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Commentaires et analyses (page 1) :

Dans  Exil éternel, il rend hommage à Slimane Azem (1918-1983), ce grand poète philosophe, ce géant, qui a tant marqué la culture berbère, père de la chanson Kabyle

C’est l’espoir d’une culture, d’un peuple. Passage d’un exil volontaire pour le travail à un exil forcé pour fuir l’obscurantisme, comme poursuivi par une malédiction.

Dans Craa, s’inspirant d’une histoire vraie, il généralise, en tire une morale, pour dénoncer la dissolution des relations fraternelles et le matérialisme qui détruit tout en plongeant le monde dans la peur et la misère. Dans la chanson La désillusion, il décrit l’épreuve de l’exil et le passage entre le monde enchanté de la Faculté, le milieu universitaire, et la dure réalité de la vie, comme le passage entre le rêve et la réalité.

Dans 30 ans après, Tlatin lesna mi naada, il fait allusion à l’histoire de l’Algérie, la joie de l’indépendance fait place à la nuit et à la terreur.

Algérie
L’injustice et les péchés
Ont bien fini par vous plaire
Où est l’espoir du passé?
N’aimez-vous pas la lumière? [...]
Le quatrain de cette chanson écrite en 1991 est un constat.
C’est l’évocation du drame algérien dont le peuple paie le prix fort, celui de la vie. Le peuple algérien mène une véritable lutte pour la survie de sa culture, de son identité amazighe, pour la démocratie et la liberté, mais aussi et surtout pour un avenir meilleur.

Même les oiseaux migrateurs
Reviennent toujours vers leurs nids
Que devient le voyageur?
Quand il est loin de chez lui. [...]
Thème cher à Brahim Saci, l’exil qui s’impose comme inéluctable, mais avec un espoir de retour. Brahim Saci pose une question et attend des réponses. Normalement, qui dit voyage sous-entend un retour. Le poète regrette que les émigrés ne soient pas comme les oiseaux migrateurs. La métaphore " oiseaux migrateurs " nous montre que cet exil n’est supporté que pour mieux revenir à ses origines. En effet, les hommes tels les oiseaux migrateurs partent pour pouvoir vivre mieux et reviennent une fois que ce qui était recherché est atteint. Brahim Saci regrette cette époque où l’homme partait pour revenir vers ses racines.

J’ai vu bien des pays
Mais nul n’égale ta beauté
O soleil de l’Algérie!
Lève-toi, ô liberté! [...]
La répétition de l’interjection littéraire " ô " dans ce quatrain marque l’intensité de l’émotion et de l’espérance que suscite l’Algérie. Louée pour sa beauté et l’espoir d’y retrouver un jour la liberté. Souffrance et nostalgie de l’éloignement, idéalisation du pays natal.

Même le soleil dans le ciel
Se couche quand arrive le soir
Même la pluie et la grêle
N’effaceront pas la mémoire. [...]
On ne peut lutter contre le destin. La vérité finit toujours par surgir même au prix de lourds sacrifices. Il y a dans ce quatrain évocation de plusieurs éléments qui composent le temps, " la pluie, la grêle, le soleil ", et même si l’obscurité finit par vaincre la lumière et que les éléments se déchaînent contre la liberté, ici à fin d’effacer la Mémoire et l’identité amazighe, l’espoir reste plus fort.

J’ai peur pour ceux qui oublient
Et veulent changer de visage
Si l’argent change leurs vies
C’est avec qu’ils font naufrage. [...]
On ne peut pas changer qui l’on est ni d’où l’on vient,quels que soient les moyens. Le déracinement guette, on finit par en payer le prix. L’argent et le matérialisme peuvent corrompre et tout détruire, et par là-même amener à la déroute et plonger le monde dans les ténèbres. Le naufrage est la fin de tout, on sombre. Brahim Saci a peur, il sait que le temps et l’oubli sont des ennemis redoutables. Il sait qu’il n’est qu’un observateur, qu’il ne peut que constater et qu’il ne peut rien y faire, à part dénoncer. Comme chez Baudelaire le temps est vu comme un ennemi contre lequel le poète est impuissant.

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