V. Thibert :&nbsp;Puisque vous ne l\u2019avez pas rencontr\u00e9, avez-vous cherch\u00e9 \u00e0 rencontrer des gens qui l\u2019ont connu et travaill\u00e9 avec lui?<\/p>\n\n\n\n<p>B. Saci :&nbsp;Oui, \u00e9videmment. Et j\u2019ai eu beaucoup d\u2019encouragements. J\u2019ai d\u00e9couvert qu\u2019il \u00e9tait aussi grand par son talent que par sa modestie. Il \u00e9tait vraiment g\u00e9nial, il aimait tous ses fr\u00e8res kabyles, et puis il \u00e9tait un artiste complet. Il excellait aussi bien dans l\u2019art de la m\u00e9taphore que dans l\u2019art de la com\u00e9die. Lui et Cheik Norredine \u00e9taient des dramaturges remarquables. J\u2019ai eu la chance de rencontrer des amis de Slimane Azem, on mesure tr\u00e8s bien la grandeur du po\u00e8te car quand ceux-ci parlent de lui, c\u2019est \u00e0 chaque fois les yeux pleins de larmes. Un jour de 1995, je marchais dans la rue dans le dix-septi\u00e8me arrondissement de Paris quand un homme me tape discr\u00e8tement sur l\u2019\u00e9paule. Je me retourne, et je vois un vieil homme. Il me prend affectueusement dans ses bras et me dit: \u00a0\u00bb Vous \u00eates Brahim Saci, je suis heureux de vous voir, je vous ai reconnu pour vous avoir vu dans un spectacle. Moi je suis un ami de Slimane Azem. \u00a0\u00bb Tr\u00e8s \u00e9mu il me proposa un caf\u00e9 que j\u2019acceptais avec plaisir. Il me dit: \u00a0\u00bb Ah! mon fils, si Slimane t\u2019avait connu, il t\u2019aurait s\u00fbrement l\u00e9gu\u00e9 sa ferme \u00e0 Moissac. Il cherchait en vain un gar\u00e7on intelligent comme toi, il aurait fait de toi son h\u00e9ritier. Ta ressemblance avec lui est une b\u00e9n\u00e9diction. \u00ab\u00a0Je lui proposais alors d\u2019aller rendre visite \u00e0 la femme de Slimane Azem \u00e0 Moissac. Il me dit qu\u2019il allait d\u2019abord l\u2019appeler pour lui demander si elle acceptait de nous recevoir. Une semaine apr\u00e8s, je l\u2019ai eu au t\u00e9l\u00e9phone, il me dit: \u00a0\u00bb J\u2019ai bien t\u00e9l\u00e9phon\u00e9 \u00e0 Malika Azem, mais elle m\u2019a dit qu\u2019elle \u00e9tait souffrante et qu\u2019elle n\u2019\u00e9tait pas pr\u00eate \u00e0 nous recevoir. Nous irons quand elle ira mieux. \u00a0\u00bb Le temps a pass\u00e9, Lucienne Azem mourut en 1996, paix \u00e0 son \u00e2me. J\u2019avais pourtant essay\u00e9 d\u2019aller la voir avec Mouloud Azem en 1993-1994, mais on remettait toujours le voyage \u00e0 un autre jour, le destin en a voulu autrement, nous n\u2019y sommes jamais all\u00e9s. La ferme fut vendue \u00e0 des paysans fran\u00e7ais du coin. Aucune association berb\u00e8re ne s\u2019y est int\u00e9ress\u00e9e, sinon elles l\u2019auraient achet\u00e9e, et la maison de Slimane Azem serait aujourd\u2019hui un mus\u00e9e pour les g\u00e9n\u00e9rations d\u2019aujourd\u2019hui et de demain. H\u00e9las! Le destin en a voulu autrement, qui aurait cru qu\u2019un jour la maison du grand Slimane Azem serait achet\u00e9e par des paysans fran\u00e7ais. Les souvenirs, tout ce qu\u2019a laiss\u00e9 Slimane seraient-il donc \u00e0 jamais perdu? Ses trois hectares de terres qu\u2019il aimait tant cultiver, o\u00f9 il a sans doute compos\u00e9 ses plus belles chansons, les arbres qu\u2019il a greff\u00e9 avec des greffons qu\u2019on lui a apport\u00e9 de chez lui en Kabylie? Ainsi est le destin tragique du po\u00e8te. Puisse-t-il un jour reposer dans sa terre pour laquelle il a sacrifi\u00e9 son existence?<\/p>\n\n\n\n<p>Interviewer :&nbsp;Vous dites dans vos chansons que le chemin des arts est \u00e9pineux. Est-ce que vous avez les moyens d\u2019affronter les obstacles?<\/p>\n\n\n\n<p>B. Saci :&nbsp;Les obstacles nous les rencontrons tous les jours, mais moi, j\u2019ai de la chance car les obstacles je les affronte avec ma plume.<\/p>\n\n\n\n<p>V. Thibert :&nbsp;Puisque vous \u00eates en France depuis l\u2019enfance, vous sentez-vous \u00a0\u00bb beur \u00a0\u00bb et que pensez-vous de tous ces mouvements associatifs des ann\u00e9es 80 ?<\/p>\n\n\n\n<p>B. Saci :&nbsp;\u00a0\u00bb Beur \u00ab\u00a0, pas du tout! Pour moi cela ne veut rien dire, je hais les \u00e9tiquettes. Tous ces jeunes des banlieues issus de l\u2019\u00e9migration, souffrent assez de l\u2019indiff\u00e9rence et de l\u2019exclusion qui touchent les plus pauvres, pourquoi rajouter \u00e0 la fracture sociale en les marginalisant un peu plus par cette appellation absurde? Je regrette l\u2019instrumentalisation politico-m\u00e9diatique qui a \u00e9t\u00e9 faite autour des \u00a0\u00bb beurs \u00ab\u00a0, c\u2019\u00e9tait une mani\u00e8re pour les politiques de se d\u00e9douaner pour ne pas s\u2019attaquer aux v\u00e9ritables probl\u00e8mes de la soci\u00e9t\u00e9 et des \u00a0\u00bb banlieues ghettos \u00ab\u00a0: l\u2019\u00e9chec scolaire, l\u2019\u00e9ducation, la formation, la pr\u00e9carit\u00e9, le ch\u00f4mage et l\u2019exclusion. Ce n\u2019est pas aux associations de g\u00e9rer le malaise social, elles peuvent aider si on leur en donne les moyens, c\u2019est tout.<\/p>\n\n\n\n<p>V. Thibert :&nbsp;Vous-m\u00eame, avez-vous connu le racisme, la discrimination?<\/p>\n\n\n\n<p>B. Saci :&nbsp;Eh bien oui&#8230; j\u2019ai justement quelques anecdotes \u00e0 vous raconter. Quand on est enfant, innocent, on pense qu\u2019on est comme tous les autres enfants, les origines des parents n\u2019entrent pas en jeu. Mais malheureusement, ce sont les autres qui vous font sentir la diff\u00e9rence.Je me souviens, j\u2019avais 12 ans, je jouais dans la cit\u00e9, lorsque je me suis disput\u00e9 avec un enfant, ce qui para\u00eet anodin quand on est enfant. La grand-m\u00e8re de celui-ci crie de le fen\u00eatre par ces mots: \u00a0\u00bb Rentres dans ton pays! \u00ab\u00a0. L\u2019enfant me regardait avec des gros yeux, ne comprenant pas sa grand-m\u00e8re, car pour lui il n\u2019y avait pas de diff\u00e9rence. Alors ma tante a r\u00e9torqu\u00e9 par ces mots: \u00a0\u00bb Il est chez lui, et on compte bien rester au moins 130 ans, comme vous en Alg\u00e9rie! \u00a0\u00bb Je me souviens que gr\u00e2ce \u00e0 cette r\u00e9ponse, je me suis sentit mieux et je me suis dit, \u00a0\u00bb Moi aussi je suis chez moi, cette femme est simplement m\u00e9chante. \u00ab\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>V. Thibert :&nbsp;Quand vous \u00eates arriv\u00e9 d\u2019Alg\u00e9rie, avez vous suivi une scolarit\u00e9 normale ?<\/p>\n\n\n\n<p>B. Saci :&nbsp;Quand je suis arriv\u00e9 d\u2019Alg\u00e9rie en 1976, je ne ma\u00eetrisais pas le fran\u00e7ais, car en Alg\u00e9rie l\u2019enseignement est fait en arabe qui est de surcro\u00eet une langue \u00e9trang\u00e8re pour moi. Mais je suis quand m\u00eame rentr\u00e9 en CM2, et j\u2019ai suivi une scolarit\u00e9 normale. Quand j\u2019y pense, cela tient du miracle. Mais j\u2019ai eu la chance d\u2019avoir une institutrice remarquable, madame Chariot, et un directeur exceptionnel, monsieur Dalarun, un grand homme toujours \u00e0 l\u2019\u00e9coute des autres. Je tiens \u00e0 leur rendre un vibrant hommage pour la patience et l\u2019\u00e9coute qu\u2019ils ont eu \u00e0 mon \u00e9gard. J\u2019ai eu de la chance de croiser un jour monsieur Dalarun dans le m\u00e9tro, nous avions \u00e9chang\u00e9 quelques mots, je me souviens combien il \u00e9tait heureux d\u2019apprendre que j\u2019\u00e9tais \u00e0 l\u2019universit\u00e9. Mais quand j\u2019\u00e9tais en Kabylie au village, j\u2019avais fait 3 ans de fran\u00e7ais comme langue \u00e9trang\u00e8re. J\u2019avais un instituteur de fran\u00e7ais tout aussi remarquable, monsieur M. Mouhoune, un homme d\u2019une culture immense. J\u2019ai pour lui une grande admiration, j\u2019ai rencontr\u00e9 peu d\u2019universitaires qui avaient sa ma\u00eetrise de la langue fran\u00e7aise. Je me souviens d\u2019une lettre qu\u2019il m\u2019a \u00e9crite, je devais avoir 12 ou 13 ans. Il \u00e9crit: \u00a0\u00bb Brahim, je sais ton d\u00e9chirement loin du village et de la famille, mais tu es dans le pays des Lumi\u00e8res, ouvres tes yeux Si Brahim ! \u00a0\u00bb Ces mots r\u00e9sonnent encore dans ma t\u00eate. Vous savez je n\u2019aime pas beaucoup les biblioth\u00e8ques car quand j\u2019y rentre il faut me sortir par la force tant je suis assoiff\u00e9 de savoir. Pourtant plus je sais, plus je me dis que je ne sais rien.<\/p>\n\n\n\n<p>V. Thibert :&nbsp;Et au coll\u00e8ge comment \u00e7a c\u2019est pass\u00e9?<\/p>\n\n\n\n<p>B. Saci :&nbsp;Donc de l\u2019\u00e9cole primaire Eug\u00e8ne Varlin, je suis pass\u00e9 au coll\u00e8ge Gustave Courbet. Vous allez voir que parfois la scolarit\u00e9 peut \u00eatre un parcours du combattant. La sixi\u00e8me s\u2019est bien pass\u00e9e, je suis parti en vacances en Kabylie, mais voil\u00e0 qu\u2019\u00e0 cause d\u2019un probl\u00e8me d\u2019autorisation paternelle, je ne suis revenu en France qu\u2019en octobre, et l\u2019ann\u00e9e de cinqui\u00e8me s\u2019est tr\u00e8s mal pass\u00e9e. Ayant accumul\u00e9 un retard au d\u00e9part je n\u2019ai pas pu le rattraper. J\u2019avais alors un professeur principal qui s\u2019acharnait contre moi pour que j\u2019aille en apprentissage, pour apprendre un m\u00e9tier, on m\u2019avait conseill\u00e9 la plomberie. C\u2019est une politique qui a toujours cours. D\u00e8s qu\u2019un enfant issu de l\u2019\u00e9migration a des difficult\u00e9s scolaires on l\u2019oriente vers des voies de garage. Bien que n\u2019ayant jamais redoubl\u00e9, le professeur en question ne voulait rien entendre, elle avait tout fait pour me convaincre d\u2019accepter. J\u2019avais \u00e9videmment refus\u00e9, j&rsquo;avais demand\u00e9 le redoublement. Bien qu&rsquo;elle s\u2019y soit farouchement oppos\u00e9e, le conseil de classe a acc\u00e9d\u00e9 \u00e0 ma requ\u00eate. L\u2019ann\u00e9e d\u2019apr\u00e8s fut une r\u00e9ussite totale. Je me rappelle que lorsque je croisais ce professeur dans la cour, elle rougissait et essayait de m\u2019\u00e9viter. En troisi\u00e8me, j\u2019avais de bons r\u00e9sultats, surtout dans les mati\u00e8res litt\u00e9raires. J\u2019avais r\u00e9ussi le Brevet des Coll\u00e8ges, mais quand j\u2019ai demand\u00e9 \u00e0 passer en seconde, le professeur d\u2019histoire-g\u00e9ographie a us\u00e9 de tous les moyens pour que j\u2019aille en apprentissage, en me disant par exemple, \u00a0\u00bb Si tu apprends un m\u00e9tier tu gagneras de l\u2019argent \u00ab\u00a0. Elle insistait sur l\u2019argent, elle savait que je venais d\u2019un milieu ouvrier. Mais je suis quand m\u00eame pass\u00e9 en seconde.<\/p>\n\n\n\n<p>V. Thibert :&nbsp;Donc l\u00e0, vous arrivez au lyc\u00e9e Paul Eluard \u00e0 Saint-Denis.<\/p>\n\n\n\n<p>B. Saci :&nbsp;Eh bien, l\u00e0 encore, un professeur de fran\u00e7ais s\u2019\u00e9tait oppos\u00e9 \u00e0 monpassage en premi\u00e8re litt\u00e9raire et ceci malgr\u00e9 mes bons r\u00e9sultats en anglais et en allemand. En ce qui concerne le fran\u00e7ais elle s\u2019est d\u00e9brouill\u00e9e pour toujours me mettre 8, \u00e0 chaque dissertation j\u2019avais 8, j\u2019\u00e9tais d\u00e9sempar\u00e9. J\u2019avais gard\u00e9 contact avec un surveillant du coll\u00e8ge quipr\u00e9parait une th\u00e8se. Je l\u2019ai appel\u00e9 et lui ai racont\u00e9 ma m\u00e9saventure.Il accepta de travailler avec moi la prochainedissertation. Monsieur P. Gervaise et moi, nous nous sommes retrouv\u00e9s dans un caf\u00e9 \u00e0 Pierrefitte, une amiti\u00e9 profonde \u00e9tait n\u00e9e entre nous, il m\u2019avait si souvent soutenu scolairement. J\u2019ai donc rendu la dissertation qu\u2019on avait travaill\u00e9 ensemble, \u00e0 ma grande surprise, la note n\u2019avait pas chang\u00e9, j\u2019avais eu 8, et le professeur de fran\u00e7ais avait soulign\u00e9 tout un passage, hors sujet. Mon ami Patrick voulait la rencontrer, mais je ne voulais pas d\u2019histoires. Il \u00e9tait \u00e9vident que c\u2019\u00e9tait du racisme. Je me rappelle d\u2019un copain au coll\u00e8ge qui me disait: \u00a0\u00bb J\u2019aimerais t\u2019inviter chez moi, mais mon p\u00e8re est raciste. \u00a0\u00bb Bon, ne nous \u00e9garons pas, je disais&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>V. Thibert :&nbsp;Vous disiez que le professeur de fran\u00e7ais malgr\u00e9 l\u2019aide de votre ami qui pr\u00e9parait une th\u00e8se vous a mis 8, la note habituelle.<\/p>\n\n\n\n<p>B. Saci :&nbsp;Je n\u2019ai pas pu faire une premi\u00e8re litt\u00e9raire. Je suis pass\u00e9 en premi\u00e8re G, une section \u00e0 mauvaise r\u00e9putation, qu\u2019on appelait la classe des d\u00e9potoirs. J\u2019ai pass\u00e9 une ann\u00e9e de souffrances, mais j\u2019ai continu\u00e9 \u00e0 avoir de bons r\u00e9sultats dans les mati\u00e8res litt\u00e9raires. Ayant eu un troisi\u00e8me prix au concours de po\u00e9sie organis\u00e9 par le lyc\u00e9e, je me suis rapproch\u00e9 du professeur de fran\u00e7ais, laquelle m\u2019appr\u00e9ciait beaucoup, je lui ai alors confi\u00e9 mes soucis tout en lui demandant d\u2019appuyer ma demande de passage en terminale litt\u00e9raire. Elle m\u2019avait dit que le cas \u00e9tait nouveau mais qu\u2019elle allait plaider ma cause au conseil de classe. Au dernier conseil de classe, on m\u2019a demand\u00e9 de venir m\u2019expliquer. On m\u2019avait propos\u00e9 un redoublement en premi\u00e8re litt\u00e9raire, ce que je ne pouvais accepter. J\u2019avais r\u00e9ussi \u00e0 convaincre le conseil de classe, en acceptant d\u2019assumer les difficult\u00e9s, promettant de repasser le bac de fran\u00e7ais avec succ\u00e8s et de d\u00e9crocher le bac g\u00e9n\u00e9ral litt\u00e9rature, philosophie, langues. Ils m\u2019avaient dit que si je r\u00e9ussissais mon cas servirait d\u2019exemple pour d\u2019autres mal orient\u00e9s. J\u2019ai donc r\u00e9ussi mon pari en d\u00e9crochant le bac. A mon plus grand bonheur j\u2019ai pass\u00e9 le berb\u00e8re au bac, et ceci en 1986, comme option facultative. J\u2019avais pr\u00e9sent\u00e9 un texte que j\u2019avais \u00e9cris sur l\u2019exil, j\u2019avais dis \u00e0 l\u2019examinateur qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019un texte de Slimane Azem. Apr\u00e8s l\u2019\u00e9preuve, il m\u2019a dit, \u00a0\u00bb Tu m\u00e9rites 20, \u00e7a ne te d\u00e9range pas si je te mets 19? \u00a0\u00bb J\u2019\u00e9tais heureux, je lui ai alors avou\u00e9 que le texte \u00e9tait de moi, et il m\u2019a conseill\u00e9 de continuer \u00e0 \u00e9crire et de penser \u00e0 \u00e9diter mes po\u00e8mes.<\/p>\n\n\n\n<p>V. Thibert :&nbsp;Votre parcours est tortueux et en m\u00eame temps fascinant. Au niveau des loisirs, est-ce que vous sortiez beaucoup?<\/p>\n\n\n\n<p>B. Saci :&nbsp;J\u2019allais souvent au cin\u00e9ma, j\u2019aimais beaucoup dessiner, quant aux discoth\u00e8ques je n\u2019y avais pas acc\u00e8s \u00e0 cause de mes origines, seuls ceux qui n\u2019\u00e9taient pas typ\u00e9s y avaient acc\u00e8s. Quand j\u2019y allais avec des copains fran\u00e7ais j\u2019\u00e9tais syst\u00e9matiquement refoul\u00e9, c\u2019\u00e9tait une grande souffrance morale, mes copains ressortaient tous de l\u00e0 avec une petite<br>copine. Tant de m\u00e9pris favorise la formation de bandes ethniques et la discrimination peut conduire \u00e0 la r\u00e9volte et \u00e0 la violence. Devant les discoth\u00e8ques on me disait souvent, \u00a0\u00bb Interdit aux beurs! \u00a0\u00bb Comment voulez-vous accepter cela? Moi j\u2019avais la chance de pouvoir me r\u00e9fugier dans les livres et la po\u00e9sie. J\u2019ai connu des jeunes que la discrimination a pouss\u00e9 \u00e0 commettre de graves erreurs que certains ont pay\u00e9 de leurs vies. Je me rappelle en 1986, j\u2019\u00e9tais en train de discuter avec une copine, une tr\u00e8s belle fille blonde, il \u00e9tait environ 23h, devant chez elle \u00e0 Paris dans le vingti\u00e8me arrondissement, lorsqu\u2019une voiture arrive \u00e0 grande vitesse. Elle s\u2019arr\u00eate devant nous, quatre personnes sortent, agressives, se dirigent vers moi: \u00a0\u00bb Police, vos papiers! \u00ab\u00a0. Ils me fouillent et j\u2019\u00e9clate de rire, \u00a0\u00bb Pourquoi riez-vous? \u00ab\u00a0, je r\u00e9ponds: \u00a0\u00bb Je ne savais pas que je repr\u00e9sentais une menace, vous m\u2019avez vu avec une jolie fille et pour m\u2019humilier devant elle vous usez de provocations en me bousculant, votre r\u00f4le est de nous prot\u00e9ger pas le contraire ! \u00a0\u00bb A ce moment l\u00e0, la fille avec qui j\u2019\u00e9tais s\u2019\u00e9nerve et menace de porter plainte contre les agents, alors ceux-ci nous quitt\u00e8rent en nous souhaitant une bonne soir\u00e9e. Une autre fois, au quartier latin des copains d\u2019origine alg\u00e9rienne \u00e9taient \u00e0 la terrasse d\u2019un grand caf\u00e9, accompagn\u00e9s de su\u00e9doises, l\u2019un d\u2019eux venait de Su\u00e8de, quand deux policiers en civil s\u2019approchent et les contr\u00f4lent. L\u2019un d\u2019eux leur donne un passeport su\u00e9dois et les menace de porter plainte \u00e0 son ambassade, alors ceux-ci s\u2019excus\u00e8rent avant de s\u2019en aller. Les ann\u00e9es 80 et les ann\u00e9es 90 ont \u00e9t\u00e9 rudes. En 1995, un ami fran\u00e7ais chanteur de rock, devait se produire avec son groupe dans une discoth\u00e8que parisienne tr\u00e8s connue. Il m\u2019a remis un<br>carton d\u2019invitation et je lui ai donn\u00e9 rendez-vous devant la discoth\u00e8que car j\u2019avais pr\u00e9vu le coup, je savais que j\u2019allais \u00eatre refoul\u00e9. J\u2019\u00e9tais bien habill\u00e9 et accompagn\u00e9, mais lorsque nous nous sommes pr\u00e9sent\u00e9s \u00e0<br>l\u2019entr\u00e9e, le chanteur et ma compagne passent et moi je suis refoul\u00e9. Un videur me dit, \u00a0\u00bb On n\u2019accepte pas les beurs, d\u00e9sol\u00e9 on a re\u00e7u des consignes, avec carton d\u2019invitation ou pas! \u00a0\u00bb Alors le chanteur revient sur ses pas, s\u2019\u00e9nerve et leur dit: \u00a0\u00bb Comment sa copine passe et pas lui? Je suis le chanteur de la soir\u00e9e, maintenant vous le laissez passer! \u00a0\u00bb Moralement c\u2019\u00e9tait dur \u00e0 encaisser. Je garde quand m\u00eame l\u2019espoir car les mentalit\u00e9s \u00e9voluent.<\/p>\n\n\n\n<p>V. Thibert :&nbsp;Vous avez raison, seul le temps peut effacer les pr\u00e9jug\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>B. Saci :&nbsp;Le temps et la bonne volont\u00e9. Les ann\u00e9es 90 ont vu dispara\u00eetre beaucoup d\u2019h\u00f4tels meubl\u00e9s appartenant \u00e0 des alg\u00e9riens kabyles, \u00e0 Paris. Les locataires, kabyles pour la plupart, \u00e9taient des ouvriers qui y habitaient depuis 20-30 ans. Mais voil\u00e0 que les h\u00f4tels \u00e9taient achet\u00e9s par la mairie de Paris et souvent les locataires se retrouvaient \u00e0 la rue, expuls\u00e9s. Ces op\u00e9rations \u00e9taient comprises dans un plan d\u2019urbanisme de la ville de Paris. Les kabyles \u00e9taient jet\u00e9s \u00e0 la rue, sans qu\u2019aucune association berb\u00e8re ne bouge ou apporte son soutien. Je fus le d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 des habitants d\u2019un h\u00f4tel meubl\u00e9 dans le vingti\u00e8me arrondissement. Le propri\u00e9taire avait vendu sans se soucier des locataires, lesquels un \u00e0 un recevaient des lettres d\u2019expulsion. J\u2019ai alors sollicit\u00e9 l\u2019aide du D.A.L. (association Droit Au Logement), qui nous a apport\u00e9 une aide pr\u00e9cieuse. L\u2019affaire a dur\u00e9 trois ans en justice mais s\u2019est termin\u00e9e par un succ\u00e8s avec le relogement de ceux qui se sont battus jusqu\u2019au bout. Je fus invit\u00e9 \u00e0 plusieurs reprises \u00e0 la radio Paris Plurielle, \u00e0 l\u2019\u00e9mission Sans toit je meurs, anim\u00e9e par Marc B. du D.A.L., o\u00f9 j\u2019ai d\u00e9nonc\u00e9 les pratiques inhumaines qui consistaient \u00e0 jeter les gens hors de leur logement. Je rends hommage \u00e0 tout le travail du D.A.L. qui a permis \u00e0 des milliers de personnes de retrouver une dignit\u00e9 en acc\u00e9dant \u00e0 un logement d\u00e9cent. Tout particuli\u00e8rement \u00e0 feu Ma\u00eetre Fran\u00e7ois Breteau, qui fut leur avocat, d\u00e9c\u00e9d\u00e9 en ao\u00fbt 1998, cet avocat g\u00e9nial, qui a beaucoup fait avancer le droit au logement. Je l\u2019avais rencontr\u00e9 un mois avant sa mort, je devais le rappeler pour qu\u2019on mange un couscous rue de Buzenval dans le XX\u00e8. Je lui avais offert un de mes albums, et une amiti\u00e9 \u00e9tait n\u00e9e entre nous, et puis il avait tant fait pour les kabyles en les aidant \u00e0 ne pas perdre leur dignit\u00e9. Gr\u00e2ce \u00e0 son travail avec l\u2019association Droit Au Logement, des centaines d\u2019alg\u00e9riens ont pu acc\u00e9der \u00e0 un logement d\u00e9cent. Cet ami des pauvres reste \u00e0 jamais dans nos coeurs et notre m\u00e9moire, qu\u2019il repose en paix.<\/p>\n\n\n\n<p>V. Thibert :&nbsp;Comment se passe la vie professionnelle?<\/p>\n\n\n\n<p>B. Saci :&nbsp;Je ne vis pas de la chanson, m\u00eame si mes chansons ont re\u00e7u un accueil favorable par le public. La vie d\u2019artiste est sem\u00e9e d\u2019emb\u00fbches, ce n\u2019est pas facile. L\u2019ann\u00e9e 1998 fut une ann\u00e9e terrible pour moi. La mort de Matoub m\u2019avait effondr\u00e9, je l\u2019avais rencontr\u00e9 quelques temps avant sa mort dans un caf\u00e9 qu\u2019il fr\u00e9quentait dans le XVIII\u00e8. Il me disait combien sa vie \u00e9tait li\u00e9e \u00e0 la langue berb\u00e8re et \u00e0 sa Kabylie natale. Il me disait qu\u2019il ne craignait rien en Kabylie, c\u2019\u00e9tait chez lui et il s\u2019y sentait en s\u00e9curit\u00e9. H\u00e9las ! L\u2019obscurantisme et la barbarie ont eu raison de lui. J\u2019\u00e9tais tr\u00e8s affaibli, abattu, je n\u2019\u00e9tais que l\u2019ombre de moi-m\u00eame. Dans ces moments difficiles je me suis rendu compte \u00f4 combien j\u2019\u00e9tais seu l! Le coeur meurtri, trahi en amour et en amiti\u00e9, j\u2019\u00e9tais seul. Mon d\u00e9sarroi a entra\u00een\u00e9 le chaos autour de moi. Ceux que je croyais proches s\u2019\u00e9loignaient. Ne dit-on pas que les po\u00e8tes sont maudits?<\/p>\n\n\n\n<p>V. Thibert :&nbsp;Quel est \u00e0 votre avis le r\u00f4le du po\u00e8te?<\/p>\n\n\n\n<p>B. Saci :&nbsp;Le po\u00e8te est avant tout un observateur, il est le t\u00e9moin privil\u00e9gi\u00e9 d\u2019une \u00e9poque, il sait saisir le sens cach\u00e9 des choses, il est la parole libre et vraie, il doit se lever contre toutes les formes d\u2019injustices.<br>Charles Baudelaire \u00e9crivait: \u00a0\u00bb Le po\u00e8te est semblable au prince des nu\u00e9es Qui hante la temp\u00eate et se rit de l\u2019archer; Exil\u00e9 sur le sol au milieu des hu\u00e9es, Ses ailes de g\u00e9ant l\u2019emp\u00eache de marcher. \u00a0\u00bb En kabyle le po\u00e8te c\u2019est celui qui \u00e9claire. St\u00e9phane Mallarm\u00e9 (1842-1898) \u00e9crivait: \u00a0\u00bb Le po\u00e8me est un myst\u00e8re dont le lecteur doit chercher la clef.\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>V. Thibert :&nbsp;Donc, maintenant vous connaissez le prix de la solitude&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>B. Saci :&nbsp;Jean de la Fontaine (1621-1695) \u00e9crivait: \u00a0\u00bb Rien n\u2019est si dangereux qu\u2019un ignorant ami; mieux vaudrait un sage ennemi. \u00a0\u00bb Je sais maintenant que mon seul v\u00e9ritable ami est mon po\u00e8me, et le v\u00e9ritable amour c\u2019est celui qui me lie \u00e0 mon art.<\/p>\n\n\n\n<p>V. Thibert :&nbsp;Comment vivez-vous le drame alg\u00e9rien?<\/p>\n\n\n\n<p>B. Saci :&nbsp;Tr\u00e8s mal, mais je reste optimiste, les alg\u00e9riens sont un grand peuple, l\u2019histoire l\u2019a d\u00e9montr\u00e9. Je pense que toutes les luttes finissent par aboutir, et des nuages le soleil finit toujours par sortir. L\u2019Alg\u00e9rie \u00e9voluera dans la d\u00e9mocratie et son identit\u00e9 amazighe. Apr\u00e8s tant de sacrifices on ne peut qu\u2019avancer et d\u00e9chirer les brumes. Il faut honorer la m\u00e9moire de ceux qui sont tomb\u00e9s victimes de la r\u00e9pression. La lutte pacifique des kabyles pour la d\u00e9mocratie et l\u2019officialisation de la langue tamazight est tellement admirable. Cette lutte permettra \u00e0 tout le peuple alg\u00e9rien de retrouver sa v\u00e9rit\u00e9 et sa dignit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>V. Thibert :&nbsp;Que pensez-vous de l\u2019autonomie de la Kabylie, id\u00e9e lanc\u00e9e par Salem Chaker en 1998 et reprise par Ferhat Mhenni le 05\/06\/2001, en cr\u00e9ant le MAK (Mouvement pour l\u2019Autonomie de la Kabylie)?<\/p>\n\n\n\n<p>B. Saci :&nbsp;C\u2019est s\u00fbrement une bonne id\u00e9e pour une meilleure gestion de la r\u00e9gion car on a vu les limites de l\u2019\u00e9tat centralisateur, mais seulement si les conditions sont r\u00e9unies, c\u2019est-\u00e0-dire dans une d\u00e9mocratie. N\u2019oublions pas que les pays qui ont un f\u00e9d\u00e9ralisme exemplaire sont de grandes d\u00e9mocraties. Des exemples d\u2019autonomies r\u00e9gionales de pars le monde ont prouv\u00e9 que l\u2019autonomie r\u00e9gionale n\u2019est pas une menace pour l\u2019unit\u00e9 nationale. Mais au contraire, un \u00e9l\u00e9ment stabilisateur comme le montre les mod\u00e8les espagnol, belge, italien, suisse, canadien et allemand. Je rends hommage aux \u00a0\u00bb Archs \u00a0\u00bb lesquels contre vents et mar\u00e9es luttent pour l\u2019acceptation de la plate-forme d\u2019El-Kseur dans son int\u00e9gralit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>V. Thibert :&nbsp;Il y a beaucoup d\u2019associations berb\u00e8res en France, qu\u2019en pensez-vous ?<\/p>\n\n\n\n<p>B. Saci :&nbsp;C\u2019est une tr\u00e8s bonne chose mais la plupart fonctionnent comme elles peuvent, rares sont celles qui ont des subventions de l\u2019\u00e9tat. Il est regrettable que certaines associations qui ont les moyens ne soutiennent pas d\u2019avantage la cr\u00e9ation artistique. Elles trahissent le but culturel auquel elles sont destin\u00e9es en fonctionnant de mani\u00e8re tribale, il faut faire partie du clan pour qu\u2019on s\u2019int\u00e9resse \u00e0 vous. Mais je garde l\u2019espoir car les mentalit\u00e9s \u00e9voluent.<\/p>\n\n\n\n<p>Interviewer :&nbsp;Maintenant, les berb\u00e8res ont leur t\u00e9l\u00e9vision, qu\u2019en pensez-vous?<\/p>\n\n\n\n<p>B. Saci :&nbsp;C\u2019est tout simplement g\u00e9nial et j\u2019esp\u00e8re qu\u2019il y en aura d\u2019autres car c\u2019est la condition pour la qualit\u00e9. Je souhaite \u00e0 BRTV une longue vie car pour le moment c&rsquo;est bien le seul espace ouvert \u00e0 toute la cr\u00e9ation artistique. C\u2019est v\u00e9ritablement un instrument de promotion de notre culture amazighe. Et tous les berb\u00e8res ont le devoir d\u2019y adh\u00e9rer car il faut lui donner les moyens de se construire.<\/p>\n\n\n\n<p>V. Thibert :&nbsp;La langue berb\u00e8re pour des raisons historiques manque de termes abstraits, que pensez-vous des n\u00e9ologismes?<br><br>B. Saci :&nbsp;Je pense qu\u2019il faut se m\u00e9fier des n\u00e9ologismes tant que tamazight n\u2019est pas officialis\u00e9e, car c\u2019est seulement l\u00e0 qu\u2019on lui donnera les moyens de se construire. Si ces conditions sont r\u00e9unies, les linguistes pourront faire des recherches approfondies. Certains n\u00e9ologismes utilis\u00e9s aujourd\u2019hui pourraient alors s\u2019av\u00e9rer fauss\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>V. Thibert :&nbsp;Je sais que vous vous produisez vous-m\u00eame. Pourquoi l\u2019autoproduction? Est-ce que cela veut dire que vous avez du mal \u00e0 percer?<\/p>\n\n\n\n<p>B. Saci :&nbsp;L\u2019avantage c\u2019est d\u2019\u00eatre ind\u00e9pendant m\u00eame si cela a sa part de difficult\u00e9s et souvent de marginalit\u00e9. L\u2019inconv\u00e9nient est qu\u2019on ne peut pas trouver mes produits partout, c\u2019est le prix \u00e0 payer si l\u2019on veut garder sa libert\u00e9 de cr\u00e9ation et ne pas entrer dans les fili\u00e8res conventionnelles de publicit\u00e9 et de promotion. Ce site internet me<br>permettra de toucher tant d\u2019horizons, l\u2019internet est un outil extraordinaire et sans fronti\u00e8re. Quant \u00e0 percer je ne me pose m\u00eame pas la question et cela m\u2019est \u00e9gal en v\u00e9rit\u00e9. Je suis un po\u00e8te, j\u2019\u00e9cris, je compose, voil\u00e0 tout! Quant \u00e0 ceux qui se demandent pourquoi je suis tant attir\u00e9 par la musique traditionnelle, je le fais car c\u2019est la source, et c\u2019est seulement l\u00e0 que je me d\u00e9salt\u00e8re. Je le fais sans complexe. Il ne faut pas oublier que l\u2019avenir se construit avec la connaissance du pass\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>V. Thibert :&nbsp;Alors qu\u2019est-ce qui vous motive?<\/p>\n\n\n\n<p>B. Saci :&nbsp;Ce n\u2019est ni l\u2019argent, ni la c\u00e9l\u00e9brit\u00e9, ni la gloire. Je tire l\u2019inspiration de mon v\u00e9cu, d\u2019une qu\u00eate int\u00e9rieure, je s\u00e8me des po\u00e8mes libres, bravant parfois les temp\u00eates. J\u2019\u00e9cris en kabyle et en fran\u00e7ais, je mets ces deux langues sur un m\u00eame plan d\u2019\u00e9galit\u00e9. Les deux sont pour moi langue du coeur et de l\u2019esprit.<\/p>\n\n\n\n<p>V. Thibert :&nbsp;Quel regard portez-vous sur la chanson kabyle d\u2019aujourd\u2019hui?<\/p>\n\n\n\n<p>B. Saci :&nbsp;Je porte un regard plut\u00f4t positif malgr\u00e9 un individualisme grandissant qui est li\u00e9 plus au mat\u00e9rialisme et \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 de consommation. Il y a malheureusement peu de manifestations culturelles. Les galas que l\u2019on a l\u2019habitude de voir \u00e0 Paris sont plus des galas \u00a0\u00bb business \u00ab\u00a0, des galas de divertissement. Ce qui me r\u00e9volte c\u2019est de voir certains individus sans scrupule port\u00e9s par l\u2019app\u00e2t du gain ou suivant une certaine mode \u00e9ph\u00e9m\u00e8re, contribuer \u00e0 asphyxier leur culture en ne montrant que la partie folklore. On a habitu\u00e9 les gens \u00e0 ne venir que pour danser, transformant ainsi ces rencontres en pistes de danse. Il est regrettable que certains se prennent pour des \u00a0\u00bb stars \u00a0\u00bb oubliant que la langue tamazight dans laquelle ils chantent lutte pour sa survie, ces comportements sont heureusement assez rares. L\u2019art doit se pr\u00e9server. Il y a maintenant une prise de conscience, les mentalit\u00e9s ne peuvent qu\u2019\u00e9voluer. Il y a beaucoup de cr\u00e9ateurs, ce qui montre que la langue tamazight est plus que jamais vivante. Mais malheureusement tr\u00e8s peu d\u2019artistes arrivent \u00e0 vivre de la chanson.<\/p>\n\n\n\n<p>V. Thibert :&nbsp;Il est vrai que beaucoup d\u2019artistes ont un travail parall\u00e8le car il est difficile de vivre de son art.<\/p>\n\n\n\n<p>B. Saci :&nbsp;Oui, c&rsquo;est le cas pour l&rsquo;art en g\u00e9n\u00e9ral. mais vous savez nous avons peu de moyens de promotion.<\/p>\n\n\n\n<p>V. Thibert :&nbsp;&nbsp;Vous fa\u00eetes un constat assez pessimiste !<\/p>\n\n\n\n<p>B. Saci :&nbsp;Oui mais c&rsquo;est en d\u00e9crivant les choses telles qu\u2019elles sont qu\u2019on \u00e9voluera. En plus, il est difficile d\u2019avoir acc\u00e8s aux m\u00e9dias fran\u00e7ais, ce sont eux qui r\u00e9mun\u00e8rent. Les m\u00e9dias franco-maghrebins ne r\u00e9mun\u00e8rent pas car eux-m\u00eames ont souvent tr\u00e8s peu de moyens. Rares sont les artistes<br>kabyles qui per\u00e7oivent des droits d\u2019auteurs. Il faut saluer le courage des artistes qui continuent \u00e0 cr\u00e9er malgr\u00e9 d\u2019immenses difficult\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>V. Thibert :&nbsp;O\u00f9 \u00e9crivez-vous?<\/p>\n\n\n\n<p>B. Saci :&nbsp;J\u2019aime beaucoup fl\u00e2ner dans Paris, les deux rives, M\u00e9nilmontant&#8230; J\u2019aime \u00e9crire dans les caf\u00e9s, ce sont des endroits o\u00f9 on peut observer des gens de diff\u00e9rentes couches de la soci\u00e9t\u00e9, o\u00f9 chacun y laisse un peu de son v\u00e9cu. J\u2019aime les caf\u00e9s populaires car je m\u2019y sens bien. J\u2019\u00e9cris surtout la nuit car la nuit est l\u2019amie des po\u00e8tes.<\/p>\n\n\n\n<p>V. Thibert :&nbsp;Vous avez aussi \u00e9crit deux petites pi\u00e8ces, deux sketchs qui se d\u00e9roulent dans un caf\u00e9. Slimane Azem l\u2019a aussi fait. L\u2019avez-vous fait pour lui ressembler?<\/p>\n\n\n\n<p>B. Saci :&nbsp;Non, la raison principale est mon int\u00e9r\u00eat pour le th\u00e9\u00e2tre et la com\u00e9die. J\u2019ai beaucoup d\u2019admiration pour Slimane Azem mais aussi pour Fernand Raynaud (1926-1973), Fernandel (1903-1971), Bourvil (1917-1970) et Raymond Devos (n\u00e9 en 1922). Quant aux caf\u00e9s, ce sont des lieux de rencontres id\u00e9als, sans discrimination, les gens sont naturels, chacun apporte sa diff\u00e9rence. Slimane Azem excellait dans l\u2019\u00e9criture de sketchs, je n\u2019ai pas la m\u00eame pr\u00e9tention. Mais \u00e9crire des sketchs m\u2019amuse beaucoup. On peut rire de tout, m\u00eame des sujets les plus graves. Le comique permet souvent de mieux faire passer un message.<\/p>\n\n\n\n<p>V. Thibert :&nbsp;Merci pour cet entretien, on a d\u00e9couvert votre chemin si tortueux.<\/p>\n\n\n\n<p>B. Saci :&nbsp;Je ne suis qu\u2019un boh\u00e8me, et les vents me giflent \u00e7a et l\u00e0, dans Paris je s\u00e8me des po\u00e8mes en kabyle et en fran\u00e7ais. Ainsi va notre existence.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Entretien r\u00e9alis\u00e9 par V. Thibert<br>A Paris, le 19 octobre 2002.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/lh3.googleusercontent.com\/blogger_img_proxy\/ANbyha1x1e2QPxMp67Lkiep7kwAiGlqXROXF6wSTVUkFDgU7dEx-VDgKdATCLKwTwj-Dt5qt1XhgzzT8Y4H6c0d_oH8Eg-Cda5cC9Wel2CcE7rpkKqmdAGB1QQNVTkG6BJ89ZkHjfBzN2LYF=s0-d\" alt=\"\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p>______________________________________________________________________<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Brahim Saci, chanteur<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Quand la terre natale fait parler un po\u00e8te<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Sur les traces de l&rsquo;immense chanteur Slimane Azem, le po\u00e8te \u00e9crit sur l&rsquo;exil et ses tourments. L&rsquo;auteur de \u00ab Lmoudja \u00bb (La vague), d\u00e9crit les peines de toutes les personnes qui vivent loin de la terre qui les a vu na\u00eetre et grandir.<\/p>\n\n\n\n<p>Auteur, compositeur et interpr\u00e8te, Brahim Saci est l&rsquo;un des plus grands chanteurs kabyles. Ses textes tr\u00e8s po\u00e9tiques, chant\u00e9s en Kabyle ou en Fran\u00e7ais, nous bercent et nous ouvrent les yeux pour voir la vie autrement. Sur les traces de l&rsquo;immense chanteur Slimane Azem, le po\u00e8te \u00e9crit sur l&rsquo;exil et ses tourments. L&rsquo;auteur de \u00ab Lmoudja \u00bb (La vague), d\u00e9crit les peines de toutes les personnes qui vivent loin de la terre qui les a vu na\u00eetre et grandir. L&rsquo;\u00eatre humain est toujours li\u00e9 au pays natal. On peut \u00eatre riche et go\u00fbter \u00e0 tous les plaisirs de la vie, mais rien ne peut remplacer cette seconde m\u00e8re. Brahim compose aussi des chansons sur l&rsquo;existence et ses paradoxes Avec des paroles soigneusement \u00e9labor\u00e9es et des m\u00e9lodies exquises, le chanteur nous invite \u00e0 \u00e9couter, \u00e0 savourer, \u00e0 m\u00e9diter sans cesse de tr\u00e8s belles chansons, qui t\u00e9moignent de la lucidit\u00e9 et de l&rsquo;humanisme d&rsquo;un artiste tr\u00e8s sensible. Le fils de la Kabylie est un intellectuel qui n&rsquo;est pas<br>indiff\u00e9rent devant les souffrances des autres. Par le truchement de ses cr\u00e9ations artistiques merveilleuses, il t\u00e9moigne, s&rsquo;interroge sur les maux qui noircissent la vie de nombre de personnes.<br>L&rsquo;universitaire regrette toutes les valeurs qui ont tendance \u00e0 \u00eatre supplant\u00e9es par un mat\u00e9rialisme farouche et r\u00eave d&rsquo;un monde meilleur.<\/p>\n\n\n\n<p>Brahim Saci est n\u00e9 en Alg\u00e9rie, dans un village de Kabylie, Tifrit Na\u00eft Oumalek, village c\u00e9l\u00e8bre sous la protection du tr\u00e8s v\u00e9n\u00e9r\u00e9 Saint, Sidi M&rsquo;Hamed Oumalek. La tradition rapporte que ce dernier s&rsquo;est \u00e9tabli dans cette belle r\u00e9gion, probablement vers la fin du XIVe si\u00e8cle. Brahim Saci est l&rsquo;un de ses descendants. Jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 10 ans, il passa une enfance heureuse au village. Puis il partit rejoindre son p\u00e8re \u00e0 Paris. Il suit sa scolarit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole primaire Eug\u00e8ne Varlin, au coll\u00e8ge Gustave Courbet \u00e0 Pierrefitte, puis au lyc\u00e9e Paul Eluard \u00e0 Saint-Denis.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e9j\u00e0 po\u00e8te- adolescent, s&rsquo;inspirant de Baudelaire (1821-1867), de Rimbaud (1854-1891) et de Nerval (1808-1855), il remporta des prix aux concours de po\u00e9sie organis\u00e9s par le lyc\u00e9e Paul Eluard. Une chose qui le motive \u00e9norm\u00e9ment. Tr\u00e8s t\u00f4t, il a baign\u00e9 dans les Arts, berc\u00e9 par les chants berb\u00e8res que fredonnaient sa grand-m\u00e8re et sa m\u00e8re. D\u00e9j\u00e0 enfant, il \u00e9tait fort dou\u00e9 en dessin, il devint des ann\u00e9es plus tard, dessinateur, caricaturiste (un m\u00e9tier qu&rsquo;il pratiqua durant ses<br>voyages en Allemagne, en Suisse, en Autriche, qu&rsquo;il continue d&rsquo;exercer \u00e0 Paris). Apr\u00e8s un Baccalaur\u00e9at litt\u00e9raire, philosophie, langues, il entame des \u00e9tudes universitaires \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 Paris VIII, \u00e0 Saint-Denis. Apr\u00e8s une licence, langues \u00e9trang\u00e8res appliqu\u00e9es, affaires et commerce et une ma\u00eetrise en anglais, traduction scientifique et technique, il se passionne pour la musique et<br>approfondit l&rsquo;\u00e9criture.Il devient alors auteur, compositeur et interpr\u00e8te d&rsquo;expression franco-berb\u00e8re. Animateur \u00e0 Radio Beur en 1992, \u00e0 Radio France Maghreb en 1995, de 1993 \u00e0 1997 il pr\u00e9sente des rubriques litt\u00e9raires dans le domaine berb\u00e8re \u00e0 Bellovaque FM. A Beur FM de 1996 \u00e0 1997, \u00e0 France Maghreb FM de 1998 \u00e0 2000, il pr\u00e9sente des rubriques sur l&rsquo;histoire antique des berb\u00e8res. En plus de ses multiples qu\u00eates intellectuelles, l&rsquo;auteur de \u00ab Leghdar n watmatien \u00bb (la trahison des fr\u00e8res) continue de chanter ses belles et originales compositions.<\/p>\n\n\n\n<p>M\u00eame si les m\u00e9dias alg\u00e9riens parlent si peu de lui, Brahim Saci est un grand chanteur qui a une oeuvre importante, qui est \u00e0 savourer et \u00e0 d\u00e9crypter.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Yacine Remzi<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le Midi Libre du 24 Ao\u00fbt 2008<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><img decoding=\"async\" alt=\"Brahim Saci, chanteur  Quand la terre natale fait parler un po\u00e8te\" src=\"https:\/\/lh3.googleusercontent.com\/blogger_img_proxy\/ANbyha2Ut3L8ySHTXDsTSA-Z79KhvvMcYCi5LRmKvgwGORVOcfLXPD9xk34hYESMaO87s1BUYuw6zB7ehbBTiUvskqq9BwXdJxY3Ph8McZVF-5N9Mp48Uv2hjTWrPfklTl2oTPmjlPXTNzJf=s0-d\"><\/p>\n\n\n\n<p><strong>________________________________________________________________________<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Brahim Saci sur les traces de Slimane Azem.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;amertume et les affres de l&rsquo;exil. Brahim Saci a choisi le chemin tortueux mais original des<br>anciens, celui de Si Moh ou M&rsquo;hend et Slimane Azem&#8230; Il rend hommage \u00e0 Slimane<br>Azem. A l&rsquo;instar du grand po\u00e8te philosophe, Brahim Saci chante les esp\u00e9rances de tout un<br>peuple&#8230; Enfin, Brahim Saci a ceci de particulier : Un parcours et un profil diff\u00e9rents de ceux de nombreux artistes kabyles: il se ressource, certes, dans les traditions ancestrales, mais il puise aussi dans l&rsquo;universalit\u00e9&#8230;\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Le Kabyle de Paris, du 09 au 16 avril 2003<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Par AMAR U YIDIR.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>________________________________________________________________<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Brahim Saci<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Po\u00e8te d\u00e9chir\u00e9 par le d\u00e9racinement<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Install\u00e9 \u00e0 Paris depuis de longues ann\u00e9es, le chanteur continue \u00e0 produire de belles choses et s\u2019accompagne toujours de cette nostalgie du pays des anc\u00eatres.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>En cette journ\u00e9e printani\u00e8re du mois d\u2019avril pass\u00e9, V\u00e9ronique Vernon, vice-pr\u00e9sidente du conservatoire du 8\u00e8me arrondissement de Paris, est aux anges. Elle est vraiment satisfaite de la belle prestation de Brahim Saci. Le public, fran\u00e7ais en majorit\u00e9, a \u00e9galement appr\u00e9ci\u00e9 ce d\u00e9fil\u00e9 somptueux de chansons venues d\u2019Afrique du Nord. C\u2019est la premi\u00e8re fois que le conservatoire accueille un chanteur alg\u00e9rien. Qu\u2019il interpr\u00e8te la Colombe, le D\u00e9clin des jours, ou encore Vas mon \u00e2me, Brahim Saci est toujours irr\u00e9sistible. Po\u00e8te jusqu\u2019au plus profond de l\u2019\u00e2me, musicien chevronn\u00e9, il reste humble et \u00e0 l\u2019\u00e9coute du monde qui l\u2019entoure.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>A Paris, il est une r\u00e9f\u00e9rence certaine depuis des ann\u00e9es. Sur les traces de Slimane Azem, il sait parler de l\u2019amour, des mauvais jours, de l\u2019exil, de la volont\u00e9 de surmonter les difficult\u00e9s. Brahim Saci a l\u2019art d\u2019envo\u00fbter son public avec des paroles en fran\u00e7ais et en kabyle. L\u2019artiste a grandi en France o\u00f9 il a fait des \u00e9tudes sup\u00e9rieures ; il a \u00e9galement beaucoup lu Baudelaire, Rimbaud, Verlaine, Si Mohand ou Mhand&#8230;Brahim Saci a toujours sur lui des livres r\u00e9cents dans le cartable qui ne le quitte pas.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Jovial, souriant, l\u2019artiste se pose pourtant de nombreuses questions douloureuses. \u00ab Le po\u00e8te voit au-del\u00e0 des voiles, l\u2019exil est une porte qui s\u2019ouvre sur le n\u00e9ant. Cet effacement que je vois, bien que lointain, me torture et m\u2019use chaque jour un peu plus. La pens\u00e9e, elle-m\u00eame pourtant libre, se trouve entrav\u00e9e par le d\u00e9chirement du d\u00e9racinement. Je suis mais sans \u00eatre vraiment, ma vie me semble n\u2019\u00eatre qu\u2019une illusion. Le philosophe Ren\u00e9 Descartes disait \u201cje pense donc je suis\u201d, moi je pense mais je ne suis pas \u00bb, confie Brahim Saci. En 1998, il \u00e9crit un double album, un regard critique sur la sc\u00e8ne artistique kabyle intitul\u00e9 Taluft Imaddahen qu\u2019il d\u00e9truit en cassant sa guitare \u00e0 la suite de l\u2019assassinat de Matoub Loun\u00e8s. Ensuite Brahim Saci \u00e9crit un hommage \u00e0 Matoub intitul\u00e9 Un cri dans l\u2019\u00e9ternit\u00e9.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Brahim Saci a d\u00e9j\u00e0 une \u0153uvre consid\u00e9rable. Il vient de terminer l\u2019\u00e9criture et la composition d\u2019un autre album : Qlilet lemhiba. C\u2019est une approche pertinente de l\u2019exil, du sentiment int\u00e9rieur du po\u00e8te face aux \u00e9v\u00e9nements de la vie qu\u2019il n\u2019arrive pas \u00e0 contr\u00f4ler. \u00ab La solitude int\u00e9rieure m\u2019\u00e9touffe \u00bb, avoue Brahim Saci. L\u2019artiste a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 portraitiste sur les places touristiques parisiennes, tout comme il a eu une exp\u00e9rience radiophonique sur les ondes franco-maghr\u00e9bines quand il faisait des \u00e9missions sur la litt\u00e9rature et l\u2019histoire des Berb\u00e8res. Brahim Saci a produit de 1992 \u00e0 1997, cinq albums \u00e0 Paris. En Alg\u00e9rie, 4 albums de sa cr\u00e9ation sont en vente aux \u00e9ditions \u201cCoup de c\u0153ur\u201d. Brahim Saci est l\u2019un des premiers chanteurs alg\u00e9riens \u00e0 poss\u00e9der un site internet : www.brahimsaci.com. \u00ab L\u2019Alg\u00e9rie se doit de d\u00e9velopper son patrimoine culturel dans sa diversit\u00e9 amazighe, de donner des bourses aux jeunes qui veulent se produire comme cela se fait en France o\u00f9 le minist\u00e8re de la Culture donne des bourses \u00e0 des jeunes, qui leur permettent de financer l\u2019enregistrement de l\u2019album, et parfois m\u00eame la production et la distribution \u00bb, estime Brahim Saci. Toujours \u00e0 l\u2019\u00e9coute de ce qui se passe dans son pays d\u2019origine, Brahim Saci est, \u00e0 bien des \u00e9gards, un artiste de grande valeur.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Farid Ait Mansour<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>La D\u00e9p\u00eache de Kabylie du 28\/09\/2006<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><a href=\"http:\/\/img.over-blog-kiwi.com\/1\/72\/05\/02\/20150715\/ob_f0a9e5_p1010444-1600x1200.JPG\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/lh3.googleusercontent.com\/blogger_img_proxy\/ANbyha0s38dsFqhfy7wGp25O3NfPGOxw4Zh4PAoB50VsFJpedawzxBhrKnqmcb9lQLa-4m6cSNlpz04Iqyw3Lp_itysW1p1Jn3NQhqTq5dXipeRO3AalUX8HVxsyxSXesahAUc2ZwLmaJpdIbcjzFewKiWiyrnxXdp4=s0-d\" alt=\"Brahim Saci   Po\u00e8te d\u00e9chir\u00e9 par le d\u00e9racinement\"\/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><a href=\"http:\/\/img.over-blog-kiwi.com\/1\/72\/05\/02\/20150715\/ob_6108ef_bgayet.jpg\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/lh3.googleusercontent.com\/blogger_img_proxy\/ANbyha1g0hee4OtV6Q0LrJgYJX45He0WFuvPE6LmV38ftbmuZcZ0BPC64NNId4_TtIgBfFYPkjZvk4A5Nu_m93e7x4cS-dC6VZ1O5NPSgcbK1m5aU_tN7DlFYan8VZAjfgOigmW1_fNf01sBxCo=s0-d\" alt=\"Brahim Saci   Po\u00e8te d\u00e9chir\u00e9 par le d\u00e9racinement\"\/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>____________________________________________________________________________<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Brahim Saci<\/strong><br><strong>L\u2019incarnation de Slimane Azem<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Cr\u00e9ateur de talent. Brahim Saci fait partie des rares chanteurs kabyles, vivants, qui ont un style bien propre \u00e0 eux. C\u2019est un artiste hors pair.<\/p>\n\n\n\n<p>Brahim Saci est, incontestablement, l\u2019un des g\u00e9ants de la chanson kabyle. Mais les m\u00e9dias parlent bien peu de lui. Il a fallu des passages sur la cha\u00eene berb\u00e8re (BRTV) pour que le grand public d\u00e9couvre cette voix unique. Ce fils de la Kabylie a tr\u00e8s t\u00f4t baign\u00e9 dans les arts. D\u00e9j\u00e0 enfant, il \u00e9tait fort dou\u00e9 en dessin, il devint des ann\u00e9es plus tard, dessinateur, caricaturiste. Apr\u00e8s une licence en langues \u00e9trang\u00e8res appliqu\u00e9es, puis en affaires et commerce, et une ma\u00eetrise en anglais, traduction scientifique et technique, il se passionne pour la musique et en approfondit l\u2019\u00e9criture.<\/p>\n\n\n\n<p>Il devint alors auteur, compositeur, interpr\u00e8te d\u2019expression franco-berb\u00e8re. Animateur \u00e0 Radio Beur en 1992, \u00e0 Radio France Maghreb en 1995, de 1993 \u00e0 1997. Il pr\u00e9sente des rubriques litt\u00e9raires dans le domaine berb\u00e8re \u00e0 Bellovaque FM. A Beur FM de 1996 \u00e0 1997, \u00e0 France Maghreb FM de 1998 \u00e0 2000, il pr\u00e9sente, aussi, des rubriques sur l\u2019histoire antique des Berb\u00e8res. \u00ab\u00a0Slimane Azem est le seul qui a su le mieux d\u00e9crire les sentiments collectifs de l\u2019\u00e9poque, il fut le porte-parole de tout un peuple pendant pr\u00e8s d\u2019un demi-si\u00e8cle. La beaut\u00e9 du verbe que j\u2019ai rencontr\u00e9 chez Baudelaire, je l\u2019ai retrouv\u00e9e chez Slimane Azem. Mais il avait quelque chose de plus car il \u00e9tait une l\u00e9gende de son vivant, il \u00e9tait un grand philosophe et un grand visionnaire\u00a0\u00bb, estime l\u2019artiste au sourire intarissable. Comme Da Slimane, Saci chante la nostalgie du pays. Vivre dans un pays qui n\u2019est pas le n\u00f4tre est, souvent, une souffrance incommensurable.<\/p>\n\n\n\n<p>On peut avoir de l\u2019argent et go\u00fbter \u00e0 tous les plaisirs de la vie, mais rien ne remplace sa patrie. On a toujours un grand attachement \u00e0 la terre qui nous a vu na\u00eetre, \u00e0 la terre qui est une seconde m\u00e8re pour nous. \u00ab\u00a0J\u2019ai eu la chance de rencontrer des amis de Slimane Azem, on mesure tr\u00e8s bien la grandeur du po\u00e8te car quand ceux-ci parlent de lui, c\u2019est \u00e0 chaque fois les yeux pleins de larmes. Un jour de 1995, je marchais dans la rue dans le dix-septi\u00e8me arrondissement de Paris quand un homme me tape discr\u00e8tement sur l\u2019\u00e9paule. Je me retourne, et je vois un vieil homme. Il me prend affectueusement dans ses bras et me dit: \u201cVous \u00eates Brahim Saci, je suis heureux de vous voir, je vous ai reconnu pour vous avoir vu dans un spectacle. Moi je suis un ami de Slimane Azem.\u201d Tr\u00e8s \u00e9mu il me proposa un caf\u00e9 que j\u2019acceptais avec plaisir. Il me dit: \u201cAh! Mon fils, si Slimane t\u2019avait connu, il t\u2019aurait s\u00fbrement l\u00e9gu\u00e9 sa ferme \u00e0 Moissac. Il cherchait en vain un gar\u00e7on intelligent comme toi, il aurait fait de toi son h\u00e9ritier. Ta ressemblance avec lui est une b\u00e9n\u00e9diction.\u00a0\u00bb Je lui proposais alors d\u2019aller rendre visite \u00e0 la femme de Slimane Azem \u00e0 Moissac. Il me dit qu\u2019il allait d\u2019abord l\u2019appeler pour lui demander si elle acceptait de nous recevoir. Une semaine apr\u00e8s, je l\u2019ai eu au t\u00e9l\u00e9phone, il me dit: \u00ab\u00a0J\u2019ai bien t\u00e9l\u00e9phon\u00e9 \u00e0 Malika Azem, mais elle m\u2019a dit qu\u2019elle \u00e9tait souffrante et qu\u2019elle n\u2019\u00e9tait pas pr\u00eate \u00e0 nous recevoir. Nous irons quand elle ira mieux.\u00a0\u00bb Le temps a pass\u00e9, Lucienne Azem mourut en 1996, paix \u00e0 son \u00e2me. J\u2019avais pourtant essay\u00e9 d\u2019aller la voir avec Mouloud Azem en 1993-1994, mais on remettait toujours le voyage \u00e0 un autre jour, le destin en a voulu autrement, nous n\u2019y sommes jamais all\u00e9s. La ferme fut vendue \u00e0 des paysans fran\u00e7ais du coin.<\/p>\n\n\n\n<p>Aucune association berb\u00e8re ne s\u2019y est int\u00e9ress\u00e9e, sinon elles l\u2019auraient achet\u00e9e, et la maison de Slimane Azem serait aujourd\u2019hui un mus\u00e9e pour les g\u00e9n\u00e9rations d\u2019aujourd\u2019hui et de demain. H\u00e9las! Le destin en a voulu autrement, qui aurait cru qu\u2019un jour la maison du grand Slimane Azem serait achet\u00e9e par des paysans fran\u00e7ais. Les souvenirs, tout ce qu\u2019a laiss\u00e9 Slimane seraient-il donc \u00e0 jamais perdu? Ses trois hectares de terre qu\u2019il aimait tant cultiver, o\u00f9 il a sans doute compos\u00e9 ses plus belles chansons, les arbres qu\u2019il a greff\u00e9 avec des greffons qu\u2019on lui a apport\u00e9 de chez lui en Kabylie? Ainsi est le destin tragique du po\u00e8te. Puisse-t-il un jour reposer dans sa terre pour laquelle il a sacrifi\u00e9 son existence?\u00a0\u00bb S\u2019interroge, sans cesse, Saci dans une interview r\u00e9alis\u00e9e \u00e0 Paris par V. Thibert.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce chanteur est vraiment singulier. Non seulement il incarne l\u2019auteur de A ya\u00e2ssas n tala; g\u00e9nie de la fontaine, mais c\u2019est quelqu\u2019un de tr\u00e8s sympathique. C\u2019est aussi un grand humaniste.<\/p>\n\n\n\n<p>Il n\u2019a pas la grosse t\u00eate de nos pseudos stars. Il reste modeste malgr\u00e9 tout ce qu\u2019il a produit dans le domaine de l\u2019art. C\u2019est entres autre, pour ces raisons, qu\u2019il incarne Slimane Azem.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Yasmine Ch\u00e9rifi<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>la d\u00e9p\u00eache de Kabylie du 15\/03\/2007<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><a href=\"http:\/\/img.over-blog-kiwi.com\/1\/72\/05\/02\/20150715\/ob_75c43a_ph48.jpg\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/lh3.googleusercontent.com\/blogger_img_proxy\/ANbyha3SsxHDLq-YqwUaBFtKNzG69oRSIY-Kl5h0N3Gv16l8HX6BD5RVJDX43iJhvbzBDLAPFt2AI1lc7AMXw9yulTVB-Cy5vBWCcUNylxrZhBEd7kXyfNt5vRXfwVIuer4xuEI4T2xYK5i0=s0-d\" alt=\"Brahim Saci L\u2019incarnation de Slimane Azem\"\/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><\/h3>\n\n\n\n<p>__________________________________________________________<\/p>\n\n\n\n<p><strong>BRAHIM SACI \u00ab\u00a0La rel\u00e8ve de la chanson kabyle ne se situe pas en exil mais chez elle\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Parti en France \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de dix ans, le chanteur et po\u00e8te Brahim Saci parle kabyle comme les sages de nos villages. Passionn\u00e9 par Slimane Azem, son mod\u00e8le d&rsquo;artiste dont il a h\u00e9rit\u00e9 le timbre de voix et \u00e9pous\u00e9 l&rsquo;humanisme et partag\u00e9 la philosophie, il jette un regard pessimiste sur la condition de la chanson kabyle. Une analyse pertinente que lui permet sa situation de chanteur \u00e9migr\u00e9 confort\u00e9e par des \u00e9tudes universitaires approfondies que l&rsquo;auteur m\u00e8ne sur divers sujets. Dans l&rsquo;entretien qu&rsquo;il nous a aimablement accord\u00e9 sur ce th\u00e8me, il nous en explique les raisons et esquisse des \u00e9bauches de solutions pour sa relance. Son site Internet : www.brahimsaci.com a re\u00e7u plus de cent mille visiteurs.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le Soir d&rsquo;Alg\u00e9rie : Comment vient l&rsquo;inspiration pour celui qui, comme vous, cherche \u00e0 cr\u00e9er ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Brahim Saci :&nbsp;<\/strong>Pour moi, cr\u00e9er est une n\u00e9cessit\u00e9. C&rsquo;est en des moments de grande solitude, plong\u00e9 \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de moi-m\u00eame que je trouve des \u00e9bauches de r\u00e9ponses aux questions qui m\u2019assaillent. Je consid\u00e8re l&rsquo;art comme un acte de charit\u00e9. Ce don de soi dans une qu\u00eate sans fin lie l&rsquo;art \u00e0 la mystique. Rilke, po\u00e8te et philosophe autrichien, \u00e9crivait d&rsquo;ailleurs : \u00ab\u00a0Cr\u00e9er, c&rsquo;est d&rsquo;abord se cr\u00e9er et la mati\u00e8re qui s&rsquo;offre au cr\u00e9ateur c&rsquo;est lui-m\u00eame.\u00a0\u00bb&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Slimane Azem, dont vous avez h\u00e9rit\u00e9 le timbre de voix et la philosophie, vous inspire beaucoup. Pourquoi ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Si ma voix lui ressemble quelque peu c&rsquo;est pour moi une b\u00e9n\u00e9diction. Pour moi Slimane Azem est le p\u00e8re de la chanson kabyle et le plus grand po\u00e8te alg\u00e9rien. C&rsquo;est un grand philosophe et un humaniste. Il excellait aussi bien dans l&rsquo;art de la m\u00e9taphore que dans l&rsquo;art dramatique. Il fut un guide pour son peuple. Par la beaut\u00e9 de ses compositions, il a d\u00e9pass\u00e9 tous les tabous et passionn\u00e9 toute la Kabylie rassemblant autour de son \u0153uvre toutes les g\u00e9n\u00e9rations. Il a d\u00e9nonc\u00e9 l&rsquo;injustice et l\u2019arbitraire.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Quel constat fa\u00eetes-vous de la chanson kabyle, notamment en France ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>J&rsquo;ai une vision assez pessimiste de la chanson kabyle et de son avenir en France. Elle n&rsquo;existe r\u00e9ellement que chez elle. Son univers r\u00e9tr\u00e9cit inexorablement en France. Les mutations subies par l&rsquo;\u00e9migration en sont les principales causes avec la disparition des caf\u00e9s o\u00f9 se produisaient nos chanteurs et le d\u00e9part des retrait\u00e9s. Aujourd&rsquo;hui, la plupart des chanteurs n&rsquo;ont pas les moyens d&rsquo;adh\u00e9rer \u00e0 la Sacem. C&rsquo;en est fini de la vie artistique kabyle \u00e0 Paris. Les enfants des familles install\u00e9es en France ne consomment que la culture europ\u00e9enne. En guise de revendication de leur culture ils se contentent d&rsquo;en arborer les signes. Ils ne viennent aux galas que pour se d\u00e9fouler et n&rsquo;ach\u00e8tent rien pour la plupart. Les livres de cuisines restent leur seul lien culturel avec la culture berb\u00e8re. La culture de consommation europ\u00e9enne l&#8217;emporte \u00e0 100%.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Beaucoup en imputent le d\u00e9clin au ra\u00ef qui a investi la Kabylie. Est-ce votre avis ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Il y a certes un d\u00e9clin de la chanson kabyle, mais il y a un d\u00e9clin de la chanson alg\u00e9rienne en g\u00e9n\u00e9ral. La d\u00e9cennie noire et l&rsquo;\u00e9touffement de toute forme d&rsquo;expression artistique y est pour beaucoup dans ce recul. Le recul de la chanson kabyle, autrefois florissante, a co\u00efncid\u00e9 avec la mort de Matoub qui, par son travail de cr\u00e9ation, arrivait \u00e0 drainer les foules. Le ra\u00ef, qui a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9, quant \u00e0 lui, du support des m\u00e9dias, a d\u00e9tr\u00f4n\u00e9 m\u00eame le cha\u00e2bi et des chansons \u00e0 texte. Depuis, on a peu \u00e0 peu habitu\u00e9 la jeunesse \u00e0 n&rsquo;aller aux spectacles que pour danser. Cela, dit je crois qu&rsquo;il ne faut pas imputer le d\u00e9clin de la chanson kabyle au ra\u00ef comme il ne faut pas non plus culpabiliser la jeunesse kabyle qui l&rsquo;\u00e9coute. La chanson kabyle est encore \u00e9cout\u00e9e. Elle manque seulement de moyens pour sa promotion. Je pense que tous les courants musicaux ont leur place en Alg\u00e9rie.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le ph\u00e9nom\u00e8ne des reprises et des non-stop ne porte-t-il pas une responsabilit\u00e9 dans l&rsquo;absence de cr\u00e9ation ? Dans ce contexte ne pourrait-on pas dire aussi que la tendance qui est aux hommages \u00e0 la pelle n&rsquo;est pas pour les artistes un aveu de manque de cr\u00e9ativit\u00e9 ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Dans le vide artistique que nous vivons pr\u00e9sentement, je pense que les non-stop et les reprises sont une chance pour la dynamique \u00e9conomique et la production culturelle. Ce n&rsquo;est, aussi, pas en ce si\u00e8cle de toutes les libert\u00e9s qu&rsquo;on va imposer aux jeunes une ligne de conduite. La diversit\u00e9 est enrichissante. Nous ne pouvons pas tous chanter la m\u00eame chose. Les reprises sont tr\u00e8s appr\u00e9ci\u00e9es en Occident. Bien fa\u00eetes elles permettent le passage du flambeau aux jeunes qui ont toute latitude d\u2019\u00e9couter les tubes de leurs parents. A ceux qui pensent qu&rsquo;il y a trop de reprises, je r\u00e9pondrai qu&rsquo;il n&rsquo;y en a pas assez ! Les hommages pleuvent en France tous les ans sur Brassens. Cela s&rsquo;inscrit dans la dynamique \u00e9conomique et culturelle. La multitude d&rsquo;hommages est aussi bien musicale que culturelle. Et comme pour les reprises, je pense qu&rsquo;il n y a pas assez d&rsquo;hommages.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Par son exigence, le public peut forcer le talent artistique. Mais en France le public kabyle, qui vient par nostalgie et pour se d\u00e9fouler, n&rsquo;est pas effleur\u00e9 par cette id\u00e9e. Quel commentaire en fa\u00eetes-vous&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>?<br><\/strong>Moi, je dirai, plut\u00f4t que c&rsquo;est le foisonnement m\u00e9diatique qui fa\u00e7onne le go\u00fbt du public. Un album de pi\u00e8tre qualit\u00e9 peut devenir disque d&rsquo;or s&rsquo;il est bien soutenu par les m\u00e9dias.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le public, me diriez-vous, ne serait-il donc pas libre de son choix ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Cela est bien vrai pour un certain public. Cependant, un produit de qualit\u00e9 trouvera toujours une oreille attentive chez les gens d&rsquo;une certaine culture. Concernant la chanson kabyle en France, il est bien vrai que le public qui vient dans les rares concerts le fait essentiellement pour se d\u00e9fouler. On le voit \u00e0 la faiblesse des ventes dans les stands de vente de livres et de disques. Beaucoup de chanteurs kabyles s&rsquo;installent en France.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>La chanson les fait-elle vivre ? De quel apport sont-ils pour la culture ?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La d\u00e9gradation des conditions s\u00e9curitaires coupl\u00e9es \u00e0 l&rsquo;engouement et \u00e0 la fascination pour ce pays, per\u00e7u comme l&rsquo;Eldorado, ne datent pas d&rsquo;aujourd&rsquo;hui. Beaucoup prennent n&rsquo;importe quel boulot qui se pr\u00e9sente pour s&rsquo;y \u00e9tablir. Dans ces conditions, la cr\u00e9ation artistique ne peut que s&rsquo;appauvrir, l&rsquo;angoisse, le stress et la pr\u00e9carit\u00e9 aidant. Certains arrivent p\u00e9niblement \u00e0 autoproduire une centaine de disques qu&rsquo;ils ont du mal \u00e0 \u00e9couler, les moyens de promotion \u00e9tant quasi nuls. S&rsquo;ils arrivent \u00e0 animer une soir\u00e9e ou deux, c&rsquo;est un exploit. Dans ces conditions, il est impossible de vivre de la chanson. N&rsquo;ayant pas acc\u00e8s aux m\u00e9dias fran\u00e7ais ni aux centaines de festivals organis\u00e9s chaque ann\u00e9e, on existe que dans un public kabylophone. La rel\u00e8ve de la chanson kabyle ne se situe donc pas en exil mais chez elle, en Alg\u00e9rie. Je termine, enfin, en remerciant Le Soir d&rsquo;Alg\u00e9rie de m&rsquo;avoir donn\u00e9 l&rsquo;occasion de m&rsquo;exprimer sur cette question pertinente de la condition de la chanson kabyle.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Entretien r\u00e9alis\u00e9 par S. Hammoum&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Le Soir d&rsquo;Alg\u00e9rie<\/p>\n\n\n\n<p>Le 18 ao\u00fbt 2005<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><a href=\"http:\/\/img.over-blog-kiwi.com\/1\/72\/05\/02\/20150715\/ob_0889a1_soir.gif\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/lh3.googleusercontent.com\/blogger_img_proxy\/ANbyha3RXD1jGQrgyWdgDsoPBWnOYjEhQ5gi2q9z2C_7AlekgmdEyd4eueF2D1-uzPpZGmFdSwWiQTD1QjQz-jFLetQKvgWCIDKTc4m68I0x_nBGxPq4ltY7oNrnQYr6LMrHxc1ni05I0Ack=s0-d\" alt=\"Brahim Saci : &quot;La rel\u00e8ve de la chanson kabyle ne se situe pas en exil mais chez elle&quot;\"\/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><a href=\"http:\/\/img.over-blog-kiwi.com\/1\/72\/05\/02\/20150715\/ob_3f7298_p1010403-1600x1200.JPG\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/lh3.googleusercontent.com\/blogger_img_proxy\/ANbyha0Gq6G2ZrSb6pRnxjeLlNHlAiT511VBP1VsDYtgmr8bg2BQwvHg7ZG4WNiPvzo9YzSC6N-CwNJzPpk08_HnC9zO9KIAhNF2YkGAQSYR8WuybetGM1RSAUcjIflwgzgW3zaijng-rL8c30iCego-2cl_n6JGnw=s0-d\" alt=\"Brahim Saci : &quot;La rel\u00e8ve de la chanson kabyle ne se situe pas en exil mais chez elle&quot;\"\/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<p>___________________________________________________<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Rencontre avec le c\u00e9l\u00e8bre chanteur&nbsp;<\/strong><strong>Kabyle Brahim Saci<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00ab La difficult\u00e9 de vivre et l&rsquo;exil int\u00e9rieur ont d\u00e9velopp\u00e9 en moi la sensibilit\u00e9 artistique \u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><br>Brahim Saci est l&rsquo;un des plus grands chanteurs kabyles. Sur les traces de Slimane Azem, il continue de produire des oeuvres merveilleuses.<br>Ce talentueux chanteur pr\u00e9f\u00e8re s&rsquo;exprimer artistiquement au lieu de \u00ab se montrer \u00bb dans la presse, mais il a accept\u00e9 de nous accorder cet entretien en exclusivit\u00e9.<br>Brahim nous parle du monde fabuleux de la cr\u00e9ation et nous raconte son parcours mouvement\u00e9.<br><br><strong>Le courrier d&rsquo;Alg\u00e9rie :<\/strong><br><br><strong>Vous \u00eates intellectuel, vous avez fait des \u00e9tudes pouss\u00e9es. Mais c&rsquo;est la chanson qui vous captive le plus. Comment \u00eates vous venu au monde fabuleux des m\u00e9lodies ?<\/strong><br><br><strong>Brahim Saci :<\/strong><br><br>J&rsquo;ai quitt\u00e9 le village \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 10 ans pour venir en France; mon premier voyage fut d\u00e9j\u00e0 un d\u00e9racinement douloureux. Toute ma scolarit\u00e9 en France fut un parcours du combattant. J&rsquo;avais pour seule amie ma solitude.<br>A mon arriv\u00e9e, je ne ma\u00eetrisais pas tr\u00e8s bien la langue fran\u00e7aise, j&rsquo;ai fait une ann\u00e9e de primaire \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole Eug\u00e8ne Varlin \u00e0 Pierrefitte-sur-Seine qui n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 sans difficult\u00e9s mais j&rsquo;ai eu la chance rencontrer des gens d&rsquo;exception comme le directeur de cette \u00e9cole, le d\u00e9funt Jean Dalarun, qui a toujours eu une oreille attentive pour moi, toujours souriant, un sourire et une attention qui me faisaient oublier ma solitude int\u00e9rieure.<br>Une institutrice aussi, remarquable, madame Chariot, qui souriait quand je la tutoyais ; toujours un mot gentil&#8230;<br>J&rsquo;avais laiss\u00e9 au village un instituteur de fran\u00e7ais Mouhoune M&rsquo;hamed, tout aussi remarquable, qui m&rsquo;a beaucoup encourag\u00e9. J&rsquo;ai gard\u00e9 une lettre qu&rsquo;il m&rsquo;a envoy\u00e9e en 1977 o\u00f9 il m&rsquo;\u00e9crivait \u00ab\u00a0&#8230;..<br>Si Brahim, je sais que ta famille te manque mais ouvre les yeux, tu es dans le pays des lumi\u00e8res?\u00a0\u00bb Ces mots sont rest\u00e9s grav\u00e9s dans ma t\u00eate.<br>La difficult\u00e9 de vivre et l&rsquo;exil ont d\u00e9velopp\u00e9 en moi la sensibilit\u00e9 artistique.<br>J&rsquo;\u00e9tais donc po\u00e8te adolescent comme l&rsquo;\u00e9tait Arthur Rimbaud.<br>Les po\u00e8mes m&rsquo;aidaient \u00e0 surmonter ma solitude.<br>L&rsquo;\u00e9cole m&rsquo;a permis de d\u00e9couvrir la litt\u00e9rature fran\u00e7aise avec les po\u00e8tes qui m&rsquo;ont le plus influenc\u00e9.<br>Slimane Azem (1918-1983) a \u00e9veill\u00e9 en moi l&rsquo;amour de la m\u00e9lodie et m&rsquo;a amen\u00e9 \u00e0 d\u00e9couvrir le cha\u00e2bi (musique populaire alg\u00e9rienne, musique modale qui prend sa source dans la musique arabo-berb\u00e9ro-andalouse, les influences nombreuses de cette ; musique en font la richesse.<br><br><strong>Quelles sont vos sources d&rsquo;inspiration ?<\/strong><br><br>Il y a bien s\u00fbr le v\u00e9cu, l&rsquo;exp\u00e9rience personnelle, qui est la source o\u00f9 s&rsquo;abreuvent, en premier, le po\u00e8me mais aussi la vie et tout ce qui entoure le po\u00e8te, les bouleversements et les tourments de l&rsquo;\u00e9poque.<br>Les po\u00e8tes qui m&rsquo;ont inspir\u00e9 et continuent de m&rsquo;inspirer sont \u00e9videment Si Mohand U Mhand, le po\u00e8te l\u00e9gendaire kabyle du 19 \u00e8me si\u00e8cle (1845-1906) puis Slimane Azem po\u00e8te tout aussi l\u00e9gendaire (1918-1983) et tous ceux qui m&rsquo;ont inspir\u00e9 un jour ou l&rsquo;autre, Pierre de Ronsard (1524-1585), Joachim du Bellay (1522-1560), Th\u00e9ophile Gautier (1811-1872), Charles Baudelaire (1821-1867), Paul Marie Verlaine (1844-1896), Arthur Rimbaud (1854-1891), Rainer Maria Rilke (1875-1926), Guillaume Apollinaire (1880-1918), Jules Supervielle (1884-1960), Jacques Pr\u00e9vert (1900-1977).<br>Paris est aussi une ville qui m&rsquo;inspire beaucoup ; cette ville qui ne dort pas est l&rsquo;amie des po\u00e8tes.<br>J&rsquo;aime les petits caf\u00e9s populaires o\u00f9 il me semble parfois voir l&rsquo;ombre de Baudelaire prendre un verre avec la mis\u00e8re.<br>Une certaine vie de boh\u00e8me est un aliment indispensable \u00e0 la cr\u00e9ation.<br><strong>Vous avez travaill\u00e9 comme animateur dans des radios en France.<\/strong><br><strong>Parlez-nous de vos exp\u00e9riences radiophoniques ?<\/strong><br><br>Oui, c&rsquo;est vrai, mais ce ne fut pas une exp\u00e9rience heureuse ; j&rsquo;ai d\u00e9couvert les petites luttes claniques mis\u00e9rables o\u00f9 les uns sont pay\u00e9s alors que d&rsquo;autres travaillent des ann\u00e9es b\u00e9n\u00e9volement.<br>Les responsables de ces radios jouaient souvent sur la sensibilit\u00e9 militante des animateurs ; on leur disait que c&rsquo;est pour la cause pour les faire travailler gratuitement.<br>Les uns se sont enrichis, les autres ont fini au RMI (revenu minimum d&rsquo;insertion).<br>J&rsquo;ai anim\u00e9 quelque temps \u00e0 Radio beur en 1992, apr\u00e8s avoir fait un stage de technicien r\u00e9alisateur animateur.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Les responsables m&rsquo;avaient promis de m&rsquo;int\u00e9grer \u00e0 l&rsquo;\u00e9quipe des salari\u00e9s et ce qui n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 fait.<br>J&rsquo; y ai travaill\u00e9 souvent et toujours b\u00e9n\u00e9volement.<br>Cela m&rsquo;a permis aussi de passer sur les ondes ma propre programmation, ce fut le seul r\u00e9confort.<br>J&rsquo;ai aussi pr\u00e9sent\u00e9 des rubriques litt\u00e9raires dans une radio \u00e0 Persan, Bellovaque FM, dans la banlieue parisienne de 1993 \u00e0 1996, dans une \u00e9mission hebdomadaire en kabyle pr\u00e9sent\u00e9e par le po\u00e8te Moh Cherbi, puis \u00e0 Beur FM de 1996 \u00e0 1997 o\u00f9 j&rsquo;ai collabor\u00e9 avec Moh Cherbi dans son \u00e9mission \u00ab Culturum \u00bb, un forum culturel.<br>Je pr\u00e9sentais des rubriques sur l&rsquo;histoire antique des berb\u00e8res et parfois des rubriques sur la litt\u00e9rature et la po\u00e9sie berb\u00e8re. De 1999 \u00e0 2002 \u00e0 Radio France Maghreb, j&rsquo;ai collabor\u00e9 avec Said Kejat dans son \u00e9mission culturelle hebdomadaire o\u00f9 je pr\u00e9sentais des pages sur l&rsquo;histoire antique des berb\u00e8res \u00e0 partir de l&rsquo;installation des ph\u00e9niciens au 9e si\u00e8cle avant J\u00e9sus-Christ sur les c\u00f4tes berb\u00e8res.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Voil\u00e0 un long parcours radiophonique. Je ne me suis rendu compte sur le tard, candide que j&rsquo;\u00e9tais, qu&rsquo;il n&rsquo;y avait aucune perspective d&rsquo;\u00e9volution dans le milieu maghr\u00e9bin en France, apr\u00e8s toutes ces ann\u00e9es d&rsquo;exp\u00e9rience radio ; triste constat ! Non seulement ce milieu n&rsquo;offre aucune perspective , mais on vous oublie sans m\u00eame un merci de la part des responsables des radios. J&rsquo;aimais l&rsquo;animation radio surtout de minuit \u00e0 6h, car le monde de la nuit est fascinant si c&rsquo;\u00e9tait \u00e0 refaire j&rsquo;aurais essay\u00e9 de travailler \u00e0 Radio France.<br>Une fois, gr\u00e2ce \u00e0 une relation, une occasion s&rsquo;est pr\u00e9sent\u00e9e pour une place de journaliste, avoir une licence et moins de 30 ans, la premi\u00e8re condition \u00e9tait remplie mais j&rsquo;avais plus de 30 ans et le destin en a voulu autrement.<br><br><strong>Vous chantez comme Slimane Azem, m\u00eame si vous avez votre propre originalit\u00e9.<br>La presse alg\u00e9rienne vous surnomme : l&rsquo;Incarnation de Slimane Azem.<br>Que repr\u00e9sente pour vous ce grand hom<\/strong>me ?<br><br>Slimane Azem est un grand humaniste, grand po\u00e8te philosophe visionnaire.<br>Il fut une l\u00e9gende de son vivant, comme l&rsquo;\u00e9tait avant lui le barde kabyle du 19\u00e8me si\u00e8cle Si Mohand U Mhand, les deux ont eu un destin tragique : Si Mohand U Mohand a \u00e9t\u00e9 pouss\u00e9 sur les routes de l&rsquo;errance pour sauvegarder son statut de kabyle libre, refusant toute autorit\u00e9 coloniale, apr\u00e8s la destruction de son village, la confiscation de ses terres, le massacre et la dispersion des siens par l&rsquo;arm\u00e9e coloniale. Po\u00e8te errant composant sur les routes, d\u00e9non\u00e7ant le nouvel ordre dict\u00e9 par l&rsquo;occupant.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Slimane Azem fut aussi le verbe libre et vrai. Admir\u00e9 par les millions de kabyles qui voyaient en lui l&rsquo;h\u00e9ritier de Si Mohand U Mhand. Slimane Azem a d\u00e9nonc\u00e9 le colonialisme, a chant\u00e9 la joie de l&rsquo;Ind\u00e9pendance et les d\u00e9sillusions du Parti unique, d&rsquo;un autoritarisme qui allait s&rsquo;attaquer aux libert\u00e9s d\u00e9mocratiques et tenter de balayer la langue berb\u00e8re plusieurs fois mill\u00e9naire. Po\u00e8te engag\u00e9, il disait haut ce que le peuple pensait tout bas ; il \u00e9tait le porte-parole du peuple kabyle pendant plus de 50 ans. En 1967 il fut officieusement, selon les dires de certains, interdit d&rsquo;antenne des radios alg\u00e9riennes, et consid\u00e9r\u00e9 comme persona non grata par la presse.<\/p>\n\n\n\n<p><br>La loi du silence \u00e9tait tomb\u00e9e, les uns ayant peur pour leur place pour d\u00e9fendre leur maigre salaire, d&rsquo;autres par z\u00e8le pour esp\u00e9rer s&rsquo;attirer les faveurs du pouvoir ont sem\u00e9 la rumeur d&rsquo;une interdiction officielle qui n&rsquo;en \u00e9tait pas toujours d&rsquo;apr\u00e8s ces m\u00eames dires ; mais vu la facilit\u00e9 avec laquelle la rumeur s&rsquo;imposait partout cela arrangeait le pouvoir qui n&rsquo;attendait que l&rsquo;occasion pour museler cet artiste l\u00e9gendaire au talent in\u00e9galable.<\/p>\n\n\n\n<p><br>On peut mettre un oiseau en cage, mais on ne peut pas l&#8217;emp\u00eacher de chanter.<br>Le po\u00e8te\u00a0\u00bb&#8230; hante la temp\u00eate et se rit de l&rsquo;archer&#8230;\u00a0\u00bb disait si bien Baudelaire. La chanson de Slimane Azem\u00a0\u00bb l&rsquo;Epreuve des trois chiens \u00a0\u00bb nous \u00e9claire un peu il s&rsquo;agirait de deux artistes en vogue \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque auxquels Slimane Azem faisait de l&rsquo;ombre et d&rsquo;une personne influente de la radio Cha\u00eene 2.<br>Ces personnes auraient ajout\u00e9 le nom de Slimane Azem au stylo sur une circulaire.<br>Mais on peut \u00e9mettre des doutes quant \u00e0 cette interdiction qui a dur\u00e9 plus de 20 ans, et qui ne serait pas officielle ! A l&rsquo;\u00e9poque, le nom m\u00eame de Slimane Azem pouvait attirer les foudres de certains chefs et sous-chefs ; l&rsquo;autocensure \u00e9tait alors partout afin de plaire \u00e0 la cour.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><br>Nous pouvons dire qu&rsquo;il y a une responsabilit\u00e9 collective pour n&rsquo;avoir rien fait pour tirer au clair cette censure \u00e0 l&rsquo;encontre de celui qui a si bien d\u00e9nonc\u00e9 le colonialisme \u00a0\u00bb fegh ay ajrad tamurtiw \u00a0\u00bb et qui a pr\u00e9dit la joie de l&rsquo;ind\u00e9pendance en 1958 \u00ab\u00a0Idehr-ed wagur\u00a0\u00bb.<br>Cette terrible censure des m\u00e9dias alg\u00e9riens a conduit le grand Slimane Azem \u00e0 un exil forc\u00e9, puisque se sentant ind\u00e9sirable chez lui en Alg\u00e9rie. L&rsquo;exil l&rsquo;\u00e9puisera \u00e0 petit feu jusqu&rsquo;\u00e0 sa mort \u00e0 Moissac, dans le sud-ouest de la France en 1983 des suites d&rsquo;une longue maladie.<br>La lumi\u00e8re reste \u00e0 faire pour que les vrais responsables de ce drame soient connus et rendent des comptes, un drame qui a tu\u00e9 le plus grand po\u00e8te alg\u00e9rien du XXe si\u00e8cle, puisque s\u00e9parer un artiste de son peuple, de sa terre, est pire que la mort.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Les fables des anciens sont riches d&rsquo;enseignements et nous \u00e9clairent aujourd&rsquo;hui, \u00a0\u00bb &#8230;quand les lions sont encha\u00een\u00e9s les hy\u00e8nes sont d\u00e9cor\u00e9es&#8230; \u00a0\u00bb nous voyons un peu partout dans le monde comment les mensonges sont glorifi\u00e9s.<br>Un tel personnage po\u00e8te l\u00e9gendaire, homme de convictions, libre et vrai, ne pouvait que susciter mon admiration. Ma l\u00e9g\u00e8re ressemblance avec lui est une b\u00e9n\u00e9diction. Chaque fois que j&rsquo;\u00e9cris et que je compose une musique, je pense \u00e0 lui ; quand je chante les gens pensent aussi \u00e0 lui. C&rsquo;est pour moi une grande joie.<br><br><strong>Vous vivez en France depuis l&rsquo;\u00e2ge de 10 ans. Comment voyez-vous votre terre natale avec la distance et l&rsquo;\u00e9loignement ?<\/strong><br><br>Je suis attentif \u00e0 tout ce qui se passe en Alg\u00e9rie, en France, nous vivons le racisme au quotidien. Il est difficile d&rsquo;\u00eatre reconnu \u00e0 sa juste valeur. La plupart des universitaires d&rsquo;origine \u00e9trang\u00e8re se perdent dans des petits boulots mal r\u00e9mun\u00e9r\u00e9s. Il y a l&rsquo;exil int\u00e9rieur du po\u00e8te et la souffrance du d\u00e9racinement.<br>En France, quel que soit votre bagage culturel universitaire, la soci\u00e9t\u00e9 est toujours l\u00e0 pour vous rappeler que vous \u00eates d&rsquo;ailleurs, pourtant ne sommes-nous pas tous d&rsquo;ailleurs ?<br>Quand j&rsquo;\u00e9tais plus jeune, je pensais, qu&rsquo;avec le temps, le racisme dispara\u00eetrait et que les mentalit\u00e9s \u00e9volueraient, h\u00e9las plus de 30 ans apr\u00e8s, triste constat, la soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise s&rsquo;est quelque peu radicalis\u00e9e et a tendance \u00e0 se refermer sur elle-m\u00eame.<\/p>\n\n\n\n<p><br>De Paris, on r\u00eave d&rsquo;une Alg\u00e9rie d\u00e9mocratique o\u00f9 chacun pourrait vivre libre et heureux dans la diversit\u00e9 culturelle et linguistique amazighe. Il y a des choses qui se font mais c&rsquo;est si peu quand on voit l&rsquo;attente de la population qui s&rsquo;appauvrit de plus en plus. Cela est pour moi une souffrance de plus. De paris, je vois le pays natal avec optimisme et pessimisme, espoir et d\u00e9sespoir.<br>Seule une v\u00e9ritable d\u00e9mocratie peut sortir de l&rsquo;ombre ce beau pays au pass\u00e9 berb\u00e8re, plusieurs fois mill\u00e9naire.<br>Pour que l&rsquo;Alg\u00e9rie puisse peser parmi les plus grandes puissances de ce monde, il appartient \u00e0 tout le peuple alg\u00e9rien de prendre son destin en main et construire enfin une vraie d\u00e9mocratie avec une justice sociale, o\u00f9 chacun trouverait sa part et sa place.<br><br><strong>On dit que Paris est la capitale culturelle du monde. Que repr\u00e9sente pour vous cette ville lumi\u00e8re ?<\/strong><br><br>Paris est avant tout, pour moi, ville du coeur et de l&rsquo;esprit. Paris est la ville-lumi\u00e8re, c&rsquo;est une ville extraordinaire qui est \u00e0 l&rsquo;\u00e9coute de ses citoyens. C&rsquo;est une ville qui ne dort jamais, c&rsquo;est la ville des po\u00e8tes, des philosophes, des penseurs, des \u00e9crivains. C&rsquo;est une ville o\u00f9 la culture est \u00e0 la port\u00e9e de tous.<br>Chaque arrondissement a son conservatoire municipal, il y a aussi \u00e0 Paris un conservatoire national \u00e0 rayonnement r\u00e9gional (C R R) et un conservatoire national sup\u00e9rieur de musique (C N S M).<br>Chaque conservatoire a un orchestre, il y a aussi des grands orchestres, l&rsquo;orchestre de Paris, l&rsquo;orchestre national, l&rsquo;orchestre national d&rsquo;Ile de France, radio France aussi poss\u00e8de un orchestre.<br>Il y a un centre culturel, un centre d&rsquo;animation et de loisirs dans chaque arrondissement, qui accueillent des milliers d&rsquo;enfants et d&rsquo;adultes pour des pratiques musicales et sportives.<br>Il y a 37 piscines municipales, environ 65 salles de spectacle. \u00c0 travers 58 \u00e9tablissements de pr\u00eat (dont une R\u00e9serve centrale) r\u00e9partis sur les 20 arrondissements de la capitale et des biblioth\u00e8ques sp\u00e9cialis\u00e9es en musique, arts, histoire, etc..<\/p>\n\n\n\n<p><br>Le r\u00e9seau municipal offre un \u00e9ventail tr\u00e8s riche des diff\u00e9rentes formes d&rsquo;expression culturelle.<br>L&rsquo;acc\u00e8s aux biblioth\u00e8ques municipales est libre et ouvert \u00e0 tous.<br>L&#8217;emprunt des imprim\u00e9s (livres, revues, BD, partitions) et des m\u00e9thodes de langue est gratuit.<br>Avec plus d&rsquo;une centaine de salles, Paris jouit d&rsquo;une offre th\u00e9\u00e2trale extr\u00eamement riche et vari\u00e9e.<br>Paris dispose aujourd&rsquo;hui d&rsquo;un patrimoine de salles de cin\u00e9ma exceptionnel.<br>En 2006, on d\u00e9nombre 88 \u00e9tablissements cin\u00e9matographiques (376 \u00e9crans, dont 150 \u00e9crans ind\u00e9pendants et 89 class\u00e9s Art et Essai) et plus de 27 millions de spectateurs.<br>Paris joue depuis toujours un r\u00f4le primordial dans la diffusion du cin\u00e9ma : la qualit\u00e9 et la densit\u00e9 de son parc de salles, le nombre de films offerts chaque semaine (en moyenne 500) \u00e0 tous les types de public, c&rsquo;est la capitale de tous les cin\u00e9mas. Paris c&rsquo;est aussi la libert\u00e9, c&rsquo;est la ville des r\u00eaves. Mais derri\u00e8re ses lumi\u00e8res se cachent bien des ombres. M\u00eame avec un salaire moyen on y vit p\u00e9niblement. La chert\u00e9 de la vie et le prix des loyers inabordables d\u00e9passent le salaire minimum garanti.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Il faut gagner 3 fois le prix du loyer pour pouvoir esp\u00e9rer trouver un logement chez le priv\u00e9. Il est pratiquement impossible pour une personne d&rsquo;origine \u00e9trang\u00e8re de trouver un logement chez un priv\u00e9, sa seule chance est d&rsquo;obtenir un logement de l&rsquo;habitat public, ce qui est d&rsquo;une chance sur un million. Ce qui fait fuir les populations parisiennes les plus fragiles, on voit ainsi dispara\u00eetre le Paris populaire que j&rsquo;ai connu dans mon enfance, qui a fait la beaut\u00e9 de cette ville pendant des si\u00e8cles.<br>Mais on y c\u00f4toie encore presque toutes les cultures du monde, ces cultures ne sont malheureusement pas visibles dans le champ m\u00e9diatique.<br>En ce qui nous concerne, les m\u00e9dias maghr\u00e9bins ne r\u00e9mun\u00e8rent pas, ce sont les m\u00e9dias fran\u00e7ais qui r\u00e9mun\u00e8rent et nous n&rsquo;y avons pas acc\u00e8s. Vous voyez le probl\u00e8me ! Paris est aussi une ville kabyle, beaucoup de po\u00e8tes et chanteurs kabyles ont v\u00e9cu et chant\u00e9 \u00e0 Paris, on peut citer Slimane Azem, Allaoua Zerrouki, Marguerite-Taos Amrouche, Elhasnaoui, Matoub et bien d&rsquo;autres, sans oublier le grand compositeur Mohammed Iguerbouch\u00e8ne qui a beaucoup travaill\u00e9 avec l&rsquo;ORTF (Office de radiodiffusion t\u00e9l\u00e9vision fran\u00e7ais ).<br>La premi\u00e8re langue \u00e9trang\u00e8re parl\u00e9e en France surtout \u00e0 Paris, est bien le kabyle.<br>Le plat pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 des Fran\u00e7ais est le couscous qui est un plat berb\u00e8re.<br>Les Kabyles aiment cette ville qu&rsquo;ils ont contribu\u00e9 \u00e0 b\u00e2tir. Leur pr\u00e9sence dans cette ville remonte au 19 \u00e8me si\u00e8cle. Malgr\u00e9 cela, nous existons \u00e0 peine, mais les berb\u00e8res kabyles de France commencent \u00e0 s&rsquo;organiser pour une meilleure reconnaissance de la langue et de la culture berb\u00e8res et une visibilit\u00e9 dans le champ politique et m\u00e9diatique. Paris c\u00e9l\u00e8bre maintenant le nouvel an berb\u00e8re le 12 janvier de chaque ann\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>De 1983 \u00e0 1990 j&rsquo;ai dessin\u00e9 sur toutes les places touristiques parisiennes en tant que caricaturiste portraitiste on peut dire que je connais bien cette ville, j&rsquo;ai dessin\u00e9 environ un million de personnes. C&rsquo;est vraiment la ville des cultures du monde. Il faut seulement aider \u00e0 l&rsquo;\u00e9volution des mentalit\u00e9s, c&rsquo;est ce que je fais au quotidien en essayant de montrer l&rsquo;exemple.<br>Il est toutefois dommage qu&rsquo;on soit oblig\u00e9 de l\u00e9gif\u00e9rer pour tenter de supprimer les discriminations. On a malheureusement cr\u00e9\u00e9 le concept de \u00a0\u00bb discrimination positive \u00a0\u00bb comme si la discrimination pouvait \u00eatre positive ! Cr\u00e9er un tel concept c&rsquo;est ne pas respecter la langue fran\u00e7aise. Je pense que seule l&rsquo;\u00e9ducation peut faire \u00e9voluer les choses.<br><br><strong>Y a-t-il des espaces de rencontres et d&rsquo;\u00e9changes pour les artistes alg\u00e9riens vivant en France ?<\/strong><br><br>Avec la disparition des caf\u00e9s populaires qui rappellent les caf\u00e9s maures et les quartiers populaires, les lieux de rencontres s&rsquo;amenuisent de jour en jour.<br>Il y a quelques associations, mais ce ne sont pas v\u00e9ritablement des lieux de rencontres. Ce sont plus des lieux qui proposent des activit\u00e9s. Mais au hasard d&rsquo;une rue, il reste encore quelques gargotes, o\u00f9 on peut rencontrer des artistes de temps en temps, tard dans la nuit. Il y a le centre culturel alg\u00e9rien mais ses activit\u00e9s sont curieusement discr\u00e8tes. Une majorit\u00e9 d&rsquo;entre nous ne conna\u00eet m\u00eame pas l&rsquo;adresse.<br>J&rsquo;ai eu la chance de conna\u00eetre le Paris populaire, o\u00f9 les artistes d&rsquo;origine alg\u00e9rienne, majoritairement kabyles faisaient l&rsquo;ambiance de ses quartiers. Il y avait de la musique dans tous les caf\u00e9s, surtout dans le 18 \u00e8me, 19 \u00e8me, 20 \u00e8me mais aussi 13 \u00e8me, 14 et 15 \u00e8me, enfin presque dans tous les arrondissements de Paris. Mais la culture berb\u00e8re surtout kabyle, demeure plus que jamais vivante \u00e0 Paris.<br>Les artistes kabyles remplissent les plus grandes salles parisiennes, h\u00e9las souvent dans un silence m\u00e9diatique, mais les choses commencent \u00e0 changer. Berb\u00e8re t\u00e9l\u00e9vision offre maintenant un espace de rencontres, il y a aussi enfin une radio kabyle sur la bande FM \u00e0 Paris qui va \u00e9mettre bient\u00f4t.<br><br><strong>Que pensez-vous de la chanson kabyle actuelle ?<\/strong><br><br>Je dirais que la chanson kabyle se porte bien. C&rsquo;est l&rsquo;une des rares musiques \u00e0 remplir les salles les plus prestigieuses, de l&rsquo;Olympia au Z\u00e9nith en passant par le Palais des Congr\u00e8s et le Cabaret Sauvage qui est une grande salle g\u00e9r\u00e9e par un kabyle. Et croyez moi, je sais de quoi je parle. Si la chanson kabyle se porte tant bien que mal \u00e0 Paris ce n&rsquo;est pas le cas chez elle! En Alg\u00e9rie, elle manque de moyens de promotion. Le statut de l&rsquo;artiste reste \u00e0 cr\u00e9er.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous voyons un peu partout un seul genre s&rsquo;imposer, celui qui puise dans le folklore, le style festif, c&rsquo;est une bonne chose mais il faudrait que le minist\u00e8re de la Culture aide les jeunes cr\u00e9ateurs afin qu&rsquo;\u00e9mergent les autres styles, dont la chanson \u00e0 texte.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;ONDA aussi devrait organiser des festivals comme cela se fait en France, o\u00f9 la SACEM organise des manifestations culturelles et donne des bourses aux jeunes cr\u00e9ateurs.<br>Les r\u00e9gions et les municipalit\u00e9s peuvent aussi apporter des moyens pour la promotion de cette musique. Il faudrait aussi ouvrir un peu plus les m\u00e9dias aux nouveaux cr\u00e9ateurs.<br>Mais dans un pays o\u00f9 l&rsquo;allocation ch\u00f4mage n&rsquo;existe pas encore, o\u00f9 la plupart des jeunes se retrouvent sans ressources en quittant l&rsquo;\u00e9cole o\u00f9 l&rsquo;universit\u00e9, il est difficile de se donner du temps pour faire une chanson de qualit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>A chaque fois que je sillonne la Kabylie , je suis \u00e9bloui par tant de talents cach\u00e9s. Si vous ne connaissez personne \u00e0 la radio ou \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision vous n&rsquo;avez aucune chance d&rsquo;y passer. L&rsquo;apparition de radios locales peut aider \u00e0 une plus grande ouverture. Dans chaque village de Kabylie il y a des talents cach\u00e9s faute de moyens.<br>D&rsquo;ailleurs, j&rsquo;irais m\u00eame plus loin, dans chaque contr\u00e9e de ce formidable pays qu&rsquo;est l&rsquo;Alg\u00e9rie il y a des talents insoup\u00e7onn\u00e9s m\u00eame dans la mis\u00e8re criarde. Il devient urgent de cr\u00e9er une allocation ch\u00f4mage et de donner des moyens pour la cr\u00e9ation artistique.<br>Par exemple, financer un projet et l&rsquo;accompagner dans sa r\u00e9alisation. J&rsquo;entends par-ci par-l\u00e0 des gens dire que la chanson kabyle manque de cr\u00e9ateurs.<br>\u00a0\u00bb D widak yerwan ig hedren akka \u00a0\u00bb (les gens repus parlent ainsi), mais comme disait cheikh Mohand U Lhocine \u00a0\u00bb Win yerwan ixdaa Rebbi \u00a0\u00bb (les rassasi\u00e9s ont trahi Dieu!).<br>La Kabylie foisonne de cr\u00e9ateurs de talents ce qu&rsquo;il lui faut ce sont des moyens!<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Vous \u00eates un grand lecteur.<\/strong><br><strong>Quel est le dernier livre que vous avez lu ?<\/strong><br><br>Je viens de lire un recueil de po\u00e9sie \u00a0\u00bb Les nuits de l&rsquo;absence \u00ab\u00a0, une po\u00e9sie profonde de Mohand Cherif Zirem, votre livre (rires), un roman \u00ab\u00a0La vie est un grand mensonge\u00a0\u00bb \u00e0 lire absolument, on y trouve les dits et les non-dits de la trag\u00e9die alg\u00e9rienne, de Youcef Zirem.<br>Et un livre sur l&rsquo;histoire \u00a0\u00bb La conqu\u00eate fran\u00e7aise du Djurdjura \u00a0\u00bb de Omar Kerdja, une page d&rsquo;histoire vue de l&rsquo;int\u00e9rieur. Il est vrai que je lis beaucoup, j&rsquo;aime la pr\u00e9sence des livres. Quand on aime les livres on est jamais seul.<br>J&rsquo;aimerais tant que le minist\u00e8re de la Culture en Alg\u00e9rie trouve le moyen d&rsquo;amener le livre \u00e0 port\u00e9e de tous et qu&rsquo;on d\u00e9veloppe aussi le livre et la Bande dessin\u00e9e pour enfants.<br><br><strong>Quels sont vos projets artistiques ?<\/strong><br><br>L&rsquo;esprit bouillonne et les projets foisonnent, j&rsquo;\u00e9cris et compose tant bien que mal. Le fait de travailler dans le champ culturel parisien m&rsquo;aide beaucoup dans la recherche musicale.<br>M\u00eame si ma musique n&rsquo;est pas visible j&rsquo;ai plusieurs albums en suspens.<br>Devant la difficult\u00e9 de vivre, la vie n&rsquo;\u00e9pargne pas le po\u00e8te, j&rsquo;ai souvent pens\u00e9 me retirer.<br>La chanson \u00a0\u00bb Lefjer tameddit\u00a0\u00bb, \u00a0\u00bb Ad ruhegh \u00a0\u00bb en disent long&#8230; mais la chanson \u00a0\u00bb Mazal isefra \u00a0\u00bb laisse entrevoir une fen\u00eatre.<br>Mais j&rsquo;esp\u00e8re revenir avec un prochain album pour le plaisir de ceux qui aiment ma po\u00e9sie.<br>Sinon \u00e0 Paris, l&rsquo;errance et la solitude nous accompagnent. Cette ville froide et chaleureuse aux mille ombres et lumi\u00e8res fait partie de moi, et j&rsquo;\u00e9gr\u00e8ne des vers dans ses rues en kabyle et en fran\u00e7ais que le vent emporte.<br><br><strong>Mohand Cherif Zirem<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><br><strong>le Courrier d&rsquo;Alg\u00e9rie du 04 et du 05 f\u00e9vrier 2009<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><a href=\"http:\/\/img.over-blog-kiwi.com\/1\/72\/05\/02\/20150715\/ob_62c244_aff2.jpg\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/lh3.googleusercontent.com\/blogger_img_proxy\/ANbyha3GXFrUF2A9ntUxDesGO7bYgULxFK1liCZs4cv5fvmLxeUI76DPtbk69OeC7kSEqf9Bn57vZUZuoI8emAyNrPqJNTtW1ttS0UXp6GvlgoNhI_Su_BWAlcBnhZiPOk72CxEJhVZ03aja=s0-d\" alt=\"Rencontre avec le c\u00e9l\u00e8bre chanteur Kabyle Brahim Saci\"\/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><a href=\"http:\/\/img.over-blog-kiwi.com\/1\/72\/05\/02\/20150715\/ob_c74421_aff3.jpg\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/lh3.googleusercontent.com\/blogger_img_proxy\/ANbyha0Bb30KVObXqI4cB-agH0KX8C0royFDsacgcAoyBp7sDJ13b-6fu7EXQTAn0StRuMgUCaTO9mlWFshsXIM4g7dcLhpfxDcL52mzcHEiElNUPpXx9a2ZqS6D7IK4zPBEW8u8C_s9HP-f=s0-d\" alt=\"Rencontre avec le c\u00e9l\u00e8bre chanteur Kabyle Brahim Saci\"\/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<p>__________________________________________________<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.sante-actuelle.com\/006_psl_obr_ecd_pxr\/?urlBdc=https:\/\/paiement-securise.biovancia.com\/PXR-202042311435120&amp;salescode=C_202012_VD_PXRBOGO136BCL_23_NAT_NOB_G&amp;ob_click_id=$ob_click_id$\" target=\"_BLANK\" rel=\"noreferrer noopener\"><\/a><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Youcef Zirem \u00e0 la rencontre de Brahim Saci<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Quand l\u2019errance de l\u2019exil \u00e9touffe<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em><strong>Les ann\u00e9es passent et les questionnements douloureux persistent. L\u2019exil est souvent fait de souffrances et d\u2019errements multiples. Brahim Saci en conna\u00eet un bout. Mais il faut apprivoiser la douleur d\u2019\u00eatre, continuer son chemin et adoucir la nostalgie.<\/strong><\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Quand on atterrit \u00e0 Paris \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 10 ans, loin des siens et de cette terre des origines mythique et g\u00e9n\u00e9reuse, on se retrouve confront\u00e9 \u00e0 des tracas d\u2019un autre genre. Brahim s\u2019accroche et fait \u00e0 l\u2019adversit\u00e9. Il suit des \u00e9tudes brillamment, il d\u00e9croche son dipl\u00f4me universitaire avec une certaine \u00e9l\u00e9gance. Et d\u00e9j\u00e0 la po\u00e9sie rentre dans son monde, remplit son quotidien. Il se passionne aussi pour la musique. Son \u00ab coup de c\u0153ur \u00bb va pour le grand Slimane Azem.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>La musique traditionnelle devient la passion de Brahim Saci qui trouve l\u00e0 l\u2019occasion d\u2019approfondir son \u00e9criture.<br>\u00ab Enfant, j\u2019\u00e9tais berc\u00e9 par les contes, les chants traditionnels que me chantait ma m\u00e8re, ainsi que par les nombreuses po\u00e9sies kabyles qu\u2019elle me r\u00e9citait. Jeune j\u2019\u00e9tais donc d\u00e9j\u00e0 pris par la passion et l\u2019\u00e9motion litt\u00e9raire. Cependant ce n\u2019est qu\u2019au lyc\u00e9e que les professeurs m\u2019ont appris \u00e0 appr\u00e9cier et \u00e0 comprendre les po\u00e8tes, Charles Baudelaire par Les fleurs du mal en particulier, Alphonse de Lamartine par Les m\u00e9ditations po\u00e9tiques, et tant d\u2019autres encore. J\u2019\u00e9tais partag\u00e9 entre les \u00e9tudes, le dessin, la po\u00e9sie et les voyages (Allemagne, Autriche, Hollande&#8230;), tout cela a quelque peu d\u00e9velopp\u00e9 en moi une vie intellectuelle et artistique \u00e0 la fois \u00bb, se souvient Brahim Saci.<br>L\u2019\u2019enfant de la haute Kabylie travaille ensuite dans des radios franco- maghr\u00e9bines ou il accentue son int\u00e9r\u00eat pour l\u2019Art. \u00ab Plong\u00e9 profond\u00e9ment \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de moi-m\u00eame, dans des moments de grande solitude, c\u2019est seulement l\u00e0, dans l\u2019univers artistique, que je trouve des r\u00e9ponses aux questions qui assaillent mon existence. Bien que cela engendre une grande souffrance, c\u2019est une qu\u00eate n\u00e9cessaire. Personnellement je ne me sens vivre qu\u2019en cr\u00e9ant, c\u2019est un peu comme si je ne faisais qu\u2019un avec l\u2019art, pour moi c\u2019est un mode de vie \u00bb, confie Brahim Saci.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Cela fait 30 ans qu\u2019il vit en France. \u00ab Ne me comprennent que ceux qui ont march\u00e9 sur mes pas. Cependant le g\u00e9nie de la cr\u00e9ation ne doit pas faire oublier la grande solitude int\u00e9rieure, n\u00e9cessaire pour aller au plus profond de soi-m\u00eame et pouvoir en ressortir le meilleur. Il est bon d\u2019\u00eatre seul car la solitude est difficile \u00e0 vivre, et plus une chose est difficile, plus elle doit \u00eatre pour nous une raison de nous y attacher. C\u2019est de la peine que na\u00eet la cr\u00e9ation, comme une pluie fertilisante que la terre attend avec impatience, comme un acte de charit\u00e9, lien entre la po\u00e9sie et la mystique. Un perfectionnement personnel est recherch\u00e9 pour essayer de porter le regard au del\u00e0 de la connaissance afin d\u2019approcher ce qui nous \u00e9chappe et accueillir avec s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 les \u00e9v\u00e9nements de notre vie et s\u2019interroger sur le m\u00e9canisme qui nous fait cr\u00e9er. Donner sans rien attendre en \u00e9change m\u00eame si les po\u00e8mes sont pay\u00e9s avec tant de souffrances. Il y a une n\u00e9cessite de dire pour ne pas sombrer. Aborder l\u2019art avec amour car seul ce sentiment profond permet de le saisir \u00bb, fait remarquer ce chanteur de talent qui n\u2019arr\u00eate pas de produire des \u0153uvres de qualit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><br>\u00ab Je n\u2019ai r\u00e9ellement compris Slimane Azem qu\u2019apr\u00e8s des \u00e9tudes universitaires approfondies. Ces ann\u00e9es d\u2019\u00e9tudes m\u2019ont permis d\u2019aller plus loin dans l\u2019analyse afin d\u2019avoir une vision plus claire pour approcher l\u2019\u0153uvre de ce grand humaniste et philosophe qu\u2019\u00e9tait Slimane Azem. C\u2019est un grand po\u00e8te qui d\u00e9crit notamment le d\u00e9chirement de l\u2019exil. Bien plus que cela, il a su enflammer tous les c\u0153urs, et passionner tous les Kabyles. Son \u0153uvre tr\u00e8s abondante et riche offre une grande diversit\u00e9 \u00e0 qui sait l\u2019\u00e9couter et la comprendre. Dans ses compositions, Slimane Azem, guitariste d\u2019exception attire par sa technique percussive de la guitare, par sa riche invention de la m\u00e9lodie. Il a su transformer toute m\u00e9lodie en pure beaut\u00e9. Ses chansons sont d\u2019une grande \u00e2pret\u00e9 rythmique, doubl\u00e9e d\u2019une inspiration m\u00e9lodique in\u00e9puisable. Baign\u00e9 dans un fond culturel classique, les images, comparaisons, m\u00e9taphores et m\u00e9tonymies ont \u00e9t\u00e9 des aliments essentiels \u00e0 sa cr\u00e9ation po\u00e9tique. Ses pr\u00e9ludes chant\u00e9s sont d\u2019une extr\u00eame justesse. Sa voix est d\u2019un grand lyrisme, d\u2019une grande fluidit\u00e9, claire comme l\u2019eau d\u2019une source. Slimane Azem a su par son g\u00e9nie nous transmettre les racines d\u2019une culture plus que jamais vivante, mais paradoxalement aussi, sa douleur d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 force de quitter sa terre natale si ch\u00e8re a son c\u0153ur. Slimane Azem est un v\u00e9ritable virtuose de la chanson kabyle, respect\u00e9 par tous, et qui ne pouvait que susciter mon admiration et ma volont\u00e9 de suivre ses traces. \u00bb analyse Brahim Saci.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Vivant \u00e0 Paris, Brahim Saci ne cesse de regarder vers son pays d\u2019origine et ne rate pas une occasion pour se retremper dans l\u2019ambiance alg\u00e9rienne. \u00ab Les choses terrifiantes qu\u2019a connu notre pays ont laiss\u00e9 peu de place \u00e0 l\u2019Art en g\u00e9n\u00e9ral et l\u2019expression artistique en particulier. Jusqu&rsquo;\u00e0 la mort de Matoub Lounes, la chanson kabyle \u00e9tait en plein essor. Les ann\u00e9es 80 ont vu appara\u00eetre beaucoup de groupes de grande qualit\u00e9, constitu\u00e9s par une majorit\u00e9 d\u2019universitaires, malheureusement ces groupes ont disparu. Mais le succ\u00e8s de Matoub Lounes a permit \u00e0 la chanson kabyle d\u2019occuper une place de choix. Il \u00e9tait une locomotive qui poussait \u00e0 la cr\u00e9ation de qualit\u00e9 aussi bien sur le plan de la po\u00e9sie que sur le plan musical. Car Matoub Lounes excellait dans l\u2019art du Ch\u00e2abi qui est de surcro\u00eet une grande \u00e9cole musicale. Matoub cr\u00e9ait l\u2019\u00e9v\u00e9nement avec presque chaque fois deux albums, et \u00e9tait une source po\u00e9tique intarissable. Sa disparition tragique a plong\u00e9 la chanson kabyle dans un vide artistique quasi-total. On a vu alors une folklorisation accrue de la chanson kabyle o\u00f9 tout ce qui se fait l\u2019est pratiquement sur un seul rythme.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>La cr\u00e9ation artistique s\u2019est appauvrie. On ne pense qu\u2019\u00e0 danser.<br>Toutes les manifestations dites culturelles sont en fait des pistes de danse. On a ainsi petit \u00e0 petit habitu\u00e9 le public \u00e0 ne venir \u00e0 chaque fois dans les salles que d\u2019une fa\u00e7on quasi-m\u00e9canique. On vient consommer des pistes de danse. On a vu alors les ventes de disques chuter pour la quasi-totalit\u00e9 des cr\u00e9ateurs. Mais d\u2019autres raisons bien sur viennent se greffer \u00e0 cela. La fracture avec la tradition orale, on voit les anciens dispara\u00eetrent un par un, a aussi contribu\u00e9 \u00e0 l\u2019apparition d\u2019une po\u00e9sie m\u00e9diocre car il y a un manque au niveau de la ma\u00eetrise de la langue. C\u2019est l\u2019une des raisons pour laquelle il devient urgent que la langue tamazight soit officialis\u00e9e et entre dans toutes les \u00e9coles, car le transfert du patrimoine culturel par les anciens ne se fait plus. Ainsi, \u00e0 l\u2019\u00e9cole, les enfants red\u00e9couvriront la richesse de leur langue, les contes, les po\u00e8tes, les romans, la litt\u00e9rature. Il est \u00e9vident que sans bagage culturel on ne peut cr\u00e9er de belles choses. Les anciens avaient tous leurs t\u00eates pleines, les po\u00e8mes d\u2019antan, les contes, et cela se refl\u00e9tait dans leur cr\u00e9ation artistique.<\/p>\n\n\n\n<p><br>D\u2019autres raisons viennent encore s\u2019ajouter au marasme des d\u00e9cennies noires qu\u2019a connu la chanson kabyle et la chanson alg\u00e9rienne en g\u00e9n\u00e9ral. La crise \u00e9conomique aidant, le manque de pouvoir d\u2019achat, la morosit\u00e9 de la chanson alg\u00e9rienne ont amen\u00e9 la chanson kabyle au bord du pr\u00e9cipice. Au lieu que les artistes vivent de leur art, nous assistons d\u00e9sarm\u00e9s \u00e0 une situation nouvelle et dramatique, qui n\u2019est pas propre \u00e0 la chanson kabyle, qu\u2019on voit dans d\u2019autres pays mais \u00e0 faible \u00e9chelle. Dans ce d\u00e9nuement les artistes s\u2019appauvrissent, il est difficile de travailler dans ces conditions. Les tentatives individuelles sont bonnes et \u00e0 encourager, mais c\u2019est l\u2019institution \u00e9tatique qui doit prot\u00e9ger son patrimoine culturel, l\u2019encourager et le financer. Malgr\u00e9 le regard assez pessimiste que je viens de porter, je reste optimiste et positif quant \u00e0 l\u2019avenir de la chanson kabyle, gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019apparition de jeunes qui r\u00e9sistent contre vents et mar\u00e9es et qui font un travail de qualit\u00e9 \u00bb, fait savoir Brahim Saci.<br>Animateur culturel sur Beur FM entre 1996 et 1997, Brahim Saci aime citer B\u00e9la Bartok, compositeur hongrois qui apr\u00e8s des recherches sur les traditions musicales populaires notera et enregistrera sur des rouleaux phonographiques plus de 10 000 m\u00e9lodies folkloriques. C\u2019est pour dire que l\u2019exploration des chants et des danses de la Kabylie reste \u00e0 faire.<br>\u00ab Je pense qu\u2019il faut penser un peu au c\u00f4t\u00e9 culturel des choses, arr\u00eater avec les galas business o\u00f9 les gens ne viennent que pour danser et s\u2019amuser, et opter pour des manifestations culturelles de qualit\u00e9, abordables pour tous \u00bb, raconte Brahim Saci. Parlant de Matoub Lounes, l\u2019enfant de Tifrit Na\u00eft Oumalek se souvient d\u2019un homme sinc\u00e8re. \u00ab Je me rappelle avoir rencontr\u00e9 Matoub Lounes dans un caf\u00e9 du 18\u00e8me arrondissement de Paris un mois avant sa mort tragique, il me disait \u00ab Si Brahim ma vie est au village! \u00bb Ces paroles r\u00e9sonnent encore dans ma t\u00eate.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>A paris on a beau remplir les plus grandes salles, personne ne nous voit, nous sommes comme invisibles. La meilleure preuve que l\u2019on puisse apporter \u00e0 ce ph\u00e9nom\u00e8ne est la c\u00e9l\u00e9bration des 100 ans de l\u2019Olympia qui a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s m\u00e9diatis\u00e9e en France. Dans l\u2019historique qu\u2019en ont fait les m\u00e9dias, \u00e0 aucun moment on ne fait allusion aux Berb\u00e8res qui sont pass\u00e9s sur cette sc\u00e8ne mythique, et ils sont nombreux : Aissa El Djermouni, premier chanteur berb\u00e8re chaoui des Aur\u00e8s \u00e0 fouler les planches de l\u2019Olympia en 1936, puis \u00e0 partir de 1976, A\u00eft Menguellet, le groupe Djurdjura, Slimane Azem, Matoub Lounes, Idir, Takfarinas et bien d\u2019autres encore \u00bb, rappelle lucidement Brahim Saci.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Dans le prolongement de ce raisonnement, le chanteur constate qu\u2019on se garde bien de parler, en France, des origines kabyles d\u2019Edith Piaf, par sa m\u00e8re qui \u00e9tait une chanteuse lyrique sous le nom de Line Marsa, et \u00e9lev\u00e9e par sa grand-m\u00e8re Aicha. Mais il faut persister et s\u2019accrocher.<br>Brahim Saci a plein de plans de batailles artistiques dans sa t\u00eate. \u00ab Apr\u00e8s avoir produit en France, je reviens aux sources pour produire en Alg\u00e9rie. Je viens en effet de sortir deux albums avec des milliers de posters annon\u00e7ant en fait quatre albums, car apr\u00e8s ces deux albums suivront deux autres albums. Le premier album est un hommage \u00e0 Slimane Azem, Exil \u00e9ternel, je dis \u00ab \u00f4 Slimane Azem! Si tu pouvais revenir parmi nous pour voir o\u00f9 les temps nous ont amen\u00e9s. \u00bb J\u2019ai souvent compar\u00e9 Slimane Azem \u00e0 Baudelaire pour la vision philosophique qu\u2019ils avaient de la vie. Car Baudelaire a plong\u00e9 au plus profond de l\u2019\u00eatre pour nous parler du mal qui habite et ronge l\u2019homme. Mais Slimane Azem avait quelque chose de plus car il \u00e9tait une l\u00e9gende de son vivant, comme l\u2019\u00e9tait avant lui Si Mohand u M\u2019Hand. Il y a sur ce premier album 8 chansons. Le deuxi\u00e8me album s\u2019intitule Cr\u00e2a, c\u2019est un regard sur la soci\u00e9t\u00e9 alg\u00e9rienne et en particulier la soci\u00e9t\u00e9 kabyle. Il y a 7 chansons et un sketch, o\u00f9 je raconte une histoire vraie, j\u2019ai g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 pour ensuite en tirer une morale. En fait, j\u2019y d\u00e9nonce la d\u00e9t\u00e9rioration des relations fraternelles o\u00f9 seul l\u2019argent fait la loi. Malheureusement \u00e0 notre \u00e9poque l\u2019honneur et la dignit\u00e9 sont monnayables. Ces deux albums ont re\u00e7u un accueil favorable et chaleureux par le public, que je remercie du fond du c\u0153ur car je n\u2019existe que par lui. J\u2019ai aussi cr\u00e9e un site internet afin de mieux communiquer avec mon public. On m\u2019\u00e9crit beaucoup et je r\u00e9ponds autant que je peux. Mon site a d\u00e9pass\u00e9 les 100 000 visites.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Avant la fin 2005, je l\u2019esp\u00e8re, je sortirai les deux autres albums, 16 chansons et un sketch. L\u2019un s\u2019intitule 30 ans apr\u00e8s, c\u2019est un clin d\u2019\u0153il \u00e0 la vie du po\u00e8te et \u00e0 l\u2019histoire de l\u2019Alg\u00e9rie. L\u2019autre album s\u2019intitule l\u2019aube des adieux, o\u00f9 se m\u00ealent l\u2019espoir et le d\u00e9sespoir, l\u2019optimisme et le pessimisme. C\u2019est le d\u00e9chirement int\u00e9rieur du po\u00e8te, c\u2019est aussi un regard sur la fin du XX\u00e8me si\u00e8cle.<br>Pour 2005\/2006, je pr\u00e9pare un hommage au regrett\u00e9 Matoub Lounes. Les albums qui suivront plus tard seront une plong\u00e9e \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de l\u2019\u00eatre \u00e0 travers les affres de l\u2019exil. Sinon \u00e0 Paris on s\u2019\u00e9puise chaque jour un peu plus. Je s\u00e8me des po\u00e8mes en essayant d\u2019imaginer des jeunes pousses. Mais dans le froid de Paris, rien ne germe. M\u00eame si mes po\u00e8mes naissent \u00e0 Paris, ils ne se sentent chez eux qu\u2019en Kabylie \u00bb, clame, haut et fort, Brahim Saci.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>La D\u00e9p\u00eache du 2 au 8 ao\u00fbt 2005.<\/strong><br><strong>Hebdomadaire d\u2019information g\u00e9n\u00e9rale.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><a href=\"http:\/\/img.over-blog-kiwi.com\/1\/72\/05\/02\/20150715\/ob_96757e_ph8.jpg\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/lh3.googleusercontent.com\/blogger_img_proxy\/ANbyha2UwEVOCfreOwAKWJRbnIM32hSP40NMScizH0t8Lpg_1H7IDvcOJaudwr7gFDY8i9vm79SMRbnpBotj5-lXX_851gpbPjJAZgRDUKxAOt4ps0uwFfKBYhZbeUnOObCLoOKN4kFFqZs=s0-d\" alt=\"Youcef Zirem \u00e0 la rencontre de Brahim Saci\"\/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><a href=\"http:\/\/img.over-blog-kiwi.com\/1\/72\/05\/02\/20150715\/ob_040a27_ph35.jpg\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/lh3.googleusercontent.com\/blogger_img_proxy\/ANbyha3cglv6pmoeRJoNxepbagBxFkJ9vw0utNmS-rsH_rPMExA8PXxNrqsAaTwhHQ_XzDIKkg3IiFgmjg5yYXzdYAMhztXe9M1mLCmq2GSlxNHZ5Ck8R3XMCX8moRycXzGztoo4GcmIHVb9=s0-d\" alt=\"Youcef Zirem \u00e0 la rencontre de Brahim Saci\"\/><\/a><\/figure>\n\n\n\n<p>___________________________________________<\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.sante-actuelle.com\/006_psl_obr_ecd_pxr\/?urlBdc=https:\/\/paiement-securise.biovancia.com\/PXR-202042311435120&amp;salescode=C_202012_VD_PXRBOGO136BCL_23_NAT_NOB_G&amp;ob_click_id=$ob_click_id$\" target=\"_BLANK\" rel=\"noreferrer noopener\"><\/a><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.sante-actuelle.com\/006_psl_obr_ecd_pxr\/?urlBdc=https:\/\/paiement-securise.biovancia.com\/PXR-202042311435120&amp;salescode=C_202012_VD_PXRBOGO136BCL_23_NAT_NOB_G&amp;ob_click_id=$ob_click_id$\" target=\"_BLANK\" rel=\"noreferrer noopener\"><\/a><\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u062d\u0648\u0627\u0631 \u0645\u0639 \u0627\u0644\u062c\u0627\u0645\u0639\u064a \u0628\u0631\u0627\u0647\u064a\u0645 \u0633\u0627\u0633\u064a :\u0627\u0644\u0645\u0646\u0641\u0649 \u2022\u2022 \u0644\u0639\u0646\u0629 \u0627\u0644\u0644\u0639\u0646\u0627\u062a \u0627\u0644\u0627\u062b\u0646\u064a\u0646, 15 \u0645\u0627\u0631\u0633 2010 &nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><\/h3>\n\n\n\n<p><strong>\u062d\u0648\u0627\u0631 \u0645\u0639 \u0627\u0644\u062c\u0627\u0645\u0639\u064a \u0628\u0631\u0627\u0647\u064a\u0645 \u0633\u0627\u0633\u064a :\u0627\u0644\u0645\u0646\u0641\u0649 \u2022\u2022 \u0644\u0639\u0646\u0629\u0627\u0644\u0644\u0639\u0646\u0627\u062a<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u0628\u0635\u0641\u062a\u0643 \u0634\u0627\u0639\u0631\u0627\u060c \u0645\u0637\u0631\u0628\u0627\u060c \u0623\u0633\u062a\u0627\u0630\u0627 \u062c\u0627\u0645\u0639\u064a\u0627\u060c \u0645\u0646\u0634\u0637\u0627 \u0644\u062d\u0635\u0635 \u062b\u0642\u0627\u0641\u064a\u0629 \u0628\u0628\u0627\u0631\u064a\u0633\u060c 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