{"id":1044,"date":"2026-02-08T14:32:29","date_gmt":"2026-02-08T13:32:29","guid":{"rendered":"https:\/\/www.brahimsaci.com\/?page_id=1044"},"modified":"2026-02-08T14:51:53","modified_gmt":"2026-02-08T13:51:53","slug":"analyse","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.brahimsaci.com\/?page_id=1044","title":{"rendered":"Analyse"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-table\"><table class=\"has-fixed-layout\"><tbody><tr><td><strong>Alg\u00e9rie<\/strong><\/td><\/tr><tr><td>L\u2019injustice et les p\u00e9ch\u00e9s<br>Ont bien fini par vous plaire<br>O\u00f9 est l\u2019espoir du pass\u00e9?<br>N\u2019aimez-vous pas la lumi\u00e8re? [&#8230;]<\/td><\/tr><\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<p>Le quatrain de cette chanson \u00e9crite en 1991 est un constat.<br>C\u2019est l\u2019\u00e9vocation du drame alg\u00e9rien dont le peuple paie le prix fort, celui de la vie. Le peuple alg\u00e9rien m\u00e8ne une v\u00e9ritable lutte pour la survie de sa culture, de son identit\u00e9 amazighe, pour la d\u00e9mocratie et la libert\u00e9, mais aussi et surtout pour un avenir meilleur.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table class=\"has-fixed-layout\"><tbody><tr><td>M\u00eame les oiseaux migrateurs<br>Reviennent toujours vers leurs nids<br>Que devient le voyageur?<br>Quand il est loin de chez lui. [&#8230;]<\/td><\/tr><\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<p>Th\u00e8me cher \u00e0 Brahim Saci, l\u2019exil qui s\u2019impose comme in\u00e9luctable, mais avec un espoir de retour. Brahim Saci pose une question et attend des r\u00e9ponses. Normalement, qui dit voyage sous-entend un retour. Le po\u00e8te regrette que les \u00e9migr\u00e9s ne soient pas comme les oiseaux migrateurs. La m\u00e9taphore \u00a0\u00bb oiseaux migrateurs \u00a0\u00bb nous montre que cet exil n\u2019est support\u00e9 que pour mieux revenir \u00e0 ses origines. En effet, les hommes tels les oiseaux migrateurs partent pour pouvoir vivre mieux et reviennent une fois que ce qui \u00e9tait recherch\u00e9 est atteint. Brahim Saci regrette cette \u00e9poque o\u00f9 l\u2019homme partait pour revenir vers ses racines.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table class=\"has-fixed-layout\"><tbody><tr><td>J\u2019ai vu bien des pays<br>Mais nul n\u2019\u00e9gale ta beaut\u00e9<br>O soleil de l\u2019Alg\u00e9rie!<br>L\u00e8ve-toi, \u00f4 libert\u00e9! [&#8230;]<\/td><\/tr><\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<p>La r\u00e9p\u00e9tition de l\u2019interjection litt\u00e9raire \u00a0\u00bb \u00f4 \u00a0\u00bb dans ce quatrain marque l\u2019intensit\u00e9 de l\u2019\u00e9motion et de l\u2019esp\u00e9rance que suscite l\u2019Alg\u00e9rie. Lou\u00e9e pour sa beaut\u00e9 et l\u2019espoir d\u2019y retrouver un jour la libert\u00e9. Souffrance et nostalgie de l\u2019\u00e9loignement, id\u00e9alisation du pays natal.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table class=\"has-fixed-layout\"><tbody><tr><td>M\u00eame le soleil dans le ciel<br>Se couche quand arrive le soir<br>M\u00eame la pluie et la gr\u00eale<br>N\u2019effaceront pas la m\u00e9moire. [&#8230;]<\/td><\/tr><\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<p>On ne peut lutter contre le destin. La v\u00e9rit\u00e9 finit toujours par surgir m\u00eame au prix de lourds sacrifices. Il y a dans ce quatrain \u00e9vocation de plusieurs \u00e9l\u00e9ments qui composent le temps, \u00a0\u00bb la pluie, la gr\u00eale, le soleil \u00ab\u00a0, et m\u00eame si l\u2019obscurit\u00e9 finit par vaincre la lumi\u00e8re et que les \u00e9l\u00e9ments se d\u00e9cha\u00eenent contre la libert\u00e9, ici \u00e0 fin d\u2019effacer la M\u00e9moire et l\u2019identit\u00e9 amazighe, l\u2019espoir reste plus fort.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table class=\"has-fixed-layout\"><tbody><tr><td>J\u2019ai peur pour ceux qui oublient<br>Et veulent changer de visage<br>Si l\u2019argent change leurs vies<br>C\u2019est avec qu\u2019ils font naufrage. [&#8230;]<\/td><\/tr><\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<p>On ne peut pas changer qui l\u2019on est ni d\u2019o\u00f9 l\u2019on vient,quels que soient les moyens. Le d\u00e9racinement guette, on finit par en payer le prix. L\u2019argent et le mat\u00e9rialisme peuvent corrompre et tout d\u00e9truire, et par l\u00e0-m\u00eame amener \u00e0 la d\u00e9route et plonger le monde dans les t\u00e9n\u00e8bres. Le naufrage est la fin de tout, on sombre. Brahim Saci a peur, il sait que le temps et l\u2019oubli sont des ennemis redoutables. Il sait qu\u2019il n\u2019est qu\u2019un observateur, qu\u2019il ne peut que constater et qu\u2019il ne peut rien y faire, \u00e0 part d\u00e9noncer. Comme chez Baudelaire le temps est vu comme un ennemi contre lequel le po\u00e8te est impuissant.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table class=\"has-fixed-layout\"><tbody><tr><td><strong>Le d\u00e9clin des jours<\/strong><\/td><\/tr><tr><td>Abandonn\u00e9 sur les chemins de l\u2019exil<br>Seul dans la triste ville<br>D\u00e9j\u00e0 trente ans et je n\u2019ai point d\u2019abri.<br><br>Loin de chez soi rien n\u2019est facile<br>S\u2019\u00e9gare l\u2019existence fragile<br>Et ma jeunesse s\u2019\u00e9teint dans Paris [&#8230;]<\/td><\/tr><\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<p>Si le po\u00e8te aspire \u00e0 l\u2019universalit\u00e9, il a en m\u00eame temps l\u2019impression d\u2019\u00eatre de nulle part. L\u2019exil int\u00e9rieur du po\u00e8te est une mani\u00e8re de se fuir soi-m\u00eame, mais cette fuite l\u00e0 semble impossible. L\u2019\u00e2me du po\u00e8te est en exil en permanence. Ce th\u00e8me r\u00e9current chez Brahim Saci l\u2019est aussi chez Charles Baudelaire. Quels que soient ses origines et le lieu o\u00f9 il vit, le po\u00e8te est un \u00e9corch\u00e9 vif, qui voit passer le temps et le subit, d\u2019o\u00f9 la corr\u00e9lation entre le terme \u00a0\u00bb exil \u00a0\u00bb et le terme \u00a0\u00bb point d\u2019abri \u00ab\u00a0. En plus d\u2019\u00eatre exil\u00e9 de par sa nature de po\u00e8te, Brahim Saci l\u2019est aussi car il vit loin du pays qui l\u2019a vu na\u00eetre, ce qui rend sa vie encore moins \u00a0\u00bb facile \u00a0\u00bb et \u00a0\u00bb fragile \u00ab\u00a0. Il fait allusion \u00e0 la temporalit\u00e9 des choses, il assiste impuissant \u00e0 la jeunesse qui \u00a0\u00bb s\u2019\u00e9teint \u00ab\u00a0, avec elle part la lumi\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table class=\"has-fixed-layout\"><tbody><tr><td>Trente ann\u00e9es s\u2019\u00e9coulent d\u00e9j\u00e0<br>Je suis comme ces feuilles d\u2019Automne<br>Le vent souffle derri\u00e8re mes pas<br>Devant c\u2019est l\u2019orage qui tonne. [&#8230;]<\/td><\/tr><\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<p>L\u2019Automne est une saison qui succ\u00e8de \u00e0 l\u2019\u00e9t\u00e9 et pr\u00e9c\u00e8de l\u2019hiver, caract\u00e9ris\u00e9e par le d\u00e9clin des jours, la chute des feuilles, saison du spleen, saison des po\u00e8tes, th\u00e8me cher \u00e0 Baudelaire. Comme la mort nul ne peut \u00e9chapper \u00e0 la m\u00e9lancolie, aux angoisses de l\u2019existence. Brahim Saci \u00e9voque sa solitude dans la ville et ses foules et le choc du d\u00e9racinement. L\u2019Automne est le symbole du passage d\u2019un monde \u00e0 un autre, on pourrait presque dire de la vie \u00e0 la mort. L\u2019\u00e2me du po\u00e8te est en errance entre le monde r\u00e9el et le monde imaginaire, comme un observateur hors du temps, t\u00e9moin privil\u00e9gi\u00e9 de ce qui guette l\u2019humanit\u00e9 et de ce qu\u2019elle ne soup\u00e7onne pas. Le vent souffle et menace d\u2019effacer les traces du po\u00e8te. C\u2019est aussi une allusion \u00e0 son identit\u00e9 amazighe qui lutte pour sa survie, l\u2019avenir s\u2019annonce orageux, non sans sacrifice. Dans ce quatrain nous avons des \u00e9l\u00e9ments annonciateurs d\u2019une temp\u00eate, \u00a0\u00bb vent \u00ab\u00a0, \u00a0\u00bb orage \u00ab\u00a0.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table class=\"has-fixed-layout\"><tbody><tr><td>Et moi qui marche haletant<br>Tant le feu d\u00e9vore mon \u00e2me<br>Comme celui qui s\u00e8me le vent<br>Un vent qui attise mes flammes. [&#8230;]<\/td><\/tr><\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<p>Le fardeau de l\u2019existence est lourd \u00e0 porter. Le \u00a0\u00bb feu \u00a0\u00bb \u00e9voqu\u00e9 ici pourrait \u00eatre comme un feu int\u00e9rieur qui d\u00e9vorerait tout sur son passage. Le feu est aussi un symbole de purification et de cr\u00e9ation. C\u2019est lui qui permet \u00e0 Brahim Saci de rester pur pour pouvoir voir et comprendre les choses, mais c\u2019est surtout le feu int\u00e9rieur qui le consume qui le pousse \u00e0 la cr\u00e9ation. Il alimente d\u2019ailleurs lui-m\u00eame ce feu int\u00e9rieur en cultivant la souffrance qui est souvent \u00e0 la base de toute cr\u00e9ation artistique. Le feu est bien une force cr\u00e9atrice pour le po\u00e8te, tout comme il le fut pour Apollinaire (1880-1918) et Baudelaire.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table class=\"has-fixed-layout\"><tbody><tr><td>Le triste exil qui nous guette<br>Il nous gifle il nous opprime<br>Je ne chante pas pour la f\u00eate<br>C\u2019est du feu que naissent mes rimes. [&#8230;]<\/td><\/tr><\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<p>Ici il ne s\u2019agit plus d\u2019exil int\u00e9rieur, Brahim Saci fait allusion au drame alg\u00e9rien. Celui-ci semble ne laisser entrevoir qu\u2019une porte vers un \u00a0\u00bb triste exil \u00ab\u00a0. Mais fuir la terreur pour retrouver loin de chez soi l\u2019humiliation est une autre forme d\u2019oppression. Les divertissements sont sans effet sur le po\u00e8te. Brahim Saci sait que la po\u00e9sie est l\u2019une des r\u00e9ponses \u00e0 la vie, entre esp\u00e9rance et d\u00e9sespoir. Nous avons encore ici \u00e9voqu\u00e9 le feu destructeur qui devient purificateur et cr\u00e9ateur. Les rimes naissent du feu.<br>Fran\u00e7ois Villon (1431-1463) \u00e9crivait: \u00a0\u00bb Au retour de dures prisons o\u00f9 j\u2019ai laiss\u00e9 presque la vie. \u00ab\u00a0<br>Paul Eluard (1895-1952) \u00e9crivait: \u00a0\u00bb J\u2019aurais bient\u00f4t perdu mon apparence, je suis en terre au lieu d\u2019\u00eatre sur terre, mon coeur g\u00e2ch\u00e9 vole avec la poussi\u00e8re. \u00ab\u00a0<br>Voltaire (1694-1778) \u00e9crivait: \u00a0\u00bb Si l\u2019homme a des tyrans, il les doit d\u00e9tr\u00f4ner. \u00ab\u00a0<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table class=\"has-fixed-layout\"><tbody><tr><td>Le printemps m\u2019a d\u00e9laiss\u00e9<br>Ca y est les feuilles sont tomb\u00e9es<br>O course folle des ann\u00e9es!<br>Ca y est les fleurs sont fan\u00e9es. [&#8230;]<\/td><\/tr><\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<p>La jeunesse s\u2019en est all\u00e9e, le symbolisme de l\u2019Automne est ici une fa\u00e7on d\u2019\u00e9voquer la mort. La vie prendrait-elle fin lorsque la jeunesse s\u2019en va ? Il y a l\u00e0 une vision pessimiste de la vie, on devine la trag\u00e9die de l\u2019existence avec la fuite du temps.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table class=\"has-fixed-layout\"><tbody><tr><td>O mes r\u00eaves vastes ab\u00eemes!<br>O r\u00eaves qu\u2019on ne peut saisir!<br>Fugitive jeunesse sublime<br>Saison qu\u2019on ne peut tenir. [&#8230;]<\/td><\/tr><\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<p>Le d\u00e9sespoir guette ici le po\u00e8te et il le plonge dans le n\u00e9ant. Il semblerait m\u00eame que les r\u00eaves ne soient li\u00e9s qu\u2019\u00e0 la jeunesse. On pourrait \u00e9tablir un parall\u00e9lisme entre \u00a0\u00bb les r\u00eaves \u00a0\u00bb et \u00a0\u00bb la jeunesse \u00ab\u00a0, en effet, tous deux sont insaisissables et on passe notre vie \u00e0 les poursuivre et \u00e0 tenter de les rattraper sans y parvenir. La jeunesse ne serait-elle qu\u2019un r\u00eave?<br>\u00a0\u00bb Les vrais paradis sont les paradis qu\u2019on a perdus \u00a0\u00bb \u00e9crira Marcel Proust (1871-1922).<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table class=\"has-fixed-layout\"><tbody><tr><td><strong>La d\u00e9sillusion<\/strong><\/td><\/tr><tr><td>Mon esprit veut s\u2019envoler<br>Mais mon coeur est prisonnier<br>M\u00eame si je ris quelques fois.<br><br>Certains qui m\u2019\u00e9coutent chanter<br>Des fois se plaisent \u00e0 danser<br>Oublient le son de ma voix. [&#8230;]<\/td><\/tr><\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<p>Quand le po\u00e8te chante, sa m\u00e9lancolie s\u2019exprime \u00e0 travers ses textes et la m\u00e9lodie. Seuls les \u00eatres \u00e0 la sensibilit\u00e9 profonde le comprennent. Seul dans la ville et parmi les gens, le po\u00e8te, est un incompris que le d\u00e9sespoir envahit. Le poids des souffrances n\u00e9cessaires \u00e0 la cr\u00e9ativit\u00e9 du po\u00e8te lui p\u00e8se car il per\u00e7oit trop bien la r\u00e9alit\u00e9. T\u00e9moin privil\u00e9gi\u00e9 de l\u2019\u00e9poque, du temps qui passe inexorablement, le po\u00e8te voit mieux que quiconque la mort et la jeunesse emport\u00e9e. Ainsi il cherche \u00e0 s\u2019\u00e9vader au travers des mots qu\u2019il \u00e9crit, mais en vain car m\u00eame si la joie et l\u2019espoir sont pr\u00e9sents, c\u2019est bien souvent le d\u00e9sespoir et la souffrance qui l\u2019emportent. L\u2019emploi de mots comme \u00a0\u00bb danser \u00a0\u00bb ou \u00a0\u00bb ris \u00a0\u00bb l\u2019est dans une nuance telle qu&rsquo;il marque bien le contraste avec les sentiments profonds du po\u00e8te qui est en ce bas-monde pour rappeler \u00e0 l\u2019humanit\u00e9 que tout n\u2019est pas joie et bonheur. Prisonnier de ses sentiments, le po\u00e8te n\u2019en oublie pas moins la gaiet\u00e9 qu\u2019il peut apporter au monde. Cependant, il nous d\u00e9montre que rien n\u2019est plus fort que les mots et la voix, sauf pour ceux qui ne savent pas \u00e9couter.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table class=\"has-fixed-layout\"><tbody><tr><td>Apr\u00e8s l\u2019Universit\u00e9<br>Comme l\u2019enfant qui croit gagner<br>Je me retrouve parmi les loups.<br><br>Le vent commence \u00e0 souffler<br>Et moi je suis emport\u00e9<br>Je me retrouve je ne sais o\u00f9. [&#8230;]<\/td><\/tr><\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<p>La V\u00e9rit\u00e9 est bafou\u00e9e, et le po\u00e8te nous fait bien comprendre que l\u2019\u00e9poque a choisi le mensonge. C\u2019est peut-\u00eatre pour lui le pire des vices car il fait perdre la raison. Le mensonge ne peut mener qu\u2019au mensonge et cette lutte pour la v\u00e9rit\u00e9 ne peut se faire sans peine et sans souffrance. Les gens \u00e9pris de libert\u00e9 et de v\u00e9rit\u00e9 se retrouvent souvent mis au ban de la soci\u00e9t\u00e9. Malgr\u00e9 des \u00e9tudes universitaires, une intelligence certaine et la quasi-certitude de pouvoir se sortir des pi\u00e8ges de la vie, Brahim Saci r\u00e9alise \u00e0 quel point les hommes peuvent \u00eatre pervers et cruels dans leurs comportements qu\u2019il qualifie m\u00eame de bestiaux, \u00a0\u00bb loups \u00ab\u00a0. Le loup est un pr\u00e9dateur qui chasse en meute, il faut faire partie de la meute si l\u2019on veut s\u2019en sortir. Le ciel du po\u00e8te se couvre et le vent se l\u00e8ve, entra\u00een\u00e9 par la puissance des \u00e9l\u00e9ments, Brahim Saci m\u00eame s\u2019il ne sait o\u00f9 tout cela va le mener ne peut que subir son destin. Le po\u00e8te constate que la grandeur devient un obstacle, la noblesse de l\u2019esprit tombe en d\u00e9rision. Inaptitude du po\u00e8te \u00e0 se mouvoir dans ce bas-monde. Brahim Saci exprime un mal m\u00e9taphysique qui touche \u00e0 la condition humaine. Si Mohand ou Mhand (1848-1906), Slimane Azem, Dosto\u00efevski (1821-1881), Camus (1913-1960), Sartre (1905-1980), Steinbeck (1902-1968), Fitzgerald (1896-1940) nous ont apport\u00e9 leur vision d\u2019une humanit\u00e9 tourment\u00e9e dans un monde absurde.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table class=\"has-fixed-layout\"><tbody><tr><td>Comme le vagabond des rues<br>Qui arpente les avenues<br>On s\u2019\u00e9carte \u00e0 son passage.<br><br>Moi, comme un enfant perdu<br>Toutes les rivi\u00e8res en crues<br>M\u2019emportent dans leurs sillages. [&#8230;]<\/td><\/tr><\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<p>Le po\u00e8te est avant tout un boh\u00e8me, puisqu\u2019incompris. On a dans ces tercets le sentiment que le po\u00e8te est fui par ses contemporains. Il est bien connu que ce qu\u2019on ne comprend pas fait peur et que les gens fuient le po\u00e8te comme le plus grand de tous les maux. Malgr\u00e9 son besoin de solitude parmi les foules, le po\u00e8te se retrouve d\u00e9sempar\u00e9 face \u00e0 cette situation. Ainsi il est comme un enfant perdu, d\u00e9racin\u00e9, qui ne peut \u00e9chapper \u00e0 son destin. M\u00eame les \u00e9l\u00e9ments de la nature se d\u00e9cha\u00eenent contre lui. L\u2019eau symbole de puret\u00e9 est ici d\u00e9natur\u00e9e, en effet, \u00a0\u00bb les rivi\u00e8res en crues \u00a0\u00bb am\u00e8nent une eau qui n\u2019est plus ni limpide ni claire mais au contraire boueuse. Si celle-ci est devenue comme cela c\u2019est par la faute du mensonge et de l\u2019intol\u00e9rance, ennemis de toute transparence et puret\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table class=\"has-fixed-layout\"><tbody><tr><td>Seuls les souvenirs nous blessent<br>Toutes les blessures de jeunesse<br>Celles qu\u2019on ne peut oublier.<br><br>La vie passe et nous d\u00e9laisse<br>Dans les regrets elle nous laisse<br>Et les souffrances du pass\u00e9. [&#8230;]<\/td><\/tr><\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<p>Le po\u00e8te est impuissant devant le temps qui passe. Il sait qu\u2019il ne peut se d\u00e9tacher de ce pass\u00e9 qui le fait souffrir. Le po\u00e8te erre dans les m\u00e9andres des souvenirs de jeunesse, l\u2019apaisement est rare. Il y a comme une volont\u00e9 de vouloir oublier. Mais les souvenirs s\u2019\u00e9loignent pour nous abandonner dans les regrets. Le po\u00e8te est comme un captif enferm\u00e9 dans cette fatalit\u00e9 inexorable d\u2019o\u00f9 l\u2019on ne peut s\u2019\u00e9chapper. Mais l\u2019oubli semble impossible. On sent le d\u00e9sespoir du po\u00e8te devant une r\u00e9alit\u00e9 qui le laisse passif, pour lui rien n\u2019est plus dur \u00e0 supporter que les souvenirs qui nous apportent les regrets.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table class=\"has-fixed-layout\"><tbody><tr><td>En nous se trouve la souffrance<br>Et \u00e0 chacun sa pitance<br>Personne n\u2019est \u00e9pargn\u00e9.<br><br>A chacun sa providence<br>Moi c\u2019est la part de l\u2019errance<br>Qui m\u2019est s\u00fbrement destin\u00e9e. [&#8230;]<\/td><\/tr><\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<p>Rien ne peut soulager la douleur du po\u00e8te puisque la souffrance se trouve en l\u2019homme, c\u2019est sa destin\u00e9e. On sent la lassitude, le d\u00e9sarroi du po\u00e8te. Comme si l\u2019homme se nourrissait de souffrances \u00a0\u00bb \u00e0 chacun sa pitance \u00ab\u00a0. Le po\u00e8te puisqu\u2019incompris est condamn\u00e9 \u00e0 \u00a0\u00bb l\u2019errance \u00ab\u00a0. Il y a comme une r\u00e9signation de la part du po\u00e8te. Mais Brahim Saci sait<br>que l\u2019errance lui permet d\u2019aborder des rives lointaines qui favorisent la cr\u00e9ation po\u00e9tique. Mais en m\u00eame temps Brahim Saci est boulevers\u00e9 car il n\u2019a pas prise sur les \u00e9v\u00e9nements. Il ne peut rien y changer puisque c\u2019est le destin qui semble mener le jeu. Brahim Saci est tr\u00e8s pr\u00e9sent dans ce po\u00e8me, comme dans tous ses po\u00e8mes, o\u00f9 s\u2019exprime son exp\u00e9rience personnelle qui t\u00e9moigne des joies et souffrances de l\u2019existence. Le po\u00e8te est sensible au caract\u00e8re transitoire de la vie, \u00e0 la fuite in\u00e9luctable du temps.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table class=\"has-fixed-layout\"><tbody><tr><td><strong>Joies am\u00e8res<\/strong><\/td><\/tr><tr><td>J\u2019aime la joie comme tout le monde<br>Mais les plaisirs me viennent amers<br>Dans mon coeur l\u2019orage gronde<br>Mon esprit vogue sur les mers. [&#8230;]<\/td><\/tr><\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<p>Bien qu\u2019il appr\u00e9cie le monde pour ce qu\u2019il peut apporter de joies, le po\u00e8te ne peut ressentir que de la m\u00e9lancolie face \u00e0 ce m\u00eame monde car il en per\u00e7oit tous les myst\u00e8res. Il sait bien qu\u2019\u00e0 chaque m\u00e9daille son revers et que ces joies sont fatalement accompagn\u00e9es de souffrances qui \u00e9pargnent encore moins le po\u00e8te puisque c\u2019est d\u2019elles qu\u2019il puise sa cr\u00e9ativit\u00e9. La qu\u00eate de l\u2019absolu rend l\u2019existence difficile \u00e0 vivre, le rem\u00e8de du divertissement est sans effet sur le po\u00e8te, \u00a0\u00bb les plaisirs amers \u00ab\u00a0. C\u2019est l\u2019ennui philosophique de Pascal (1623-1662) et de Baudelaire devant la fuite du temps. Le po\u00e8te s\u2019expose aux d\u00e9ceptions et aux \u00e9checs ce qui l\u2019am\u00e8ne \u00e0 prendre l\u2019existence en d\u00e9go\u00fbt. Dans ce monde illusoire le po\u00e8te aspire \u00e0 un monde meilleur, ainsi l\u2019esprit s\u2019\u00e9vade, il y a une invitation au voyage, mais l\u2019orage qui gronde annonce la temp\u00eate, ce qui rend le voyage p\u00e9rilleux.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table class=\"has-fixed-layout\"><tbody><tr><td>C\u2019est les blessures des ann\u00e9es<br>Qui me laissent seul dans la nuit<br>Je passe ma vie \u00e0 errer<br>Dans Paris sous la pluie. [&#8230;]<\/td><\/tr><\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<p>Paris, ville ch\u00e8re \u00e0 Brahim Saci, comme elle le fut pour Baudelaire et Apollinaire. Brahim Saci \u00e9voque sa solitude dans la ville. La nuit est le royaume du po\u00e8te, c\u2019est le refuge des \u00e2mes perdues.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table class=\"has-fixed-layout\"><tbody><tr><td>Mes r\u00eaves br\u00fblent dans Paris<br>Battus par l\u2019\u00e9pais brouillard<br>Mon ciel est toujours gris<br>Voyez le soleil est rare! [&#8230;]<\/td><\/tr><\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<p>Le ciel de Brahim Saci est un peu comme celui de Paris, gris, couvert et orageux, mais le mauvais temps n\u2019emp\u00eache pas les r\u00eaves de br\u00fbler. On a l\u2019impression que le ciel de Brahim Saci est li\u00e9 \u00e0 celui de la ville, \u00a0\u00bb le soleil est rare \u00ab\u00a0. Il prend les gens \u00e0 t\u00e9moin comme par d\u00e9tresse, \u00a0\u00bb voyez \u00ab\u00a0.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table class=\"has-fixed-layout\"><tbody><tr><td>L\u2019exil me laisse sans abri<br>En proie aux quatre vents<br>Dans Paris s\u2019\u00e9l\u00e8vent mes cris<br>Courb\u00e9 sous le poids des ans. [&#8230;]<\/td><\/tr><\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<p>Le temps se d\u00e9cha\u00eene \u00e0 pr\u00e9sent sur le po\u00e8te, et son exil int\u00e9rieur le laisse sans rep\u00e8re. Les appels sont couverts par \u00a0\u00bb les quatre vents \u00ab\u00a0. En toutes saisons les cris de Brahim Saci demeurent sans \u00e9cho.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table class=\"has-fixed-layout\"><tbody><tr><td>Personne ne peut fuir ses peines<br>Une part nous attend un jour<br>A sa guise le destin nous m\u00e8ne<br>Nous aurons tous notre tour. [&#8230;]<\/td><\/tr><\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<p>Brahim Saci a une vision fataliste de la vie. Mais si nous subissons les souffrances, il sait tr\u00e8s bien qu\u2019apr\u00e8s l\u2019orage vient toujours le beau temps, arrive toujours un jour meilleur, m\u00eame si nous ne sommes pas ma\u00eetres de notre destin.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table class=\"has-fixed-layout\"><tbody><tr><td><strong>La Colombe<\/strong><\/td><\/tr><tr><td>Une colombe s\u2019est envol\u00e9e<br>Avec elle mes espoirs<br>Et la nuit vient de tomber<br>Je m\u2019exile seul dans le noir. [&#8230;]<\/td><\/tr><\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<p>La colombe repr\u00e9sente plusieurs symboles. Tour \u00e0 tour embl\u00e8me de la douceur, de la puret\u00e9 et de la paix, la colombe de ce quatrain pourrait tout aussi bien symboliser un amour perdu ou la libert\u00e9. Quoi qu\u2019il en soit, elle semble s\u2019apparenter \u00e0 la lumi\u00e8re et \u00e0 l\u2019espoir. En effet, avec elle s\u2019en vont \u00e0 la fois les espoirs et le soleil, et son d\u00e9part provoque chez le po\u00e8te l\u2019apparition des t\u00e9n\u00e8bres ( \u00a0\u00bb noir \u00ab\u00a0), le poussant \u00e0 un exil int\u00e9rieur comme si elle repr\u00e9sentait une source de vie et une force cr\u00e9atrice.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table class=\"has-fixed-layout\"><tbody><tr><td>Tu t\u2019amuses \u00e0 me narguer<br>O colombe capricieuse!<br>Tu sais que mes ailes sont mouill\u00e9es<br>Mes pens\u00e9es sont t\u00e9n\u00e9breuses. [&#8230;]<\/td><\/tr><\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<p>Brahim Saci tutoie la colombe, elle semble proche et pourtant si lointaine. La colombe qui symbolise ici la libert\u00e9 se joue du po\u00e8te qui reste impuissant. Il semble qu\u2019il soit retenu prisonnier par un \u00e9l\u00e9ment int\u00e9rieur, des entraves invisibles, peut-\u00eatre par ses souffrances internes. Cette situation d\u00e9sesp\u00e8re le po\u00e8te puisqu\u2019il ne peut voler \u00a0\u00bb mes ailes sont mouill\u00e9es \u00ab\u00a0, le d\u00e9sespoir le plonge dans les t\u00e9n\u00e8bres.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table class=\"has-fixed-layout\"><tbody><tr><td>Les soucis qui creusent mon \u00e2me<br>Obscurcissent mes pens\u00e9es<br>Les nuits cruelles m\u2019enflamment<br>Et je peine \u00e0 respirer. [&#8230;]<\/td><\/tr><\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<p>Comme une petite mort, le sentiment de privation de libert\u00e9 semble \u00e9touffer le po\u00e8te peu \u00e0 peu. Son esprit ne conna\u00eet aucun repos. Comme si le poids de l\u2019existence l\u2019emp\u00eachait de respirer. Le feu cr\u00e9ateur devient ici destructeur.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table class=\"has-fixed-layout\"><tbody><tr><td>O colombe tu t\u2019amuses!<br>Tu voles dans la libert\u00e9<br>M\u00eame si tu planes tu ruses<br>Gare aux vents qui peuvent souffler! [&#8230;]<\/td><\/tr><\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<p>Le po\u00e8te prend ce qui lui arrive pour la fatalit\u00e9 et le destin, mais il sait que les situations peuvent changer. Ainsi il met en garde la colombe qui dans son insouciance ne voit pas les dangers qui la guettent, \u00a0\u00bb gare aux vents \u00ab\u00a0.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table class=\"has-fixed-layout\"><tbody><tr><td>Si l\u2019esp\u00e9rance est partie<br>Le soleil se l\u00e8vera bien<br>Quand bien m\u00eame tombe la nuit<br>Il y aura toujours un matin. [&#8230;]<\/td><\/tr><\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<p>Brahim Saci ach\u00e8ve tout de m\u00eame son po\u00e8me sur une note d\u2019espoir marqu\u00e9e par l\u2019opposition du jour et de la nuit, et le triomphe du soleil sur les t\u00e9n\u00e8bres. M\u00eame si le d\u00e9sespoir est pr\u00e9sent, un jour nouveau est toujours une lueur d\u2019espoir, \u00a0\u00bb il y aura toujours un matin \u00ab\u00a0.<br>Dans le cinqui\u00e8me album (1997), L\u2019Aube des adieux , nous sommes d\u00e8s le d\u00e9part interpell\u00e9s par le titre, \u00a0\u00bb l\u2019aube \u00a0\u00bb s\u2019oppose \u00e0 \u00a0\u00bb adieux \u00ab\u00a0. L\u2019aube c\u2019est la premi\u00e8re lueur du soleil levant qui commence \u00e0 blanchir \u00e0 l\u2019horizon, l\u2019aube pr\u00e9c\u00e8de l\u2019aurore. L\u2019adieu est une fin, s\u2019oppose \u00e0 au revoir, c\u2019est un d\u00e9sespoir, c\u2019est la nuit. Mais malgr\u00e9 tout, demeure l\u2019espoir car apr\u00e8s la nuit revient l\u2019aube. C\u2019est aussi le d\u00e9chirement int\u00e9rieur du po\u00e8te face \u00e0 une r\u00e9alit\u00e9 \u00e9touffante.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table class=\"has-fixed-layout\"><tbody><tr><td><strong>Les regrets<\/strong><\/td><\/tr><tr><td>Je ne suis que l\u2019onde qui passe<br>On peut y voir son reflet<br>Mais mon esp\u00e9rance est lasse<br>Elle a bu trop de regrets. [&#8230;]<\/td><\/tr><\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<p>C\u2019est un po\u00e8me intemporel qui repr\u00e9sente assez bien Brahim Saci. Nous sommes ici confront\u00e9s \u00e0 un \u00e9l\u00e9ment terrestre au travers de l\u2019onde. L\u2019eau est un \u00e9l\u00e9ment de puret\u00e9 gr\u00e2ce auquel comme un miroir on peut voir son propre reflet, c\u2019est le reflet de la v\u00e9rit\u00e9 pour celui qui sait regarder. Dans ce quatrain on ressent tr\u00e8s bien la lassitude et l\u2019impuissance du po\u00e8te face au temps qui passe inexorablement et qui nous apporte son lot de joies et de souffrances. Selon Brahim Saci, nous portons la V\u00e9rit\u00e9 en nous, mais il faut un coeur pur comme celui du po\u00e8te pour la voir et la comprendre car elle prend parfois des chemins d\u00e9tourn\u00e9s pour parvenir jusqu\u2019\u00e0 nous. La V\u00e9rit\u00e9 est le miroir de l\u2019\u00e2me. En communion avec la nature, le po\u00e8te peut la comprendre et communiquer avec elle au travers de son art. En proie aux t\u00e9n\u00e8bres, Brahim Saci cherche en vain le soleil. Comme le mensonge fait autorit\u00e9, il sait que les t\u00e9n\u00e8bres ne peuvent que r\u00e9gner pour l\u2019instant.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table class=\"has-fixed-layout\"><tbody><tr><td>Mes r\u00eaves restent sur les routes<br>L\u00e0 o\u00f9 se perdent mes pas<br>La nuit les \u00e9toiles m\u2019\u00e9coutent<br>Le soleil ne m\u2019entend pas. [&#8230;]<\/td><\/tr><\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<p>On constate une perte de rep\u00e8res temporels avec l\u2019opposition entre la nuit, les \u00e9toiles et le soleil. Le po\u00e8te a sem\u00e9 sur son chemin des petits bouts de lui-m\u00eame comme pour laisser une trace de son passage. Mais tout cela au fond lui est \u00e9gal car son \u00e2me de po\u00e8te survivra \u00e0 tout. Etre privil\u00e9gi\u00e9 entre tous, le po\u00e8te jette sur le monde avec lequel il vit un regard profond. Cette qu\u00eate du cr\u00e9ateur \u00e0 la recherche de son \u00eatre propre d\u00e9bouche sur l\u2019investigation de zones inconnues et fabuleuses du v\u00e9ritable moi. Ce th\u00e8me se retrouve chez des po\u00e8tes comme Rimbaud, Apollinaire, Si Mohand ou Mhand et Slimane Azem.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table class=\"has-fixed-layout\"><tbody><tr><td>Que deviennent ces fleurs des champs?<br>Que je cueillais dans ma jeunesse<br>Moi j\u2019aime toujours le printemps<br>C\u2019est le temps qui nous d\u00e9laisse. [&#8230;]<\/td><\/tr><\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<p>Nous avons encore ici \u00e9voqu\u00e9 le th\u00e8me de la fuite du temps, th\u00e8me fr\u00e9quent dans la po\u00e9sie.<\/p>\n\n\n\n<p>Alphonse de Lamartine (1790-1869) \u00e9crivait :<br>\u00a0\u00bb O temps! suspends ton vol; et vous, heures propices !<br>Suspendez votre cours :<br>Laissez-nous savourer les rapides d\u00e9lices<br>Des plus beaux de nos jours !<br>L\u2019homme n\u2019a point de port, le temps n\u2019a point de rive;<br>Il coule, et nous passons! \u00ab\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>Alfred de Musset (1810-1857) \u00e9crivait :<br>\u00a0\u00bb Le temps emporte sur son aile<br>Et le printemps et l\u2019hirondelle,<br>Et la vie et les jours perdus ;<br>Tout s\u2019en va comme la fum\u00e9e,<br>L\u2019esp\u00e9rance et la renomm\u00e9e. \u00ab\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>Il y a dans le quatrain de Brahim Saci l\u2019expression d\u2019une profonde m\u00e9lancolie, de regrets et de nostalgie. Les amours pass\u00e9s sont \u00e9voqu\u00e9s avec nostalgie, avec un caract\u00e8re d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9. L\u2019interrogation se fait sur un ton de regret, il y a une envie de retrouver un souvenir, une jeunesse perdue, tout en sachant que dans la course du temps on ne peut pas revenir en arri\u00e8re. La lassitude du po\u00e8te devant le temps qui passe est tr\u00e8s bien exprim\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table class=\"has-fixed-layout\"><tbody><tr><td>O je r\u00eave de m\u2019\u00e9vader!<br>Te retrouver \u00f4 jeunesse!<br>Alors vers d\u2019autres ports j\u2019irais<br>Pour que mes \u00e9toiles renaissent. [&#8230;]<\/td><\/tr><\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<p>Espoir de retrouver le pass\u00e9 et de s\u2019\u00e9vader vers d\u2019autres horizons lointains et peut-\u00eatre meilleurs. Mais tout cela est impossible au po\u00e8te qui a besoin de vivre sa solitude dans la ville pour que son feu cr\u00e9ateur renaisse \u00e0 chaque fois de ses cendres. C\u2019est la nuit que le po\u00e8te vit car il \u00e9coute la ville et les \u00e9toiles, il est en communion avec la nature et son d\u00e9sir d\u2019\u00e9vasion est imaginaire car le po\u00e8te doit vivre tel qu\u2019il vit pour comprendre le monde et le faire comprendre aux autres.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table class=\"has-fixed-layout\"><tbody><tr><td>Si je reste parmi vous<br>Je br\u00fblerai \u00e0 petit feu<br>Vous \u00eates presque tous des loups<br>Vous noircissez vous a\u00efeux. [&#8230;]<\/td><\/tr><\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<p>Dans ce quatrain Brahim Saci \u00e9voque l\u2019Alg\u00e9rie, son pays natal. C\u2019est toujours avec nostalgie qu\u2019il en parle mais aussi avec regret. En effet, dans sa lutte pour la survie culturelle et identitaire, l\u2019Alg\u00e9rie rencontre de nombreux obstacles, elle en paie lourdement le prix. Mais l\u2019opini\u00e2tret\u00e9 de son peuple dans son combat permettra \u00e0 la lumi\u00e8re de vaincre les t\u00e9n\u00e8bres, \u00e0 la libert\u00e9 et \u00e0 la d\u00e9mocratie de triompher des \u00a0\u00bb loups \u00ab\u00a0. Le po\u00e8te \u00e9voque la possibilit\u00e9 d\u2019une \u00e9vasion, mais il se sait condamn\u00e9 \u00e0 br\u00fbler \u00a0\u00bb \u00e0 petit feu \u00ab\u00a0, la fuite reste dans l\u2019imaginaire du po\u00e8te.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table class=\"has-fixed-layout\"><tbody><tr><td><strong>La trahison<\/strong> &#8211; <strong>Leghdar n watmaten<\/strong><\/td><\/tr><tr><td>C\u2019est dans les rues de la vie<br>De l\u2019Alg\u00e9rie \u00e0 Paris<br>Qu\u2019il a sem\u00e9 l\u2019espoir <br><br>C\u2019est au son d\u2019une m\u00e9lodie<br>Berc\u00e9e dans la Kabylie<br>Qu\u2019il a grav\u00e9 la m\u00e9moire. [&#8230;]<\/td><\/tr><\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<p>Ce po\u00e8me est d\u00e9di\u00e9 \u00e0 Slimane Azem. Slimane Azem reste \u00e9ternel, il reste un mod\u00e8le, un exemple et un souffle d\u2019espoir pour l\u2019Alg\u00e9rie d\u2019aujourd\u2019hui et de demain. Ses chansons demeurent une source d\u2019inspiration pour les artistes contemporains car elles font aujourd\u2019hui partie du patrimoine culturel de l\u2019Alg\u00e9rie et de la Kabylie. Le titre \u00a0\u00bb La trahison \u00a0\u00bb nous interpelle avec force, c\u2019est ici la V\u00e9rit\u00e9 trahie par le Mensonge. La V\u00e9rit\u00e9 c\u2019est l\u2019identit\u00e9 ancestrale amazighe plusieurs fois mill\u00e9naire. Le Mensonge c\u2019est l\u2019identit\u00e9 arabe qu\u2019on a essay\u00e9 de greffer apr\u00e8s l\u2019ind\u00e9pendance \u00e0 l\u2019Alg\u00e9rie enti\u00e8re, en usant de la force et de tout autre stratag\u00e8me pour effacer la r\u00e9alit\u00e9 amazighe. \u00a0\u00bb La trahison \u00ab\u00a0, c\u2019est aussi un clin d\u2019oeil \u00e0 ceux qui ont trahi les espoirs du Congr\u00e8s de la Soumame, lequel voulait une Alg\u00e9rie d\u00e9mocratique. Dans le premier tercet, \u00a0\u00bb les rues de la vie \u00a0\u00bb est une m\u00e9taphore qui \u00e9voque l\u2019exp\u00e9rience personnelle du po\u00e8te. Nous avons ici \u00e9voqu\u00e9 Paris, une ville ch\u00e8re \u00e0 Brahim Saci o\u00f9 Slimane Azem a beaucoup chant\u00e9. On remarque que \u00a0\u00bb l\u2019Alg\u00e9rie \u00a0\u00bb est le point de d\u00e9part et \u00a0\u00bb Paris \u00a0\u00bb le point d\u2019arriv\u00e9e. Nous constatons qu\u2019il n\u2019y a pas de retour possible, ce qui exprime bien le drame de l\u2019exil. Mais le dernier vers du tercet att\u00e9nue la chute tragique car dans le voyage sans retour, le po\u00e8te est le semeur \u00a0\u00bb d\u2019espoir \u00ab\u00a0. Dans le deuxi\u00e8me tercet, Brahim Saci fait allusion au folklore kabyle, au terroir d\u2019o\u00f9 la musique kabyle prend sa source. Le po\u00e8te nous fait comprendre la n\u00e9cessit\u00e9 de pr\u00e9server les traditions pour perp\u00e9tuer la m\u00e9moire de la culture amazighe.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table class=\"has-fixed-layout\"><tbody><tr><td>M\u00eame s\u2019il fut trahi<br>Sans rancune et sans m\u00e9pris<br>Il nous a tant fait r\u00eaver.<br><br>Ce fut l\u2019espoir de sa vie<br>C\u2019est l\u2019espoir d\u2019un pays<br>L\u2019espoir d\u2019une libert\u00e9. [&#8230;]<\/td><\/tr><\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<p>Slimane Azem fut trahi par les siens, abandonn\u00e9 de tous il est mort en exil en 1983. C\u2019\u00e9tait un po\u00e8te philosophe, visionnaire, auquel Brahim Saci voue une admiration sans limite, c\u2019est pour lui un ma\u00eetre v\u00e9n\u00e9r\u00e9. V\u00e9ritable symbole pour la Kabylie, Slimane Azem a sacrifi\u00e9 sa vie pour identit\u00e9 amazighe. C\u2019est un mod\u00e8le d\u2019humilit\u00e9 et de courage qui malgr\u00e9 les obstacles et les souffrances d\u2019un exil forc\u00e9, a lutt\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 sa mort pour la cause dont il avait fait sa vie., l\u2019espoir d\u2019une Alg\u00e9rie d\u00e9mocratique dans son identit\u00e9 amazighe.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table class=\"has-fixed-layout\"><tbody><tr><td>Vagabond sur les chemins<br>Seul, sa guitare \u00e0 la main<br>Dans les ruelles de Paris.<br><br>Il chantait quelques refrains<br>Pour l\u2019espoir d\u2019un lendemain<br>O folklore de Kabylie! [&#8230;]<\/td><\/tr><\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<p>Ces deux tercets soulignent la simplicit\u00e9 du po\u00e8te, \u00ab\u00a0quelques refrains\u00a0\u00bb, qui n\u2019a pour seule richesse que son Art, \u00a0\u00bb seul, sa guitare \u00e0 la main \u00ab\u00a0. Le po\u00e8te n\u2019est qu\u2019un \u00a0\u00bb vagabond \u00ab\u00a0, un boh\u00e8me, empruntant parfois des chemins \u00e9troits, \u00a0\u00bb ruelles \u00ab\u00a0, pour pouvoir s\u2019exprimer et de surcro\u00eet malgr\u00e9 les difficult\u00e9s chanter \u00a0\u00bb l\u2019espoir d\u2019un lendemain \u00a0\u00bb meilleur. \u00ab\u00a0Paris\u00a0\u00bb symbolise ici l\u2019exil et la difficult\u00e9 de vivre dans un pays \u00e9tranger. Difficult\u00e9 d\u2019autant plus grande pour un artiste \u00e0 l\u2019esprit libre qui ne fait pas partie des \u00a0\u00bb bien pensants \u00ab\u00a0. M\u00eame loin de chez lui le po\u00e8te exprime avec force le besoin indispensable de pr\u00e9server ses traditions.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table class=\"has-fixed-layout\"><tbody><tr><td>M\u00eame si l\u2019exil l\u2019a banni<br>Pour l\u2019amour de sa Patrie<br>Il a gard\u00e9 l\u2019espoir.<br><br>Il disait soyez unis<br>Vous r\u00e9ussirez vos vies<br>Vous garderez la m\u00e9moire. [&#8230;]<\/td><\/tr><\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<p>On constate que le po\u00e8te est banni par deux fois car l\u2019exil est d\u00e9j\u00e0 un bannissement en soi. On devine tr\u00e8s bien combien fut la souffrance de Slimane Azem banni injustement par l\u2019obscurantisme de son pays, se retrouvant en France banni une deuxi\u00e8me fois. Mis \u00e0 l\u2019\u00e9cart, retranch\u00e9 dans sa solitude, seul \u00a0\u00bb l\u2019amour de sa Patrie \u00a0\u00bb et l\u2019espoir d\u2019un retour imaginaire l\u2019ont emp\u00each\u00e9 de sombrer. Malgr\u00e9 les blessures il \u00e9tait le moraliste, le sage guidant ses compatriotes vers un avenir meilleur, vers la fraternit\u00e9, l\u2019union, conditions pour \u00e9voluer et r\u00e9ussir sa vie. Ainsi la m\u00e9moire de la culture amazighe sera pr\u00e9serv\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table class=\"has-fixed-layout\"><tbody><tr><td>C\u2019est sur les chemins de l\u2019art<br>Qu\u2019il a sem\u00e9 l\u2019espoir<br>Avec les couleurs des saisons<br><br>Comme cet oiseau rare<br>Qu\u2019on a trahi sans savoir<br>Qu\u2019on a trahi sans raison. [&#8230;]<\/td><\/tr><\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<p>La vie de Slimane Azem fut consacr\u00e9e \u00e0 l\u2019art. Il a su insuffler l\u2019espoir \u00e0 ses compatriotes. Cet espoir est un peu comme les couleurs vives que l\u2019on retrouve dans les tableaux ou dans la nature lorsqu\u2019elle est en fleur et pleine de vie. Il a su transmettre joies et espoir \u00e0 ses compatriotes tout au long de sa vie. Dans le deuxi\u00e8me tercet, le po\u00e8te est assimil\u00e9 \u00e0 l\u2019exception au travers du symbolisme de \u00a0\u00bb l\u2019oiseau rare \u00ab\u00a0. Ce qui est rare doit \u00eatre prot\u00e9g\u00e9, mais ce ne fut malheureusement pas le cas de Slimane Azem qui fut trahi par les siens, et condamn\u00e9 \u00e0 un exil forc\u00e9 par les autorit\u00e9s alg\u00e9riennes de l\u2019\u00e9poque. Maintenant il faut prot\u00e9ger son oeuvre.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table class=\"has-fixed-layout\"><tbody><tr><td>O montagnes de Kabylie!<br>C\u2019est pour vous que j\u2019\u00e9cris<br>Avec une note d\u2019esp\u00e9rance.<br><br>Si je meurs demeurent mes cris<br>Sous le vent ou la pluie<br>Ils effaceront vos souffrances.<\/td><\/tr><\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<p><br>On assiste ici \u00e0 une projection dans le temps et \u00e0 une identification de Brahim Saci \u00e0 Slimane Azem. Il a la vision d\u2019une m\u00eame fin, mais contrairement \u00e0 Slimane Azem, il s\u2019agit d\u2019un exil volontaire. Brahim Saci sait tr\u00e8s bien que sa vie s\u2019ach\u00e8vera loin de son pays natal. Il cultive un espoir imaginaire, qu\u2019il s\u00e8me sur son chemin au travers de ses chansons. Le po\u00e8te termine son po\u00e8me sur une note d\u2019esp\u00e9rance car le sacrifice n\u2019est pas inutile. Mieux vaut que le po\u00e8te souffre pour les autres afin d\u2019effacer leur souffrance. Donc, ceci est fait dans un but de bien-\u00eatre pour les autres, pour le bonheur des berb\u00e8res et la reconnaissance de la culture amazighe. Brahim Saci est pr\u00eat \u00e0 tout, m\u00eame \u00e0 affronter la mort, qui ne lui fait pas peur, pourvu que son sacrifice ne soit pas inutile.<\/p>\n\n\n\n<p>Jean de La Fontaine (1621-1695) \u00e9crivait:<br>\u00a0\u00bb La mort ne surprend point le sage:<br>Il est toujours pr\u00eat \u00e0 partir. \u00ab\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>Victor Hugo (1802-1885) \u00e9crivait:<br>\u00a0\u00bb Ne dites pas mourir. Dites na\u00eetre. \u00ab\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>Fran\u00e7ois Copp\u00e9e (1842-1908) \u00e9crivait:<br>\u00a0\u00bb Le cercueil du po\u00e8te \u00e9tait jonch\u00e9 de roses&#8230;<br>La tombe du despote \u00e9tait pleine de sang. \u00ab\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>Pour Brahim Saci la po\u00e9sie va de pair avec la musique, il sait que toute rupture avec le pass\u00e9 serait dramatique, c\u2019est pour cela qu\u2019il ne cesse de se r\u00e9f\u00e9rer aux grands po\u00e8tes du pass\u00e9, comme Si Mohand ou Mhand, Slimane Azem et Cheik Mohand ou Lhocine (1830-1901). Dans notre \u00e9poque qui vit en acc\u00e9l\u00e9r\u00e9, la po\u00e9sie se vend mal. Mais Brahim Saci continue \u00e0 suivre sa voie de po\u00e8te, donnant plus d\u2019importance \u00e0 la rime qu\u2019au rythme.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Commentaire et analyse<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Val\u00e9rie Thibert (universitaire), Paris 2002.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>_____________________________________________<\/p>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019auteur de \u00ab&nbsp;Fleurs Aux \u00c9pines&nbsp;\u00bb s&rsquo;inscrit dans la lign\u00e9e de Charles Baudelaire dans son fameux recueil \u00ab Les Fleurs du Mal \u00bb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Lire le recueil : \u00ab Fleurs Aux \u00c9pines \u00bb : une illustration des plus beaux po\u00e8mes par Brahim Saci, Les \u00c9dition Du Net, Paris 2016.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Analyse<\/p>\n\n\n\n<p>Th\u00e8me : Po\u00e8mes d&rsquo;amour<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019auteur Brahim Saci et les femmes<\/p>\n\n\n\n<p>Variations sur \u00ab Fleurs Aux \u00e9pines \u00bb, version Brahim Saci<\/p>\n\n\n\n<p>Brahim Saci en immersion dans la beaut\u00e9 de la nature.<\/p>\n\n\n\n<p>Introduction<\/p>\n\n\n\n<p>Les dieux de la nature se sont r\u00e9unis un jour et ont d\u00e9cid\u00e9 de cr\u00e9er un joyau pr\u00e9cieux pour le pur plaisir des yeux des d\u00e9esses. Dans chaque po\u00e8me, voire strophe, les h\u00f4tes du panth\u00e9on descendaient se repa\u00eetre les yeux de ce bel objet brillant de tous les \u00e9clats des pierreries ; et un oracle devait le c\u00e9l\u00e9brer solennellement en proclamant : \u00ab En harmonie avec cette nature, loin des ombres \u00bb vers 3, p.39. Ainsi est n\u00e9 cet objet tomb\u00e9 des mains des dieux pour le plus grand bonheur, son nom est Amour, qui a m\u00e9rit\u00e9 le titre de \u00ab Fleurs Aux \u00e9pines \u00bb \u00e0 cause de ses richesses naturelles, de ses vertus et aussi de ses paysages.<\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est un royaume de r\u00eave o\u00f9 il fait bon r\u00eaver de vivre. La vie pour Brahim Saci y est pour quelque chose qu&rsquo;on c\u00e9l\u00e8bre sur la lyre du musicien, et le luth du po\u00e8te inspir\u00e9. La po\u00e9sie y est aussi naturelle \u00e0 Brahim Saci que le chant \u00e0 l&rsquo;oiseau. Pour s\u2019en convaincre, il faut se r\u00e9f\u00e9rer au premier po\u00e8me intitul\u00e9 \u00ab L\u2019\u00c9toile \u00bb p. 11, \u00ab Ma belle \u00e9toile. Qui m\u2019aide \u00e0 voir la nuit. Mais les t\u00e9n\u00e8bres ont tiss\u00e9 leur toile. J\u2019avance sans savoir o\u00f9 je suis \u00bb. Ce quatrain est un guide, un voyeur de chemin qu&rsquo;on prenait pour des muses. Brahim Saci vit pour le plaisir de vivre et pour c\u00e9l\u00e9brer la vie. Car il est heureux et ne chantent pas la guerre, mais plut\u00f4t la paix et l\u2019amour. La beaut\u00e9 de la nature le lui rend bien. Cette \u00e9toile descend dans les ar\u00e8nes, havre de paix des po\u00e8tes.<\/p>\n\n\n\n<p>I-Place de la femme et de l\u2019amour.<\/p>\n\n\n\n<p>La femme occupe une place pr\u00e9pond\u00e9rante dans la production po\u00e9tique de Brahim Saci. Notre Auteur est all\u00e9 jusqu&rsquo;\u00e0 consid\u00e9rer toute sa po\u00e9sie, ou presque, comme un hymne \u00e0 la femme. On n&rsquo;en est pas loin en tout cas. \u00c0 l\u2019analyse du recueil, nous remarquons plusieurs figures de femmes. Elles sont d\u00e9nombr\u00e9es par un style de haute qualit\u00e9 ; c&rsquo;est le cas pour ce recueil notre objet d&rsquo;\u00e9tudes ; Rolland Barthes, a utilis\u00e9 l&rsquo;expression \u00ab Les images \u00bb dans son ouvrage : Fragments d\u2019un discours amoureux, \u00c9ditions Du Seuil, Paris, p. 157 : \u00ab L\u2019mage est p\u00e9remptoire, elle a toujours le dernier mot ; aucune connaissance ne peut la contredire, l\u2019am\u00e9nager, la subtiliser \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>En cela, l&rsquo;auteur du fameux recueil \u00ab Fleurs Aux \u00c9pines \u00bb s&rsquo;inscrit dans la filiation de Charles Baudelaire qui lui aussi a fait montre de la m\u00eame propension \u00e0 privil\u00e9gier des figures f\u00e9minines comme source d&rsquo;inspiration po\u00e9tique. De plus chez notre auteur, Brahim Saci, on a observ\u00e9 un traitement lexical litt\u00e9raire des femmes bien fourni, d&rsquo;abord sur le plan de la conception de la femme en g\u00e9n\u00e9ral, et ensuite celui des rapports idylliques tourn\u00e9s vers le plaisir de s\u00e9duction. Ce sont donc les deux points que nous allons d\u00e9velopper dans notre deuxi\u00e8me point.<\/p>\n\n\n\n<p>2-Nature et caract\u00e8re des relations de s\u00e9duction.<\/p>\n\n\n\n<p>G\u00e9n\u00e9ralement les rapports femme-homme et ce, depuis la nuit des temps, sont de nature sentimentale, auxquelles Brahim Saci a attribu\u00e9 trois caract\u00e9ristiques que nous pouvons qualifier de moderne et tr\u00e8s \u00e9l\u00e9gante \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la gente f\u00e9minine. Nous ne nous g\u00eanerons pas \u00e0 le dire qu\u2019il s\u2019agit bel et bien d\u2019un honneur \u00e0 la femme. Ces caract\u00e9ristiques sont successivement. D&rsquo;abord ; elles sont strictement \u00e9pistolaires. Pour justifier le propos, nous nous constations que l\u2019auteur de \u00ab Fleurs Aux \u00c9pines \u00bb est un recueil de po\u00e9sie, \u00e9crit par un po\u00e8te et cela justifie la formule de Gustave Flaubert dans sa correspondance avec Louise Colet : \u00ab Je suis n\u00e9 lyrique et j\u2019\u00e9cris des vers \u00bb, pourtant cette fameuse Louis Colet n\u2019\u00e9tait qu\u2019une muse pour Gustave Flaubert.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous retrouvons une ressemblance \u00e0 cet esprit cr\u00e9atif dans le quatrain suivant ; \u00ab Qu\u2019est devenue la fille du conservatoire ? Tu \u00e9tais la plus jolie fleur de mon jardin Que le soleil chaque jour va voir Apr\u00e8s avoir chant\u00e9 et purifi\u00e9 l\u2019eau du Jourdain \u00bb (p.63) ; ensuite, en titre d&rsquo;un paragraphe, Brahim Saci nous apprend que nous sommes incapables de saisir le temps au moment opportun. Ces temps hantent nos esprits comme dans ce vers du troisi\u00e8me quatrain : \u00ab Je r\u00eave je sais mais la vie n\u2019est-elle pas un r\u00eave ? (p.70) ; Donc des relations aux fonctions et objectifs sentimentaux ; enfin, l\u2019auteur a point\u00e9 la recherche effr\u00e9n\u00e9e du plaisir de vivre le bonheur, car le bonheur c\u2019est le pr\u00e9sent : \u00ab Profitez de chaque souffle lib\u00e9rez votre esprit De la prison des apparences, du superflu, asservi Allez vers la lumi\u00e8re vous \u00e9viterez les loups \u00bb vers 2 (p. 86)).<\/p>\n\n\n\n<p>Donc les observations ci-dessus montre \u00e0 l&rsquo;envi qu&rsquo;il y a une obsession chez le po\u00e8te pour le rapport sensuel et sentimental qui induisent une vision de la femme per\u00e7ue non seulement comme un corps sensuel et sensible mais aussi comme un genre homme\/femme \u00e0 l&rsquo;exclusion des plaisirs (de l&rsquo;\u00e2me), et spirituels (venant de l&rsquo;esprit) Ces derni\u00e8res remarques seront reprises dans des consid\u00e9rations futures notamment dans le th\u00e8me suivant o\u00f9 il sera question de la conception de la femme dans ce recueil.<\/p>\n\n\n\n<p>3-La construction du genre dans \u00ab Fleurs Aux \u00c9pines \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Les textes litt\u00e9raires et po\u00e9tique v\u00e9hiculent des repr\u00e9sentations de genre (au sens de gender) qu\u2019ils contribuent aussi, dialectiquement \u00e0 construire ; nous explorerons bri\u00e8vement la mani\u00e8re dont l\u2019ouvrage \u00ab Fleurs Aux \u00c9pines \u00bb int\u00e8grent ou transgressent les d\u00e9finitions binaires du genre<\/p>\n\n\n\n<p>La femme comme corps.<\/p>\n\n\n\n<p>De tout ce qui pr\u00e9c\u00e8de, nous pr\u00e9cisons que l\u2019\u00e9vocation des diff\u00e9rentes parties du corps de la femme aim\u00e9e n\u2019est pas une simple description, elle est une c\u00e9l\u00e9bration de la beaut\u00e9. Le po\u00e8te amoureux donne \u00e0 voir, \u00e0 d\u00e9sirer par une description po\u00e9tique et cela produit un effet sensationnel pour la rh\u00e9torique du lecteur mod\u00e8le. C&rsquo;est ce que nous donne \u00e0 lire Brahim Saci dans son ouvrage \u00ab Fleurs Aux \u00c9pines \u00bb, force est de constater dans ce titre qui est \u00e9vocateur. Fleurs, une m\u00e9taphore qui nous renvoie \u00e0 la femme, \u00e0 son corps et plus pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 son image.<\/p>\n\n\n\n<p>La variation de ce corps ne r\u00e9side pas seulement dans le traitement de l\u2019association des images de femmes mais aussi dans le choix des vocables, adjectifs, substantifs ou formes verbales : \u00ab Je ferme les yeux pour voir Tes doigts de f\u00e9e caresse les cordes de la guitare Et sentir cette douce brise venant de Lisieux \u00bb vers 1 (p.118). Ici Brahim Saci multiplie les m\u00e9lioratifs parce que, \u00e0 la base, ces m\u00e9lioratifs sont suppos\u00e9s \u00e0 la fois la tendresse amoureuse et surtout une partie du corps de la femme aim\u00e9e, en l\u2019occurrence les doigts\u2026 disant : \u00ab La recherche effr\u00e9n\u00e9e du plaisir \u00bb. Ce parti pris am\u00e8ne \u00e0 toute une esth\u00e9tique du corps f\u00e9minin, objet de tous les soins et les appr\u00eats pour le mettre en valeur afin d&rsquo;\u00eatre, finalement, le proc\u00e9d\u00e9 rh\u00e9torique du corps f\u00e9minin permet \u00e0 la fois une unification et une variation dans la structure du po\u00e8me de Brahim Saci.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce qui domine chez toutes ces femmes c&rsquo;est la beaut\u00e9 plastique, le charme physique et le d\u00e9sir \u00e9rotique qu&rsquo;elles suscitent chez le po\u00e8te. Et c&rsquo;est tout ce qui int\u00e9resse le po\u00e8te. C&rsquo;est ce qui fait dire \u00e0 travers ses textes : \u00ab Enfin l\u2019\u00e9claircie tant attendue Il \u00e9tait temps de quitter ces cont\u00e9s brumeuses \u00bb vers 1 (p.37). Sur ce point, le chemin du po\u00e8te romantique Kabyle croise celui de l&rsquo;auteur de \u00ab Les Fleurs du mal \u00bb qui a fait la part belle \u00e0 l&rsquo;amour sensuel. Les deux ont d\u00fb s&rsquo;entendre pour \u00e9tablir un rapport, prouv\u00e9 ou non, entre les cr\u00e9atures d\u2019Eve et le Mal auquel s&rsquo;oppose chez l&rsquo;un comme chez l&rsquo;autre, un p\u00f4le du Bien f\u00e9minin. C&rsquo;est notre prochain th\u00e8me d&rsquo;\u00e9tudes.<\/p>\n\n\n\n<p>Les deux genres de femmes chez l\u2019auteur Brahim Saci.<\/p>\n\n\n\n<p>Le po\u00e8te romantique Kabyle a plac\u00e9 les femmes dans deux diff\u00e9rentes cat\u00e9gories : celles qui sont du c\u00f4t\u00e9 solaire du Bien, et celles qui rel\u00e8vent du monde t\u00e9n\u00e9breux du Mal.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le premier groupe on trouve les femmes id\u00e9ales qu&rsquo;il a litt\u00e9ralement v\u00e9n\u00e9r\u00e9es dont deux figures importantes sont celles qu\u2019il revoit toujours dans ses r\u00eaves comme une d\u00e9esse et dans le second groupe, on rencontre des femmes qualifi\u00e9es de m\u00e9chante, de briseuse de c\u0153urs qui l\u2019aimait juste pour le faire souffrir, sur ce point, le vers suivant en dit long : \u00ab Oh c\u0153ur bless\u00e9, meurtri pour avoir aim\u00e9 Et c\u00f4toy\u00e9 ces roses aux \u00e9pines, ces fleurs du mal \u00bb vers 1 (p.49). Ici les notions de \u00ab Bien \u00bb et de \u00ab Mal \u00bb ont une valeur toute litt\u00e9raire dont le sens tranche fondamentalement avec le sens commun et habituel.<\/p>\n\n\n\n<p>Mokrane Maameri<\/p>\n\n\n\n<p>Universitaire<\/p>\n\n\n\n<p>Le 09 novembre 2002<\/p>\n\n\n\n<p>&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00ab\u00a0Lire le recueil de po\u00e9sie: \u00ab\u00a0J\u2019ai Trouv\u00e9 L\u2019Amour \u00e0 Paris\u00a0\u00bb : un recueil des plus beaux po\u00e8mes de l\u2019humanit\u00e9 \u00bb par Brahim Saci, \u00c9dition du Net, Paris 2019.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Analyse th\u00e9matique<\/p>\n\n\n\n<p>Th\u00e8me : \u00ab Po\u00e8mes d&rsquo;amour \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Amour v\u00e9cu<\/p>\n\n\n\n<p>Causes des \u00e9checs amoureux d&rsquo;apr\u00e8s Brahim Saci.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Les vents du pass\u00e9 \u00bb p;34. Le texte met \u00e0 contribution les trois dimensions temporelles de l&rsquo;\u00eatre qui en font une personne compl\u00e8te. Le po\u00e8te, pour sa part, a d\u00e9cid\u00e9 de faire passer en revue des souvenirs, \u00e0 savoir le pass\u00e9, pour s&rsquo;en tenir au \u00ab pr\u00e9sent \u00bb ; mais d\u00e9cision qu&rsquo;il justifie en fournissant les raisons. Ainsi le po\u00e8me d\u00e9veloppe les trois arguments qui sous-tendent les pr\u00e9f\u00e9rences du po\u00e8te : un, qui dit pourquoi le pass\u00e9 est la dimension temporelle pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e ; et les deux autres qui expliquent la souffrance li\u00e9e \u00e0 la s\u00e9paration, voire m\u00eame le rejet du \u00ab pr\u00e9sent \u00bb et du futur \u00bb Notre travail d&rsquo;analyse suivra la m\u00eame chronologie, dans une premi\u00e8re partie, \u00e0 laquelle nous adjoindrons une seconde qui tirera les cons\u00e9quences logiques du choix du po\u00e8te.<\/p>\n\n\n\n<p>1-La d\u00e9cision du po\u00e8te.<\/p>\n\n\n\n<p>Il a pris la d\u00e9cision de b\u00e2tir sa vie autour du \u00ab temps pass\u00e9 \u00bb tout en essayant de faire table rase des deux autres dimensions que sont \u00ab le pr\u00e9sent \u00bb et \u00ab l&rsquo;avenir \u00bb C&rsquo;est ce qu&rsquo;il soutient dans les quatre premiers vers du po\u00e8me en \u00e9crivant, O\u00f9-est-elle : \u00ab J\u2019erre je l\u2019appelle o\u00f9-est-elle? \/ Prisonni\u00e8re de l\u2019enfer loin du ciel \/ Le cr\u00e9pitement du feu t\u2019emp\u00eache d\u2019entendre l\u2019amour&lt; Les d\u00e9sirs du monde t\u2019\u00e9loignent des heureux jours \u00bb, (vers 1, 2, 3, 4), p. 35.<\/p>\n\n\n\n<p>Plus loin, le po\u00e8te se fait encore plus explicite dans le po\u00e8me Les regrets de L\u2019amour en mettant l&rsquo;accent sur la m\u00eame id\u00e9e en ces termes : \u00ab Nous glorifions le pass\u00e9 pour ne pas avoir le pr\u00e9sent \u00bb (vers 1), p ; 43. Pour ces dimensions temporelles, le po\u00e8te fournit des arguments soit pour aimer le \u00ab pr\u00e9sent \u00bb ou abhorrer le pass\u00e9 et le futur. Commen\u00e7ons avec la pr\u00e9f\u00e9rence du temps pr\u00e9sent \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>2-Raisons pour aimer le pr\u00e9sent.<\/p>\n\n\n\n<p>Le po\u00e8te a choisi de vivre dans un temps pr\u00e9sent pour plusieurs raisons que nous d\u00e9duisons de ce qu&rsquo;il en dit explicitement et implicitement. D&rsquo;abord nous croyons avoir une premi\u00e8re justification dans le po\u00e8me L\u2019Amour peut renaitre o\u00f9 il met l\u2019accent sur l\u2019espoir malgr\u00e9 tout : \u00bbJe t\u2019imagine comme un \u00e9clair \u00e0 travers les nuages \u00bb, \u00ab Mais je sais que l\u2019amour peut renaitre vainqueur \u00bb (vers 1 et 16), p ; 49. Dans cette affirmation, nous constatons la r\u00e9alisation du d\u00e9sir de vivre et de concr\u00e9tiser. C&rsquo;est donc que le pr\u00e9sent est le temps du possible, du r\u00e9el, de la capacit\u00e9, de la mat\u00e9rialisation act\u00e9e et de l\u2019espoir.<\/p>\n\n\n\n<p>Ensuite, dans le po\u00e8me : Le pass\u00e9 a remplac\u00e9 le pr\u00e9sent, p ; 93, nous croyons avoir d\u00e9busqu\u00e9 une autre justification, \u00e0 savoir &lt;Les jours passent p\u00e9niblement sans toi \/Comme par miracle je vis au pass\u00e9 \u00e0 tes c\u00f4t\u00e9s \/ Le pr\u00e9sent m\u2019est \u00e9gal chaque jour m\u2019est am\u00e8re \u00bb (vers 1, 9 et 10) p ; 93. Il semblerait ici que \u00ab le temps pr\u00e9sent \u00bb est celui de la sensation retrouv\u00e9, de l\u2019envie de vivre, en d\u00e9pit de la souffrance. Cela rend plus effectif ses derniers vers qui requiert la pr\u00e9sence des amants protagonistes.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c9bauche de th\u00e9orisation ou de conceptualisation du temps pr\u00e9sent. Apr\u00e8s les actes du temps pr\u00e9sent cit\u00e9s ci-dessus, le po\u00e8te se livre \u00e0 des tentatives de repr\u00e9sentation sous forme de figures de styles et de l\u2019espace :<\/p>\n\n\n\n<p>La premi\u00e8re tentative se trouve dans le po\u00e8me Apollon et Cupidon, p ; 13 ; Le po\u00e8te s\u2019\u00e9carte de l\u2019usage ordinaire de la langue pour donner une expressivit\u00e9 particuli\u00e8re au propos. On parle \u00e9galement de figure de rh\u00e9torique ou de figure du discours. Si certains auteurs \u00e9tablissent des distinctions dans la port\u00e9e des deux expressions, notre auteur en fait l\u2019usage tout en recourant \u00e0 des synonymes, Par exemple: \u00ab Je ne reconnais ni tes yeux ni ton visage \u00bb (vers 1), . Dans la m\u00e9thodologie grec Apollon se prenait comme \u00e9tant le seul dieu. Il est dieu du chant, de la musique et de la po\u00e9sie. Il est \u00e9galement dieu des purifications et de la gu\u00e9rison, Donc il est capable de divination, et poss\u00e8de un oracle, \u00ab J\u2019essaie de puiser des couleurs dans la nature \u00bb vers 5 de la m\u00eame page. Le po\u00e8te d\u00e9peint un univers pour retrouver sa muse.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces vers montrent que la m\u00e9taphore et la rh\u00e9torique po\u00e9tique sont la raison d\u2019\u00eatre de notre po\u00e8te puisqu\u2019on les retrouve \u00e0 la page 98 dans le po\u00e8me intitul\u00e9 J\u2019ai apprivois\u00e9 le Z\u00e9phyr \u00ab J\u2019ai apprivois\u00e9 le z\u00e9phyr pour qu\u2019il me ram\u00e8ne \u00bb \/ \u00ab Attabl\u00e9 au bar \u2033Aux marronniers\u00a0\u00bb rue des Pyr\u00e9n\u00e9es \u00bb, (vers 1 et 9), juste pour \u00e0 la fois souligner leur importance et leur contenu comme explication sur le choix de la m\u00e9taphore.<\/p>\n\n\n\n<p>Donc, apr\u00e8s un examen minutieux, nous croyons pouvoir dire que \u00ab\u00a0la figure de style\u00a0\u00bb n\u2019est pas seulement celui de l\u2019anaphore th\u00e9oris\u00e9e par G\u00e9rard Genette mais aussi de la m\u00e9taphore, th\u00e9orie, semble-il ch\u00e8re \u00e0 notre po\u00e8te. Une po\u00e9tique de la positivit\u00e9 en ce sens que les d\u00e9sirs et les r\u00eaves se r\u00e9alisent \u00e0 la grande satisfaction des amants pour esp\u00e9rer le bonheur. Le po\u00e8te, bien que le bonheur figure dans son texte comme \u00ab Par un heureux hasard ce soir \u00bb (vers 1) du po\u00e8me J\u2019ai retrouv\u00e9 St\u00e9phanie \u00bb p ; 100, il peut compter sur la bienveillance d&rsquo;une nature amicale et accueillante.<\/p>\n\n\n\n<p>Raisons d&rsquo;abhorrer le pass\u00e9, le pr\u00e9sent et les figures de styles. Le po\u00e8te ne fait pas myst\u00e8re de son grand enthousiasme de \u00ab l\u2019espace \u00bb qui l&rsquo;obs\u00e8de, qui n&rsquo;est donc pas un hasard de circonstance. L\u2019espace est omnipr\u00e9sent dans l\u2019ouvrage de Brahim Saci. Pourquoi donc ? C&rsquo;est parce que selon Bertrand Westphal auteur de l\u2019ouvrage : La G\u00e9ocritique. R\u00e9el, fiction, espace, Paris, \u00c9ditions de Minuit, coll. \u00ab Paradoxe \u00bb, 2009 : l\u2019espace en litt\u00e9rature et donc en po\u00e9sie est d\u00e9fini comme une \u00ab po\u00e9tique dont l\u2019objet serait non pas l\u2019examen des repr\u00e9sentations de l\u2019espace en litt\u00e9rature, mais plut\u00f4t celui des interactions entre espaces humains et litt\u00e9rature.<\/p>\n\n\n\n<p>Brahim Saci a fait l&rsquo;hypoth\u00e8se que l\u2019espace serait source de souvenirs tant agr\u00e9ables tant\u00f4t d\u00e9sagr\u00e9ables susceptibles, du moins une existence dans le pr\u00e9sent. C&rsquo;est d&rsquo;abord ce qu&rsquo;il a envisag\u00e9 d\u2019embl\u00e9e \u00e0 travers le titre de son ouvrage J\u2019ai trouv\u00e9 L\u2019amour \u00e0 Paris , Paris, ville lumi\u00e8re et des philosophes des lumi\u00e8res. Ville o\u00f9 vit le po\u00e8te, mais aussi ville meurtrie, \u00e9voquant la deuxi\u00e8me guerre mondiale \u00ab Paris se souvient Berlin aussi \u00bb, comme du po\u00e8te de Berlin mais de fa\u00e7on herm\u00e9neutique \u00ab Et les \u00e9tudes au conservatoire de Berlin \u00bb (vers, 4 et 6), p ; 131.<\/p>\n\n\n\n<p>Son rapport \u00e0 l\u2019espace est tr\u00e8s important, \u00ab Souviens-toi du bonheur entre Paris et Lisieux \u00bb, \u00ab Entre Paris la Normandie et la Kabylie \u00bb (vers 1, 5) dans le po\u00e8me Cet Ange de Lisieux, p ; 12, sachant que le po\u00e8te est n\u00e9 en Kabylie avant de joindre son p\u00e8re en France alors \u00e2g\u00e9 de 11 ans. Ensuite, il a fait l&rsquo;hypoth\u00e8se suivante : \u00ab M\u00e9nilmontant se souvient rien n\u2019existait \u00e0 part nous deux \u00bb (vers 1), p ; 130, \u00ab Mes pens\u00e9es courent vers cette beaut\u00e9 africaine \u00bb (vers 5), p ; 105, ou encore \u00ab \u00d4 chevelure couleur d\u2019\u00e9b\u00e8ne parfum de Tunisie \u00bb (vers 3) p ; 44.<\/p>\n\n\n\n<p>Raisons pour \u00e9crire et chanter l\u2019amour. Le po\u00e8te se fait sa propre opinion \u00e0 travers ce texte po\u00e9tiquement d\u00e9peint de la hauteur d\u2019esprit et ce, \u00e0 cause de son propre v\u00e9cu. Baign\u00e9 d\u2019amour et de l\u2019affection. Il voue un respect aux gens, \u00e0 la nature et \u00e0 la beaut\u00e9, c&rsquo;est-\u00e0-dire un humaniste convaincu qui rejette toute forme de haine L\u2019Amour, avec un grand A est omnipr\u00e9sent dans ses textes. S&rsquo;il est g\u00e9n\u00e9ralement admis comme axiome que l&rsquo;homme normal est un \u00eatre bon, cela est confirm\u00e9 dans ce recueil de po\u00e9sie, en le parcourant de la premi\u00e8re \u00e0 la derni\u00e8re page. Notre po\u00e8te d\u2019origine Kabyle manie la verve du mot \u2033ahdadh Bawal\u2033 dit-on en Kabylie. Un vrai po\u00e8te. \u00c0 lire absolument, un livre accessible \u00e0 toutes et \u00e0 tous du monde francophone et fran\u00e7ais.<\/p>\n\n\n\n<p>Mokrane Maameri<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;Le 22 octobre 2020<\/p>\n\n\n\n<p>&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Lire le recueil de po\u00e8mes : \u00ab Les Voiles du temps \u00bb par Brahim Saci, \u00c9ditions du Net, Paris, 2020.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Po\u00e9sie didactique<\/p>\n\n\n\n<p>I-Le didactisme d\u2019une \u0153uvre comme th\u00e9matique<\/p>\n\n\n\n<p>1-La p\u00e9dagogie du v\u00e9cu : \u00e9cole de la vie<\/p>\n\n\n\n<p>Le contenant et le contenu. Ce texte aborde plusieurs th\u00e9matique ou probl\u00e9matiques du point de vue et pour le meilleur int\u00e9r\u00eat d\u2019une \u0153uvre litt\u00e9raire. Alors commen\u00e7ons par le contenu<\/p>\n\n\n\n<p>A- Le contenu du texte.<\/p>\n\n\n\n<p>a) -La discrimination annonc\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Le recueil a \u00e9voqu\u00e9 \u00e0 maintes reprises, d&rsquo;abord sous forme de plainte dans troisi\u00e8me quatrain : \u00ab J\u2019ai connu le racisme le m\u00e9pris \u00bb vers 1 (p.13). Ensuite, en incipit, le premier quatrain annonce l\u2019affiche : \u00ab On a beau faire. Pour assainir par la po\u00e9sie la pri\u00e8re. Certaines atmosph\u00e8res. A tout le monde on ne peut plaire \u00bb (Ibid.). Le recours \u00e0 la po\u00e9sie comme seul espoir adress\u00e9 au peuple d\u2019\u00eatre tol\u00e9rant et combattre toute sorte de haine. Enfin, on apprendra plus loin que le racisme n\u2019est pas le fait d\u2019un homme ou de l\u2019humanit\u00e9, comme nous l&rsquo;a appris le sujet po\u00e9tique en ces termes : \u00ab La politique impose la marche \u00e0 suivre. Crachant du feu comme la vouivre. Les peuples suivent comme des moutons. Le XXIesi\u00e8cle a tu\u00e9 la raison \u00bb, (p.112). Ce po\u00e8me en dit long que le citoyen lambda n\u2019est pas responsable des maux de la plan\u00e8te.<\/p>\n\n\n\n<p>En effet, ce po\u00e8me adjoint la science \u00e0 la critique, dont le champ s\u00e9mantique regroupe un certain nombre de termes tels \u00ab l\u2019argent cr\u00e9e des lobbies \u00bb (vers 1), \u00ab Le mal s\u2019installe \u00bb (v.3), \u00ab Vos prisons dor\u00e9es \u00bb (v.5), \u00ab Vous d\u00e9truisez encore \u00bb (v.7), \u00ab non-sens \u00bb (v.9), \u00ab La politique \u00bb (v.13). Il d\u00e9veloppe aussi, gr\u00e2ce au jeu des polys\u00e9mies, un discours sur la po\u00e9sie que nous verrons plus loin. Ce po\u00e8me d\u00e9passe la simple contestation et tente, dans les meilleurs cas, de se mettre sur le plan d&rsquo;une certaine r\u00e9flexion morale de la soci\u00e9t\u00e9. Nous pouvons dire que cela rel\u00e8ve de la po\u00e9sie engag\u00e9e, puisque le po\u00e8te tente \u00e0 travers sa plume de sensibiliser, \u00e9mouvoir, indigner, toucher, faire r\u00e9fl\u00e9chir, aider le lecteur \u00e0 prendre conscience de certains faits sociaux douloureux, tel que le racisme.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 ce titre, que ce soit dans ses termes ou dans ses moyens, la po\u00e9sie de Brahim Saci s&rsquo;av\u00e8re \u00eatre l&rsquo;expression d&rsquo;une libert\u00e9 essentielle ; elle participe du d\u00e9voilement de l&rsquo;\u00eatre profond, par quoi nous pouvons qualifier sa po\u00e9sie d&rsquo;espace pourvoyeur de sens et d&rsquo;espoir.<\/p>\n\n\n\n<p>B- Le contenant du texte.<\/p>\n\n\n\n<p>a) -Mode d&rsquo;\u00e9nonciation : discours\/r\u00e9cit.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Avant d\u2019aborder la notion de discours\/r\u00e9cit, je tiens \u00e0 pr\u00e9ciser que ce recueil de po\u00e9sie s\u2019annonce comme du genre essai\/r\u00e9cit qui nous permet de discerner les sentiments personnels de l\u2019auteur contrairement \u00e0 l\u2019essai dont sa particularit\u00e9 est de traduire la r\u00e9flexion de l\u2019auteur sur un sujet quelconque, qui peut par exemple \u00eatre un sujet politique, historique ou encore scientifique.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Ici, dans notre cas, on trouve le (je) lyrique, il est omnipr\u00e9sent, \u00e0 commencer par cet album de famille ou le po\u00e8te Brahim Saci tient \u00e0 rendre un vibrant hommage \u00e0 son p\u00e8re : \u00ab \u00c0 la m\u00e9moire de mon p\u00e8re, un homme qui a pr\u00e9serv\u00e9 les valeurs humaines mill\u00e9naires berb\u00e8res kabyles. Qui a combattu pour la libert\u00e9 et la dignit\u00e9 de l\u2019Alg\u00e9rie. Il aimait Paris, les arts, la culture, le cin\u00e9ma, la po\u00e9sie et le livre. Il aimait me raconter le Paris des ann\u00e9es 50 et 60.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Il me manquera toujours\u2026\u00bb, (Page d\u00e9dicace). Les deux vocables ont, dans ce contexte, le sens que leur donne le linguiste \u00c9mile Benveniste qui en fait les deux cat\u00e9gories fondamentales des \u00e9nonc\u00e9s. En effet dans le r\u00e9cit, il s&rsquo;agit d&rsquo;un \u00e9v\u00e9nement narr\u00e9 \u00e0 la 3e personne auquel le narrateur ne participe pas ; tandis que dans le \u00ab discours po\u00e9tique ou fictionnel \u00bb, il s&rsquo;agit des \u00e9v\u00e9nements rapport\u00e9s \u00e0 la 1\u00e8re personne (je\/nous) auquel le narrateur participe.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette entr\u00e9e en mati\u00e8re nous autorise \u00e0 affirmer que la pr\u00e9face a pour mode d&rsquo;\u00e9nonciation le couple \u00ab essai \u00bb, pour des faits ou souvenirs rapport\u00e9s parfois \u00e0 la 3e personne (singulier ou pluriel) ; et le \u00ab r\u00e9cit \u00bb pour rapporter des faits \u00e0 la 1\u00e8re personne (je\/nous lyrique) Illustrons avec des exemples tir\u00e9s de notre objet d&rsquo;\u00e9tudes.<\/p>\n\n\n\n<p>R\u00e9cit en po\u00e9sie.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Dans ce cas de figure, les \u00e9nonc\u00e9s sont \u00e0 la 1\u00e8re personne, c&rsquo;est-\u00e0-dire que le narrateur dit \u00ab je \u00bb et il est partie prenante des \u00e9v\u00e9nements. Voici deux exemples parmi tant d\u2019autres que contient le recueil, d&rsquo;abord \u00ab J\u2019ai \u00e9t\u00e9 heureux dans cette ville du savoir. O\u00f9 se rencontrent les cultures les espoirs. J\u2019ai sem\u00e9 des po\u00e8mes, j\u2019ai chant\u00e9, j\u2019ai aim\u00e9. J\u2019ai \u00e9t\u00e9 trahi, j\u2019ai ri, j\u2019ai pleur\u00e9. \u00bb (p.13). Ensuite : \u00ab Je s\u00e8me des vers dans le temps \u00bb \u00ab Je ne fais que passer \u00bb vers 1 et vers 3 du premier quatrain (p.79)<\/p>\n\n\n\n<p>b) -Le registre de l&rsquo;intime. Les exemples ci-dessus montrent bien que l&rsquo;\u00e9nonciateur est partie prenante de l\u2019\u00e9v\u00e9nement et qu&rsquo;il vit ou ait v\u00e9cu ces \u00e9v\u00e9nements quand bien m\u00eame ils sont fictionnels par des proc\u00e9d\u00e9s d&rsquo;\u00e9criture qui est ici l&#8217;emploi de la 1ere personne du singulier. Ils sont de l\u2019ordre intime. D&rsquo;autres proc\u00e9d\u00e9s sont de l&rsquo;ordre du lexical, par exemple, c&rsquo;est l&rsquo;utilisation du terme \u00ab l\u2019actualit\u00e9 \u00bb en lieu et place de \u00ab il \u00e9tait une fois \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Usage des \u00e9nonc\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>c)-Actualit\u00e9\/Il \u00e9tait une fois. Il n&rsquo;est pas indiff\u00e9rent d&rsquo;utiliser un terme ou un autre, m\u00eame si les deux veulent dire \u00e0 peu pr\u00e8s la m\u00eame chose pris dans un contexte familial, en l\u2019occurrence la perte d\u2019un p\u00e8re ou la crise sanitaire du coronavirus pour d\u00e9signer la g\u00e9nitrice. Il y a donc un lien, car le vocable \u00ab actualit\u00e9 \u00bb renvoie \u00e0 l\u2019affective et d&rsquo;intimit\u00e9 que ne contient pas l&rsquo;autre terme. En effet, le mot \u00ab actualit\u00e9 \u00bb, philosophiquement parlant est oppos\u00e9 \u00e0 virtualit\u00e9, est souvent employ\u00e9 comme appellatif affectueux pour dire ce que l\u2019on ressent, qui pourtant dans le jargon journalistique demeure neutre. Donc le terme dans ce recueil est du registre de l&rsquo;affectif et de l\u2019intime, qui est celui de notre pr\u00e9face. Il y a deux autres cons\u00e9quences que nous allons expliciter dans les paragraphes suivants.<\/p>\n\n\n\n<p>d)-Enseignement d\u2019un sage. Nous avons exprim\u00e9 implicitement le genre de rapports intimes et affectifs du po\u00e8te Brahim Saci avec son temps et le v\u00e9cu, qu&rsquo;il persiste et signe \u00e0 d\u00e9signer comme \u00ab passeur de message \u00bb pour pr\u00e9server le cachet affectueux des relations humaines, et pour marquer son respect et son amour aux gens et \u00e0 l\u2019humanit\u00e9 comme dans ce vers 1 \u00ab J\u2019ai v\u00e9cu une belle histoire d\u2019amour \u00bb (p.36).&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Il y a une autre particularit\u00e9 : c&rsquo;est la distinction que le sujet po\u00e9tique semble \u00e9tablir entre sa ville d\u2019adoption et sa ville natal, en se r\u00e9servant exclusivement le privil\u00e8ge de dire \u00ab Kabylie \u00bb tout en lui collant \u00ab Paris \u00bb En tout cas, c&rsquo;est ce que nous avons cru lire dans ce po\u00e8me \u00ab Un vent de Kabylie vient souvent me rappeler \u00bb, \u00ab Quand le corps peine \u00e0 Paris \u00bb vers 1 et 11, (p.71). Plus loin, le po\u00e8te partage la perte de son papa avec sa m\u00e8re, fr\u00e8res et s\u0153urs, mais assume seul la peine \u00ab Aujourd\u2019hui je pleure ton absence. Confin\u00e9 en France. Tu es dans l\u2019\u00e9ternit\u00e9 avec mon grand-p\u00e8re. A c\u00f4t\u00e9 de ma grand-m\u00e8re \u00bb. 6equatrains, (p.108). D&rsquo;autres proc\u00e9d\u00e9s stylistiques sont ceux de l&#8217;emphase, de l&rsquo;amplification pour \u00e0 la fois dire l&rsquo;importance des \u00e9v\u00e9nements, et aussi l\u2019esp\u00e9rance.<\/p>\n\n\n\n<p>e) -Annonce didactique comme signifiant. L\u2019annonce des programmes ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9multipli\u00e9e gr\u00e2ce aux proc\u00e9d\u00e9s stylistiques utilis\u00e9s qui permettent d&rsquo;exprimer la m\u00eame chose sans verser dans la redondance. Le premier proc\u00e9d\u00e9 a \u00e9t\u00e9 d&rsquo;utiliser une \u00e9pigraphe comme amorce qui exprime l&rsquo;essence du texte : \u00ab Ce que tu donnes est \u00e0 toi pour toujours Ce que tu gardes est perdu \u00e0 jamais \u00bb Ce proc\u00e9d\u00e9 a permis de dire une chose et son contraire dans une phrase et ce, gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;usage de l\u2019antiphrase : \u00ab Apr\u00e8s l\u2019amour s\u2019installe la haine \u00bb vers 1, (p. 28).<\/p>\n\n\n\n<p>En conclusion. On insiste sur l&rsquo;annonce didactique pour dire l&rsquo;importance de la vie pour celui qui a \u00e9mis le faire part ; Le texte semble dire implicitement le bienfond\u00e9 de ce qu&rsquo;il exprime explicitement, et cela gr\u00e2ce aux proc\u00e9d\u00e9s stylistiques. Ainsi c&rsquo;est ce m\u00eame \u00e9nonciateur qui a \u00e9crit \u00e9galement \u00ab Nous portons sur notre visage ce qu\u2019on a dans le c\u0153ur \u00bb vers 1, (p.29).&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>En tout cas, dans le subconscient du narrateur, elle est \u00e0 m\u00eame de lui entendre. D&rsquo;ailleurs en lui adressant des remerciements \u00e0 rallonge, il a tout fait pour nous tenir en haleine par la magie du langage et du mot. Cette attitude irrationnelle, proche de la pens\u00e9e magique, r\u00e9pond au dicton Kabyle qui affirme que : \u00ab Celui qui d\u00e9sire vraiment faire quelque chose cherche \u00e0 savoir comment le faire, qui s\u2019y refuse dit : \u00ab pas moyen \u00bb. Brahim Saci l\u2019a fait avec l\u2019art et la mani\u00e8re !<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 lire absolument.<\/p>\n\n\n\n<p>Mokrane Maameri<\/p>\n\n\n\n<p>Universitaire<\/p>\n\n\n\n<p>Le 17 janvier 2020<\/p>\n\n\n\n<p>&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p><br><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Alg\u00e9rie L\u2019injustice et les p\u00e9ch\u00e9sOnt bien fini par vous plaireO\u00f9 est l\u2019espoir du pass\u00e9?N\u2019aimez-vous pas la lumi\u00e8re? [&#8230;] Le quatrain de cette chanson \u00e9crite en 1991 est un constat.C\u2019est l\u2019\u00e9vocation du drame alg\u00e9rien dont le peuple paie le prix fort, celui de la vie. 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