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Liberté 10 Avril 2003
CHANSON KABYLE EN FRANCE
Quand Saci revisite Azem
Auteur-compositeur et chanteur d’expression
franco-berbère, Brahim Saci a su donner une
dimension universelle à l'héritage poétique
et musical de l’un des piliers de la chanson
kabyle, Slimane Azem, qu’il compare à
Baudelaire.
Refusant d’être qualifié d’artiste beur,
Saci s’est distingué sur le champ de la
poésie en remportant plusieurs prix. Son
admiration pour Slimane Azem n’est pas
fortuite : il puise dans les poèmes chantés
par le chanteur d’Agouni Gueghrane de
précieuses références et valeurs qui fondent
la culture amazigh ainsi que des traits de
génie authentique. Actuellement, Saci
travaille dans un conservatoire parisien et
continue à produire. Il est possible de
connaître davantage ce prodige en consultant
son site (www.brahimsaci.com)
et en téléchargeant gratuitement ses
chansons en MP3.
Farid
Belgacem
Forum sur
Kabyle.com
Slimane AZEM le poète : sa vie, son
oeuvre
Slimane Azem ( 1918/1983 ),plus de 1000
personnes l’ont accompagné le 31 janvier
1983 dans sa dernière demeure au cimetière
de moissac dans le sud ouest de la france.Je
suis né en France mais maîtrisant
parfaitement le kabyle, j’ai découvert
Slimane Azem grace à Brahim Saci, l’ayant vu
sur seine à l’Université Paris 8, où il a
fait ses études, en 91/92, il chantait cette
chanson : " Ah ya sliman Azem a wi k i d
yarran-A ttwalid zman- S anida v sawden
wussan ", je me rappelle avoir vu dans tout
paris et banlieue, les posters de Brahim
Saci avec en arrière plan la photo du
maître, Slimane Azem, on pouvait lire sur
les posters : " Brahim Saci sur les traces
de Slimane Azem " quelle fut la joie de mes
parents ! Dans les années 90 ce chanteur ne
cessait de parler de Slimane Azem, qu’il
comparait à Beaudelaire, La fontaine et Si
Mohand ou Mhand, dans les nombreuses
émissions de radios ( radio berbère tiwizi,
radio beure, France maghreb, bellovaque fm,
Paris plurielle, Radio anghien..) j’ai suivi
sa carrière de très près. Ce qui m’a
toujours frappé c’est sa ressemblance
vocable avec Slimane Azem. A une question
posé par un auditeur à Brtv, lui reprochant
sa ressemblance à Slimane Azem, il répondit
:" pour moi c’est un grand honneur, mais si
je lui ressemble je ne suis pas lui, il n’y
a pas 2 choses semblables dans l’univers,
j’apporte ma propre expérience de la vie
tout en me référant aux grands hommes du
passé à chaque fois que c’est possible, si à
travers ma voix vous pensez à Slimane Azem,
ma joie ne peut se décrire tellement elle
est grande." Je dirais merci à monsieur
Brahim Saci à travers vous on sent revivre
Slimane Azem.Comme vous Ggaya,je ferais 2
reproches à Y.Nacib : Comment as-t-il omis
de citer cet intellectuel qu’est Brahim Saci
? Les nombreuses erreurs sont du à une
négligence et à un mépris du lecteur : dans
l’asefru wis 9 par exemple : Slimane Azem
dit " yettmeyyizen " Y.Nacib écrit "
yettxemmimen"ce n’est pas acceptable !...."
a widak akw ijarben" Y.N écrit " a widak
ijarben".....asefru wis 100 " iaaba lqec ik"
Y. N écrit " iaadda lqec ik "...asefru wis
123b " ilukan anemyuzzam " Y.Nacib écrit "
ilukan inemyussan" ca change totallement le
sens !...dans ce poeme la forme des tercets,
du neuvain, n’est pas respectée,c’est
illisibble ! !..plus loin " nttazal sbah
tameddit" Y.Nacib écrit " D azal sbah
tameddit" ce n’est pas acceptable ! .La
traduction laisse à désiré, " weyyak a sidi
bnadem" Y.Nacib traduit " ..sacré bonhomme "
dans ce vers Slimane Azem met l’accent sur
la grandeur de l’homme en tant que création
unique," mis n adem"...Je regrette qu’il
n’ai pas donné d’importance aux œuvres
posthumes éditées après sa mort car c’est S.Azem
qui l’a décidé avant sa mort.Je regrette
qu’il nous ai pas dit qu’il reste encore une
cassette de S.Azem qui n’est pas sortie,
enregistrée avec Mouloud Azem.C’est Brahim
SAci qui l’a dit sur les ondes. Dans ce
livre colossale il reste des lacunes qui
auraient pu être évitées avec un peu plus de
rigueur, de relecture. merci pour ce livre
qui nous éclaire sur l’œuvre et le poète.
25 janvier 2003, par
Karim
Revue SALAMA
Mai Juin 2002
BRAHIM SACI
Sa voix est
grave et tumultueuse, avec un brin de
sensualité bercée par sa langue maternelle
aux couleurs de la Kabylie. une musique
revendicatrice par laquelle Brahim Saci
rapelle quelques principes de notre passé
culturel et traditionnel dans son nouvel
album L'aire du temps.
Sortie en mai
chez SB Production. Distribution
Méditerranée Presse.
Karim ILEN
LE KABYLE DE PARIS,
09 Avril 2003
Brahim Saci sur les traces de Slimane
Azem.
L'amertume et les affres de l'exil. Brahim
Saci a choisi le chemin tortueux mais
original des
anciens, celui de Si Moh ou M'hend et
Slimane Azem... Il rend hommage à Slimane
Azem. A l'instar du grand poète philosophe,
Brahim Saci chante les espérances de tout un
peuple... Enfin, Brahim Saci a ceci de
particulier : Un parcours et un profil
différents de ceux de nombreux artistes
kabyles: il se ressource, certes, dans les
traditions ancestrales, mais il puise aussi
dans l'universalité..."
Par AMAR U YIDIR.
LIBERTE DU 01 juin
2004
Exil éternel de Brahim Saci
De l'exil à la soif
identitaire.....
L'universitaire-chanteur Brahim Saci
-dont le site : brahimsaci.com a atteint son
pic de consultations suite au radar du
journal Liberté vient de sortir un double
album : Exil éternel, un hommage à Da
Slimane Azem et Crâa traitant de la fracture
sociale en Algérie et son impact sur les
ressortissants. C'est la première fois qu'il
produit en Algérie, une manière à lui de se
sentir proche d'un public artisan des
événements du printemps noir. Cet artiste, apprécié dans
les milieux intellectuels en France, milite
sans cesse pour un rapprochement culturel
entre les acteurs de la scène artistique,
algériens et français. Même si l'auteur
compositeur Brahim Saci a grandi au sein de
l'immigration, il ne cesse d'immortaliser le
charisme et le message des grands auteurs,
tels Slimane
Azem, Si Muhand u
Mhend, Mammeri, El-Anka et Matoub.
Par HOCINE Nait Aissa
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Youcef Zirem à la rencontre de Brahim Saci
Quand l’errance de l’exil étouffe
Les
années passent et les questionnements douloureux persistent. L’exil est
souvent fait de souffrances et d’errements multiples. Brahim Saci en
connaît un bout. Mais il faut apprivoiser la douleur d’être, continuer
son chemin et adoucir la nostalgie.
Quand
on atterrit à Paris à l’âge de 10 ans, loin des siens et de cette terre
des origines mythique et généreuse, on se retrouve confronté à des
tracas d’un autre genre. Brahim s’accroche et fait à l’adversité. Il
suit des études brillamment, il décroche son diplôme universitaire avec
une certaine élégance. Et déjà la poésie rentre dans son monde, remplit
son quotidien. Il se passionne aussi pour la musique.
Son « coup de cœur » va pour le grand Slimane Azem. La
musique traditionnelle devient la passion de Brahim Saci qui trouve là
l’occasion d’approfondir son écriture.
« Enfant, j’étais bercé par les contes, les chants traditionnels
que me chantait ma mère, ainsi que par les nombreuses poésies
kabyles qu’elle me récitait. Jeune j’étais donc déjà pris par la
passion et l’émotion littéraire. Cependant ce n’est qu’au lycée que les
professeurs m’ont appris à apprécier et à comprendre les poètes,
Charles Baudelaire par Les fleurs du mal en particulier, Alphonse
de Lamartine par Les méditations poétiques, et tant d’autres
encore. J’étais partagé entre les études, le dessin, la poésie et les
voyages (Allemagne, Autriche, Hollande...), tout cela a quelque peu
développé en moi une vie intellectuelle et artistique à la fois »,
se souvient Brahim Saci.
L’’enfant de la haute Kabylie travaille ensuite dans des radios
franco- maghrébines ou il accentue son intérêt pour l’Art.
« Plongé profondément à l’intérieur de moi-même, dans des
moments de grande solitude, c’est seulement là, dans l’univers
artistique, que je trouve des réponses aux questions qui assaillent mon
existence. Bien que cela engendre une grande souffrance, c’est une
quête nécessaire. Personnellement je ne me sens vivre qu’en créant,
c’est un peu comme si je ne faisais qu’un avec l’art, pour moi c’est un
mode de vie », confie Brahim Saci.
Cela fait 30 ans qu’il vit en France. « Ne me comprennent que
ceux qui ont marché sur mes pas. Cependant le génie de la
création ne doit pas faire oublier la grande solitude intérieure,
nécessaire pour aller au plus profond de soi-même et pouvoir en
ressortir le meilleur. Il est bon d’être seul car la solitude est
difficile à vivre, et plus une chose est difficile, plus elle doit être
pour nous une raison de nous y attacher. C’est de la peine que naît la
création, comme une pluie fertilisante que la terre attend avec
impatience, comme un acte de charité, lien entre la poésie et la
mystique. Un perfectionnement personnel est recherché pour essayer de
porter le regard au delà de la connaissance afin d’approcher ce qui
nous échappe et accueillir avec sérénité les événements de notre vie et
s’interroger sur le mécanisme qui nous fait créer. Donner sans rien
attendre en échange même si les poèmes sont payés avec tant de
souffrances. Il y a une nécessite de dire pour ne pas sombrer. Aborder
l’art avec amour car seul ce sentiment profond permet de le
saisir », fait remarquer ce chanteur de talent qui n’arrête pas de
produire des œuvres de qualité.
« Je n’ai réellement compris Slimane Azem qu’après des études
universitaires approfondies. Ces années d’études m’ont permis d’aller
plus loin dans l’analyse afin d’avoir une vision plus claire pour
approcher l’œuvre de ce grand humaniste et philosophe qu’était Slimane
Azem. C’est un grand poète qui décrit notamment le déchirement de
l’exil. Bien plus que cela, il a su enflammer tous les cœurs, et
passionner tous les Kabyles. Son œuvre très abondante et riche offre
une grande diversité à qui sait l’écouter et la comprendre. Dans ses
compositions, Slimane Azem, guitariste d’exception attire par sa
technique percussive de la guitare, par sa riche invention de la
mélodie. Il a su transformer toute mélodie en pure beauté. Ses chansons
sont d’une grande âpreté rythmique, doublée d’une inspiration mélodique
inépuisable. Baigné dans un fond culturel classique, les images,
comparaisons, métaphores et métonymies ont été des aliments essentiels
à sa création poétique. Ses préludes chantés sont d’une extrême
justesse. Sa voix est d’un grand lyrisme, d’une grande fluidité, claire
comme l’eau d’une source. Slimane Azem a su par son génie nous
transmettre les racines d’une culture plus que jamais
vivante, mais paradoxalement aussi, sa douleur d’avoir été force
de quitter sa terre natale si chère a son cœur. Slimane Azem est un
véritable virtuose de la chanson kabyle, respecté par tous, et qui ne
pouvait que susciter mon admiration et ma volonté de suivre ses
traces. » analyse Brahim Saci.
Vivant à Paris, Brahim Saci ne cesse de regarder vers son pays
d’origine et ne rate pas une occasion pour se retremper dans l’ambiance
algérienne. « Les choses terrifiantes qu’a connu notre pays ont
laissé peu de place à l’Art en général et l’expression artistique en
particulier. Jusqu'à la mort de Matoub Lounes, la chanson kabyle
était en plein essor. Les années 80 ont vu apparaître beaucoup de
groupes de grande qualité, constitués par une majorité
d’universitaires, malheureusement ces groupes ont disparu. Mais le
succès de Matoub Lounes a permit à la chanson kabyle d’occuper une
place de choix. Il était une locomotive qui poussait à la création de
qualité aussi bien sur le plan de la poésie que sur le plan musical.
Car Matoub Lounes excellait dans l’art du Châabi qui est de surcroît
une grande école musicale. Matoub créait l’événement avec presque
chaque fois deux albums, et était une source poétique intarissable. Sa
disparition tragique a plongé la chanson kabyle dans un vide artistique
quasi-total. On a vu alors une folklorisation accrue de la chanson
kabyle où tout ce qui se fait l’est pratiquement sur un seul rythme. La
création artistique s’est appauvrie. On ne pense qu’à danser.
Toutes les manifestations dites culturelles sont en fait des pistes de
danse. On a ainsi petit à petit habitué le public à ne venir à chaque
fois dans les salles que d’une façon quasi-mécanique. On vient
consommer des pistes de danse. On a vu alors les ventes de disques
chuter pour la quasi-totalité des créateurs. Mais d’autres raisons bien
sur viennent se greffer à cela. La fracture avec la tradition orale, on
voit les anciens disparaîtrent un par un, a aussi contribué à
l’apparition d’une poésie médiocre car il y a un manque au niveau de la
maîtrise de la langue. C’est l’une des raisons pour laquelle il devient
urgent que la langue tamazight soit officialisée et entre dans toutes
les écoles, car le transfert du patrimoine culturel par les anciens ne
se fait plus. Ainsi, à l’école, les enfants redécouvriront la richesse
de leur langue, les contes, les poètes, les romans, la littérature. Il
est évident que sans bagage culturel on ne peut créer de belles choses.
Les anciens avaient tous leurs têtes pleines, les poèmes d’antan, les
contes, et cela se reflétait dans leur création artistique.
D’autres raisons viennent encore s’ajouter au marasme des décennies
noires qu’a connu la chanson kabyle et la chanson algérienne en
général. La crise économique aidant, le manque de pouvoir d’achat, la
morosité de la chanson algérienne ont amené la chanson kabyle au bord
du précipice. Au lieu que les artistes vivent de leur art, nous
assistons désarmés à une situation nouvelle et dramatique, qui n’est
pas propre à la chanson kabyle, qu’on voit dans d’autres pays mais à
faible échelle. Dans ce dénuement les artistes s’appauvrissent, il est
difficile de travailler dans ces conditions. Les tentatives
individuelles sont bonnes et à encourager, mais c’est l’institution
étatique qui doit protéger son patrimoine culturel, l’encourager et le
financer. Malgré le regard assez pessimiste que je viens de porter, je
reste optimiste et positif quant à l’avenir de la chanson kabyle, grâce
à l’apparition de jeunes qui résistent contre vents et marées et qui
font un travail de qualité », fait savoir Brahim Saci.
Animateur culturel sur Beur FM entre 1996 et 1997, Brahim Saci aime
citer Béla Bartok, compositeur hongrois qui après des recherches sur
les traditions musicales populaires notera et enregistrera sur des
rouleaux phonographiques plus de 10 000 mélodies folkloriques.
C’est pour dire que l’exploration des chants et des danses de la
Kabylie reste à faire.
« Je pense qu’il faut penser un peu au côté culturel des choses,
arrêter avec les galas business où les gens ne viennent que pour danser
et s’amuser, et opter pour des manifestations culturelles de qualité,
abordables pour tous », raconte Brahim Saci. Parlant de Matoub
Lounes, l’enfant de Tifrit Naït Oumalek se souvient d’un homme sincère.
« Je me rappelle avoir rencontré Matoub Lounes dans un café du
18ème arrondissement de Paris un mois avant sa mort tragique, il me
disait « Si Brahim ma vie est au village! » Ces paroles
résonnent encore dans ma tête. A paris on a beau remplir les plus
grandes salles, personne ne nous voit, nous sommes comme invisibles. La
meilleure preuve que l’on puisse apporter à ce phénomène est la
célébration des 100 ans de l’Olympia qui a été très médiatisée en
France. Dans l’historique qu’en ont fait les médias, à aucun moment on
ne fait allusion aux Berbères qui sont passés sur cette scène mythique,
et ils sont nombreux : Aissa El Djermouni, premier chanteur
berbère chaoui des Aurès à fouler les planches de l’Olympia en 1936,
puis à partir de 1976, Aït Menguellet, le groupe Djurdjura, Slimane
Azem, Matoub Lounes, Idir, Takfarinas et bien d’autres encore »,
rappelle lucidement Brahim Saci.
Dans le prolongement de ce raisonnement, le chanteur constate qu’on se
garde bien de parler, en France, des origines kabyles d’Edith Piaf, par
sa mère qui était une chanteuse lyrique sous le nom de Line Marsa, et
élevée par sa grand-mère Aicha. Mais il faut persister et s’accrocher.
Brahim Saci a plein de plans de batailles artistiques dans sa tête.
« Après avoir produit en France, je reviens aux sources pour
produire en Algérie. Je viens en effet de sortir deux albums avec des
milliers de posters annonçant en fait quatre albums, car après ces deux
albums suivront deux autres albums. Le premier album est un hommage à
Slimane Azem, Exil éternel, je dis « ô Slimane Azem! Si tu pouvais
revenir parmi nous pour voir où les temps nous ont amenés. » J’ai
souvent comparé Slimane Azem à Baudelaire pour la vision philosophique
qu’ils avaient de la vie. Car Baudelaire a plongé au plus profond de
l’être pour nous parler du mal qui habite et ronge l’homme. Mais
Slimane Azem avait quelque chose de plus car il était une légende de
son vivant, comme l’était avant lui Si Mohand u M’Hand. Il y a sur ce
premier album 8 chansons. Le deuxième album s’intitule Crâa, c’est un
regard sur la société algérienne et en particulier la société kabyle.
Il y a 7 chansons et un sketch, où je raconte une histoire vraie, j’ai
généralisé pour ensuite en tirer une morale. En fait, j’y dénonce la
détérioration des relations fraternelles où seul l’argent fait la loi.
Malheureusement à notre époque l’honneur et la dignité sont
monnayables. Ces deux albums ont reçu un accueil favorable et
chaleureux par le public, que je remercie du fond du cœur car je
n’existe que par lui. J’ai aussi crée un site internet afin de mieux
communiquer avec mon public. On m’écrit beaucoup et je réponds autant
que je peux. Mon site a dépassé les 100 000 visites.
Avant la fin 2005, je l’espère, je sortirai les deux autres albums, 16
chansons et un sketch. L’un s’intitule 30 ans après, c’est un clin
d’œil à la vie du poète et à l’histoire de l’Algérie. L’autre album
s’intitule l’aube des adieux, où se mêlent l’espoir et le désespoir,
l’optimisme et le pessimisme. C’est le déchirement intérieur du poète,
c’est aussi un regard sur la fin du XXème siècle.
Pour 2005/2006, je prépare un hommage au regretté Matoub Lounes. Les
albums qui suivront plus tard seront une plongée à l’intérieur de
l’être à travers les affres de l’exil. Sinon à Paris on s’épuise chaque
jour un peu plus. Je sème des poèmes en essayant d’imaginer des jeunes
pousses. Mais dans le froid de Paris, rien ne germe. Même si mes poèmes
naissent à Paris, ils ne se sentent chez eux qu’en Kabylie »,
clame, haut et fort, Brahim Saci.
La Dépêche du 2 au 8 août 2005.
Hebdomadaire d’information générale.
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BRAHIM SACI
"La relève de la chanson kabyle ne se situe
pas en exil mais chez elle"
Parti en France à l'âge de dix ans, le
chanteur et poète Brahim Saci parle kabyle
comme les sages de nos villages. Passionné
par Slimane Azem, son modèle d'artiste dont
il a hérité le timbre de voix et épousé
l'humanisme et partagé la philosophie, il
jette un regard pessimiste sur la condition
de la chanson kabyle. Une analyse pertinente
que lui permet sa situation de chanteur
émigré confortée par des études
universitaires approfondies que l'auteur
mène sur divers sujets. Dans l'entretien
qu'il nous a aimablement accordé sur ce
thème, il nous en explique les raisons et
esquisse des ébauches de solutions pour sa
relance. Son site Internet :
www.brahimsaci.com a reçu plus de cent mille
visiteurs.
Le Soir d'Algérie : Comment vient
l'inspiration pour celui qui, comme vous,
cherche à créer ?
Brahim Saci : Pour moi, créer est une
nécessité. C'est en des moments de grande
solitude, plongé à l'intérieur de moi-même
que je trouve des ébauches de réponses aux
questions qui m’assaillent. Je considère
l'art comme un acte de charité. Ce don de
soi dans une quête sans fin lie l'art à la
mystique. Rilke, poète et philosophe
autrichien, écrivait d'ailleurs : "Créer,
c'est d'abord se créer et la matière qui
s'offre au créateur c'est lui-même."
Slimane Azem, dont vous avez hérité le
timbre de voix et la philosophie, vous
inspire beaucoup. Pourquoi ?
Si ma voix lui ressemble quelque peu c'est
pour moi une bénédiction. Pour moi Slimane
Azem est le père de la chanson kabyle et le
plus grand poète algérien. C'est un grand
philosophe et un humaniste. Il excellait
aussi bien dans l'art de la métaphore que
dans l'art dramatique. Il fut un guide pour
son peuple. Par la beauté de ses
compositions, il a dépassé tous les tabous
et passionné toute la Kabylie rassemblant
autour de son œuvre toutes les générations.
Il a dénoncé l'injustice et l’arbitraire.
Quel constat faîtes-vous de la chanson
kabyle, notamment en France ?
J'ai une vision assez pessimiste de la
chanson kabyle et de son avenir en France.
Elle n'existe réellement que chez elle. Son
univers rétrécit inexorablement en France.
Les mutations subies par l'émigration en
sont les principales causes avec la
disparition des cafés où se produisaient nos
chanteurs et le départ des retraités.
Aujourd'hui, la plupart des chanteurs n'ont
pas les moyens d'adhérer à la Sacem. C'en
est fini de la vie artistique kabyle à
Paris. Les enfants des familles installées
en France ne consomment que la culture
européenne. En guise de revendication de
leur culture ils se contentent d'en arborer
les signes. Ils ne viennent aux galas que
pour se défouler et n'achètent rien pour la
plupart. Les livres de cuisines restent leur
seul lien culturel avec la culture berbère.
La culture de consommation européenne
l'emporte à 100%.
Beaucoup en imputent le déclin au raï qui a
investi la Kabylie. Est-ce votre avis ?
Il y a certes un déclin de la chanson
kabyle, mais il y a un déclin de la chanson
algérienne en général. La décennie noire et
l'étouffement de toute forme d'expression
artistique y est pour beaucoup dans ce
recul. Le recul de la chanson kabyle,
autrefois florissante, a coïncidé avec la
mort de Matoub qui, par son travail de
création, arrivait à drainer les foules. Le
raï, qui a bénéficié, quant à lui, du
support des médias, a détrôné même le chaâbi
et des chansons à texte. Depuis, on a peu à
peu habitué la jeunesse à n'aller aux
spectacles que pour danser. Cela, dit je
crois qu'il ne faut pas imputer le déclin de
la chanson kabyle au raï comme il ne faut
pas non plus culpabiliser la jeunesse kabyle
qui l'écoute. La chanson kabyle est encore
écoutée. Elle manque seulement de moyens
pour sa promotion. Je pense que tous les
courants musicaux ont leur place en Algérie.
Le phénomène des reprises et des non-stop ne
porte-t-il pas une responsabilité dans
l'absence de création ? Dans ce contexte ne
pourrait-on pas dire aussi que la tendance
qui est aux hommages à la pelle n'est pas
pour les artistes un aveu de manque de
créativité ?
Dans le vide artistique que nous vivons
présentement, je pense que les non-stop et
les reprises sont une chance pour la
dynamique économique et la production
culturelle. Ce n'est, aussi, pas en ce
siècle de toutes les libertés qu'on va
imposer aux jeunes une ligne de conduite. La
diversité est enrichissante. Nous ne pouvons
pas tous chanter la même chose. Les reprises
sont très appréciées en Occident. Bien
faîtes elles permettent le passage du
flambeau aux jeunes qui ont toute latitude
d’écouter les tubes de leurs parents. A ceux
qui pensent qu'il y a trop de reprises, je
répondrai qu'il n'y en a pas assez ! Les
hommages pleuvent en France tous les ans sur
Brassens. Cela s'inscrit dans la dynamique
économique et culturelle. La multitude
d'hommages est aussi bien musicale que
culturelle. Et comme pour les reprises, je
pense qu'il n y a pas assez d'hommages.
Par son exigence, le public peut forcer le
talent artistique. Mais en France le public
kabyle, qui vient par nostalgie et pour se
défouler, n'est pas effleuré par cette idée.
Quel commentaire en faîtes-vous ?
Moi, je dirai, plutôt que c'est le
foisonnement médiatique qui façonne le goût
du public. Un album de piètre qualité peut
devenir disque d'or s'il est bien soutenu
par les médias .
Le public, me diriez-vous, ne serait-il donc
pas libre de son choix ?
Cela est bien vrai pour un certain
public. Cependant, un produit de qualité
trouvera toujours une oreille attentive chez
les gens d'une certaine culture. Concernant
la chanson kabyle en France, il est bien
vrai que le public qui vient dans les rares
concerts le fait essentiellement pour se
défouler. On le voit à la faiblesse des
ventes dans les stands de vente de livres et
de disques. Beaucoup de chanteurs kabyles
s'installent en France.
La chanson les fait-elle vivre ? De quel
apport sont-ils pour la culture ?
La dégradation des conditions
sécuritaires couplées à l'engouement et à la
fascination pour ce pays, perçu comme
l'Eldorado, ne datent pas d'aujourd'hui.
Beaucoup prennent n'importe quel boulot qui
se présente pour s'y établir. Dans ces
conditions, la création artistique ne peut
que s'appauvrir, l'angoisse, le stress et la
précarité aidant. Certains arrivent
péniblement à autoproduire une centaine de
disques qu'ils ont du mal à écouler, les
moyens de promotion étant quasi nuls. S'ils
arrivent à animer une soirée ou deux, c'est
un exploit. Dans ces conditions, il est
impossible de vivre de la chanson. N'ayant
pas accès aux médias français ni aux
centaines de festivals organisés chaque
année, on existe que dans un public
kabylophone. La relève de la chanson kabyle
ne se situe donc pas en exil mais chez elle,
en Algérie. Je termine, enfin, en remerciant
Le Soir d'Algérie de m'avoir donné
l'occasion de m'exprimer sur cette question
pertinente de la condition de la chanson
kabyle.
Entretien réalisé
par S. Hammoum
18 Août 2005
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Conservatoire
du 8ème arrondissement
La
belle prestation de Brahim Saci
Par
Youcef Zirem
Ambiance
de fête et convivialité ont été au
rendez-vous le temps d’une belle soirée.
La chanson kabyle a enthousiasmé le public.
Une fois n’est pas coutume, c’est un
chanteur kabyle que l’Amicale du
conservatoire du 8ème arrondissement
de Paris présente. Pour une première,
c’est une grande réussite. Le public apprécie
et sort comblé de ce
défilé de chansons venues d’Afrique du
Nord. C’est un prélude andalou qui démarre
le show. Ce morceau fait
déjà voyager l’assistance. On se met à
imaginer les splendeurs d’une autre époque.
L’orchestre composé de
Ahmed Ait Amar (violon), Hammouche Yahia
(alto), Hacène Ait Moula (derbouka), Cherat
Ramdane (banjo),
Ali Benali Amirouche (guitare), Belarbi
Nadir (clavier) et Djemli Madjid a une
grande expérience
derrière lui. Brahim Saci chante ses succès
comme La Colombe, le Déclin des jours ou
encore Vas mon âme. Il
envoûte le public avec des paroles en
kabyle et en français. L’artiste a grandi
en France où il a suivi
des études littéraires et a beaucoup lu
Baudelaire, Rimbaud, Verlaine et les autres
poètes français.
Brahim Saci a également été portraitiste
sur les places touristiques parisiennes tout
comme il a eu une
expérience radiophonique dans sur les ondes
franco-maghrébines quand il faisait des émissions
sur
la littérature et l’histoire des Berbères.
Les poètes berbères Si Mohand ou Mhand et
Slimane Azem le
marquent à jamais. Brahim Saci produit de
1992 à 1997 cinq albums à Paris. Ces créations
parlent de l’amour,
de la nostalgie d’une terre perdue, du
temps qui passe inexorablement, de la
douleur de vivre des mauvais
jours, des affres de l’exil, du désir de
surmonter les difficultés. A sa façon, il
continue les quêtes
artistiques de Slimane Azem, un grand
artiste que le pouvoir algérien n’a pas
cessé de marginaliser jusqu’à
sa mort en 1983.
Brahim Saci interprète D nekwni i d nekwni
(ce que nous sommes), une merveilleuse
chanson de Slimane Azem
et enflamme la salle. Au même moment, des
douceurs berbères et du thé à la menthe
sont distribués au
public. La convivialité atteint ses sommets
et la belle Véronique Vernon, vice-présidente
du
conservatoire, est bien contente. A bien des
égards, cette soirée du mercredi 7 juin
2006 restera dans les
mémoires des admirateurs de Brahim Saci.
La
Maison des journalistes-Paris- 11 juin 2006
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Brahim
Saci
Poète
déchiré par le déracinement
Installé à
Paris depuis de longues
années, le chanteur continue
à produire de belles choses
et s’accompagne toujours de
cette nostalgie du pays des
ancêtres.
En cette
journée printanière du mois
d’avril passé, Véronique
Vernon, vice-présidente du
conservatoire du 8ème
arrondissement de Paris, est
aux anges. Elle est vraiment
satisfaite de la belle
prestation de Brahim Saci.
Le public, français en
majorité, a également
apprécié ce défilé somptueux
de chansons venues d’Afrique
du Nord. C’est la première
fois que le conservatoire
accueille un chanteur
algérien. Qu’il interprète
la Colombe, le Déclin des
jours, ou encore Vas mon
âme, Brahim Saci est
toujours irrésistible. Poète
jusqu’au plus profond de
l’âme, musicien chevronné,
il reste humble et à
l’écoute du monde qui
l’entoure. A Paris, il est
une référence certaine
depuis des années. Sur les
traces de Slimane Azem, il
sait parler de l’amour, des
mauvais jours, de l’exil, de
la volonté de surmonter les
difficultés. Brahim Saci a
l’art d’envoûter son public
avec des paroles en français
et en kabyle. L’artiste a
grandi en France où il a
fait des études
supérieures ; il a également
beaucoup lu Baudelaire,
Rimbaud, Verlaine, Si Mohand
ou Mhand...Brahim Saci a
toujours sur lui des livres
récents dans le cartable qui
ne le quitte pas. Jovial,
souriant, l’artiste se pose
pourtant de nombreuses
questions douloureuses. « Le
poète voit au-delà des
voiles, l’exil est une porte
qui s’ouvre sur le néant.
Cet effacement que je vois,
bien que lointain, me
torture et m’use chaque jour
un peu plus. La pensée,
elle-même pourtant libre, se
trouve entravée par le
déchirement du déracinement.
Je suis mais sans être
vraiment, ma vie me semble
n’être qu’une illusion. Le
philosophe René Descartes
disait “je pense donc je
suis”, moi je pense mais je
ne suis pas », confie Brahim
Saci. En 1998, il écrit un
double album, un regard
critique sur la scène
artistique kabyle intitulé
Taluft Imaddahen qu’il
détruit en cassant sa
guitare à la suite de
l’assassinat de Matoub
Lounès. Ensuite Brahim Saci
écrit un hommage à Matoub
intitulé Un cri dans
l’éternité. Brahim Saci a
déjà une œuvre considérable.
Il vient de terminer
l’écriture et la composition
d’un autre album : Qlilet
lemhiba. C’est une approche
pertinente de l’exil, du
sentiment intérieur du poète
face aux événements de la
vie qu’il n’arrive pas à
contrôler. « La solitude
intérieure m’étouffe »,
avoue Brahim Saci. L’artiste
a également été portraitiste
sur les places touristiques
parisiennes, tout comme il a
eu une expérience
radiophonique sur les ondes
franco-maghrébines quand il
faisait des émissions sur la
littérature et l’histoire
des Berbères. Brahim Saci a
produit de 1992 à 1997, cinq
albums à Paris. En Algérie,
4 albums de sa création sont
en vente aux éditions “Coup
de cœur”. Brahim Saci est
l’un des premiers chanteurs
algériens à posséder un site
internet :
www.brahimsaci.com.
« L’Algérie se doit de
développer son patrimoine
culturel dans sa diversité
amazighe, de donner des
bourses aux jeunes qui
veulent se produire comme
cela se fait en France où le
ministère de la Culture
donne des bourses à des
jeunes, qui leur permettent
de financer l’enregistrement
de l’album, et parfois même
la production et la
distribution », estime
Brahim Saci. Toujours à
l’écoute de ce qui se passe
dans son pays d’origine,
Brahim Saci est, à bien des
égards, un artiste de grande
valeur.
Farid Ait
Mansour
La Dépêche de Kabylie du
28/09/2006
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Brahim
Saci
L’incarnation de Slimane Azem
Créateur de
talent. Brahim Saci fait partie des rares
chanteurs kabyles, vivants, qui ont un style
bien propre à eux. C’est un artiste hors
pair.
Brahim Saci est,
incontestablement, l’un des géants de la
chanson kabyle. Mais les médias parlent bien
peu de lui. Il a fallu des passages sur la
chaîne berbère (BRTV) pour que le grand
public découvre cette voix unique. Ce fils
de la Kabylie a très tôt baigné dans les
arts. Déjà enfant, il était fort doué en
dessin, il devint des années plus tard,
dessinateur, caricaturiste. Après une
licence en langues étrangères appliquées,
puis en affaires et commerce, et une
maîtrise en anglais, traduction scientifique
et technique, il se passionne pour la
musique et en approfondit l’écriture.
Il devint alors
auteur, compositeur, interprète d’expression
franco-berbère. Animateur à Radio Beur en
1992, à Radio France Maghreb en 1995, de
1993 à 1997. Il présente des rubriques
littéraires dans le domaine berbère à
Bellovaque FM. A Beur FM de 1996 à 1997, à
France Maghreb FM de 1998 à 2000, il
présente, aussi, des rubriques sur
l’histoire antique des Berbères. "Slimane
Azem est le seul qui a su le mieux décrire
les sentiments collectifs de l’époque, il
fut le porte-parole de tout un peuple
pendant près d’un demi-siècle. La beauté du
verbe que j’ai rencontré chez Baudelaire, je
l’ai retrouvée chez Slimane Azem. Mais il
avait quelque chose de plus car il était une
légende de son vivant, il était un grand
philosophe et un grand visionnaire", estime
l’artiste au sourire intarissable. Comme Da
Slimane, Saci chante la nostalgie du pays.
Vivre dans un pays qui n’est pas le nôtre
est, souvent, une souffrance
incommensurable.
On peut avoir de
l’argent et goûter à tous les plaisirs de la
vie, mais rien ne remplace sa patrie. On a
toujours un grand attachement à la terre qui
nous a vu naître, à la terre qui est une
seconde mère pour nous. "J’ai eu la chance
de rencontrer des amis de Slimane Azem, on
mesure très bien la grandeur du poète car
quand ceux-ci parlent de lui, c’est à chaque
fois les yeux pleins de larmes. Un jour de
1995, je marchais dans la rue dans le
dix-septième arrondissement de Paris quand
un homme me tape discrètement sur l’épaule.
Je me retourne, et je vois un vieil homme.
Il me prend affectueusement dans ses bras et
me dit: “Vous êtes Brahim Saci, je suis
heureux de vous voir, je vous ai reconnu
pour vous avoir vu dans un spectacle. Moi je
suis un ami de Slimane Azem.” Très ému il me
proposa un café que j’acceptais avec
plaisir. Il me dit: “Ah! Mon fils, si
Slimane t’avait connu, il t’aurait sûrement
légué sa ferme à Moissac. Il cherchait en
vain un garçon intelligent comme toi, il
aurait fait de toi son héritier. Ta
ressemblance avec lui est une bénédiction."
Je lui proposais alors d’aller rendre visite
à la femme de Slimane Azem à Moissac. Il me
dit qu’il allait d’abord l’appeler pour lui
demander si elle acceptait de nous recevoir.
Une semaine après, je l’ai eu au téléphone,
il me dit: "J’ai bien téléphoné à Malika
Azem, mais elle m’a dit qu’elle était
souffrante et qu’elle n’était pas prête à
nous recevoir. Nous irons quand elle ira
mieux." Le temps a passé, Lucienne Azem
mourut en 1996, paix à son âme. J’avais
pourtant essayé d’aller la voir avec Mouloud
Azem en 1993-1994, mais on remettait
toujours le voyage à un autre jour, le
destin en a voulu autrement, nous n’y sommes
jamais allés. La ferme fut vendue à des
paysans français du coin.
Aucune
association berbère ne s’y est intéressée,
sinon elles l’auraient achetée, et la maison
de Slimane Azem serait aujourd’hui un musée
pour les générations d’aujourd’hui et de
demain. Hélas! Le destin en a voulu
autrement, qui aurait cru qu’un jour la
maison du grand Slimane Azem serait achetée
par des paysans français. Les souvenirs,
tout ce qu’a laissé Slimane seraient-il donc
à jamais perdu? Ses trois hectares de terre
qu’il aimait tant cultiver, où il a sans
doute composé ses plus belles chansons, les
arbres qu’il a greffé avec des greffons
qu’on lui a apporté de chez lui en Kabylie?
Ainsi est le destin tragique du poète.
Puisse-t-il un jour reposer dans sa terre
pour laquelle il a sacrifié son existence?"
S’interroge, sans cesse, Saci dans une
interview réalisée à Paris par V. Thibert.
Ce chanteur est
vraiment singulier. Non seulement il incarne
l’auteur de A yaâssas n tala ; ش fontaine,
mais c’est quelqu’un de très sympathique.
C’est aussi un grand humaniste.
Il n’a pas la
grosse tête de nos pseudos stars. Il reste
modeste malgré tout ce qu’il a produit dans
le domaine de l’art. C’est entres autre,
pour ces raisons, qu’il incarne Slimane Azem.
Yasmine
Chérifi
la dépêche de Kabylie du
15/03/2007
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