accueil > Press Book
 

 

L’âme profonde d’un artiste

Il est des artistes qui impressionnent par l’originalité de leur
parcours. Brahim Saci en fait partie.

Universitaire, fonctionnaire dans une institution culturelle parisienne, il chante depuis près de vingt ans. En kabyle et en français, il met en musique des textes qu’il écrit lui-même. Quand on se laisse emporter par ses douces et revendicatrices mélodies, on croit entendre le grand Slimane Azem, mort et enterré loin des siens. Homme cultivé et engagé, Brahim Saci emporte souvent avec lui un ou plusieurs livres. Grand lecteur, il ramène toujours de ses virées en Algérie des ouvrages racontant l’histoire et le vécu du pays de ses ancêtres.
Originaire des hauteurs majestueuses de l’Akfadou, du côté des Ait Aijer,Brahim Saci est l’un des premiers chanteurs algériens à avoir un site internet où il met en écoute libre pratiquement toute son œuvre.
J’ai eu la chance d’assister à un de ses récitals, au conservatoire du 8e arrondissement de Paris. Ce fut un grand moment artistique. Dans une ambiance de fête, toute l’assistance était captivée par l’originalité des thèmes que Brahim Saci avait mis en musique.

Le public européen n’en revenait pas de ce voyage musical offert par un créateur doué et simple. Le sourire toujours au coin des lèvres, Brahim Saci aime dire : « Sâaben lechghal » (les choses ne sont pas aisées).Lorsque l’artiste se met à chanter « Vas, mon âme », « la Colombe », ou encore « le Déclin des jours », ses admirateurs se laissent bercer et plongent dans une nostalgie presque salvatrice.
Venu très jeune en France, Brahim Saci a fait un remarquable cursus scolaire qui lui a permis également de connaître et d’apprécier les quêtes poétiques de Rimbaud, Verlaine et Baudelaire. Ces grands poètes français lui rappellent un certain troubadour algérien : Si Mohand ou Mhand, probable-
ment le plus grand poète d’Afrique du Nord. Si Mohand ou Mhand, venu à la poésie et à l’errance infinie après que les colonialistes français eurent massacré sa famille, a élaboré des textes magnifiques de profondeur, de sens et de sensibilité humaine.
Avant de se lancer dans la chanson, Brahim Saci a été animateur de radio sur la place parisienne. Il a traité dans ses chroniques sur les ondes de sujets culturels importants. Artiste complet, Brahim Saci avait également exercé lé métier de portraitiste sur les places touristiques de la Ville Lumière.
Auteur de plusieurs albums réussis, Brahim Saci raconte l’exil, l’amour, les nostalgies du monde, la terre des ancêtres, les valeurs qui s’en vont, les spirales du temps qui s’enfuit et qui demeure un mystère ou encore le bonheur des choses simples et profondes.
Dans son coquet appartement du 20e arrondissement de Paris, Brahim Saci continue ses créations musicales. C’est clair : le meilleur reste certainement à venir.

Youssef Zirem

Janvier 2009

Lakoom-info

 

 

 

 

=============================

 

 L’Art est avant tout un acte d’amour

 

Universitaire, activant dans le secteur culturel, au niveau de la Mairie de Paris, Brahim Saci est aussi un chanteur de talent, un poète original. Il nous dit, ici, sa perception de la musique, son parcours jalonné de multiples haltes créatrices.

Universitaire, chanteur, poète, animateur de la vie culturelle à Paris, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs et nous raconter un peu votre parcours ?

Brahim Saci : L’artiste en général et le poète en particulier préfère l’ombre à la lumière. L’art est avant tout un cri d’amour. Adolescent, la découverte d’Arthur Rimbaud à Paris m’a bouleversé tant son génie est exceptionnel. À l’époque, j’écrivais pour oublier un peu ma profonde solitude intérieure. C’est par un coup du destin que je me suis retrouvé en France à l’âge de 10 ans. J’étais un enfant joyeux au village Tifrit Nait Oumalek, beau village de montagne de l’arch des Aït Idjeur au pied de l’Akfadou, village sous la protection du Saint Sidi Mhand umalek, de cette majestueuse et millénaire Kabylie. Les jours passaient dans un bonheur sans pareil, entre l’école et les jeux avec les autres enfants du village.

Le village comme tous les villages kabyles s’est toujours autogéré, ce qui le préservait des tourments politiques et protégeait aussi la paix régnante. Chaque jour était un rayon de soleil, étant gâté par une grand-mère paternelle Samah Zahra (setti zahra) paix à son âme, admirable et généreuse, qui m’a bercé dans les contes kabyles, gâté aussi par une grand-mère maternelle Hamek Keltoume (setti Taweccixt) femme de coeur tout aussi admirable, du village Tazrouts Nait Oumalek de la wilaya de Bgayet, village sous la protection du Saint Sidi Mhammed Ouali, village qui m’est aussi cher parce que j’y suis né. Je me souviens que par les rudes nuits d’hiver, assemblés autour du kanun, du feu, ma mère nous jouait des petites pièces théâtrales improvisées, cela nous faisait oublier le froid et la rudesse de l’hiver et comblait un peu le manque du père, immigré en France depuis les années 50, qu’on ne voyait qu’un mois dans l’année. Mon grand père paternel Saci ALi était aussi immigré en France depuis 1912. Le destin a voulu que je quitte cet univers enchanté pour atterrir à Paris fin 1975. Vivant seul, mon père ne pouvait me garder à Paris. Il me confia donc à sa soeur, ma tante Saci Taklit, qui vivait en famille à Pierrefitte, en Seine Saint Denis.

De l’Akfadou à Saint-Denis. Ils m’ont toujours considéré comme leur propre fils, je leur dois beaucoup. Je fus donc scolarisé à Pierrefitte en dernière année de primaire CM2 à l’école Eugène Varlin, je garde un précieux souvenir du directeur Jean Dalarun, un homme de coeur qui a toujours eu une attention particulière à mon égard. J’avais eu au village un instituteur de français tout aussi remarquable, Mouhoune Mhamed, dont l’enseignement de qualité a fait que j’ai pu suivre une scolarité normale en France. J’ai continué ma scolarité non sans difficultés mais la poésie m’aidait à les surmonter. D’autant que la muse m’a ouvert ses bras où je pouvais me réfugier de temps à autre. Le dessin aussi était un refuge, ainsi que les BD, dont j’étais un grand lecteur. Au lycée j’ai découvert la poésie de Guillaume Apollinaire, Charles Baudelaire. Aux concours de poésie organisés chaque année par le lycée, je remportais des prix, ce qui me conforta dans mon envie d’écrire.

À la fin de la dernière année de collège, je quittais Pierrefitte et la famille Ladaoui pour rejoindre mon père à Paris. La vie à Paris allait changer ma vie. J’entrais au lycée Paul Eluard à Saint-Denis. Un jour, allant me promener du côté du Châtelet, je me retrouvai devant le Centre Beaubourg où des artistes faisaient des portraits et des caricatures des touristes. Je décidais alors de mettre en pratique mon talent de dessinateur et de m’installer là tous les week-ends pour dessiner. À partir des années 90, voyant les mentalités et les libertés rétrécir à Paris, les artistes étant de moins en moins tolérés dans les rues parisiennes, je décidai d’arrêter ce métier et de me consacrer à mon autre passion : la musique.

Dans le 20e arrondissement de Paris où je vivais, j’avais rencontré un talentueux musicien chaabi, Si Tayeb Ali, originaire de Maatqa, et qui gérait un café. Grâce à lui j’ai pu côtoyer de grands artistes kabyles comme Akli Yahyaten, Rachid Mesbahi, Ait Meslayen, Youcef Abjaoui, Cid Messaoudi et beaucoup d’autres. Si Tayeb Ali m’apprit les rudiments du chaabi et m’a appris à aimer Dahmane Elharachi. En 1992, j’enregistre mon premier album, « Exil éternel », en hommage à Slimane Azem. J’ai 31 chansons qu’on peut écouter et même télécharger sur mon site internet, www.brahimsaci.com. Je reste un bohème, un poète qui écrit dans les rues de paris des vers en kabyle et en français que le vent disperse.

Quand vous chantez, on a l’impression d’entendre le grand Slimane Azem chanter. Comment arrivez-vous à faire une telle prouesse ?

B.S. : En fait, c’est loin d’être une prouesse, c’est tout à fait naturel. Mais vous êtes gentil quand vous dites qu’en a l’impression d’entendre le grand Slimane Azem, mais je dirais : lbarakka kan, c’est juste un don du ciel. Je suis franchement loin de pouvoir égaler la qualité vocale du grand Slimane Azem.

La justesse de sa voix surtout dans l’istikhbar, le prélude chaabi, est époustouflante. Rares sont ceux qui peuvent rivaliser avec lui. Ses préludes chantés coulent comme l’eau d’une source du Djurdjura, c’est la pureté de la source, c’est la langue kabyle incarnée. Le chaâbi, musique populaire algérienne, dérive du style classique arabo-berbèro-andalous, musique savante que le grand Maître El Anka a codifié en raccourcissant et simplifiant les modes pour les rendre plus accessibles. Dahmane Elharachi a vulgarisé cette musique en la rapprochant du peuple.

Slimane Azem était un as de la composition. D’où la simplicité apparente qui n’en est pas en réalité. Il était une légende de son vivant pour la musique, le chant et le verbe, comme l’était avant lui Si Mohand U Mhand par le verbe.

Mais je vous dirais que ne ressemble pas au légendaire Slimane Azem qui veut. Ce n’est pas tout à fait un hasard. Il faut avoir un bagage culturel, avoir beaucoup étudié les auteurs et poètes kabyles et d’ailleurs, avoir une expérience de vie riche, même en souffrances.

Faut marcher sur le brasier pieds nus sans bouger un sourcil, être un homme de convictions comme l’était Matoub Lounes, avoir une bonne connaissance musicale. Il faut beaucoup lire, maîtriser les techniques de versifications, avoir une bonne connaissance de la langue et aimer profondément ce qu’on fait. L’art c’est avant tout l’amour, donner sans rien attendre en retour…

Le thème de l’exil est assez présent dans votre oeuvre, pouvez-vous nous dire un mot à ce sujet ?

B.S. : L’exil est comme une malédiction, mais ne dit-on pas aussi que les poètes sont maudits ? Ou bien dit-on cela uniquement parce qu’on ne les comprend pas ? Pour me comprendre il faut marcher dans mes pas, pourrait dire le poète. La solitude profonde parce qu’on n’est pas compris, avoir sans cesse la sensation d’être d’un autre temps, d’une autre dimension… Recherchant et fuyant le monde, fuyant le vide tout en le recherchant comme poussé par une force invisible. L’exil intérieur, celui des poètes, est de loin le plus dévastateur car c’est une tempête silencieuse que seul la plume peut dompter par moments. Et les instants de répit sont rares. S’ajoute à l’exil tout court, l’exil intérieur du poète… Si l’image fait sourire, la réalité est tout autre en vérité mais, heureusement, la seule force salvatrice c’est l’Amour.

Vous sortez bientôt un nouvel album, quels en sont les thèmes majeurs ?

B.S. : Cela fait longtemps que je travaille sur ce nouvel album. Mais, sans doute à cause d’un souci de perfectionnisme, ce n’est jamais assez bien. Il m’arrive souvent de revenir sur des compositions anciennes pour les retravailler. Les poèmes doivent couler comme l’eau d’une source de l’Akfadou, fraîche et claire pour qu’on s’y voie dedans. Il est évident que l’exil est omniprésent comme il est présent en moi, installé pour l’éternité. Il y a le temps qui passe, qui détruit jusqu’à l’amour, et la détresse du poète devant ce qu’il ne peut changer. L’art c’est la pureté, la bonté, la beauté, la vérité. Mais quand le Bien rencontre le Mal, il est désemparé ! Dans tout l’album il y a dualité entre le bien et le mal, le jour et la nuit. Il y a plusieurs chansons bilingues, en kabyle et français, car la langue kabyle et la langue française vivent en moi dans le coeur et l’esprit.

Le titre de l’album c’est « qlilet lemhiba – taluft umeddah » (L’amour se fait rare et la fable du troubadour), un titre que je pense être évocateur. Il y a aussi un regard sur l’Algérie, pays natal qu’on aime, qu’on regarde avec espoir, en rêvant d’une véritable démocratie qu’on espère proche pour le bien du peuple algérien, pour une justice sociale dans le respect de chacun et pour de meilleures relations entre les deux rives.

 

Youssef Zirem 
 

 

Février 2010  

 

Lakoom-info

 

=============================

 

حوار مع الجامعي براهيم ساسي :المنفى •• لعنةاللعنات

 

 

 بصفتك شاعرا، مطربا، أستاذا جامعيا، منشطا لحصص ثقافية بباريس، هلا قدمت نفسك لقرائنا؟

يفضل الفنانون بصفة والشعراء بصفة خاصة الظل على الضوء، الفن هو قبل كل شيء عبارة عن صرخة حب، تأثرت كثيرا بالشاعر أرثر ريمبو عند مرحلة الشباب، فهو عبقري فذ·

كنت أكتب آنذاك حتى أنسى حالة العزلة التي كنت أعاني منها، شاء القدر أن أتوجه إلى فرنسا وأنا لم أتعد العاشرة من العمر، كنت طفلا مرحا بقرية تفريت آيت أوملاك، تلك القرية الجميلة بأعالي أكفادو بمنطقة القبائل، كنت أقضي اليوم في سعادة غامرة بتلك المنطقة، رفقة الصبية، كانت قريتنا على غرار كل قرى الجزائر تسير نفسها بنفسها، الأمر الذي أدى بها إلى أن تنأى عن تقلبات السياسة·

كنت في القرية مدللا كثيرا من قبل جدتي لأبي سماح زهرة (سيتي زهرة) ـ يرحمها الله ـ كانت إمرأة كريمة محبوبة جدا، كانت تغرقني في الحكايات الشعبية لمنطقة القبائل، كما كنت مدللا أيضا من قبل جدتي لأمي حامك كلثوم (ستي توكيت)، كانت إمرأة محبوبة جدا في قرية تازروت آيت أوملاك، وهي القرية التي شاء القدر أن أولد فيها، حظيت بعطف وحنان أم حساسة تحب أبناءها كثيرا، السيدة يحياوي تسعديت التي كانت تحفظ عن ظهر قلب الأشعار والغناء البربري، أذكر في أيام الشتاء القاسية كيف كنا نلتف حول الموقد حيث كانت أمي تمثل أمامنا أدوارا مسرحية بعفوية، كنا نضحك حد الثمالة، كنا نضحك ملء أشداقنا كي نلطف من غلواء غياب الأب الذي هاجر إلى فرنسا منذ سنة ,1950 لم نكن نراه سوى مرة في السنة·

هاجر جدي لأبي هو الآخر إلى فرنسا سنة ,1912 وشاء القدر أن أترك ذلك المكان لأهاجر إلى فرنسا سنة ,1975 لم يستطع أبي أن يعيلني بباريس، أرسلني إلى أخته، الخالة ساسي تاكليت زوجة لعداوي محند (المولود بقرية أهميل بالقرب من ياكوران)، وهي القرية التي كانت تحت حماية القديس سيدي عزوز، كان هؤلاء يعتبرونني كأحد أفراد العائلة، درست بمدرسة أوجان فارلان، لا أنسى أبدا المدير جان دولارون الذي لم يبخل علي برعايته وعطفه، كما لا أنسى المعلم محون محند، بفضل طريقة تعليمه المثلى إستطعت أن أزاول دراستي بشكل عادي بفرنسا·

واصلت دراستي بدون مشاكل، ساعدني الشعر على تجاوز الصعوبات التي كانت تعترض طريقي·

فتح لي المعهد ذراعاته، فكنت ألجأ إليه من الفينة إلى الأخرى، كان الرسم أيضا ملاذا لي، كنت أقرأ بنهم الرسومات·

في الثانوية، إكتشفت شعر جيوم أبولينار، شارل بودلير شاركت في مسابقة الشعر التي كانت تنظمها الثانوية، نلت عدة جوائز، الشيء الذي ساعدني في عملية الكتابة. غادرت بيرفيت عند نهاية الدراسة بالكوليج لألتحق بأبي في باريس، وصولي إلى باريس غيّز حياتي، إنضممت إلي ثانوية بول اليوار بسان دونيس. وأنا أتجول بالقرب من شاتولي وجدت نفسي بالقرب من مركز بوبورج حيث يقوم الفنانون برسم بورتريهات للسواح. قررت أن أوظف موهبتي شكرسام حيث كنت أرسم عند نهاية كل أسبوع، في بداية السبعينيات بدأ الرسامون يشعرون بأنهم غير مرغوب فيهم بشوارع باريس، لذا قررت أن أتخلى عن هذه المهنة لأهتم بالموسيقى·

في الشارع الذي كنت أقيم فيه إلتقيت بأحد الموهوبين في الموسيقى الشعبية، إنه سي الطيب علي المولود بمقطع، كان يملك مقهى، بفضله إلتقيت العديد من الفنانين القبائليين، كآكلي يحياتن، رشيد مصباحي، آيت مسلاين، يوسف بجاوي، سيد مسعودي، علمني السي الطيب عملية التوزيع الموسيقي لفن الشعبي، كما حببني في دحمان الحراشي· في سنة 1992 قمت بتسجيل آلبوم لي (المنفى الأبدي)، تأبينا لروح سليمان عزام، لدي 31 أغنية يمكن تسجيلها من خلال موقعي على الأنترنيت www.brahimsaci.com سأبقى بوهيميا، أكتب الشعر في الشوارع، سواء بالقبائلية أو الفرنسية·

عندما نسمعك تغني نشعر كما لو أننا نستمع لسليمان عزام، كيف استطعت أن تصل إلى هذا التألق كله؟

ليس هذا تألقا، بل هو شيء طبيعي، أشترك على تشبيهي بسليمان عزام، أظن أن هذا التشابه بيني وبين سليمان عزام هو هبة من الله·

أعتقد أنني لازلت بعيدا عن صوت سليمان عزام، فصوته عند الاستخبار أكثر من رائع، لا يستطيع أن ينافسه إلا القليل·

أغنيته تتدفق مثل الماء في أودية جرجرة، أغانيه رائعة مثل الينابيع، الأغنية الشعبية هي عبارة عن مزيج من الأغنية العربية، البربرية والأندلسية، إستطاع امحمد العنقى بخبرته وذوقه أن يبسطها وينشرها لدى أكبر شريحة من المستمعين، ودحمان الحراشي فقد استطاع أن يجعل الأغنية الشعبية قريبة جدا من عامة الشعب· أما سليمان عزام فيعد أحد أقطاب التلحين، فبساطة ألحانه لم تكن جلية أي ظاهرة فقط، لم يصل سليمان عزام إلى هذا المستوى صدفة، وللوصول إلى هذا المستوى يجب أن يكون الملحن على قدر كبير من الثقافة، كما أنه يجب أن يكون ملما إلماما واسعا بالشعراء القبائل، كما أنه يجب أن يمر بتجربة ثرية مليئة بالمعاناة، يجب أن يمشي على الجمر بأقدام حافية دون أن يهتز لنا جفن، فلكي تكون مقنعا مثل معطوب الوناس لا بد أن تكون على دراية واسعة بعالم الموسيقى، يجب أن يقرأ الواحد منا كثيرا، يجب أن يتحكم جيدا في اللغة وفي التقنيات، يجب أن يحب عمله، فالفن هو الحب قبل أي شيء، أن يعطي الواحد منا دون أن ينتظر المقابل·

موضوع المنفى حاضر جدا في عملك، هل من كلمة بهذا الخصوص؟

المنفى هو لعنة من اللعنات، لكن لا نستطيع أن نقول عن الشعراء أنهم ملاعين، نقول عنهم ذلك لأننا لا نفهمهم·

العزلة الشديدة تجعلك تشعر كما لو أنك شخص آخر يبحث عن عالم آخر، يهجر الفراغ للبحث عن قوة دفع خفية، المنفى الداخلي الذي يعاني منه الشعراء مدمر لأنه عبارة عن عاصفة داخلية صامتة، لذا أضحى القلم هو الوسيلة الوحيدة التي يخفف من خلالها الشاعر من معاناته، غير أن لحظات السكينة والراحة لدى الشاعر هي قليلة جدا، إذا أضفنا المنفى الداخلي إلى المنفى الخارجي لدى الشاعر فسيصبح عالما ملبدا غائما رغم شروق الشمس، فالشجرة التي ليس لها جذور تموت وتصبح ملاذا للغربان، فالقلب والروح بحاجة إلى منابع كي ترتوي منها، لحسن الحظ الحب هو المخلص عن كل هذا·

ستطرح في الأسواق ألبوما جديدا لعشاقك، ما هي المواضيع الرئيسية لهذا الألبوم؟

أن أعمل منذ مدة على هذا الألبوم، وبما أنني شخص لا يقتنع كثيرا بعمله أخذت مدة طويلة لكي أنجز عملي، فأنا أعيد النظر في الألحان في الكثير من المرات قصد القيام بتعديلات وتغييرات عليها، يجب أن تتدفق الأشعار مثل مياه نهر أكفادو، يجب أن تكون الأشعار منعشة ورائعة مثل مياه نهر أكفادو· من الواضح أن موضوع المنفى حاضر جدا، الزمن يمر قد يحطم الحب، فالشاعر يشعر بالإحباط تجاه الأشياء التي لا يستطيع تغييرها، الفن هو النقاء، العطاء، الجمال، الحقيقة، غير أنه عندما يواجه الخير الشر يشعر بعدم الحماية منه، ألبومي هو عبارة عن مواجهة بين الخير والشر، الليل والنهار، في ألبومي العديد من الأغاني بالقبائلية والفرنسية لأن اللغة القبائلية واللغة الفرنسية تعيشان بداخلي، عنوان الألبوم (الحب أصبح نادر) حكاية التروبادور، العنوان بحد ذاته يعبر عن المعاني التي تريد الألبوم ترويجها، إنه ألبوم جدير بالإستماع ومفيد·

كما أن بالألبوم نظرة حول الجزائر البلد الأم الذي لطالما اشتقته، ننظر إليه من فرنسا والأمل يحذونا أن تسوده ديموقراطية حقيقية من أجل الشعب الجزائري، وأن تكون هناك عدالة اجتماعية يسودها الاحترام المتبادل، كما أننا نأمل أن تكون هناك علاقة ممتازة بين الضفتين·

أجرى الحوار: يوسف زيرام

ترجمة: يوسف بوطاروق

الاثنين, 15 مارس 2010 17:27

 

 

=============================

 

Portrait Brahim Saci

 Lucidité et clairvoyance d’un grand artiste

 

Les grands artistes ont la possibilité d’exprimer, non seulement leurs sentiments profonds mais ils peuvent aussi partager et sentir la douleur et la joie des autres, en gardant l’œil clairvoyant sur le présent et l’avenir. Brahim Saci, en fait partie.


Saci est un artiste sincère qui s’exprime en toute liberté. Il n’est pas du tout de cette catégorie des pseudo-intellectuels, lesquels font tout pour chanter l’ordre établi et faire l’éloge des puissants du moment. Saci ne fait qu’écouter son cœur si sensible et sa raison sereine est ingénieuse. Il chante la vie avec ses couleurs multiples, l’exil, la fraternité, l’humanisme et bien d’autres thèmes. « L’injustice et les péchés -Ont bien fini par vous plaire -Où est l’espoir du passé -N’aimez-vous pas la lumière? -Même les oiseaux migrateurs -Reviennent toujours vers leur nids -Que devient le voyageur -Qui reste loin de chez lui? -J’ai vu bien des pays  -Mais nul n’égale ta  beauté -Ô soleil de l’Algérie! Lèves-toi ô liberté! -Même le soleil dans le ciel  -Se couche quand arrive le soir -Même la pluie et la grêle -N’effaceront pas la mémoire  -J’ai peur pour ceux qui oublient -Et se croient intouchables  -Car le destin de la vie -Pour eux est impardonnable -J’ai peur pour ceux qui oublient -Et veulent changer de visage -Si l’argent change leurs vies -C’est avec qu’ils font naufrage», chante le fils de la Kabylie.  Saci partage les émotions de ses compatriotes en France et partout dans le monde, il fait de l’humanisme une raison de vivre. Sans omettre de s’accrocher à ses racines, à cette terre généreuse qui l’a vu naître. Comme Slimane Azem, Brahim parle du substantiel des choses et ne se contente pas du superflu car il n’a pas froid aux yeux.  «C’est dans les rues de la vie -De l’Algérie à Paris -Qu’il a semé l’espoir -C’est au son d’une mélodie -Bercée dans la Kabylie -Qu’il a gravé la mémoire -Même s’il fut trahi -Sans rancune et sans mépris -Il nous a tant fait rêver -Ce fut l’espoir de sa vie -C’est l’espoir d’un pays -L’espoir d’une liberté -Vagabond sur les chemins  -Seul, sa guitare à la main -Dans les ruelles de Paris -Il chantait quelques refrains -Pour l’espoir d’un lendemain -Ô folklore de Kabylie -Même si l’exil l’a banni -Pour l’amour de sa Patrie -Il a gardé l’espoir -Il disait soyez unis -Vous réussirez vos vies -Vous garderez la mémoire -C’est sur les chemins de l’art -Qu’il a semé l’espoir -Avec les couleurs des saisons  -Comme cet oiseau rare -Qu’on a trahi sans savoir -Qu’on a trahi sans raison -O montagnes de Kabylie! -C’est pour vous que j’écris -Avec une note d’espérance -Si je meurs demeurent mes cris -Sous le vent ou la pluie -Ils effaceront vos souffrances », peut-on écouter d’une chanson d’une rare beauté, où Brahim nous rappelle d’amères souvenirs…
Brahim Saci est né en Algérie, dans un village de Kabylie, Tifrit Naït Oumalek, village célèbre sous la protection du très vénéré Saint Sidi M’Hamed Oumalek. La tradition rapporte que ce dernier s’y est établi dans cette belle région, probablement vers la fin du XIVe siècle. Brahim Saci est l’un de ses descendants. Jusqu’à l’âge de 10 ans, il passa une enfance heureuse au village. Puis il  partit rejoindre son père à Paris. Il suit sa scolarité à l’école primaire Eugène Varlin, au collège Gustave Courbet à Pierrefitte, puis au lycée Paul Eluard à Saint-Denis. Déjà poète-adolescent, s’inspirant de Baudelaire, de Rimbaud et de Nerval, il remporta des prix aux concours de poésie organisés par le lycée Paul Eluard. Une chose qui le motive énormément. Très tôt, il a baigné dans les Arts, bercé par les chants berbères que fredonnaient sa grand-mère et sa mère. Déjà enfant, il était fort doué en dessin, il devint des années plus tard, dessinateur, caricaturiste (un métier qu’il pratiqua durant ses voyages en Allemagne, en Suisse, en Autriche, qu’il continue à pratiquer à Paris). Après un Baccalauréat littéraire, philosophie, langues, il entame des études universitaires à l’Université Paris VIII, à Saint-Denis. Après une licence de langues étrangères appliquées, affaires et commerce et une maîtrise en anglais, traduction scientifique et technique, il se passionne pour la musique et approfondit l’écriture. Il devient alors auteur, compositeur, interprète d’expression franco-berbère. Animateur à Radio Beur en 1992, à Radio France Maghreb en 1995, de 1993 à 1997 il présente des rubriques littéraires dans le domaine berbère à Bellovaque FM. A Beur FM de 1996 à 1997, à France Maghreb FM de 1998 à 2000, il présente des rubriques sur l’Histoire antique des berbères. En plus de ses multiples quêtes intellectuelles, l’auteur de Leghdar n watmatien (la trahison des frères) continue de chanter ses belles et originales compositions. Un grand artiste comme Brahim Saci mérite un grand hommage et une reconnaissance singulière. Dans le monde d’aujourd’hui, les vraies valeurs sont supplantées par un matérialisme farouche, lequel a marginalisé les créateurs. L’Algérie d’aujourd’hui et celle de demain seront  toujours fières d’avoir un artiste aussi modeste.                                                     

Ali Remzi

 

25 Juillet 2010

Page Précédente

 

webmaster : akliyine@yahoo.fr